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EAN : 9782246813965
155 pages
Éditeur : Grasset (06/03/2019)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 64 notes)
Résumé :
«  L'autre jour, ma fille m'a demandé si on pourrait te voir quand tu ne seras plus morte. Elle est encore petite, tu sais, alors elle a insisté - et pourquoi ton coeur s'est arrêté, et pourquoi tu es morte dans ta salle de bain... Mourir à 33 ans, elle ne comprend pas, et elle a peut-être senti dans ma réponse mon aversion à parler de toi, à penser à toi. J'avais tout emmuré mais te revoilà sans cesse?  »  Il aura fallu trente ans pour que Clémentine Autain écrive ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
elleaimelire
  29 septembre 2019
Devenue mère à son tour, Clémentine Autain ressent, trente ans après le décès de sa mère, la comédienne Dominique Laffin, le besoin d'écrire sur son enfance marquée par le décès brutal de cette dernière. Mais aussi, le besoin de raconter l'après. Tout ce qu'elle a gardé au fond d'elle et traîné derrière elle depuis si longtemps.
Dites-lui que je l'aime c'est donc le moment pour l'auteure de dire à sa mère tout l'amour qu'elle avait englouti et enterré au fond d'elle même.
"Je t'avais rangée, je m'étais arrangée mais il faut toujours que quelqu'un ou quelque chose me ramène à toi, c'est épuisant."
Dites-lui que je l'aime c'est comme une lettre d'amour posthume d'une fille à sa mère qu'elle a si peu connue. Une mère si souvent absente. Une mère comédienne, dont le rôle principal de mère était le plus difficile à jouer dans la vie de tous les jours.
Alors cette longue lettre devient un cri d'amour et de souffrance aussi. Celui d'une enfance écourtée. Celui d'une enfance sans figure maternelle très présente. Celui d'une relation mère-fille souvent inversée à cause de l'alcoolisme de Dominique Laffin, à cause aussi de son côté adolescente éternelle. Une mère jeune, dans sa manière d'être femme,  et de se comporter. Une mère peut-être à la jeunesse éternelle.
"Je t'ai entendue une fois parler de tes rêves de retraite heureuse, de confitures que tu fabriquerais durant tes vieux jours. Tu en parlais comme d'une bonne blague, dans ton regard je lisais que ce songe te paraissait hors de portée. T'imaginais-tu un instant vieillir ? Je ne crois pas."
Ce besoin permanent de jeunesse, de profiter de l'existence rendait Dominique insouciante. Et Clémentine devait alors se débrouiller. Devoir assumer des rôles d'adulte alors qu'elle n'était encore qu'enfant. Jusqu'à souvent se transformer en une mère pour la sienne. Jusqu'à avoir des sentiments ambivalents à la mort de cette dernière.
"Un parfum de malaise emplit l'atmosphère. La mort a beau être d'une banalité à crever, elle donne des vertiges aux vivants."
J'ai ressenti la colère de Clémentine Autain au début de ma lecture. Une colère triste. Sur fond de l'incompréhension d'un enfant. Mais une colère qui s'apaise au fil des mots et des pages. Une colère qui s'atténue avec l'âge et l'expérience de la femme qu'elle est devenue.
Dites-lui que je l'aime c'est un récit autobiographique réparateur, qui ne cherche pas à expliquer, mais qui cherche à apaiser et à mettre des mots sur tout ce qui est enfoui depuis de si nombreuses années.
Car les mots sont crus, et la plume directe. Clémentine Autain ne met pas de filtres sur ses sentiments. Elle retranscrit d'une écriture fluide et tranchante à la fois, les émotions de l'enfant qu'elle était . Cela se lit d'une traite, presque en apnée, tant c'est poignant.
Dites-lui que je l'aime, est une ode à une mère certes imparfaite. Clémentine Autain s'autorise enfin à exprimer sa rancoeur pour pouvoir libérer ses sentiments, et son amour pour cette femme qu'elle a si peu connue, mais qui était sa mère avant tout.
Dites-lui que je l'aime est un message plein de sens et d'amour qu'envoie Clémentine Autain à sa mère à travers ses mots et finalement à travers ses lecteurs. Une déclaration sans doute nécessaire et libératrice. Pour enfin apaiser une souffrance latente et profonde. Et profiter de sa vie.
Lien : https://ellemlireblog.wordpr..
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Marti94
  12 juin 2019
Quel beau titre pour évoquer l'amour pour une mère qui n'a pas été dit de son vivant!
Avec "Dites-lui que je l'aime" Clémentine Autain est sur un registre nouveau, celui du récit autobiographique qu'elle réussit parfaitement.
J'aime beaucoup la députée insoumise engagée en politique et militante pour la justice sociale et le droit des femmes. D'ailleurs, j'attends la rencontre organisée par la librairie coopérative Points communs près de chez moi.
Clémentine Autain elle, a attendu 30 ans avant d'écrire sur sa mère. Mais comme ses enfants grandissent et lui posent des questions sur leur grand-mère alors elle décide d'ouvrir les yeux et surtout d'ouvrir son coeur. Car ça n'a pas été facile d'être la fille de Dominique Laffin et d'Yvan Dautin.
Yvan Dautin le chanteur me disait quelque chose mais j'avoue que Dominique Laffin est un nom qui ne me disait rien alors qu'elle a été comédienne dans les années 70. Mais lorsque j'ai regardé sur Internet et que j'ai vu son visage je l'ai reconnue tout de suite. Elle a tourné pour Claude Miller, Catherine Breillat, Marco Ferreri, dans "La Femme qui pleure" de Jacques Doillon et "Garçon !" de Claude Sautet. Elle était féministe et sexy. Elle a eu un destin à la Patrick Dewaere : une réussite professionnelle jeune, une personnalité qui crève l'écran et une mort prématurée. Car Dominique Laffin est morte en 1985, à l'âge de 33 ans alors que sa fille avait 12 ans.
Clémentine Autain raconte qu'elle a souvent eu honte de cette mère alcoolique, femme-enfant qu'elle avait envie de protéger même lorsqu'elle était toute petite. Elle n'a jamais réussi à faire éclater son amour. C'est ce qu'elle fait avec ce très beau livre qui sonne juste et cette sincérité m'a beaucoup émue.
Lu en mai 2019
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michdesol
  06 avril 2019
Voilà un livre profondément émouvant.
Clémentine Autain a perdu sa mère, l'actrice Dominique Laffin, à l'âge de 12 ans. Une mère qui n'a pas su ou qui n'a pas pu l'élever. Son enfance en fut profondément esquintée.
Si, pendant des années elle s'était toujours fermée à tout souvenir et à toute évocation de sa mère, la mère qu'elle est elle-même devenue nous livre aujourd'hui cette quête, celle d'une femme, d'une grande actrice, si lumineuse (le jeune cinéphile que j'étais l'adorait, comme beaucoup), entière, féministe, engagée, dévorée par la vie.
Si on sent une certaine rancœur dans les premiers chapitres (elle parle même de "haine"), le ton s'apaise peu à peu. Le livre s'avère finalement être une belle lettre d'amour à l'absente qu'elle tutoie au fil des pages, désigne par son nom ou l'expression « ma mère ». Il faudra attendre le dernier chapitre, la dernière page, la dernière ligne, pour trouver ces deux derniers mots : "ma maman".
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Vermeer
  26 octobre 2019
Formidable récit, d'une très grande qualité littéraire qui plus est. Oubliez la femme politique, pensez à une petite fille des années 1970, fille d'une actrice (Dominique Lafin), mère défaillante, alcoolique, inconséquente, peu en prise avec le réel qui ne sait, qui ne peut s'occuper de sa fille. Elle meurt lorsque Clémentine a douze ans d'un arrêt cardiaque (suicide ? conséquences d'une mauvaise hygiène de vie ?)
Clémentine Autain en garde rancoeur, ressentiment, refuse de parler de cette mère dont elle garde un souvenir sombre.
Le temps passe, elle devient elle-même mère, ses enfants grandissent et posent des questions, elle ne peut continuer à évacuer sa mère.
Dans ce récit de souvenirs, elle redécouvre une image plus positive , plus solaire, plus apaisée de sa mère qui peu à peu redevient sa maman. Sa mère faible, fragile, instable devient aussi parfois femme forte. C'est exactement le contraire qu'il se produit avec l'auteur. D'une Clémentine Autain, bloc de certitudes, nous découvrons une face plus nuancée, plus sensible.
Le tout avec beaucoup de sensibilité, de pudeur et sans pathos. Ce n'est pas son genre de jouer les Cosette !
Magnifique !! J'ai beaucoup, beaucoup aimé.
Le titre du livre est aussi celui d'un film dans lequel sa mère a joué.
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Sevlipp
  28 novembre 2019
Deux femmes publiques : Clémentine Autain, femme politique et sa mère Dominique Laffin, actrice qui meurt à 33 ans dans des circonstances obscures.
Clémentine n'a longtemps pas voulu se souvenir de sa mère, n'arrivait pas à l'aimer car celle-ci l'a aimée, c'est sûr, mais mal-aimée.
Comment ne pas en vouloir à une mère qui aimait l'alcool, trop, et qui vous a laissé si souvent toute seule dans un grand appartement, ne venait pas vous chercher à l'école ou chez votre père.
Et puis Clémentine devient mère et comme souvent les enfants posent des questions et ne se contentent pas de réponses évasives.
Elle prend alors son courage car il en faut pour laisser les souvenirs remonter. Les mauvais arrivent en premier puis petit à petit les moments de joies, de tendresse, de rires, d'attentions reviennent. Elle accepte de rencontrer des personnes qui ont connu sa mère et qui la lui raconte sous un autre jour.
