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EAN : 9782246720911
279 pages
Éditeur : Grasset (03/06/2009)
3.85/5   85 notes
Résumé :

En 1969, Peter March, bon marin, père de famille, amateur de défis, se lance dans l'aventure : participer à la première course en solitaire, autour du monde et sans escale. Pas seulement pour y inscrire le nom de Sailahead, le trimaran révolutionnaire que cet électronicien fantasque a construit de ses mains. Mais pour revenir en pleine gloire. S'inventer un destin. " Ici, je suis libre, personne pour me contrarier, pour exiger quoi que ce soit. C'est comme s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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michfred
  14 août 2019
"Dans les yeux de ma mère" 🎵🎶🎵🎶chante Arno de sa belle voix éraillée.
Peter March, lui, est fasciné par les yeux de la mer...
Plus féru d'électronique que de navigation, infatigable en calcul mathématique pour établir ou ..supputer une position, tracer ou...imaginer une trajectoire maritime, mais peu enclin à grimper au mât quand les drisses s'y emmêlent, à calfater une coque qui prend l'eau , à réparer une batterie noyée , Peter March, marin romanesque et fantasque,homme velléitaire et présomptueux, plutôt qu'endurant et courageux, se met en tête de faire le tour du monde en solitaire à la voile et d'en revenir victorieux .
Il se sent fort de deux atouts, de deux audacieuses innovations: un multicoque, son trimaran, le Sailahead, et le recours, pour naviguer, à la technologie nouvelle de l'époque : la fée informatique.
Il a le sentiment d'être à la pointe de l'innovation en matière de navigation. Et il l'est, effectivement. N'a-t-il pas équipé son bateau du dernier cri en matière d'informatique?
Enfin, il compte l'en équiper.. car il part tout à trac, sans mettre la dernière main à tous ces préparatifs sophistiqués, l'ordinateur de bord toujours en kit, en vrac même, dans un bazar ambiant assez inquiétant.
Il part , dans une précipitation qui n'a d'égale que son impréparation.
Il est suivi, à terre, par une petite groupie inconditionnelle :sa fille, Eva, qui assure le commentaire de ce périple vu du quai. Et vu du côté de la raison. Eva, c'est son amer.
Car en mer, le capitaine du Sailahead part très vite à la dérive.
Loin de la course, loin de la terre, loin de la raison, loin de lui-même.
Dans les yeux de la mer...
Il se perd dans les yeux de la mer, le père sans amer.
Terriblement efficace- Isabelle Autissier est dans son élément, et la navigatrice rigoureuse qu'elle est sait et fait mesurer à son lecteur, atterré, c'est le mot, ce que coûte chaque erreur de pilotage, chaque manquement à la dure discipline de la navigation solitaire.
Ce roman d'une dérive, d'une supercherie et d'une folie sur fond d'océan agité prend aux tripes et ne se lâche pas.
Inspiré de l'aventure de Donald Crowhurst en 1969 , le personnage de Peter March fait comprendre a contrario , de quelle trempe doivent être ceux qui se risquent dans de telles courses, et quels sont les marins -ou les marines- qui peuvent regarder les yeux de la mer ...au fond des yeux.
Sans sombrer.
Merci à Nameless qui fut, une fois de plus, de bon conseil! J'ai dévoré !
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nameless
  27 septembre 2015
Il s'agit tout naturellement à nouveau d'une histoire maritime, à bord de laquelle le lecteur peut embarquer en toute confiance pour s'aventurer sur les mers et océans les plus hostiles, sûr de la compétence navigatrice de l'auteure, de son intégrité intellectuelle, de son humanité aussi. Après un voyage littéraire et marin éprouvant dans ce roman, Isabelle Autissier nous ramène à bon port.

Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, Isabelle Autissier a choisi de romancer un fait divers, qui a peut-être été la première supercherie sportive de répercussion mondiale (avant la FIFA donc). En 1968, le Sunday Times organise pour la première fois la Sunday Times Golden Globe Race, course à la voile, en solitaire autour du monde sans escale, dont le règlement stipule que “tout voilier partant entre le 01.06 et le 31.10.68, d'un port au nord du 40ème parallèle, est admis automatiquement". Pour conserver une certaine équité, puisque tout le monde ne s'élance pas à la même date, le journal a prévu deux prix : l'un au premier qui reviendra et le second au plus rapide. Tout le monde rêve de cumuler les deux. L'enjeu n'est pas mince : 5 000 livres sterling à chaque fois ; le prix d'une petite maison” (p.26).

