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Critique de Tempuslegendae


Tempuslegendae
  15 septembre 2013
Dès le début de l'histoire, c'est déjà la fin. En première phrase de celle-ci, on y lit: «On l'a étranglée sur une route.» Mince comme son destin, armée de sa seule volonté têtue de ne pas acquiescer au chagrin, Anna Mott courait en jogging vers un amour lointain, la Nouvelle-Écosse, un homme dont personne ne savait rien. D'ailleurs, que savait-on de cette femme de quarante ans, si ce n'est peut-être sa mère, qui d'elle ne voulait rien connaître, son père, homme doux et craintif, réprouvé dans son foyer comme ailleurs, la mort d'un frère dans l'enfance dont elle fut tenue pour responsable, un autre, de onze ans son cadet, qu'elle hébergeait dans un studio au-dessus de son appartement? Anna partait toujours, revenait de loin en loin, d'entre les morts même, du pays perdu de l'enfance. Les terres que ses courses à l'aube lui faisaient traverser étaient d'abord celles du désert de l'Amour.
Anna Mott est considérée comme une héroïne sublime, hiératique, presque durassienne, sans exagération en somme, de ce roman puissant de Sylvie AYMARD, «C'est une occupation d'être vivant». Il se dégage dans ses pages un charme étonnant, presque noir. Des personnages de Simenon viennent y côtoyer le mystère de ceux de Marie NDiaye.
Dans une langue pourtant aussi précise que laconique, l'auteur y fraie délicieusement avec l'entre-deux, l'indécidable, les gouffres, ce «songe de la raison qui produit des monstres». On n'oubliera pas de sitôt Anna Mott, son enfance nue, sa mort, sa vie, son espoir têtu. On se souviendra de ce superbe roman de Sylvie AYMARD.
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