AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2867466229
Éditeur : Liana Lévi (22/08/2012)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Piero aime les belles voitures. Volées de préférence. L’espace d’un instant, voler lui permet de fuir un quotidien morne et lui donne l’agilité et la puissance d’un lynx. Une nuit de brouillard, quelque part dans la plaine du Pô, Piero stoppe son Alfa Romeo rutilante sur une aire de repos, entre dans un restoroute et s’apprête à braquer la caisse lorsqu’il tombe sur un adolescent paumé dont l’assurance et l’étrange beauté le foudroient… Une rencontre improbable qui ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  24 octobre 2012
Au volant de son Alfa Roméo Gran Turismo rouge volée, avec sa mine toujours impeccable, ses chemises Dolce & Gabbana sans faux plis, sa peau rasée de près, Piero est un vrai mâle à l'italienne. Piero est orgueilleux. Et quand il a un flingue entre les mains, qu'il braque une poste ou un restoroute, qu'il cambriole un appartement ou qu'il crochète une serrure, dans ces moments-là si intenses où le temps devient compact, Piero, en plus d'être un vrai mâle, se sent l'âme d'un lynx. Voler, c'est ce qui le fait vibrer, c'est ce qui le fait se sentir vivant, c'est ce qui lui fait oublier sa vie de merde.
A la compagnie de sa femme Maria, tout imprégnée de religiosité et de broderies aux points de croix, enlaidie par l'apathie et la résignation d'un mariage sans enfant, il préfère la fréquentation de la nuit, des parkings d'autoroutes et de ses camions garés en épis.
Une nuit, alors qu'il s'apprête à braquer la caissière d'un restoroute, il tombe sur un jeune paumé plein de piercing, sale, négligé, l'air perdu.
Mais quel est ce trouble subit qui envahit Piero ?
A bientôt quarante ans, pour la première fois de sa vie, face à Andrea, à son regard de glace, à son sourire diabolique, à sa gueule en morceaux si singulièrement belle, Piero se sent démuni, un type comme les autres, un pauvre con, avec un coeur tout mou qui dégouline.
Andrea et son insolence d'ado paumé, sa provocation, ses silences, ses questions qui jaillissent, brutales, comme seules les posent les enfants, « Pourquoi tu voles ? », « Quand est-ce que t'as demandé à ta femme de t'épouser? » « Mais toi, comment t'étais petit ? »…
Parce que lui aussi a hérité « d'une vie mal fichue, avec un trou marqué 1983 » du jour du départ de son père, parce qu'Andrea est beau comme une fille, parce qu'il pourrait avoir l'âge du fils qu'il n'a jamais eu, parce que c'est la plus belle chose qui lui soit jamais arrivé, cette rencontre au coeur « d'une de ces nuits lourdes comme du pétrole flottant sur la lande silencieuse » du Piémont, va bouleverser en profondeur l'existence de Piero, macho sûr de lui, voleur au coeur de lynx…
Silvia Avallone, arrive à faire naître un joli élan de tendresse de ce tout petit texte concis et allusif dans lequel se révèlent les failles et les fêlures de deux êtres meurtris et désarmés dans une Italie ouvrière où « si t'es pas dans les bons réseaux, tu peux rien faire ».
Et c'est un plaisir d'assister au bouleversement intérieur de l'homme viril, à l'assurance mâle qu'est Piero ; de voir ce macho orgueilleux mais quand même sympathique fondre devant un jeune garçon androgyne à la beauté troublante.
Si la romancière italienne fait ressortir la fragilité de Piero avec un brin d'insolence et de cynisme, elle le fait cependant avec beaucoup de tact et de subtilité. Tout en portant un coup d'estoc à la virilité machiste qui domine en Italie, elle ne veut ou n'ose dépasser les limites de la bienséance et de la pudeur ; le texte, tout en finesse et suggestion, n'en est que plus touchant.
La brume qui nimbe la relation des deux hommes, en ne se levant jamais complètement entre affection paternelle, rapport fraternel et sentiment amoureux, auréole le récit d'un voile tendre et pudique, très attendrissant.
La romancière campe ses personnages dans la campagne éteinte de l'Italie des centres commerciaux et des postes à essence, synthétise les émois et les troubles, renverse les clichés et casse les images, tout ceci en peu de pages, dans une langue juste, vivace, aiguisée, même si au terme de la lecture, le format court de la nouvelle nous laisse un léger goût de trop peu.
