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EAN : 9782246720911
279 pages
Éditeur : Grasset (03/06/2009)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 57 notes)
Résumé :

En 1969, Peter March, bon marin, père de famille, amateur de défis, se lance dans l'aventure : participer à la première course en solitaire, autour du monde et sans escale. Pas seulement pour y inscrire le nom de Sailahead, le trimaran révolutionnaire que cet électronicien fantasque a construit de ses mains. Mais pour revenir en pleine gloire. S'inventer un destin. " Ici, je suis libre, personne pour me contrarier, pour exiger quoi que ce soit. C'est comme s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  14 août 2019
"Dans les yeux de ma mère" 🎵🎶🎵🎶chante Arno de sa belle voix éraillée.
Peter March, lui, est fasciné par les yeux de la mer...
Plus féru d'électronique que de navigation, infatigable en calcul mathématique pour établir ou ..supputer une position, tracer ou...imaginer une trajectoire maritime, mais peu enclin à grimper au mât quand les drisses s'y emmêlent, à calfater une coque qui prend l'eau , à réparer une batterie noyée , Peter March, marin romanesque et fantasque,homme velléitaire et présomptueux, plutôt qu'endurant et courageux, se met en tête de faire le tour du monde en solitaire à la voile et d'en revenir victorieux .
Il se sent fort de deux atouts, de deux audacieuses innovations: un multicoque, son trimaran, le Sailahead, et le recours, pour naviguer, à la technologie nouvelle de l'époque : la fée informatique.
Il a le sentiment d'être à la pointe de l'innovation en matière de navigation. Et il l'est, effectivement. N'a-t-il pas équipé son bateau du dernier cri en matière d'informatique?
Enfin, il compte l'en équiper.. car il part tout à trac, sans mettre la dernière main à tous ces préparatifs sophistiqués, l'ordinateur de bord toujours en kit, en vrac même, dans un bazar ambiant assez inquiétant.
Il part , dans une précipitation qui n'a d'égale que son impréparation.
Il est suivi, à terre, par une petite groupie inconditionnelle :sa fille, Eva, qui assure le commentaire de ce périple vu du quai. Et vu du côté de la raison. Eva, c'est son amer.
Car en mer, le capitaine du Sailahead part très vite à la dérive.
Loin de la course, loin de la terre, loin de la raison, loin de lui-même.
Dans les yeux de la mer...
Il se perd dans les yeux de la mer, le père sans amer.
Terriblement efficace- Isabelle Autissier est dans son élément, et la navigatrice rigoureuse qu'elle est sait et fait mesurer à son lecteur, atterré, c'est le mot, ce que coûte chaque erreur de pilotage, chaque manquement à la dure discipline de la navigation solitaire.
Ce roman d'une dérive, d'une supercherie et d'une folie sur fond d'océan agité prend aux tripes et ne se lâche pas.
Inspiré de l'aventure de Donald Crowhurst en 1969 , le personnage de Peter March fait comprendre a contrario , de quelle trempe doivent être ceux qui se risquent dans de telles courses, et quels sont les marins -ou les marines- qui peuvent regarder les yeux de la mer ...au fond des yeux.
Sans sombrer.
Merci à Nameless qui fut, une fois de plus, de bon conseil! J'ai dévoré !
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nameless
  27 septembre 2015
Il s'agit tout naturellement à nouveau d'une histoire maritime, à bord de laquelle le lecteur peut embarquer en toute confiance pour s'aventurer sur les mers et océans les plus hostiles, sûr de la compétence navigatrice de l'auteure, de son intégrité intellectuelle, de son humanité aussi. Après un voyage littéraire et marin éprouvant dans ce roman, Isabelle Autissier nous ramène à bon port.

Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, Isabelle Autissier a choisi de romancer un fait divers, qui a peut-être été la première supercherie sportive de répercussion mondiale (avant la FIFA donc). En 1968, le Sunday Times organise pour la première fois la Sunday Times Golden Globe Race, course à la voile, en solitaire autour du monde sans escale, dont le règlement stipule que “tout voilier partant entre le 01.06 et le 31.10.68, d'un port au nord du 40ème parallèle, est admis automatiquement". Pour conserver une certaine équité, puisque tout le monde ne s'élance pas à la même date, le journal a prévu deux prix : l'un au premier qui reviendra et le second au plus rapide. Tout le monde rêve de cumuler les deux. L'enjeu n'est pas mince : 5 000 livres sterling à chaque fois ; le prix d'une petite maison” (p.26).

C'est l'histoire de Donald Crowhurst que nous raconte Isabelle Autissier. Ce père de famille, doux-dingue- rêveur qui imaginait volontiers de nouvelles vies pour ses proches, constructeur de bateaux en difficulté financière voit dans cette course le moyen de se remettre à flots, c'est le mot, et de se faire connaître, sûr de ses inventions informatiques. Navigateur expérimenté mais pas suffisamment, la préparation de son bateau bâclée, sa maison hypothéquée, il s'élance avec les plus grands circumnavigateurs : Moitessier, Knox-Johnston, avant de très rapidement être atteint par la solitude océanique et accablé par les avaries de son bateau qu'il ne parvient pas à réparer. Son esprit s'égare rapidement, il tient deux journaux de bord, un vrai sur lequel il note des poésies, ses états d'âme, et un faux sur lequel il invente des positions alors qu'il a accosté en Argentine. Vaincu par la folie, Donald Crowhurst ne rentrera jamais. Il s'est, selon toute vraisemblance suicidé en mer.

Dans Seule la mer s'en souviendra, le héros d'Isabelle Autissier s'appelle Peter March. La grande trouvaille littéraire de l'auteur est de livrer en alternance des extraits du journal de bord de Peter, et des extraits du journal intime d'Eva, sa fille, qui entrent en résonance, dans un double monologue. J'attire une fois encore l'attention des lecteurs, sur la très belle langue créée et sculptée par Isabelle Autissier, à la fois technique puisqu'elle a été la première femme à réaliser un tour du monde à la voile en solitaire, mais également et surtout poétique et empreinte d'empathie, de compréhension envers son personnage, Peter March.
La conclusion du roman d'Isabelle et celle du fait divers, connue, sont identiques, magnifiques et pleines d'humanité. Je laisse bien entendu le dernier mot à Isabelle Autissier : “Car on ne ment jamais à la mer, elle finit par vous rattraper”.

Magnifique histoire, magnifique roman, je croise les doigts pour que Soudain, seuls, remporte un prix littéraire.
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nadiouchka
  10 janvier 2017
Pour l'histoire, il s'agit d'un fait divers basé sur l'histoire de Donald Crowhurst, lors du Sunday Times Golden Globe en 1968.
Isabelle Autissier s'en est inspirée (forte de son expérience) pour écrire Seule La Mer S'en Souviendra et son héros en est Peter March, parti pour une course en solitaire, autour du monde et sans escales.
Dans ce livre, deux voix : celle d'Eva, la fille de Peter et celle de Peter avec son journal de bord.
Eva avait quatorze ans quand son père est parti en mer et elle nous livre ses impressions, ses joies et sa peur de perdre son père, complètement obnubilé par cette course. Il fait construire un trimaran, le Sailahead qui devrait révolutionner les domaines de la technologie, de la vitesse…. Mais en fait, il va se passer bien des événements imprévus et notre héros va tenir finalement deux journaux : un vrai et un faux.
Peter, comme Donald, sombre tout doucement dans la folie et va nous faire souffrir avec lui.
Quant à Eva, arrivée à l'âge adulte, elle nous raconte tout ce que sa famille a été obligée d'endurer, d'abord pendant les préparatifs, ensuite lors de la course et à l'annonce de la nouvelle fatidique.
C'est une histoire très touchante, racontée par notre si célèbre Isabelle Autissier dont je suis une fidèle admiratrice et dont je lis le plus possible ses aventures. Qu'elles soient en solitaire, en romans (par exemple L'Amant de Patagonie), ou qu'il s'agisse d'aventures scientifiques partagées avec d'autres passionnés de la mer (Erik Orsenna).
C'est un agréable petit roman sur cette dure vie en mer et qui se lit très vite car l'écriture est agréable (comme d'habitude).
De plus, Isabelle Autissier sait très bien de quoi elle parle quand il s'agit de cette si angoissante solitude et elle l'exprime très bien.
Décidément, c'est une auteure qui ne m'a jamais déçue, qui m'a toujours passionnée et que je continuerai à lire, dès que je le pourrai. Je ne m'en lasse pas.
Un succès de plus à son actif !
Nota personnel : je ne peux pas en dire plus sur cette histoire car il faut vraiment la découvrir, mais dans les citations on en saura un peu plus.
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paroles
  15 août 2019
Peter March, ingénieur en petite électronique de marine, n'a qu'un rêve : faire de sa vie un exploit. C'est pour cela qu'il s'inscrit à la course en solitaire autour du monde et sans escale, organisée par le Sunday Times. Marin, il l'est mais navigateur solitaire et affronter les océans du monde sont d'autres défis auxquels il devra faire face...

