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EAN : 9782260054788
Editions Julliard (19/08/2021)
4.11/5   46 notes
Résumé :
Liouba est une jeune journaliste qui parcourt le monde à la recherche de reportages sur le changement climatique. En Jordanie, elle croise la route de Talal, un photographe qui suit les populations réfugiées. Entre eux, une amitié se noue qui se transforme vite en attirance. D’année en année, le destin ne cessera de les ramener l’un vers l’autre, puis de les séparer, au gré de rencontres d’hommes et de femmes engagés pour la sauvegarde de la planète, et de passages ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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HordeduContrevent
  04 septembre 2021
« Un confluent est un point de rencontre, de communication, de réunion, entre deux consciences qui se trouvent, qui se nouent, qui apprennent à s'aimer, et qui, au contact de l'altérité, se renouvellent, se modifient, se fortifient, tout comme le cours d'eau, né de la confluence de deux autres, prend parfois un nom nouveau ». Cette phrase ouvre ce délicat livre et en contient toute l'essence.
Ce livre, premier roman de Anne-Lise Avril, est intrication. Il est point de rencontre entre des cultures et des peuples différents, entre le désert et la forêt, entre la nature et son environnement. Entre un homme et une femme. le confluent est voyage, amour, il est adaptation et survie, il est hélas aussi parfois confrontation et saccage. le confluent est aussi point de jonction et donc infime entre deux, l'infini et le lointain, la peur et l'espoir, la foi et l'abandon de toute certitude. Il est charnière, quand le possible est encore là, ténu, avant l'inéluctable. Il est intrication possible entre la nature et l'humain, et nous donne à voir l'intrication ratée, en soulevant un peu le voile.
Voici là un livre délicat, riche, engagé sur une thématique écologique : celle du réchauffement climatique et de ses conséquences dont la montée des eaux. Sans ton moralisateur mais avec beaucoup de douceur et de poésie, le livre entremêle deux périodes charnières : le futur, autour de l'année 2040, où la montée des eaux est devenue réalité, faisant disparaitre certaines iles et rivages du globe. Nous suivons le combat d'un frère et une soeur, indonésiens. Lui tente de replanter des arbres dans la mangrove pour faire barrière, combat titanesque dans la fournaise, opposant la puissance végétale à l'océan et son appétit grandissant ; elle mène son combat à l'échelle internationale en faisant partie d'un groupe comprenant scientifiques et habitants concernés dont les actions se déroulent en colloques et expéditions sur la banquise en dégel. « La soeur et le frère comme deux parties d'une même sphère – le monde et son noyau ».
« En proie à la violence du sentiment de deuil. Cendres de ces univers aimés et connus, désormais disparus. L'ère de l'exil sonnait le glas d'une humanité perdue ».
Et le présent, autour de 2010, la période des possibles, encore, que nous appréhendons via un couple Liouba, journaliste grand reporter, et Talal, photographe de guerre. Désert jordanien, forêt africaine, forêt sibérienne, errance moscovite, nous sont offerts tels des voyages immobiles d'une grande beauté, d'une grande violence parfois aussi. Liouba veut raconter comment les hommes vivent avec leur écosystème, s'y adaptent et sont marqués par lui, elle nous montre par exemple, en plein désert, l'adaptation des végétaux au manque d'eau et à la sécheresse. Elle explique, elle dessine, elle déchiffre le monde. Pour le transmettre et éveiller les consciences. Talal, lui, s'intéresse aux mouvements des populations, à l'exil des peuples pour survivre ailleurs, exil qui s'amplifie avec le réchauffement climatique. Il aime montrer avec pudeur la douleur inracontable, il aime traquer la parcelle de vie et d'innocence dans l'horreur, des instants de vie simple au milieu de la guerre.
« Tu t'attaches à ceux qui partent, et moi à ceux qui restent, observa Liouba. Dans les deux cas, c'est la force d'adaptation de l'être humain qui est en jeu ».
Le livre offre des réflexions puissantes sur l'information, la transmission de messages pour toucher les consciences, le moyen le plus approprié pour le faire, l'écrit, le dessin ou la photographie.
« C'est pour cette raison, reprit Talal, que j'ai choisi la photographie. Elle transmet parfois la poésie de façon plus immédiate que le récit. C'est peut-être plus facile d'y croire, quand on l'a directement sous les yeux ».
Il donne à voir également ces différentes parties du monde, leur adaptation face aux menaces, leur poésie, leurs odeurs, leurs bruits. C'est une ode aux voyages, à la rencontre, au respect. A l'émerveillement. Et la plume pour décrire cette vie et ces errances prend de l'ampleur et de la puissance au fur et à mesure du récit. Ce qui me parut un peu timide au début du roman m'a émerveillée de plus en plus au point de m'arrêter par moment pour lire et relire certains passages, l'échelle de ma notation ne cessant de grimper d'étoiles en étoiles…
« À l'inertie de l'attente, elle préférait ses errances urbaines. Les boulevards ombragés par le front des palmiers qui opposaient leur verticalité à l'étendue plate de la mer Rouge. Les voiles colorés des femmes, soulevés par le vent marin. Les effluves de pomme sur les étals des marchés et de narguilé aux terrasses des cafés. Un peu plus au nord, il était possible d'apercevoir la ville dans son entier, ses bâtisses blanches nichées entre l'immensité des montagnes rouges et celle de la mer ourlée d'écume, les formes élancées des minarets, et, de l'autre côté du golfe, les contours d'Eilat, sa voisine israélienne, à quelques kilomètres à peine, et pourtant aussi distante d'Aqaba que peut l'être un monde radicalement différent ».
