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EAN : 9782070361670
256 pages
Gallimard (07/11/1972)
3.81/5   274 notes
Résumé :
Derrière la vipère apparut une fille jeune, d'un corps robuste, d'une démarche fière. Vêtue d'une robe de lin blanc arrêtée au bas du genou, elle allait pieds nus et bras nus, la taille cambrée, à grands pas. Son profil bronzé avait un relief et une beauté un peu mâles. Sur ses cheveux très noirs relevés en couronne, était posée une double torsade en argent, figurant un mince serpent dont la tête, dressée, tenait en sa mâchoire une grosse pierre ovale, d'un rouge li... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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cascasimir
  16 octobre 2019
La Vouivre n'est pas une bête fantastique, une Serpentine, c'est une jeune femme, une " fille aux yeux verts, de la couleur des yeux du chat".

"Dryade et naïade, une divinité des sources, elle parcourt les monts et les plaines du Jura", depuis la nuit des temps!
Sans doute, une fille d'Ève, le serpent mythique qui croqua la pomme, et fut chassé du Paradis?

Elle n'a peur de rien, ni de se baigner nue, sous le regard d'Arsène, ce beau gars de 23 ans, ni d'abandonner son diadème orné d'un gros rubis sur le sol...

Arsène connaît le sort réservé à ceux qui tentent de voler le rubis, ils mourront d'une morsure de serpent. Mais, le jeune paysan est plus intéressé par la jeune fille, et " son regard, où perçait une lueur rieuse," que par le bijou.

Et, cet intérêt pour sa beauté et son corps de femme, charme la Vouivre. "Elle lui parlait tout bas, bouche à bouche."

Arsène contempla " la pureté et la carnation du visage, la grâce, tant d'harmonies qui se défaisaient sans cesse dans des harmonies nouvelles".
Et la Vouivre lui parla de son passé lointain.

Elle était Sirona, la déesse des eaux et Minerve pour les Romains, c'est le Christianisme qui a détourné les hommes, des anciennes divinités...

-Tu le crois, maintenant, que je ne suis pas une créature du diable?
"Le corps de la Vouivre sentait les bois, la terre,la rosée. La rivière passait dans ses yeux verts".
" La joie de l'été jurassien, l'innocence des bêtes du matin et la fièvre enfantine des jeux simples..."
La Nymphe peut-elle être amoureuse?

Il y a eu un mort, Beuillat, piqué par les serpents. Le curé veut une procession, avec la croix et l'eau bénite, afin d'éloigner la Bête. Le fossoyeur, Requiem, rêve d'attraper le rubis et... la Vouivre!

Arsène a assez de bon sens, et beaucoup à faire. Entre ses querelles avec ses voisins, les Mindeur. (Arsène est amoureux de Juliette Mindeur) Et, il y a la rivalité avec son frère, la ferme à entretenir...