Nous, lecteurs, confortablement installés dans notre fauteuil préféré, suivrons jour après jour, et pendant environ huit mois (d'octobre 1968 à juin 1969), le parcours de ce navigateur solitaire face aux éléments et à lui-même. Pour cela, deux narrations nous seront nécessaires, d'abord celle du journal de bord de Peter March relatant ses états d'âme et ceux de son trimaran et celle de sa fille, Eva, à travers son journal personnel. Deux versions pour une même traversée. Deux versions pour comprendre ce qui a poussé Peter March à enfreindre une loi : tricher sur ses positions.

Un très bon roman d'Isabelle Autissier, que j'ai eu plaisir à suivre à nouveau, bâti à partir d'une histoire vraie, celle de Donald Crowhurst.
Une histoire pour comprendre la complexité d'un individu et la part de rêve qui sommeille en chacun de nous.

Lien : http://mespetitesboites.net
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JML38
  01 janvier 2020
Eva a quatorze ans lorsque son père Peter March embarque le 31 octobre 1968 à bord de son trimaran révolutionnaire « Sailahead » pour participer à la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Mais ce n'est que quinze ans plus tard qu'elle lit les carnets écrits par son père pendant son périple, et qu'elle ressort le journal qu'elle tenait à l'époque.
Le récit se construit à deux voix, à travers les souvenirs d'Eva et le texte de son père pour nous faire vivre une superbe et terrible histoire de mer directement inspirée de faits réels.

Eva raconte son père, qu'elle présente comme quelqu'un de gai, avec qui la vie paraissait facile et joyeuse. Quelqu'un d'entreprenant, d'imaginatif, fourmillant d'idées au point de créer sa société d'électronique de mer. C'est par sa voix que se dessine le projet de Peter de se lancer dans cette aventure inédite, persuadé de pouvoir construire le navire performant capable de boucler le tour du globe le plus rapide, et confiant dans ses compétences de navigateur. Il attend de ce futur exploit la renommée pour « Sailahead Ltd » et les retombées financières qui ne manqueront pas.

Une grande partie du récit est basée sur la transcription fidèle des carnets de Peter relatant au fil des jours le déroulement de sa navigation, faisant rapidement apparaître de multiples problèmes dus à la sous-estimation de l'envergure du projet par un navigateur pas aussi expérimenté et solide psychologiquement qu'il le pensait, et à la réalisation d'un bateau dans la précipitation, révolutionnaire dans l'intention seulement, et finalement mal conçu et pas assez testé.

Ce qui est le plus impressionnant, c'est la lente dégradation psychique de Peter March, des phases par lesquelles il passe dans sa longue dérive océanique, seul face à un destin qu'il ne maîtrise plus et une mer qu'il n'a jamais maîtrisée, en proie aux doutes et à la peur de l'échec qui vont l'emmener loin dans l'errance.