Il n'empêche que tout est dit et bien dit et que ce bref récit augure déjà des qualités et des prouesses dont fera montre la jeune italienne dans son roman « D'acier ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
kathel
  23 janvier 2013
Le décor : une station d'autoroute quelque part dans la plaine du Pô, dans le brouillard et la nuit. Les personnages : Piero, la quarantaine, amateur de voitures rapides ne lui appartenant pas et Andrea, jeune homme encore adolescent, androgyne et peu bavard. Une rencontre improbable dans ce lieu et entre ces deux-là bouleversera la vie de Piero, sans qu'Andrea perde de son mystère.
Très court roman, plutôt une nouvelle, ce texte parfaitement maîtrisé a l'art de laisser flotter un léger voile sur les scènes qui pourraient être « casse-figure » et ainsi de faire travailler l'imagination… le flou sur les sentiments de Piero est des plus subtils. Comme dans D'acier, on peut trouver quelques poncifs dans la description des personnages, tels le macho italien, son épouse qui se laisse aller, le jeune homme à la beauté fragile… Mais l'ensemble fonctionne et ne permet pas de douter des qualités d'écriture de Silvia Avallone, qu'on espère retrouver très vite pour un roman un peu plus consistant !
Lien : http://lettresexpres.wordpre..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
trust_me
  24 août 2012
« - Mais toi, pourquoi tu voles ? »
« - Parce que j'ai un lynx dans le sang. Parce que quand je m'approche d'une banque, ou d'une poste, et que je sais que l'instant d'après je serai à l'intérieur avec mon calibre à la main, et que je les obligerai à me refiler tout leur fric, je me sens vivant, je me sens un lynx. »
Piero est un petit malfrat proche de la quarantaine. Un gars qui a déjà connu la taule et qui passe ses journées à conduire des voitures de sport volées. Un homme, un vrai, qui aime les femmes et qui ne s'intéresse plus depuis longtemps à la sienne, aussi laide qu'apathique. Une nuit, alors qu'il s'apprête à braquer une station service, il tombe sur un ado androgyne qui lui demande s'il peut utiliser son portable. Ce gamin blond, maigrelet, aux yeux « d'un bleu indéfinissable proche de la glace », l'intrigue et l'électrise. Piero lui propose de le raccompagner chez lui. L'autre accepte. le lendemain, Piero lui achète un smartphone et décide de lui apporter. Commence alors entre les deux une relation étrange, un véritable tournant dans la vie de Piero...
Sacrément séduit par ma découverte très récente de Silvia Avallone, je profite de cette rentrée littéraire pour me plonger dans ce court récit inédit paru à l'origine dans la presse transalpine. L'auteure dépeint une fois de plus les affres de cette Italie de Berlusconi où les femmes sont soit bigotes soit bimbos et où la figure du macho prédomine toujours autant. Si le récit est poignant, on a toutefois l'impression que Silvia Avallone s'amuse à faire succomber le dur à cuire Piero au charme du jeune éphèbe Andréa. Une façon subtile de désacraliser le mythe du bellâtre incapable d'exprimer le moindre sentiment.
Un très joli texte qui se lit malheureusement trop vite. A quand un vrai recueil de nouvelles, madame Avallone ?
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
michfred
  27 février 2015
Jolie nouvelle.
Sorte de "Théorème" pasolinien sur papier - où le bel archange (rôle tenu dans le film par le beau Terence Stamp) serait un petit voyou au coeur tendre et à la gueule cassée , et l'homme touché par la grâce, un super macho-mafioso, en Alfa rouge, dans son costume Cerruti!
Avec beaucoup de délicatesse et d'ellipses, Silvia Avallone montre comment se lézardent soudain les certitudes de son gangster classieux , sous les coups de ce qu'on hésite à nommer : grâce? amour? paternité spirituelle?
Aussi à l'aise dans le court que dans le long, Silvia Avallone donne ici une autre facette de son talent.
Commenter  J’apprécie          80
le-mange-livres
  01 novembre 2012
"Ce ton insolent, comme si tout lui était dû. Comme s'il n'avait pas compris à qui il avait affaire. "
Une heure et demie du matin, sur une anonyme autoroute italienne. Piero avale les kilomètres dans une voiture rouge volée. Comme ça, un peu par bravade un peu par nécessité, il se décide à braquer une station -service, se croyant seul avec la caissière. C'est alors qu'il rencontre un adolescent à la beauté déroutante, dans les toilettes du restoroute, qui exerce d'emblée sur lui une étrange séduction.
