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ISBN : 274273791X
Éditeur : Actes Sud (31/01/2002)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 1107 notes)
Résumé :
De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l'art de la narration est sans doute la plus déterminante. C'est qu'il suffit de s'embarquer dans la première phrase d'un de ces trois romans pour être emporté par les péripéties de l'action et étourdi jusqu'au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant le thriller prend une allure de quête métaphysique, et la ville illimitée, insaisissable - New York - devient un gi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
10 mai 2014
N°497– Janvier 2011.
REVENANTS – Paul AUSTERActes Sud.
Traduit de l'américain par Pierre Furlan.
Trois personnages principaux à qui l'auteur donne des noms de couleurs : Bleu, Blanc, Noir. Un lieu : New-York près du Pont de Brooklyn. Une année : 1947. voilà pour le décor. le narrateur de cette histoire demeure inconnu.
Blanc demande à Bleu de surveiller Noir et pour cela lui loue un appartement depuis les fenêtres duquel il peut voir Noir et observer ses faits et gestes. Il devra seulement, contre paiement, établir des rapports hebdomadaires qu'il déposera dans une boîte postale. C'est donc un travail facile d'autant que Bleu est détective privé. Ce qu'il voit au début, c'est que Noir écrit beaucoup. Cela semble être sa seule activité. Cette filature monopolise tout le temps de Bleu qui ainsi néglige sa fiancée a point de ne plus lui téléphoner. Cela laisse pour lui la place aux craintes, voire aux fantasmes... A force de rédiger ses rapports qui n'entraînent aucun commentaire, Bleu en vient à douter du bien-fondé de sa tâche. Suivre Noir lui paraît inutile tant il lui semble que sa vie ne recèle aucun secret. A partir de ce moment, il se libère lui-même de son travail en s'accordant des répits, mais lors d'un de ces moments de liberté il s'aperçoit que sa fiancée lui préfère un autre homme. Il l'interpelle, lui apparaît « comme un revenant » et prend conscience qu'il a perdu toute chance de vivre heureux. Il se rabat sur Violette, une prostituée qui lui donne du plaisir. Il va aussi au cinéma parce qu'il aime les salles obscures et parce que « les images à l'écran ont une certaine ressemblance avec les pensées qui défilent dans sa tête ». Est-ce le fait d'assister à la projection du film « la griffe du passé » qui lui fait remonter le temps et revenir à l'histoire du pont de Brooklyn et à la vie de son propre père ? Il en déduit que les vivants sont entourés de « revenants » puisqu'il est aussi question au cours de ce texte des écrivains américains tels que Walt Withman ou de Nathaniel Hawthorne
En même temps que cette révélation, Bleu prend conscience que les mots qu'il utilise dans ses rapports sont insuffisants, inexpressifs pour parler complètement de Noir. Il décide donc, pour mieux sérier sa personnalité de faire ce qu'il fait, de lire ce qu'il lit... de même il s'aperçoit que cette tâche lui paraît bizarre et même impersonnelle. L'appartement est loué au nom de Blanc mais occupé par Bleu, les paiements se font par mandat et non par chèque. Est-ce là la certitude de vivre sa vie par procuration, comme si celle de Bleu se confondait avec celle de Noir ? le temps passe ainsi sans que rien ne se produise et par une sorte de jeu de miroir, Bleu s'aperçoit qu'il n'est plus maître de cette activité d'observation. D'observateur, il devient observé, et par Noir lui-même, et ce d'autant plus que, nous l'apprendrons plus tard, Noir est lui-même un détective privé, chargé, dans les mêmes conditions d'établir des rapports sur les activités de Bleu. Ce dernier en vient à douter de sa propre personne, de sa propre tâche. Il en vient à penser qu'il est, en quelque sorte, désincarné, dépossédé de lui-même par cet homme qui joue ainsi un double jeu sans qu'il comprenne bien pourquoi.[« Car en épiant Noir de l'autre côté de la rue, c'est comme si Bleu regardait dans un miroir, et au lieu de simplement observer quelqu'un d'autre, il découvre qu'il s'observe aussi lui-même »]. Est-ce un message sur la précarité de l'identité, sur l'angoisse inévitable que génère pour un homme le fait de n'être rien, de ne servir à rien ? C'est un peu comme si, en rédigeant des rapports sur Noir, Bleu écrivait sur lui-même, comme si l'écriture avait le rôle progressif du bain révélateur dans le processus du développement photographique.
Ce livre est présenté comme le deuxième volume d'une trilogie new-yorkaise[« la cité de verre » - « La chambre dérobée »]. On peut le lire comme un thriller. Moi, j'ai choisi de le voir comme un « roman à énigme » dont nous n'aurions même pas, à la fin, la moindre explication. Elle serait même laissée à la seule imagination du lecteur. (La dernière phrase est ainsi rédigée « A partir de ce moment-là, nous ne savons plus rien. »). Cela me paraît être révélé par le procédé de « mise en abyme » qui est inhérent à ce récit. le lecteur s'aperçoit que les annotations qu'a faites Bleu sur Noir et qui sont consignées sur des feuilles, servent de trame au roman qu'il vient de lire. [« Ça à l'air d'un gros livre » dit Bleu à Noir quand il aperçoit une liasse de feuilles posées sur sa table]. Ce n'est autre que les rapports qu'il a lui-même adressés à Blanc sur les activités de Noir !
Les personnages eux-mêmes ont la transparence et la consistance d'un ectoplasme, une sorte de non-existence [ils portent des noms de couleurs primaires] qui déstabilise le lecteur tout comme les nombreuses digressions qui émaillent le récit. Par une sorte de jeu de miroirs, il est est complètement perdu, se demandant qui est qui et qui fait quoi ! Bleu et Noir sont devenus interchangeables au point que la personnalité de l'un éclaire celle de l'autre, ou la complique...