J'ai été très intéressée par la façon qu'a le roman de nous montrer, dans les détails, comment certains peuples tentent avec ingéniosité de s'adapter au réchauffement climatique sans quitter leurs terres. Certaines expériences sont étonnantes et à la fois pleine de sagesse. Je remercie l'auteure pour cette transmission passionnante.
Enfin, surtout peut-être, l'histoire d'amour entre Loubia et Talal vient apporter lumière, sensualité et désir à ce beau roman. A l'image du livre, la délicatesse des sentiments est de mise, la confluence est narrée avec une pudeur puissante. D'autant plus troublante. Une très belle histoire d'amour dans l'Histoire de l'humanité.
J'ai beaucoup aimé ce livre après, je l'avoue, l'avoir commencé un peu distante. Ce livre est « l'intrication ultime du végétal et de l'humain », ces deux piliers qui sont la base de nos vies. Un premier roman engagé et poétique de la part d'une jeune auteure à qui, je l'espère, on puisse donner voix en cette rentrée littéraire foisonnante !
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Kittiwake
  05 octobre 2021
Anne-Lise Avril découpe son roman en quatre ambiances, le désert, la forêt, la nuit et l'ile, pour à chaque fois y décliner deux époques : la décennie 2010, puis un futur proche, en 2040.
Lucie et Talal étaient fait pour se rencontrer, le hasard les a réuni en Jordanie, le talent de photographe de l'un est très complémentaire des préoccupations d'écriture de l'autre. Une alchimie immédiate les relie immédiatement, sur le mode d'une amitié profonde, puisque, Lucie l'apprendra, Talal n'est pas libre. Ils se retrouveront tout de même, sur de hauts lieux de questionnement sur la planète : scènes de guerre, ou régions sacrifiées sur l'autel du profit.
Alors qu'en 2040, Jayal lutte autant qu'elle le peut pour défendre ce qui peut l'être encore, Aslam, seul sur une île en sursis attend son retour.
Il faudra atteindre les dernières pages pour comprendre ce qui relie ces personnages.
Belle plume, qui porte des personnages attachants, et décrit une intrigue amoureuse qui est un éloge de la lenteur, avec en filigrane un militantisme écologique bien impuissant parce que trop tardif.
Merci à Babelio et aux éditions Julliard.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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mcd30
  18 août 2021
Rentrée littéraire Julliard 2021
Premier roman d'une auteure, Anne-Lise Avril, à la plume douce, toute en finesse, poétique.
Premier coup de coeur pour cette histoire pleine de sagesse.
2040 – Les graines ont germé. Jaya quitte son île afin de voir le mode, Aslam reste pour la protéger.
2009 – Quelque part dans le monde des hommes plantent des arbres pour que leurs enfants n'aient pas à partir. Ailleurs des hommes protègent une forêt, son écosystème et son mode de vie millénaire. Et puis, il y a ses hommes et femmes tellement investis dans le préservation des forêts qu'ils y perdent leur vie. C'est le quotidien de Liouba qui travaille pour Terres d'exil. Cette jeune franco-russe parcourt le monde, elle est sans attaches ses parents viennent de mourir.
Un beau jour son chemin croise celui de Talal, franco-turc, photographe indépendant, qui s'intéresse aux mouvements de population et aux raisons de ceux-ci : conflits, changements climatiques… Un lien va se créer entre eux.Ils garderont le contact, se croiseront dans des aéroports, travailleront ensemble mais Talal à une femme.
Avec une grande délicatesse, Anne-Lise Avril, nous apporte un récit d'actualité et de réflexion sur l'exil, les racines, les conflits. Doit-on observer, raconter, témoigne, peut-être mettre sa vie en danger. Y-a-t-il un moment où vivre et agir, se créer ses racines est l'évolution qui s'impose ?Les confluents qui se rejoignent forme des fleuves, qu'en est-il des hommes ?
Une très belle introspection, une histoire d'amour, de forêts, d'exil, de racines et de sens de la vie racontée avec beaucoup de sensibilité. Un roman comme je les aime.
Il y a peu, j‘ai entendu ou lu cette phrase : « Nous sommes les ancêtres du futur » ce livre en est le parfait exemple.
Merci à l'auteure dont j'espère qu'elle ne va pas s'arrêter en si bon chemin.
Un grand merci aux éditions Julliard.
Les confluents sort le 19 août 2021
#Les confluents#NetGalleyFrance
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Zakuro
  19 août 2021
Quel magnifique lecture, à la fois douloureuse et sublime ! Il faut absolument lire ce très beau roman engagé d' Anne-Lise Avril pour une cause qui nous concerne tous.