C'est l'histoire de Donald Crowhurst que nous raconte Isabelle Autissier. Ce père de famille, doux-dingue- rêveur qui imaginait volontiers de nouvelles vies pour ses proches, constructeur de bateaux en difficulté financière voit dans cette course le moyen de se remettre à flots, c'est le mot, et de se faire connaître, sûr de ses inventions informatiques. Navigateur expérimenté mais pas suffisamment, la préparation de son bateau bâclée, sa maison hypothéquée, il s'élance avec les plus grands circumnavigateurs : Moitessier, Knox-Johnston, avant de très rapidement être atteint par la solitude océanique et accablé par les avaries de son bateau qu'il ne parvient pas à réparer. Son esprit s'égare rapidement, il tient deux journaux de bord, un vrai sur lequel il note des poésies, ses états d'âme, et un faux sur lequel il invente des positions alors qu'il a accosté en Argentine. Vaincu par la folie, Donald Crowhurst ne rentrera jamais. Il s'est, selon toute vraisemblance suicidé en mer.

Dans Seule la mer s'en souviendra, le héros d'Isabelle Autissier s'appelle Peter March. La grande trouvaille littéraire de l'auteur est de livrer en alternance des extraits du journal de bord de Peter, et des extraits du journal intime d'Eva, sa fille, qui entrent en résonance, dans un double monologue. J'attire une fois encore l'attention des lecteurs, sur la très belle langue créée et sculptée par Isabelle Autissier, à la fois technique puisqu'elle a été la première femme à réaliser un tour du monde à la voile en solitaire, mais également et surtout poétique et empreinte d'empathie, de compréhension envers son personnage, Peter March.
La conclusion du roman d'Isabelle et celle du fait divers, connue, sont identiques, magnifiques et pleines d'humanité. Je laisse bien entendu le dernier mot à Isabelle Autissier : “Car on ne ment jamais à la mer, elle finit par vous rattraper”.

Magnifique histoire, magnifique roman, je croise les doigts pour que Soudain, seuls, remporte un prix littéraire.
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denis76
  08 août 2021
C'est la première fois que je ne sais pas comment commencer une critique. Isabelle Autissier est une grande dame, elle a vécu la mer ; moi aussi, à un petit niveau ( voile côtière) ; donc, ce roman me prend aux tripes !
La supercherie, la folie et le drame de Donald Crowhurst, lors de la première course à la voile en solitaire et sans escale en 1968, est connu. Isabelle Autissier, en changeant les noms, a fidèlement repris ces événements, mais en ajoutant, avec un style brillant et émouvant, les pressions médiatiques, ainsi que les conséquences psychologiques et financières dramatiques pour l'entourage du navigateur.
.
J'ai lu des ouvrages des protagonistes décrits dans ce livre : le rigoureux Francis Chichester, ou l'homme libre Bernard Moitessier qui est une personne que j'admirais ado...
J'ai subi une très forte tempête entre Guernesey et Cherbourg... On pense autrement après ça ;
avec ancre flottante et à sec de toile, notre voilier de 13 mètres "Tigre" était une coque de noix sur la Manche déchaînée ...
.
Je ne sais pas quoi écrire, j'aurais mille détails à souligner, mais je suis sous le choc ...
.
C'est pas l'homme qui prend la mer...
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paroles
  15 août 2019
Peter March, ingénieur en petite électronique de marine, n'a qu'un rêve : faire de sa vie un exploit. C'est pour cela qu'il s'inscrit à la course en solitaire autour du monde et sans escale, organisée par le Sunday Times. Marin, il l'est mais navigateur solitaire et affronter les océans du monde sont d'autres défis auxquels il devra faire face...

Nous, lecteurs, confortablement installés dans notre fauteuil préféré, suivrons jour après jour, et pendant environ huit mois (d'octobre 1968 à juin 1969), le parcours de ce navigateur solitaire face aux éléments et à lui-même. Pour cela, deux narrations nous seront nécessaires, d'abord celle du journal de bord de Peter March relatant ses états d'âme et ceux de son trimaran et celle de sa fille, Eva, à travers son journal personnel. Deux versions pour une même traversée. Deux versions pour comprendre ce qui a poussé Peter March à enfreindre une loi : tricher sur ses positions.

Un très bon roman d'Isabelle Autissier, que j'ai eu plaisir à suivre à nouveau, bâti à partir d'une histoire vraie, celle de Donald Crowhurst.
Une histoire pour comprendre la complexité d'un individu et la part de rêve qui sommeille en chacun de nous.

Lien : http://mespetitesboites.net
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POY1
  09 décembre 2020
Les Anciens affirmaient que le monde est peuplé de vivants, de morts et de marins. La navigatrice, Isabelle Autissier, en tant que marin, nous rapporte, dans Seule la mer s'en souviendra, l'histoire de l'un des siens, Peter March.