L'auteur a vécu auprès de sa tante Léa, à Dôle, et connaît bien les paysans du coin. Sans doute, le jeune Marcel a rencontré une jeune Dryade, dans sa jeunesse (une Vouivre) pour lui avoir donné une aussi belle apparence, et ce beau visage...
Pour beaucoup de "pays" de Franche-Comté, la Vouivre était un monstre avec des ailes de chauve souris! Un serpent légendaire, gardien de trésors fabuleux...
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Renod
  29 octobre 2016
Si vous vous promenez dans la campagne comtoise, vous croiserez peut-être la Vouivre au détour d'un sentier. Elle parcourt les monts et les plaines du Jura précédée d'une vipère, se baigne aux rivières, aux lacs ou aux étangs. Elle porte sur ses cheveux un diadème orné d'un gros rubis d'une valeur inestimable. Ce trésor qui exaspère toutes les convoitises, la Vouivre ne s'en sépare qu'au moment de ses bains. Les plus hardis tenteront de profiter de l'instant pour lui dérober le diadème. Ils se verront alors poursuivis par des milliers de serpents surgis de nulle part.
Arsène Muselier est le premier à l'apercevoir alors qu'il fauche un pré. Nous sommes dans l'Entre-deux-guerres et les Muselier sont une famille de paysans cossus à défaut d'être riches du petit village de Vaux-le-Dévers. Arsène se distingue des autres hommes en ce qu'il contemple le corps nu de la Vouivre et ne se laisse pas tenter par son trésor. Il tâche de ne parler à personne de sa rencontre avec cette créature surnaturelle. Elle va se faire de moins en moins discrète et ils seront nombreux au village à l'apercevoir. Ces êtres empreints d'une sagesse paysanne vont rapidement s'habituer à ces apparitions : « le surnaturel n'étant pas d'un usage pratique ni régulier, il est sage et décent de n'en pas tenir compte. » Reste la question du diadème qui va enflammer la cupidité de nombreux habitants dont certains seront tentés d'obtenir cette richesse phénoménale par le vol, fût-ce au péril de leur vie.
La lecture de « la Vouivre » est récréative. Marcel Aymé y fait le portrait d'un monde rural haut en couleurs. La rivalité entre le curé et le maire anticlérical qui fait penser à celle qui oppose Don Camillo et Peppone, va être ébranlée par l'apparition de la créature. Il y a une galerie de personnages truculents qu'il serait trop long de lister ici. La force de Marcel Aymé est de savoir allier une description réaliste du monde paysan, un humour caustique et une dimension fantastique en reprenant une vieille légende comtoise. J'avais pris rendez-vous avec Marcel Aymé de longue date, mais vous savez ce que c'est, on trouve toujours moyen de reporter les plus belles rencontres. Je suis convaincu par cette lecture qui dépasse ô combien mes attentes. Cette oeuvre est un trésor d'ironie et d'humanité.
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lecassin
  16 juin 2012
« La vouivre », en Franche-Comté, est un animal fabuleux, sorte de grand serpent -chauve- souris dont l'habitude est de déposer sur la berge, le rubis sui orne son front pour aller au bain. Gare à celui qui s'aventurerait à voler la pierre précieuse : il serait immédiatement assailli et mis à mort par une « armée » de vipères.
Natif du Jura et d'origine rurale, Marcel Aymé ne peut qu'être frappé par cette légende aux origines celtiques. Aussi nous fait-il entrevoir la vouivre, ou plutôt la fait-il apparaître au bain, à Arsène Muselier alors qu'il fauche près d'un étang. Résistera-t-il à la tentation malgré son intérêt pour Juliette Mindeur , qu'une querelle ancestrale lui interdira d'épouser ? Et Rose Voiturier, la fille de maire ? Et Belette, la servante « avenante » ?
Publié en 1943, « La vouivre », c'est avant tout et surtout pour Marcel Aymé, l'occasion de présenter au lecteur une galerie de portraits campagnards savoureux où l'on découvre le duo habituel maire-curé, mais aussi, et c'est moins habituel, le fossoyeur… et Rose, Juliette et Belette…
Un conte fantastique, certes, mais également une comédie de moeurs, bucolique et savoureuse.
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AmyFarrah
  04 août 2020
La première fois que j'ai entendu parler de ce roman c'était au lycée, par une amie, décédée depuis. Elle adorait Maupassant et Marcel Aymé, et me les a fait aimer aussi. J'ai donc lu "le passe-muraille" il y a quelques années, ainsi que d'autres contes, et récemment j'ai eu envie de lire "La Vouivre". Cédant à la facilité je me suis contentée d'écouter la version audio, mais ce mélange de conte fantastique et de peinture de moeurs campagnardes m'a plu au point que je le relirai sans doute, et cette fois dans sa version papier. L'écriture est très aboutie, fluide et belle, et le récit habilement mené, on sait dès les premières pages qu'on a affaire à une créature mythique car elle parle à Arsène du temps passé - il y a soixante dix ans - comme si c'était hier pour elle qui a l'apparence d'une jeune fille. Marcel Aymé ne se contente pas de nous raconter une légende en lui donnant vie dans le contexte des années trente. Il mélange habilement la trame fantastique avec les moeurs de l'époque, dressant le portrait de toute une galerie de personnages peuplant cette campagne du Jura : familles de paysans et leurs valets, plus ou moins bien considérés, maire et curé dont les croyances respectives se heurtent pour finir par se rencontrer dans un mélange de religion et de superstition peureuses, instituteur amoureux de la République et de ses prodiges, femmes "de qualité" ou de petite vertu, nymphomane et femme "sérieuse".... les portraits sont nombreux et l'auteur s'en sert pour analyser l'époque à travers le microcosme campagnard. La religion, la réputation, la bassesse ou la noblesse de coeur, et surtout l'amour de l'argent - ou des richesses -qui est ici la source de tous les maux. Malgré les portraits très typés, Marcel Aymé ne nous livre pas un tableau manichéen de cette société campagnarde. Hormis quelques cas irrécupérables chacun des protagonistes et des personnages secondaires a ses propres nuances, ses allers-retours entre le Bien et le Mal, entre l'égoïsme forcené et la grandeur d'âme, entre la froideur calculatrice et la passion. C'est ce qui fait le charme de ce roman, avec la beauté de la nature et l'évasion dans l'imaginaire.
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Woland
  01 juin 2008
Roman à mon avis mineur dans l'oeuvre de Marcel Aymé, "La Vouivre" tient son nom d'une divinité des eaux qui court les forêts comtoises en commandant aux serpents et en déposant de temps à autre sur l'herbe, afin de goûter aux plaisirs du bain, sa tiare où étincelle un rubis légendaire. Malheur à quiconque tente dérober le joyau : les vipères convergent alors vers lui et il meurt dans d'atroces souffrances, étouffé par les mille piqûres du venin.
Un jour, Arsène Muselier, qui a repris la ferme après la mort de son père, surprend la Vouivre. Mais ce garçon réfléchi résiste à l'envie de s'emparer du rubis et préfère engager la conversation avec l'étrange fille-fleur. Or, depuis cinquante ans, ainsi qu'elle le lui dit sans ambages, aucun homme ne l'a jamais regardée avec les yeux du désir : tous n'ont eu de regard que pour le rubis. L'attitude hors-norme d'Arsène interpelle la dryade et elle semble vouloir s'attacher à lui.
Ce qui ne l'empêche pas de poursuivre ses baignades dans la forêt. Bientôt, tout le village - ou presque - l'a vue. Y compris le maire et le curé qui, ici, reprennent un thème cher à Marcel Aymé : l'opposition entre la raison rationaliste et la foi chrétienne, hantée par le démon.
Arsène finit par se retrouver pris entre la Vouivre, Belette, la jeune servante et ses projets personnels de mariage avec une héritière locale. Et l'issue du conflit sera dramatique ...
Un roman mélancolique et tendre où Marcel Aymé met en sourdine son ironie et sa férocité habituelles, ce qui explique en partie pourquoi "La Vouivre" peut déconcerter. ;o)
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   26 février 2012
Derrière la vipère apparut une fille jeune, d’un corps robuste, d’une démarche fière. Vêtue d’une robe de lin blanc arrêtée au bas du genou, elle allait pieds nus et bras nus, la taille cambrée, à grand pas. Son profil bronzé avait un relief et une beauté un peu mâles. Sur ses cheveux très noirs relevés en couronne, était posé une double torsade en argent, figurant un mince serpent dont la tête, dressée, tenait en sa mâchoire une grosse pierre ovale, d’un rouge limpide. D'après les portraits qu’on lui en avait tracés et qu’il avait crus jusqu'alors de fantaisie, Arsène reconnut la Vouivre. (…) En passant devant Arsène, la Vouivre tourna la tête et le regarda avec une indifférence qui le troubla. Ses yeux verts, d’un éclat minéral, avaient non seulement la couleur des yeux de chat, mais aussi le regard, qui se pose sur l’homme comme sur un objet en se refusant à rien échanger.