Paul Auster pose des questions existentielles et, malgré les apparences, n'offre nullement une histoire policière dont nous aurions la solution à la fin. Je choisis d'y voir une méditation sur la solitude, sur la condition humaine, sur sa propre identité dans un monde de plus en plus déshumanisé et anonyme, et même sur le rôle de l'écriture et de l'écrivain [« L'écriture est une occupation solitaire qui accapare votre vie. Dans un certain sens un écrivain n'a pas de vie propre. Même lorsqu'il est là, il n'est pas vraiment là. »]. C'est un peu comme si lui, qui est le maître de cette fiction, avouait qu'il en est en réalité étranger, peut-être seulement le simple transcripteur, le transitoire et transparent témoin, seulement là pour livrer au lecteur ce qu'il voit, ce qu'il croit voir ou ce qu'il imagine. D'une certaine façon, il est un de ses personnages, aussi mystérieux qu'eux !
Paul Auster évoque avec ce court roman un univers kafkaïen à la fois cauchemardesque, oppressant et absurde. Cela me plait bien et me donne envie d'en explorer les arcanes.
N°500 – Février 2011.
LA CHAMBRE DÉROBÉE - Paul AUSTER– Actes sud.
Traduit de l'américain par Pierre Furlan.
Ce roman s 'ouvre sur l'écrivain américain Fanshawe, où plus exactement sur son fantôme. Cet homme semble avoir disparu et probablement est mort puisque sa femme Sophie contacte le narrateur, qui est aussi critique littéraire, mais également l'ami d'enfance de son défunt mari, pour qu'il juge si son oeuvre demeurée inédite, est digne d'être publiée. En cela elle exécute une de ses dernières volontés explicitement exprimées. Non seulement les poèmes, romans et pièces de théâtre de Fanshawe sont éditées et sont un succès, mais le narrateur, sur la demande expresse de son ami, épouse sa femme et adopte son fils. Il lui propose en quelque sorte une vie par procuration ou, si l'on veut, une certaine forme d'imposture. Par la suite, non seulement le narrateur apprend que son ami n'est pas mort, mais ce dernier lui enjoint de n'en rien dire à Sophie et surtout de ne pas chercher à le retrouver. S'ouvre donc avec son épouse une période de vie commune qui sera heureuse bien que fondée sur le mensonge. Devant la réussite littéraire de la publication posthume, on demande au narrateur de rédiger une biographie de Fanshawe. A partir de ce moment, il va découvrir un être différent du garçon qu'il a connu enfant et prendre conscience qu'il a fait une erreur en acceptant ce travail qu'il finira par abandonner. Derrière l'élève brillant qu'il admirait, il découvre un jeune homme distant de ses parents, abandonnant ses études pour fuir sa famille et qui refuse d'éditer ses écrits pourtant prometteurs. Dès lors, il ne sait plus si Fanshawe est toujours vivant où s'il se confond avec l'image de la mort. A la fin, il lui révèle son existence qui ressemble à une fin de vie en lui confiant un cahier manuscrit passablement abscons « Tous les mots m'étaient familiers, mais ils semblaient pourtant avoir été rassemblés bizarrement , comme si leur but final était de s'annuler les uns les autres... Chaque phrase effaçait la précédente, chaque paragraphe rendait le suivant impossible. » . C'est un peu comme si le narrateur et probablement Auster lui-même, considéraient l'écriture comme une impossibilité !
Il est curieux que le nom de Fanshawe donné à cet écrivain soit en réalité le nom d'un roman écrit par Nathaniel Hawstorne, auteur américain [1804-1864] dont il est question dans « Revenants » qui est le deuxième roman de cette « Trilogie New-Yorkaise ». Son épouse se prénomme Sophie, tout comme celle de Hawstorne. Cela dit, Auster, avec ce roman labyrinthique écrit à la première personne, avec ses fréquentes digressions, tisse un suspens qui confine à l'interrogation, à tout le moins en ce qui me concerne. Au cours de ce récit, Auster lui-même (le narrateur?) lors d'une de ces parenthèses qu'il affectionne, révèle que ce roman se rattache à sa « Trilogie new-yorkaise », précisant «  Ces trois récits sont la même histoire, mais chacun représente un stade différent de ma conscience de ce à quoi elle se rapporte... Si les mots ont suivi, c'est que je n'ai pu faire autrement que de les accepter. Mais cela ne rend pas les mots nécessairement importants. Il y a longtemps que je me démène pour dire adieu à quelque chose, et, en réalité, seule cette lutte compte. ». Que doit-on comprendre ici ? Que les mots sont un simple outil pour exprimer la pensée, qu'ils peuvent se dérober, que l'écriture est un moment de sa vie qu'il souhaite peut-être abandonner ? Est-ce une fascination pour la mort ou pour la quête perpétuelle d'une chose impossible à atteindre ? Est-ce une interrogation métaphysique sur le sens de la vie [« Les vies n'ont pas sens. Quelqu'un vit puis meurt et ce qui se passe entre les deux n'a pas de sens »], sur la destinée, sur la solitude, sur la quête que quelque chose dont on porte la réponse en soi-même ?[« Cette chambre, je m'en apercevais à présent, était située sous mon crâne »].
Ce roman qui clôt la série de la « Trilogie new-yorkaise » est d'une lecture facile mais m'a quand même laissé dubitatif. Pour autant, je continuerai à explorer l'univers de l'auteur à cause d'une attirance que je ne m'explique pas moi-même.
N°506 – Février 2011.
CITE DE VERRE – Paul AUSTER Actes Sud.
Traduit de l'américain par Pierre Furlan.
C'est le 1° roman de la trilogie new-yorkaise de Paul Auster (la Feuille Volante n° 497 et 500). Bizarrement, j'ai l'impression qu'il faudrait en commencer la lecture par la fin. En effet, c'est un étrange récit raconté par un narrateur qui écrit : « Je suis rentré en février de mon voyage en Afrique... J'ai téléphoné à mon ami Paul Auster...(il) m'a expliqué le peu de choses qu'il savait de Quinn puis il a continué à me décrire l'étrange affaire dans laquelle il il avait été fortuitement impliqué ».
Un lecteur attend d'un roman qu'il lui raconte une histoire, mais comme souvent chez Auster, cela ne se passe pas exactement comme cela. Ici l'histoire existe, certes, mais elle est non seulement compliquée, fait intervenir des personnages inattendus, parfois furtifs, parfois quasi-réels que l'auteur abandonne, explore des thèmes de réflexion intéressants, brouille parfois le jeu... Ici le narrateur prend la parole en premier, évoque Daniel Quinn, écrivain new-yorkais de romans policiers. Il a 35 ans, a perdu son épouse et son fils et vit seul, modestement et sans grandes ambitions. Il signe ses romans policiers du nom de William Wilson [C'est le nom d'une nouvelle d'Edgar Poe écrite sur le thème du double]. Ce n'est pas là une simple fantaisie d'auteur puisque puisqu'il nous est dit que « Même s'il n'était qu'une invention, s'il était né de Quinn, il menait désormais une vie indépendante ». Quinn met également en scène dans ses romans un personnage fictif du nom de Max Work, détective privé, mais qui, avec le temps prend de la consistance au point que Quinn voit le monde à travers lui [il est intéressant de s'attarder sur le jeu de mots qui nous est offert entre « I » et « eye »]. Il peut donc s'agir d'un prétexte qui joue sur le dédoublement d'un même personnage.
En pleine nuit, Quinn reçoit un coup de téléphone et l'interlocuteur demande à parler au détective privé du nom de... Paul Auster ! Il ne peut donc s'agir que d'une erreur. Pourtant la voix se fait convaincante, parle de danger de mort et Quinn accepte de rencontrer une femme énigmatique, Virginia Stillman, mariée à Peter, jeune homme mystérieux qui prétend que son père qui l'a torturé pendant toute son enfance veut l'assassiner. Peter se révèle étrange, tient des propos désordonnés sur la vie, sur son épouse, sur Dieu et émet des doutes sur son propre nom. Quinn accepte un chèque à l'ordre d'Auster pour protéger Peter, découvre le père Stillman (qui s'avère, dans un premier temps être deux personnages), mène son enquête en notant ses remarques sur un cahier rouge. Il suit donc Stillman à travers New-York, reconstitue ses itinéraires aléatoires, en donne des interprétations qui se révèlent être erronées, étudie ses habitudes... Cet homme souhaite inventer un nouveau langage [« Un langage qui dira enfin ce que nous avons à dire. Car les mots que nous employons ne correspondent plus au monde »].
Quinn fait des rapports téléphoniques réguliers à Virginia Stillman et, à l'instar de son héros Max Work, se met à désirer ardemment cette femme. Quinn finit, sous son vrai nom par rencontrer le père Stillman. Chacune de leurs rencontres est quelque peu surréaliste, soit il est question de la quête d'objets hétéroclites, soit Quinn se fait passer pour le fils de Stillman que celui-ci ne reconnaît pas, soit Quinn qui se présente comme étant Henry Dark. Il se trouve que ce nom, choisi par hasard par Quinn correspond au personnage d'un roman que Stillman a écrit autrefois. [ Et les initiales H.D. lui évoquent Humpty Dumpty, personnage en forme d'oeuf du roman de Lewis Caroll « De l'autre côté du miroir » !]
Puis Stillman disparaît (nous saurons plus tard qu'il s'est suicidé en se jetant du pont de Brooklyn), Quinn rencontre le vrai Paul Auster qui lui avoue être écrivain et non détective,et lui donne le chèque libellé à son nom. Ensemble ils parlent littérature et évoquent Don Quichotte et Cervantes, dissertant à la fois de la folie du chevalier, du bon sens de Sancho Penza et surtout de la façon dont a été écrit le fameux roman puisque Cervantes prétend en avoir trouvé le manuscrit dû à l'auteur arabe Cid Hamet Ben Engeli au marché de Tolède. C'est une manière comme une autre de parler de ce roman dans le roman, de cette mise en abyme tant prisée par Auster, de cet ouvrage où le lecteur se perd et où les noms se mélangent sans qu'on ne sache plus très bien qui est qui.
Puis Auster abandonne sans crier gare l'intrigue initiale autour de Stillman. En effet Quinn constate que le téléphone ne répond plus, que le chèque qu'il avait reçu au non d'Auster est sans provisions... Il décide donc de changer de vie, devient marginal, reprend la rédaction du fameux « cahier rouge » qu'il avait un peu abandonné, revient à son ancien appartement maintenant habité par une femme, puis investit celui de Peter Stillman dont il n'a aucune nouvelle et qui a définitivement disparu. Dans l'état où il se trouve, il constate que William Wilson et Max Work sont morts et que lui-même disparaît petit à petit du décor que les ténèbres envahissent. le cahier rouge n'a d'ailleurs plus de pages. C'est un peu comme si cette histoire s'était révélée transitoire «  Cette affaire avait servi de pont vers un autre lieu de sa vie, et maintenant qu'il l'avait franchi, Quinn en avait perdu le sens. Il ne s'intéressait d'ailleurs plus à lui-même. Il parlait des étoiles, de la terre, de ses espérances pour l'humanité. »
Quant au cahier rouge, la dernière phrase qui y est inscrite est « Que sa passera-t-il quand il n'y aura plus de pages dans le cahier rouge ? » Un familier de l'oeuvre d'Auster notera opportunément que dans un autre roman («  La nuit de l'oracle »), l'auteur accorde aussi une grande importance à un cahier bleu !) ]. de plus, le narrateur, qui prétend s'être brouillé avec Auster à cette occasion, termine par ces mots «  Pour ce qui est de Quinn, il m'est impossible de dire où il se trouve actuellement. ». Une manière comme une autre de laisser son lecteur libre d'imaginer une fin qui lui convienne.
Dans ce roman, il faut noter une nouvelle fois l'art de la narration labyrinthique qui est allié à une imagination débordante. Cela étourdit le lecteur et c'est sans doute l'effet recherché. C'est en effet une sorte de vertige qui ne peut pas ne pas le prendre à la lecture d'un tel roman. Je ne suis pas sûr cependant d'avoir bien tout compris, mais j'ai poursuivi ma lecture jusqu'à la fin, et avec plaisir !
Est-ce une remise en cause du langage et du sens des mots ? Est-ce que Auster s'interroge sur les concepts d'identité ? Veut-il, à l'occasion d'un roman à la fois s'attacher son lecteur et ne pas lui imposer complètement un texte en le laissant libre d'imaginer ce qu'il veut ? Explore-t-il ici une forme de folie qui peut s'emparer des hommes des grandes villes tentaculaires (New-York ?) ou des écrivains qui créent autour d'eux un univers de fiction et des personnages qui peuvent finir par leur échapper ? A chacun de répondre !
©Hervé GAUTIER – Février 2011.http://hervegautier.e-monsite.com





















































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LiliGalipette
29 août 2013
Cité de verre
Quinn est un auteur de polar de 35 ans, solitaire et sans ambition. Il écrit sous le pseudonyme de William Wilson et met en scène les aventures de Max Work. « Alors que William Wilson restait pour lui un être abstrait, Work était devenu de plus en plus vivant. Dans cette trinité que formait désormais Quinn, Wilson avait un peu la fonction de ventriloque, Quinn servait de marionnette et Work était la voix pleine de vie qui donnait un but à l'entreprise. Même si Wilson n'était qu'une illusion, il justifiait l'existence des deux autres. Même s'il n'était pas réel, il constituait le pont grâce auquel Quinn accédait de lui-même à Work. Et, petit à petit, Work était devenu une présence dans la vie de Quinn, son frère intérieur, son camarade de solitude. » (p. 19) Un soir, Quinn reçoit un appel d'un homme qui demande à parler au détective Paul Auster. Sans trop savoir pourquoi, Quinn prétend être cet homme et va rencontrer Peter Stillman qui craint pour sa vie et souhaite être protégé. S'ensuit alors une étrange enquête qui mène Quinn sur les traces du langage, de sa création et de son évolution, à la suite de Stillman père qui se croit investi de la mission de sauver le monde par les mots. « Voyez-vous, le monde est en fragments, monsieur. Et c'est à moi que revient la tâche de recoller les morceaux. » (p. 112)
Revenants
« L'affaire semble relativement simple. Blanc voudrait que Bleu file un dénommé Noir, qu'il le tienne à l'oeil aussi longtemps qu'il le faudra. » (p. 189) Alors, pendant des mois, Bleu surveille Noir qui habite l'appartement en face du sien. Cette surveillance est vaine et ennuyeuse, car Noir ne fait que lire et écrire. Comme Bleu. « Car en épiant Noir de l'autre côté de la rue, c'est comme si Bleu regardait dans un miroir, et au lieu de simplement observer quelqu'un d'autre, il découvre qu'il s'observe aussi lui-même. » (p. 201) Mais allez savoir, peut-être que cette mission de surveillance est vitale… « Il a besoin de mes yeux braqués sur lui. Il a besoin de moi pour prouver qu'il est en vie ! » (p. 251)
La chambre dérobée
Fanshawe a disparu. Un de ses amis, le narrateur, rencontre son épouse et son jeune fils. Sa mission est d'évaluer si les écrits de Fanshawe sont assez bons pour être publiés. Il paraît rapidement évident que les textes de Fanshawe sont des chefs-d'oeuvre et ils confèrent à l'auteur introuvable une renommée mondiale. Pendant ce temps, le narrateur et l'épouse esseulée sont tombés amoureux. « Mais qui ne saisirait pas à bras-le-corps la chance de se racheter – quel est l'homme qui est assez fort pour rejeter la possibilité d'espérer ? » (p. 285) Hélas, l'ombre de Fanshawe plane sur le couple et le nouveau mari, dans la crainte de perdre ce qu'il pensait ne jamais obtenir, ourdit des plans terribles. Car la chambre dérobée, c'est la chambre conjugale de Fanshawe, mais également sa place sociale.
******
« En fait, l'écrivain et le détective sont interchangeables. » (p. 22) En effet, l'un comme l'autre cherche des réponses ou un sens aux choses. Dans ses trois romans, Paul Auster s'attache à dépeindre le naufrage du sens et l'incompréhension du monde qui va jusqu'à l'errance et la disparition. Tout cela est dû à une mise en échec du langage qui devient peu à peu impropre à qualifier ce qu'il désigne. Cette évolution négative du langage va de pair avec l'instabilité des identités. S'il semble au premier abord que le changement de nom confère une liberté infinie, il apparaît finalement que la mouvance des identités emprisonne le personnage dans tout ce qui n'est pas lui en l'empêchant d'y avoir accès, si jamais il en était capable. Cette trilogie romanesque met à l'honneur New York, ville labyrinthique par excellence et nouvelle Babel avec des milliers de tours à abattre qui sont autant de preuves de l'orgueil des hommes. Vous sentez-vous étouffé par ces gigantesques parois de verre qui laissent passer si peu de choses ? C'est normal. L'asphyxie du sens se répand à toute chose et la ville devient le cercueil de ceux qui ne savent plus où se regarder pour se trouver.
Cette trilogie offre de nombreux niveaux de compréhension et regorge de références littéraires. En outre, les incessants renvois d'un roman à un autre tissent un plan complexe entre les trois textes et il faut bien plus qu'une boussole pour y trouver son chemin. Je suis tout à fait ravie de cette relecture qui me permet d'apprécier une nouvelle fois ces trois romans et de tenter d'en percer les mystères.
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Aline1102
09 octobre 2012
Résumé de City of Glass

Depuis la mort de sa femme et de son jeune fils, la vie de Daniel Quinn a totalement changé. Il publie toujours des romans, comme avant, mais il s'agit maintenant de polars écrits sous le pseudonyme de William Wilson. A présent, Quinn apprécie les longues promenades solitaires à travers la ville et donne l'impression de vivre détaché de tout.

Un soir, un appel téléphonique surprend Quinn. Quelqu'un demande à parler au détective Paul Auster. Quinn répond qu'il s'agit d'une erreur et raccroche, mais il regrette immédiatement cette impulsion : après tout, les romans de William Wilson mettent en scène un détective privé et Quinn pourrait sans doute s'en tirer aussi bien que son héros.

Quand le téléphone sonne à nouveau, le lendemain soir, Quinn prétend être Paul Auster et convient d'un rendez-vous avec son mystérieux correspondant...

Résumé de Ghosts

Blue, détective privé à New York, s'est vu confier par White une mission assez facile : grâce à un appartement loué pour lui par White, il doit espionner son vis-à-vis, Black.

Au début, tout se passe pour le mieux. Blue transmet régulièrement des rapports à White qui lui fait parvenir, comme convenu, les chèques couvrant ses frais.

Mais un jour, un doute s'insinue dans l'esprit de Blue : et si Black était lui aussi payé par White pour l'espionner lui, Blue ?


Résumé de The Locked Room

Notre narrateur reçoit une lettre de Sophie Fanshawe, la femme de son ami d'enfance. Sophie lui demande de venir la voir afin de parler de Fanshawe. Notre héros s'exécute et, à l'occasion de cette visite, il apprend que Fanshawe a disparu. Mieux encore : Fanshawe avait prévu sa disparition puisqu'il a fait promettre à Sophie de contacter notre narrateur si une telle chose se produisait.

Notre héros quitte l'appartement des Fanshawe avec deux valises. Elles contiennent l'entièreté des écrits de Fanshawe que celui-ci demande à son ami de faire publier s'il juge qu'ils en valent la peine.


Epuisant. C'est le premier mot qui vient à l'esprit une fois terminée cette Trilogie new-yorkaise. Pas dans un sens péjoratif, toutefois : la fatigue vient de la concentration provoquée par chacun des récits.

Les trois textes qui composent le roman sont tous brillants. Développant une réflexion autour des écrivains et, surtout, du langage, les différentes parties du roman nous plongent dans des réflexions de plus en plus intenses. Les personnages, le monde dans lequel ils évoluent, finissent par devenir obsédants.

Commençons par le commencement en essayant de ne pas dévoiler trop d'éléments-clés de l'histoire.

Dans City of Glass, Quinn se retrouve entraîné dans une avanture inouïe. Engagé pour protéger Peter Stillman (le fils) des agissements de Peter Stillman (le père), Quinn va finalement se rendre compte que la situation le dépasse.

Pendant des années, Peter Stillman senior a séquestré son fils dans leur propre maison. L'objectif de cette manoeuvre cruelle ? Faire oublier à Peter junior le langage humain et lui permettre de retrouver le langage originel, celui que les hommes parlaient avant l'épisode de la Tour de Babel.

Peter Stillman senior sort de prison et risque de vouloir s'en prendre à son fils. C'est pourquoi Quinn est contacté par Stillman junior et son épouse, qui souhaitent qu'il surveille le vieil homme. Commence alors pour Quinn un travail long et fastidieux. Chaque jour, pendant plusieurs mois, Quinn va observer les agissements de Stillman senior. Il va même réussir à s'approcher du vieil homme et à évoquer, avec lui, ses anciens travaux de recherche.

Les travaux en question concernent le langage et permettent à Auster de se lancer dans des théories qui, au premier abord, semblent étranges. Mais, au fil des contacts entre Quinn et Stillman senior, on se rend compte que le vieil homme n'a pas tout à fait perdu l'esprit : les raisonnements qu'il tient quant au langage et à la signification de celui-ci semblent tout à fait réalistes et, sous la plume d'Auster, donnent réellement l'impression de posséder un vrai fondement académique.

Dans Ghosts, c'est Blue qui est entraîné dans une mission aussi mystérieuse qu'effrayante. L'intrigue de ce second récit est plus simple que celle du premier, mais elle fait tout de même froid dans le dos. Auster y distille une impression de malaise croissant grâce à la solitude des personnages et aux pensées paranoïaques de Blue qui se sent observé, traqué.

Blue est payé pour surveiller l'appartement situé en face du sien, celui de Black. Et Black est payé pour surveiller Blue de la même façon. Il s'ensuit un véritable chassé-croisé entre ces deux hommes et, petit à petit, Blue sombre dans un état proche de la transe.

Blue donne l'impression de s'enfoncer dans la folie, il fait penser à un rat de laboratoire qui, enfermé dans sa cage, sait très bien que l'expérience pour laquelle on l'utilise va le tuer...

Avec The Locked Room, on atteint le paroxysme du récit. le narrateur y avoue très vite (c'est pourquoi je ne gâche rien en ne le signalant pas comme spoiler) que son amitié et son admiration pour Fanshawe se sont toujours mêlées à un sentiment diffus de jalousie et même, parfois, de haine. Il s'ensuit bon nombre de réflexions toutes plus sombres les unes que les autres sur la relation de ces deux hommes et sur leur entourage.

D'une intensité presque insoutenable, The New York Trilogy met en scène des personnages qui semblent avoir comme caractéristique principale une grande solitude. Tous sont profondément isolés au milieu des couples et des familles (très rarement) évoqués par Auster, et c'est probablement pour cela qu'ils constituent des proies faciles pour les différentes personnes qui les contactent.

Je signalais plus haut que Blue ressemblait à un rat de laboratoire... C'est en fait le cas pour les trois " héros " des trois textes d'Auster : ils semblent être manipulés par des chercheurs cruels qui souhaitent analyser les réactions humaines face aux situations les plus sombres possibles.

De nombreux mystères entourent le mystère principal de chacun des trois récits. Les détectives et enquêteurs d'Auster se posent de nombreuses questions, parfois sans rapport direct avec le cas sur lequel ils travaillent. Et on n'a pas toujours de réponses à ces questions... On échafaude des théories, on se demande si on a trouvé la bonne solution... et arrivé à la dernière page, on se rend compte qu'on n'aura jamais la réponse. On ne se sent pas déçu, mais vidé intellectuellement.

New York, dans ce roman, constitue un personnage à part entière. Mais, comme les détectives d'Auster, la ville semble vide et sombre. Elle devient un endroit menaçant. New York paraît inextricablement liée à la morosité qui caractérise la vie des personnages rencontrés. On a presque l'impression que si tous ceux-là vivaient dans une charmante ville de province des Etats-Unis, rien de tout cela ne leur serait arrivé.