Elle va arriver à se réconcilier avec celle qu'elle peut appeler maintenant " maman".
C'est un petit roman autobiographique émouvant, sincère, bien écrit que j'ai vraiment pris plaisir à lire.
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critiques presse (1)
LaPresse   10 mai 2019
Ce livre est une quête de réconciliation, dans la lignée de La femme qui fuit d'Anaïs Barbeau-Lavalette et de Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan. Une magnifique lettre d'amour à une mère imparfaite, juste à temps pour la fête des Mères.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   23 décembre 2019
J'ai peur, et la plupart du temps, je ne sais pas bien de quoi. De mon lit d'enfant, j'écoute les bruits, je ne m'endors pas facilement. L’heure tourne mais je n'ai aucune idée de la vitesse à laquelle elle tourne. A un moment donné, il me semble que je n'entends plus rien. Où plutôt que j'entends un grand silence suspect. Je me lève, j'ouvre la porte qui donne sur le couloir. Personne. J'avance sur la pointe des pieds dans ta chambre. Personne.
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michdesolmichdesol   06 avril 2019
Je venais d'avoir douze ans lorsque tu es morte, j'en ai quarante-deux. Tu es partie il y a si longtemps que la haine s'est éteinte, évaporée avec les années. Sans doute ma colère s'est-elle simplement fracassée sur le mur de ton absence. Alors j'ai décidé de vivre avec ce mur qui s'est transformé en une sorte de mire de vieille télévision, un faux rien. Attachée à la distance qui s'est installée entre nous depuis ces trois décennies que tu n'es plus, je ne voulais pas être dérangée.
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YukoYuko   26 mars 2019
Ce qui abime c’est la répétition. Ce qui nous a séparées c’est la récurrence de ton incapacité à prendre soin de moi. Je n’ai plus trouvé la force de comprendre, j’ai condamné. Je n’ai plus cherché à relier les bribes d’interprétations possible pour te disculper, j’ai considéré que ce n’était pas mon problème. Je n’ai plus entretenu les moments de bienveillance et de joie, je les ai enterrés. Qu’importe la compassion et la compréhension, la justice ou la vérité, pourvu que je marche droit. Tout a fonctionné comme si j’avais eu un besoin impérieux de t’anéantir pour pouvoir m’en sortir et tracer mon chemin loin de la déprime et de l’alcool.
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MukashimukashiMukashimukashi   11 décembre 2019
Je ferme les yeux. Nous y sommes. Au Wepler, cette grande brasserie de la place Clichy où tu m’emmènes un samedi midi. Tu es sobre, drôle, rayonnante. De retour d’un tournage avec Roberto Benigni, tu parles en italien et traduis le menu que je répète difficilement mais gaiement : un melone, una scaloppine al limone, un caffè... Nous sommes complices, tu me poses des questions, je suis au centre de ton monde le temps d’un déjeuner.
Tu ne le sais pas mais j’ai choisi l’italien en seconde langue au collège et passé mon baccalauréat avec cette matière en coefficient sept tant je l’aimais et la travaillais. L’italien m’a permis la mention au baccalauréat. À l’épreuve orale, je me souviens que la professeure avait lourdement insisté pour savoir si j’étais bilingue. Elle ne semblait pas me croire, mon accent avait l’air sûr comme si l’italien était ma langue maternelle. J’ai démenti mais, à la réflexion,elle n’avait pas complètement tort. [page 87]

(Note de la lectrice qui a fait la transcription : les mots italiens sont en italique dans le texte original, ce que le système de Babelio ne permet pas de transcrire.)
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MukashimukashiMukashimukashi   11 décembre 2019
Quand tu es morte, j’ai passé des heures et des heures devant le miroir à répéter maman. Ce mot m’apparaissait aussi magique que mystérieux. J’épelais chaque syllabe lentement, à la façon d’Antoine Doinel, le personnage de Truffaut, qui prononce en chaîne son nom face à une glace, dans Baisers volés. Comme lui, je faisais des grands mouvements avec la bouche : ma-man, ma-man, ma-man. Je n’avais plus de raison de dire maman mais j’avais besoin de dire maman. [page 94]
[Note de la lectrice qui a transcrit cette citation : le mot "maman" et Baisers volés sont en italiques dans le texte original, ce que le système de Babelio ne transmet pas.]
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Videos de Clémentine Autain (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Clémentine Autain
DITES LUI QUE JE L'AIME - CLEMENTINE AUTAIN On connaît la femme politique, députée de Seine-Saint-Denis, mais tout le monde ne sait pas que Clémentine Autain est la fille d’une comédienne très prometteuse dans les années 80 : Dominique Laffin, décédée à l’âge de 33 ans dans de mystérieuses conditions. Pendant très longtemps, Clémentine en a voulu a sa mère de ne pas s’être montrée à la hauteur, mais le temps du pardon est arrivé.
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