"Il se voulait comme toujours expéditif, galant et brusque, comme un vrai mec. Et au lieu de ça sortait de lui, étouffé, un soupir de tendresse qu'il n'arrivait pas à renvoyer au fond de sa gorge."
Dans un format bien différent de D'Acier, Silvia Avallone confirme son talent prometteur. Avec une impressionnante économie de moyens, et sans effet de manche, elle brosse en deux temps trois mouvements un tableau d'une vie et d'une précision époustouflante. Court roman ou plutôt longue nouvelle, le lynx est tout en non-dits, gestes et regards, déroulant l'histoire de ces deux hommes au rythme de leurs incertitudes et de leurs doutes, laissant le tout en suspens. Chouette petit opus pour aborder l'oeuvre d'Avallone, décidément une romancière intéressante de cette nouvelle littérature italienne.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

critiques presse (2)
LePoint   03 juillet 2013
Fils-amant, démon de midi, effet miroir entre détresse et puissance, avec cette nouvelle archicourte, un an tout juste après les troublantes lolitas de "D'acier", Silvia Avallone renouvelle le prodige, version mâle, de la magnificence dans le sordide et la décrépitude.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   03 août 2012
Poignant de bout en bout, ce court récit paru dans le Corriere della Sera, inédit en français, confirme le talent très prometteur de Silvia Avallone.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   23 janvier 2013
Ils se rencontrèrent pour la première fois dans un restoroute, en pleine nuit. Une de ces nuits, toutes pareilles, qui flottent lourdes comme du pétrole sur la lande silencieuse entre Novara et Vercelli.
Une pancarte verte émergea, après des kilomètres de néant. D’instinct, Piero mit le clignotant et commença à ralentir. Presque une heure du matin. L’obscurité dense découpée par les phares peinait à s’ouvrir. Et dans le fleuve noir de l’autoroute, il n’y avait pas d’autres lumières que les siennes, solitaires comme deux étoiles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
colimassoncolimasson   29 juillet 2012
La vie, tu pouvais la jouer de diverses manières, et le grattage en était une. Piero ne savait pas trop ce que c'était, le capitalisme, mais ça lui plaisait bien. Qu'on fabrique tous ces trucs sur le dos de ces pauvres couillons qui se tuaient à la tâche, dans les usines et sur les chantiers ; et que grâce à ça des types se la coulent douce sur des yachts amarrés à Portofino ou à Monte-Carlo, se pavanent en Lamborghini et mettent dans leur lit des ribambelles de filles superbes, ça lui plaisait bien. Un jour ou l'autre, il aurait un coup de chance et lui aussi mettrait la main sur toutes ces merveilles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
michfredmichfred   23 septembre 2015
Il le regarda s'éloigner, de cette démarche de sale gosse impuni qui se croit le maître du monde. Qui commence par ronronner, et qui te balance un coup de griffe. Avec une vie entière dont tu ignores tout.
Commenter  J’apprécie          40
michfredmichfred   23 septembre 2015
"Pourquoi je vole?"(....) "Parce que j'ai un lynx dans le sang. Parce que quand je m'approche d'une banque, ou d'une poste, et que je sais que l'instant d'après je serai à l'intérieur avec mon calibre à la main, et que je les obligerai à me refiler tout leur fric, je me sens vivant, je me sens un lynx", et ses yeux flamboyaient maintenant.
Commenter  J’apprécie          20
le-mange-livresle-mange-livres   26 octobre 2012
Il se voulait comme toujours expéditif, galant et brusque, comme un vrai mec. Et au lieu de ça sortait de lui, étouffé, un soupir de tendresse qu'il n'arrivait pas à renvoyer au fond de sa gorge.
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Silvia Avallone (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Silvia Avallone
Le choix des libraires vous invite à la rencontre de Nicole Zagouri, propriétaire de la librairie « le Phare » à Paris. Avec elle, partagez ses coups de c?ur et ses auteurs favoris comme Silvia Avallone, Joseph Kessel, ou encore Emily St. John Mandel, l'auteure de « Station Eleven ».
autres livres classés : littérature italienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
518 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre