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ISBN : 2246720915
Éditeur : Grasset (03/06/2009)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 34 notes)
Résumé :

En 1969, Peter March, bon marin, père de famille, amateur de défis, se lance dans l'aventure : participer à la première course en solitaire, autour du monde et sans escale. Pas seulement pour y inscrire le nom de Sailahead, le trimaran révolutionnaire que cet électronicien fantasque a construit de ses mains. Mais pour revenir en pleine gloire. S'inventer un destin. " Ici, je suis libre, personne pour me contrarier, pour exiger quoi que ce soit. C'est comme s... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nameless
27 septembre 2015
Depuis que j'ai lu Soudain, seuls, très belle découverte faite grâce à Masse Critique et Stock, je souhaitais retrouver Isabelle Autissier. Voilà qui est fait, avec Seule la mer s'en souviendra.

Il s'agit tout naturellement à nouveau d'une histoire maritime, à bord de laquelle le lecteur peut embarquer en toute confiance pour s'aventurer sur les mers et océans les plus hostiles, sûr de la compétence navigatrice de l'auteur, de son intégrité intellectuelle, de son humanité aussi. Après un voyage littéraire et marin éprouvant dans ce roman, Isabelle Autissier vous ramènera à bon port.

Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, Isabelle Autissier a choisi de romancer un fait divers, qui a peut-être été la première supercherie sportive de répercussion mondiale (avant la FIFA donc). En 1968, le Sunday Times organise pour la première fois la Sunday Times Golden Globe Race, course à la voile, en solitaire autour du monde sans escale, dont le règlement stipule que “tout voilier partant entre le 01.06 et le 31.10.68, d'un port au nord du 40ème parallèle, est admis automatiquement. Pour conserver une certaine équité, puisque tout le monde ne s'élance pas à la même date, le journal a prévu deux prix : l'un au premier qui reviendra et le second au plus rapide. Tout le monde rêve de cumuler les deux. L'enjeu n'est pas mince : 5 000 livres sterling à chaque fois ; le prix d'une petite maison” (p.26).

C'est l'histoire de Donald Crowhurst que nous raconte Isabelle Autissier. Ce père de famille, doux-dingue- rêveur qui imaginait volontiers de nouvelles vies pour ses proches, constructeur de bateaux en difficulté financière voit dans cette course le moyen de se remettre à flots, c'est le mot, et de se faire connaître, sûr de ses inventions informatiques. Navigateur expérimenté mais pas suffisamment, la préparation de son bateau bâclée, sa maison hypothéquée, il s'élance avec les plus grands circumnavigateurs : Moitessier, Knox-Johnston, avant de très rapidement être atteint par la solitude océanique et accablé par les avaries de son bateau qu'il ne parvient pas à réparer.
Son esprit s'égare rapidement, il tient deux journaux de bord, un vrai sur lequel il note des poésies, ses états d'âme, et un faux sur lequel il invente des positions alors qu'il a accosté en Argentine. Vaincu par la folie, Donald Crowhurst ne rentrera jamais. Il s'est, selon toute vraisemblance suicidé en mer.

Dans Seule la mer s'en souviendra, le héros d'Isabelle Autissier s'appelle Peter March. La grande trouvaille littéraire de l'auteur est de livrer en alternance des extraits du journal de bord de Peter, et des extraits du journal intime d'Eva, sa fille, qui entrent en résonance, dans un double monologue. J'attire une fois encore l'attention des lecteurs, sur la très belle langue créée et sculptée par Isabelle Autissier, à la fois technique puisqu'elle a été la première femme à réaliser un tour du monde à la voile en solitaire, mais également et surtout poétique et empreinte d'empathie, de compréhension envers son personnage, Peter March.
La conclusion du roman d'Isabelle et celle du fait divers sont identiques : Robin Knox-Johnston ayant remporté les deux prix offerts par le Sunday Times, remet ses gains à la veuve de Donald Crowhurst/Peter March, “en la suppliant de les accepter au nom de la solidarité des gens de mer”. (p. 279). Je laisse bien entendu le dernier mot à Isabelle Autissier : “Car on ne ment jamais à la mer, elle finit par vous rattraper”.