Ce n'est plus une affaire politique ou de pays, c'est un devoir humanitaire à l'échelle de la Planète.
Il faut agir vite et de manière solidaire en se donnant les moyens de lutter contre le réchauffement climatique dont nous sommes responsables.
Ce très beau roman luminescent parle plus fort que tous les chiffres des spécialistes. Oscillant entre 2009 et 2040, deux époques charnières importantes, il dévoile dans toute sa déchirure le point de non retour si rien n'est entrepris pour arrêter la mécanique désastreuse des dérèglements climatiques.
le roman n'est pas moralisateur, il ne pointe pas du doigt, il écrit simplement sur nous à travers 2 êtres magnifiques Liouba et Talal, les personnages centraux.
C ‘est à travers leur regard que s'étale la splendeur de la nature (l'auteure à beaucoup voyagé et cela se sent), les couleurs du désert, la fragilité des glaciers de l'Inlandsis, l'humidité des forêts.
Les animaux, les fleurs, les paysages, nous ressentons, nous vivons ce monde avec extase. Que ce soit dans le désert à la rencontre des hommes qui plantent des arbres ou aux côtés des gardes-forestiers de la forêt tropicale, les portraits rendus sont captivants, sincères. Magnifiques.
J'aime la manière dont Anne-Lise Avril étreint ses personnages dans un équilibre fragile au bord de l'immensité.
Le roman d'une très grande qualité littéraire frappe par son sujet d'actualité, éveille les consciences sans brutalité mais sans fard non plus.
La nuit , troisième partie du livre est notre part sombre, celle des guerres, la déforestation, l'exploitation à outrance et illégale des ressources naturelles. Il reste l'île, la thébaïde mais pour combien de temps encore.
2040 n'est pas loin.
J'admire la très grande force de ce roman de nous placer juste au milieu d'un temps où il est encore possible d'agir. Entre roman réaliste et roman d'anticipation, c'est à nous de choisir.
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alexb27
  15 septembre 2021
Ils sont deux vaisseaux qui se croisent au fil de leurs voyages : Liouba est journaliste, Talal photographe. Elle s'intéresse aux forêts et à ceux qui se battent pour les préserver, il suit la guerre et ses exilés. Orphelins tous les 2, leur rencontre va être une évidence. Une évidence peut-être, mais rien n'est jamais facile dans l'amour. Sous fond de réchauffement climatique et de conflits(la Syrie encore), leur histoire va s'inscrire au gré de leurs convictions, leurs échanges et de leurs RDV épisodiques.
Un texte fin, documenté, tout en pudeur et délicatesse , porté par une plume élégante et érudite. le récit s'articule sur 2 périodes (2009 et 2040) et dessine avec intelligence de grands enjeux de notre époque. La fin est parfaite. J'ai beaucoup appris sur la capacité des hommes à croire, toujours et encore.
Une belle découverte ! Ne passez pas à côté de ce premier roman.
Merci à @netgalleyfrance et aux @editions_julliard pour le partage
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   21 août 2021
_ Au début, les insurgés voulaient la liberté, reprit-il. Puis ils ont voulu faire tomber le régime. Maintenant, ils veulent diriger le pays, je vois jaillir la mort tout autant de mon camp que de l'autre. Je ne sais plus qui croire, comment croire encore.
Et pourtant, il pressentait qu'in pouvait rien faire d'autre que de continuer, se battre, se cacher, se replier, tenir ses positions, cherche de quoi manger et boire, tenter de dormir, et puis toujours attendre, attendre, attendre. Une obscure raison le retenaitlà, quelque chose qu'il ne savait nommer et qui pourtant le dévorait, jour et nuit, dans la gorge brûlante de sa ville en guerre.
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HordeduContreventHordeduContrevent   04 septembre 2021
Comme si chaque mouvement qu’elle accomplissait dans un monde sans ses parents conduisait inéluctablement à la ruine du corps qu’ils avaient créé. Et dans cette lutte contre le démembrement, contre le déchirement, elle avait découvert ce qu’était la solitude, la seule solitude dont on ne revient jamais, et qui, lui semblait-il, la tiendrait en exil jusqu’à la fin de sa vie.
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HordeduContreventHordeduContrevent   02 septembre 2021
Et tout finira. Parce qu’un départ, toujours, marque quelque chose d’un début et d’une fin. Un début, pour celle qui s’éloigne vers l’horizon nouveau. Une fin, pour celui qui demeure dans un paysage vide.

(incipit)
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HordeduContreventHordeduContrevent   03 septembre 2021
L’exil est l’état naturel de l’être humain. Né dans un lieu de hasard, appelé à ne jamais y demeurer, appelé à toujours y être ramené.
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KittiwakeKittiwake   05 octobre 2021
Je me demande souvent, reprit-t-elle, ce qu'il y a à écrire de plus que ce qui a déjà été écrit, dit et vu, que ce qui appartient déjà à la pensée collective humaine. Des histoires de lutte, de résilience, d'effondrement, de solitude.
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Videos de Anne-Lise Avril (2) Voir plusAjouter une vidéo
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