Isabelle Autissier, en grande dame de la mer qu'elle est, et grâce à une superbe écriture, m'a tenu littéralement scotché jusqu'à la toute fin de l'histoire de cet homme qui avait oublié l'essentiel : « on ne ment pas à la mer, jamais ».
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   25 septembre 2015
J'ai horreur des adieux. Ils évoquent pour moi la mort, la pensée que ceux que l'on serre dans ses bras vont s'évanouir comme par magie, disparaître dans le néant.

Page 61 - Grasset
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nadiouchkanadiouchka   15 janvier 2017
Mes yeux s’emplissent de larmes, les larmes du bonheur. Haut les cœurs ! Un héros ne pleure pas.
La voix plus posée du présentateur principal a pris le relais.
- Et pendant ce temps-là, où sont les autres concurrents : Moitessier approche du cap Horn ; le Frenchy et son Joshua avalent les milles avec une régularité de métronome, plus de 6 nœuds de moyenne, quasiment pas de problèmes à bord. P.174
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nadiouchkanadiouchka   10 janvier 2017
Je dois me faire violence pour me projeter du lit. Mais dès que j’ai le parquet froid sous les pieds, la vitalité revient, j’oublie mes doutes.
Aujourd’hui, pourtant, j’aurais eu quelques excuses à cette appréhension matinale.
Aujourd’hui, le pars.
Je pars pour ce qu’aucun homme n’a jamais tenté. (…)
31 octobre 1968, mon jour de gloire ?
Je pars faire une course autour du monde à la voile en solitaire et sans escale.
P.24
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nadiouchkanadiouchka   15 septembre 2018
J’étais prêt à téléphoner pour révéler au monde entier ma performance, quand je me suis aperçu de la bourde de mon calcul d’hier. J’ai pris comme point de départ de mon record ma position réelle, un peu au sud des Canaries. Il risque de paraître curieux qu’étant capable d’une telle vitesse, je ne sois plus que là.
P.124/125
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michfredmichfred   14 août 2019
On ne ment pas à la mer, jamais. Je peux vivre librement. J'ai tant souffert de toujours cacher, de paraître gai, entreprenant, battant, alors que j'avais tant de peine à simplement me sortir du lit.
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Videos de Isabelle Autissier (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Autissier
Avec Gerard Guerrier pour son livre Eloge de la peur aux éditions Paulsen (préface Bertrand Piccard). Au Salon du livre de Genève à Palexpo avec le Club du Livre https://club-livre.ch
Pour mieux comprendre ces peurs choisies, Gérard Guerrier s'est tourné aussi bien vers des philosophes que vers des neuroscientifiques et des psychiatres. Surtout, il s'est entretenu de longues heures avec de nombreux aventuriers et sportifs de l'extrême, comme Isabelle Autissier, Pierre Mazeaud, Géraldine Fasnacht, Loïck Peyron, Stéphanie Bodet, Bertrand Piccard. Ici, philosophes et sociologues, base-jumpers et freeriders, explorateurs, montagnards et marins dialoguent par-delà l'histoire et la géographie, le temps et l'espace sur la peur, leurs peurs. Et, comme en la matière, rien ne vaut l'intime, Gérard Guerrier nous livre également ses peurs vécues... de la simple appréhension à la terreur pure.
REMERCIEMENTS
SALON DU LIVRE DE GENEVE @salondulivregeneve http://www.salondulivre.ch Laurence Brenner, Maud Couturier CLUB DU LIVRE @clublivreswiss https://www.club-livre.ch Manuela Nathan @Manuela.nathan , Aurelie Garcia @aurelieautheatre , Williams Mouriere, Yves Jaques, Michael Bouvard @Michael_Bouvard Interview de l'Auteur : Manuela Nathan Prod/Post-prod Interview de l'Auteur : Williams Mouriere, WM Productions
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