Magnifique histoire, magnifique roman, je croise les doigts pour que Soudain, seuls, remporte un prix littéraire.
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nadiouchka
10 janvier 2017
Pour l'histoire, il s'agit d'un fait divers basé sur l'histoire de Donald Crowhurst, lors du Sunday Times Golden Globe en 1968.
Isabelle Autissier s'en est inspirée (forte de son expérience) pour écrire Seule La Mer S'en Souviendra et son héros en est Peter March, parti pour une course en solitaire, autour du monde et sans escales.
Dans ce livre, deux voix : celle d'Eva, la fille de Peter et celle de Peter avec son journal de bord.
Eva avait quatorze ans quand son père est parti en mer et elle nous livre ses impressions, ses joies et sa peur de perdre son père, complètement obnubilé par cette course. Il fait construire un trimaran, le Sailahead qui devrait révolutionner les domaines de la technologie, de la vitesse…. Mais en fait, il va se passer bien des événements imprévus et notre héros va tenir finalement deux journaux : un vrai et un faux.
Peter, comme Donald, sombre tout doucement dans la folie et va nous faire souffrir avec lui.
Quant à Eva, arrivée à l'âge adulte, elle nous raconte tout ce que sa famille a été obligée d'endurer, d'abord pendant les préparatifs, ensuite lors de la course et à l'annonce de la nouvelle fatidique.
C'est une histoire très touchante, racontée par notre si célèbre Isabelle Autissier dont je suis une fidèle admiratrice et dont je lis le plus possible ses aventures. Qu'elles soient en solitaire, en romans (par exemple L'Amant de Patagonie), ou qu'il s'agisse d'aventures scientifiques partagées avec d'autres passionnés de la mer (Erik Orsenna).
C'est un agréable petit roman sur cette dure vie en mer et qui se lit très vite car l'écriture est agréable (comme d'habitude).
De plus, Isabelle Autissier sait très bien de quoi elle parle quand il s'agit de cette si angoissante solitude et elle l'exprime très bien.
Décidément, c'est une auteure qui ne m'a jamais déçue, qui m'a toujours passionnée et que je continuerai à lire, dès que je le pourrai. Je ne m'en lasse pas.
Un succès de plus à son actif !
Nota personnel : je ne peux pas en dire plus sur cette histoire car il faut vraiment la découvrir, mais dans les citations on en saura un peu plus.
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Ys
27 juin 2017
En 1968, l'homme a déjà relevé bien des défis sur la mer - mais il en reste encore un à réaliser : le tour du monde à la voile sans escales en solitaire. Un pari un peu fou qui traîne dans l'air du temps, sir Francis Chichester l'a déjà presque accompli l'année précédente, avec une seule escale à Sidney, et c'est sur son initiative que le Sunday Times lance le Golden Globe Challenge. Un challenge assez informel, où chacun concourt avec ses propres idées, son bateau, ses moyens personnels - et comme tout le monde ne partira pas en même temps, deux prix sont en course : celui du plus rapide et celui du premier arrivé.
Parmi les neuf concurrents, diversement expérimentés, se distingue la figure de Peter March, ingénieur-bricoleur à l'imagination débordante qui voit dans l'aventure à la fois un moyen d'accomplissement personnel, et une publicité formidable pour la petite société d'électronique de marine qu'il a créée. Ses idées, en tous points, sont novatrices : utilisation d'un multicoque, censément plus rapide qu'un bateau ordinaire et bourré d'innovations pour en assurer la solidité, développement d'un véritable ordinateur de bord pour faciliter la vie du marin solitaire... Novatrices et bonnes, sans doute, mais les fonds manquent, le temps plus encore, et c'est un homme exténué qui prend la mer, à bord d'un navire mal préparé, et très vite, l'évidence s'impose : l'homme, le navire, tous se déglingue déjà, le rêve est impossible. Mais comment accepter cet échec, quand le monde entier a les yeux fixés sur vous, quand tant de gens ont cru en vous, misé sur vous, quand tout ce que vous possédez est en jeu ? Alors, Peter March commence à mentir, sur sa position, ses performances, moins par volonté délibérée de tromper que par incapacité psychologique à accepter la défaite. Et le piège redoutable de la mer et de la solitude, lentement, se referme...
Derrière Peter March est un personnage bien réel, Donald Crowhurst, dont Isabelle Autissier reprend l'essentiel de l'histoire sous un masque romanesque plus propice à l'interprétation psychologique. Elle en tire un beau portrait, complexe, ambigu, dont les ressorts et les failles profondes se dévoilent peu à peu, à mesure que l'aventure s'empêtre et bascule vers les vertiges de la folie. Un portrait conçu de manière très intéressante, à travers les voix entremêlées de Peter March et de sa fille - le journal de bord d'un héros raté, le récit d'une enfant qui put très vite constater combien d'angoisse les héros laissent derrière eux, avant même de s'écraser.
Tout cela, nourri par l'expérience de navigatrice de l'auteur - rappelons qu'elle fut la première femme à accomplir un tour du monde en solitaire et, entre tempêtes, matériel brisé et dessalage, dut affronter pas mal de déboires au long de ses courses - donne un livre assez fascinant, où la révélation de l'homme à lui-même par la mer se teinte d'un subtil et croissant malaise.
Je découvre au passage que le Golden Globe Challenge revient en 2018, pour le 50e anniversaire du défi, avec les mêmes types de bateaux et d'équipement qu'en 1968. Souhaitons aux participants plus de chance qu'à ceux de la première édition, qui ne vit qu'un seul arriver à bon port et compta deux suicidés parmi les vaincus...
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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fran6h
17 janvier 2017
Mensonge et identité en solitaire autour du monde.
Parti pour une course autour du monde en solitaire et sans escale, Peter est un ingénieur porté sur l'innovation technique. Prêt à s'engager lui-même alors qu'il n'est en rien un marin aguerri pour une telle épreuve, il pense que le bateau qu'il pilote, bourré de technologies nouvelles pour l'époque, sera à même, non seulement de réussir le tour par les océans du sud, mais surtout de battre les records de vitesse.
Mais finalement ça ne se passera pas comme imaginé.
A travers le carnet de bord rédigé pendant le séjour sur mer on suit la dérive, lente mais inexorable, de ce marin, qui, finalement, n'aimait pas la mer. Paradoxe ?
Ce roman est le roman d'un mensonge. le mensonge qu'on voit naître, puis grossir, puis tout envahir. Peut-on vivre avec le mensonge sans s'enfoncer dans un abîme profond où la conscience lutte en permanence contre des mécanismes de défense, de déni, d'esquive. En mentant aux autres, finit-on par se mentir à soi-même, et ne plus savoir qui l'on est ?
Le caractère du personnage qui sombre peu à peu est bien tempéré par la vision de sa fille Eva, qui tient elle aussi un journal à terre, à la maison, et qui écrit les angoisses de la séparation, et l'excitation du retour certain de son héros de père.
On navigue beaucoup, on doute souvent, on calcule pas mal dans ce roman épique où déjà on voit poindre le "Soudain, seuls" qui donnera à l'auteure une consécration littéraire bien méritée.
Lien : http://animallecteur.canalbl..
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JoyeuxDrille
13 avril 2015
Seul un navigateur qui a pu être confronté à l'océan, à ses séductions et à ses dangers pouvait raconter cette histoire, inspirée de faits réels. Intéressant aussi de voir qu'en 40 ans, la vie du navigateur solitaire a été métamorphosée par la technologie. En 1969, l'homme était véritablement seul face à la mer.
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Citations & extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless25 septembre 2015
J'ai horreur des adieux. Ils évoquent pour moi la mort, la pensée que ceux que l'on serre dans ses bras vont s'évanouir comme par magie, disparaître dans le néant.