Les évènements se déroulent à la fin des années 60. Peter est ingénieur. C'est un homme toujours enjoué qui fait en permanence le pitre. Il vit dans le sud de l'Angleterre avec sa femme, sa fille aînée et deux garçons. Il travaille dans une entreprise fabricant des équipements électroniques pour les bateaux. Peter aime l'innovation et croit au dieu de la technologie. Alors quand il découvre que l'on peut s'inscrire librement à la première course au large, en solitaire et sans escale, il passe le pas, convaincu que ses capacités d'ingéniosité lui permettront de fabriquer un navire révolutionnaire qui lui permettra, peut-être pas d'arriver premier mais d'être le plus rapide sur le trajet. Alors Peter s'investit et investit. Il s'endette malgré les sponsors pour partir à temps. Il sait naviguer dans la Manche. Seulement c'est une chose de régater dans la baie, cela en est une autre de naviguer des mois au large seul et sans assistance.

Il partira avec son trimaran, bateau à l'époque décrié pour ne pas tenir la mer. Appareillant en automne, il va affronter rapidement les premières tempêtes, celles du golfe de Gascogne. Petit à petit, Peter se met à douter. Aspiré par ce milieu rugueux, il ne peut compter que sur lui-même. Au fur et à mesure qu'il avance, nous découvrons l'homme véritable. Celui qui utilise l'humour pour cacher ses secrets et ses frustrations. Son passé a créé en lui une volonté de reconnaissance et quand les réalités maritimes prendront le dessus sur ses rêves, ses fantasmes, alors il ne lui restera que le mensonge pour protéger les siens, mais surtout, à mon avis, pour protéger sa propre estime.

Pour raconter cette histoire vraie, Isabelle Autissier alterne les passages du journal de bord de Peter et le carnet intime d'Eva, sa fille aînée, qui rapporte le vécu de ceux qui attendent à terre. L'auteure décrit un milieu qu'elle connaît bien, l'Océan, et les sentiments qui assaillent ceux qui naviguent en solitaire. Elle sait qu'il faut la technique et le savoir-faire du navigateur pour composer avec les courants et les vents. Elle sait que le marin doit se faire accepter par les éléments s'il veut, lui, le perturbateur, tracer sa route sain et sauf. N'est-ce pas parfois ainsi dans la vie ? Alors nous suivons un Peter, pas encore mort mais qui sait qu'il n'est pas marin, errer sur l'Océan, navigant entre mensonge et envie de vérité, entre peine, angoisse et joie pour tenter de rester parmi les vivants.

C'est un très beau roman, adapté au cinéma, que je vous conseille.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   25 septembre 2015
J'ai horreur des adieux. Ils évoquent pour moi la mort, la pensée que ceux que l'on serre dans ses bras vont s'évanouir comme par magie, disparaître dans le néant.

Page 61 - Grasset
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michfredmichfred   14 août 2019
On ne ment pas à la mer, jamais. Je peux vivre librement. J'ai tant souffert de toujours cacher, de paraître gai, entreprenant, battant, alors que j'avais tant de peine à simplement me sortir du lit.
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rkhettaouirkhettaoui   21 décembre 2014
Si j’avais pu continuer mes études, j’aurais été un bon mathématicien. J’ai toujours été fasciné par ces langages. Le mathématicien n’a rien que son crayon et sa feuille et il invente des mondes. Rien ne lui résiste, il lui suffit de poser quelques théorèmes et il dompte la réalité, la met en formules et en équations. Qui d’autre jongle tous les jours avec le zéro et l’infini ? La mathématique est l’art le plus créateur jamais sorti de l’esprit humain. La trigonométrie, l’algèbre, le calcul différentiel, la théorie des ensembles, les nombres complexes, chacun de ces langages fait sens dans l’univers. En le décrivant, il le crée.
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui   21 décembre 2014
La vie est un grand jeu. Nous avons des cartes dans les mains à la nais sance, mais rien n’empêche de piocher dans le paquet, d’essayer de se mettre dans une autre peau. Vous voyez, mes chéris, il faut parfois inventer les règles au fur et à mesure que l’on joue. Ce serait trop triste que tout soit déterminé à l’avance. Il faut tenter des expériences, on peut toujours y découvrir quelques clés inattendues de l’existence.
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namelessnameless   25 septembre 2015
La nature parle-t-elle au tréfonds de l'homme, à son subconscient ? Est-ce dans cette direction que je dois chercher ?

Page 203 - Grasset
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Videos de Isabelle Autissier (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Autissier
Extrait du livre audio "Soudain, seuls" d'Isabelle Autissier lu par Elisabeth Ventura. Parution CD et numérique le 7 juillet 2021.
https://www.audiolib.fr/livre/soudain-seuls-9782367629537/
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