Il est difficile d'oublier cette Trilogie new-yorkaise. Elle s'infiltre dans votre esprit, vous obsède, vous tient en haleine et donne l'impression de s'attacher à toutes vos pensées, même les plus éloignées du sujet du roman. Une belle réussite de la part de Paul Auster.
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jsgandalf
04 juin 2012
Pendant tout la lecture de cet ensemble de romans déroutant, je me suis demandé ce que je pourrais bien en dire. On pense bien sûr à la perte de repères, à la recherche de l'identité. Mais il y a tellement de personnes qui ont déjà dit tout ça et beaucoup mieux que ce que je pourrais faire. Alors ? Alors c'était mon premier contact avec Auster et malgré l'univers déroutant, les trois courtes histoires vous emmènent dans leurs mondes propres. Qu'importe les croisements de personnages aux noms différents. C'est indescriptible. Thriller sans enquête, histoire avec des personnages ayant pour nom : blanc, noire, bleu. Histoires dans l'histoire. Personnages reprenant la vie de l'auteur, Personnage portant le nom de l'auteur. Non on ne peut rien dire, il faut lire cette trilogie, si bien entendu vous n'êtes pas allergique à une certaine forme d'absurde.
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VALENTYNE
20 janvier 2013
Tome 1 - Cité de verre
Quinn, un détective privé, dont la femme et le petit garçon sont morts, reçoit un coup de fil qui ne lui est pas destiné. Il accepte de rencontrer Peter Stillman, un jeune homme perturbé. Celui-ci lui confie avoir été tenu reclu par son père pendant des années. le père, ayant été condamné à de la prison pour ces mauvais traitement envers son fils, sort de prison. Peter Stillman fils confie à Quinn la mission de suivre Peter Stillman Père (celui-ci aurait juré vouloir assassiner son fils). Dans cette mission de filature de Peter Stillman Père, Quinn y perdra son appartement, sa vie, sa raison.
Le début de ce livre est époustouflant, extraordinaire, le monologue de Peter Stilman est passionnant (poétique) :
Peter Stillman (fils) parle en ces termes à Quinn, le détective privé.
"Je suis surtout poète, maintenant. Chaque jour je reste dans ma chambre à écrire un nouveau poème. J'invente tous les mots moi-même, comme lorsque je vivais dans le noir. C'est comme ça que je commence à me souvenir, en faisant semblant d'être revenu dans le noir. Je suis le seul à savoir ce que ces mots signifient. Ils ne peuvent pas être traduits. Ces poèmes me rendront célèbre. J'ai tapé dans le mille. Ya, ya, ya. de beaux poèmes. Si beaux que le monde entier pleurera.
Plus tard, peut être, je ferai autre chose. Lorsque j'en aurai fini d'être poète. Un jour ou l'autre je serai à court de mots, voyez vous. Chacun n'a qu'un certain nombre de mots en lui. Et où serai je alors ? Je crois que je voudrais être pompier, ensuite. Et après cela docteur. La dernière chose que je serai c'est funambule. Quand je serai très vieux et que j'aurais enfin appris à marcher comme tout le monde. C'est alors que je danserai sur le fil et les gens en seront abasourdis. Même les petits enfants. C'est ce que j'aimerais. Danser sur un fil jusqu'à ce que je meure."
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Tome 2 – Les revenants
Les personnages ne sont pas les mêmes que dans le premier tome, même si on retrouve un personnage de détective privé. On sait juste que Blanc a engagé Bleu pour surveiller Noir.
Ce roman interpelle sur une interrogation sur l'identité : les trois personnages n'ont pas de véritable nom : qui est qui ? qui surveille qui ? un jeu de miroir où on se perd ! Cette fois on suit plus particulièrement Bleu qui perd peu à peu pied :
"Le vrai problème revient à identifier la nature dudit problème. Et d'abord qui le menace le plus, Blanc ou Noir ? Blanc a tenu sa part du contrat : les chèques sont arrivés à l'heure toutes les semaines, et se retourner contre lui maintenant – Bleu le sait bien – serait mordre la main qui le nourrit. C'est bien pourtant Blanc qui a lancé ce cas, jetant Bleu dans une pièce vide, en quelque sorte, puis éteignant la lumière et verrouillant la porte. Depuis Bleu tâtonne dans l'obscurité, cherchant à l'aveuglette l'interrupteur et il se trouve prisonnier de l'affaire. Tout cela est bel et bon, mais pourquoi Blanc ferait il une chose pareille ? Lorsque Bleu se heurte à cette question il ne peut plus penser. Son cerveau s'arrête de fonctionner, il n'est pas capable d'aller plus loin.
Prenons Noir, alors. Jusqu'à présent il constituait toute l'affaire, c'était la cause apparente de tous les ennuis de Bleu. Mais si Blanc cherche en réalité à atteindre Bleu – et pas Noir-, alors il se peut que Noir n'ait rien à voir dans tout ça, qu'il ne soit rien de plus qu'un figurant innocent. Dans ce cas, c'est Noir qui occupe la position que Bleu a toujours cru être la sienne propre et Bleu prend le rôle de Noir. C'est une éventualité qui se tient. Par ailleurs, il se peut aussi que Noir soit de mèche avec Blanc et qu'ensemble ils aient conspiré pour régler son compte à Bleu"
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Tome 3 – La chambre dérobée
Le narrateur, un jeune homme, journaliste désargenté, raconte son enfance avec Fanshawe. Il est contacté par Sophie, la femme de Fanshawe. Celui-ci a disparu quelques semaines avant la naissance de son fils, Ben, et a chargé sa femme de contacter le narrteur pour faire paraître son oeuvre.
Le narrateur parviendra à faire éditer l'oeuvre de son ami, se marie avec sa veuve, adopte l'enfant. Il accepte de rédiger la biographie de Fanshawe. Et sa raison vacille : il n'a dit à personne qu'il avait eu des nouvelles de Fanshawe (et que donc celui-ci n'est pas mort) : il part à sa recherche en Europe et plus particulièrement à Paris
"Curieusement les choses m'ont paru plus grandes à Paris. le ciel était plus présent qu'à New York et ses caprices plus fragiles. Il m'attirait, et le premier jour, ou les deux premiers jours, je suis resté dans ma chambre d'hôtel à examiner les nuages en attendant qu'il se produise quelque chose. C'étaient là des nuages du nord, les nuages de rêve toujours changeants qui s'amoncellent en immenses montagnes grises, qui déversent de courtes ondées, se dissipent, se regroupent à nouveau, roulent devant le soleil, réfractent la lumière selon des modes toujours différents. le ciel à Paris a ses propres lois qui opèrent indépendamment de la ville en dessous. Autant les immeubles semblent solides, ancrés dans la terre, indestructibles, autant le ciel est vaste et amorphe, soumis à un bouleversement constant. Pendant la première semaine j'ai eu l'impression d'avoir été placé les pieds en l'air, la tête en bas. C'était une ville de l'ancien monde et elle n'avait rien à voir avec New York où les ciels sont lents et les rues chaotiques, où les nuages sont fades et les immeubles agressifs. J'étais déplacé, ce qui me rendait soudain peu sûr de moi. Je sentais ma maîtrise faiblir et au moins une fois par heure je devais me rappeler pourquoi je me trouvais là."