Page 61 - Grasset
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nadiouchkanadiouchka15 janvier 2017
Mes yeux s’emplissent de larmes, les larmes du bonheur. Haut les cœurs ! Un héros ne pleure pas.
La voix plus posée du présentateur principal a pris le relais.
- Et pendant ce temps-là, où sont les autres concurrents : Moitessier approche du cap Horn ; le Frenchy et son Joshua avalent les milles avec une régularité de métronome, plus de 6 nœuds de moyenne, quasiment pas de problèmes à bord. P.174
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nadiouchkanadiouchka10 janvier 2017
Je dois me faire violence pour me projeter du lit. Mais dès que j’ai le parquet froid sous les pieds, la vitalité revient, j’oublie mes doutes.
Aujourd’hui, pourtant, j’aurais eu quelques excuses à cette appréhension matinale.
Aujourd’hui, le pars.
Je pars pour ce qu’aucun homme n’a jamais tenté. (…)
31 octobre 1968, mon jour de gloire ?
Je pars faire une course autour du monde à la voile en solitaire et sans escale.
P.24
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nadiouchkanadiouchka11 janvier 2017
Joshua Slocum, en 1895, a fondé la navigation de plaisance en solitaire, autour du monde. Je me sens des affinités avec ce capitaine de clipper, que l’irruption de la vapeur avait jeté dans la misère.
(…) Parti avec 1,80 dollar en poche, il revenait trois ans plus tard en héros, et serait reçu par Theodore Roosevelt.
Lentement, les marins suivants ont repoussé les limites. L’Argentin Vito Dumas a renoué avec les quarantes rugissants abandonnés par les trois-mâts. Lui aussi a été traité de fou quand il s’est lancé, au beau milieu de la Seconde Guerre Mondiale. Encore plus pauvre ! (…) Voilà les pionniers qui ont su se mesurer à l’inconnu, innover, ne pas se couler dans le moule, aller contre les idées reçues !
Francis Chichester, l’année dernière, avait d’autres moyens : argent, sponsors, médias. C’est peut-être pour cela que je l’admire moins.
P.25
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rkhettaouirkhettaoui21 décembre 2014
Si j’avais pu continuer mes études, j’aurais été un bon mathématicien. J’ai toujours été fasciné par ces langages. Le mathématicien n’a rien que son crayon et sa feuille et il invente des mondes. Rien ne lui résiste, il lui suffit de poser quelques théorèmes et il dompte la réalité, la met en formules et en équations. Qui d’autre jongle tous les jours avec le zéro et l’infini ? La mathématique est l’art le plus créateur jamais sorti de l’esprit humain. La trigonométrie, l’algèbre, le calcul différentiel, la théorie des ensembles, les nombres complexes, chacun de ces langages fait sens dans l’univers. En le décrivant, il le crée.
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Videos de Isabelle Autissier (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Autissier
Isabelle Autissier - Une nuit, la mer / Soudain, seuls .Isabelle Autissier vous présente son spectacle "Une nuit, la mer". Retrouvez son livre: http://www.mollat.com/livres/autissier-isabelle-soudain-seuls-9782234077430.html www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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