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En conclusion, trois tomes sans réel lien entre eux si ce n'est les trois détectives privés. Peter Stillman et Quinn apparaissent également très rapidement dans le troisième tome. le lecteur se perd dans l'histoire, voit il réellement la vérité, y a-t-il une vérité ? qui est qui ?
Quand je dis le lecteur se perd, ce n'est pas du tout péjoratif, l'auteur balade le lecteur dans le bon sens du terme, l'emmène d'hypothèse en hypothèse : pas de réelle réponse d'ailleurs à la fin. Une quête sur l'identité : qui sommes nous, jusqu'où sommes nous prêts à aller ?
Un livre difficile à raconter, mais qui mérite amplement sa place dans les romans cultes tellement les questions sont innombrables, bien posées et éveillent de nombreux échos et de réflexions chez le lecteur.
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Citations & extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE06 janvier 2013
Quinn s’était intéressé à la vaste littérature consacrée à ces affaires. Il y avait eu le marin écossais Alexander Selkirk (considéré par certains comme le modèle de Robinson Crusoé) qui avait vécu seul pendant quatre ans sur une île au large des côtes chiliennes et qui, selon le capitaine du vaisseau qui lui porta secours en 1708, « avait tellement oublié son langage faute de s’en servir que nous pouvions à peine le comprendre. Moins de deux décennies plus tard Peter de Hanovre, un enfant sauvage âgé d’environ quatorze ans, fut découvert, mutique et nu, dans une forêt près de la ville de Hamel, en Allemagne. Il fut amené à la cour d’Angleterre sous la protection particulière de Georges 1er. Swift aussi bien que Defoe, eut l’occasion de le voir, et cette expérience conduisit Defoe à écrire en 1726 l’opuscule intitulé Esquisse de la nature à l’état pur ; ou un corps sans âme, Peter, cependant, n’apprit jamais à parler. Au bot de plusieurs mois il fut envoyé à la campagne où il vécut jusqu’à l’âge de soixante-dix ans sans manifester le moindre intérêt pour la sexualité, l’argent où les autres choses de ce monde. Puis il y avait eu le cas de Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron, capturé en 1800. Grâce aux soins patients et méthodiques du Dr Itard, Victor acquit quelques rudiments de parole mais ne dépassa jamais le niveau d’un petit enfant. Plus célèbre encore que Victor, il y avait eu Gaspard Hauser qui fit son apparition un après midi de 1828 à Nuremberg, habillé d’une façon incongrue et à peine capable d’articuler un son intelligible. Il pouvait écrire son nom, mais à tous autres égards il se conduisait comme un enfant. Adopté par la ville et confié aux soins d’un maître d’école, il passait ses journées assis sur le plancher à jouer avec des petits chevaux, ne mangeant que du pain et de l’eau. Pourtant il se développa. Il devint excellent cavalier, se montra d’une propreté obsessionnelle et se passionna pour deux couleurs, le blanc et le rouge. Enfin au dire de tous, il faisait preuve d’une mémoire extraordinaire, surtout pour les noms et les visages. Il préférait cependant rester à l’intérieur, fuyant la lumière vive. Comme Peter de Hanovre, il ne manifesta jamais le moindre intérêt pour les choses du sexes ou pour l’argent. Au fur et à mesure que lui revenait le souvenir de sa vie antérieure, il se trouva en mesure de se rappeler qu’il avait passé de nombreuses années sur le plancher d’une pièce plongée dans l’obscurité nourri par un homme qui ne lui parlait jamais et ne se laissait jamais voir. Peu après ces révélations, Gaspard mourut, poignardé par un inconnu dans un jardin public.
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Aline1102Aline110209 octobre 2012
' But there's no question,' he went on, ' no question that the man could write. I read the book more than two weeks ago and it's been with me ever since. I can't get it out of my head. It keeps coming back to me and always at the strangest moments. Stepping out of the shower, walking down the street, crawling into bed at night - whenever I'm not consciously thinking about anything. That doesn't happen very often, you know. You read so many books on this job that they all tend to blur together. But Fanshawe's book stands out. There's something powerful about it, and the oddest thing is that I don't even know what it is. '
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WictorianeWictoriane17 juin 2010
L'histoire toute entière se ramène à ce qui s'est passé pour terminer, et si je n'avais pas à présent cette conclusion en moi, je n'aurai jamais pu commencer ce livre. Il va de même pour les deux volumes qui précèdent celui-ci Cité de verre et Revenants. Ces trois récits, au bout du compte, sont la même histoire, mais chacun représente un stade différent de ma conscience de ce que à quoi elle se rapporte.
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RusenRusen01 octobre 2016
C'est un faux numéro qui a tout déclenché, le téléphone sonnant trois fois au cœur de la nuit et la voix à l'autre bout demandant quelqu'un qu'il n'était pas.
Bien plus tard, lorsqu'il pourrait réfléchir à ce qui lui était arrivé, il en conclurait que rien n'est réel sauf le hasard. Mais ce serait bien plus tard. Au début, il y a simplement eu l'événement et ses conséquences. Quant à savoir si l'affaire aurait pu tourner autrement ou si elle avait été entièrement prédéterminée dès le premier mot qui sorti de la bouche de l'étranger, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est l'histoire même, et ce n'est pas à elle de dire si elle a un sens ou pas.

(Cité de verre)
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AgatheDAgatheD21 juin 2015
Aujourd'hui,comme jamais encore: les clochards, les jetés,les femmes au sac d'épicerie,les paumés et les ivrognes.Ils vont du simple indigent à la lamentation épave.Partout où on se tourne ils sont là,dans les beaux quartiers comme dans les autres....
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