249 - [Folio, n° 167, p. 10]
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cascasimircascasimir   16 octobre 2019
Arsène complimenta la vouivre, lui dit qu'elle avait l'air d'une fille de Marquis. Elle sourit de plaisir et ouvrit son sac de cuir pour se mirer dans la glace...
Le fermoir de la poche ayant cédé, une tête de vipere émergea lentement. A la table des mangeurs, une fillette poussa un cri et manqua s'étrangler. Arsène n'avait pu s'empêcher de reculer sa chaise. Du bout des doigts, la Vouivre appuya sur la tête du reptile, la fit réi,tégrer la poche et referma le sac.
- Je te vois de plus en plus rarement, dit-elle doucement. Et toujours pour me dire que tu n'as pas le temps.
Est-ce que tu me trouves moins jolie ?

Le tailleur clair, les bas de soie, le chapeau souple qui adoucissait le visage de la Vouivre, la poude, le rouge à lèvres, les gants ajoutaient à sa beauté un mystère de féminité...
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RenodRenod   26 octobre 2016
Requiem écarta sa veste, ouvrit sa chemise sur sa poitrine velue et enfonça la pointe de l’index sous son mamelon gauche.
— L’amour, dit-il, c’est là-dedans. Ce n’est pas ailleurs ni autre part.
Il attendait l’approbation d’Arsène, qui tarda un peu, et il ajouta :
— Les femmes, on croit qu’on en profite. Mais les femmes, elles ont des idées et les idées, ce n’est pas comme les poux, on ne peut pas les voir courir sur la tête.
Il se tut et s’absenta dans une certaine vision de l’éternel féminin.
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RenodRenod   28 octobre 2016
Sainte Marie, Mère de Dieu, laissez-moi grandir, je vous revaudrai ça dans mes prières. Ce qu’il me faudrait aussi, c’est une bonne paire de nichons. C’est peut-être ce qui me manque le plus. Je suis restée plate comme le dos de la main. Il y en a plus d’un pour me le dire. Les garçons, vous savez ce que c’est, pas gênés de vous mettre les mains n’importe où. Alors, moi, de quoi j’ai l’air. J’aurais seulement un bon corsage, je paraîtrais facilement seize ans. Je vous salue, Marie pleine de grâce.
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Corboland78Corboland78   23 août 2016
Voyez ce que c’est, dit-il, on est là qu’on cause et en fin finale, on se trouve qu’on est de n’avoir seulement rien dit. Bien sûr que ces histoires de la Vouivre, c’est vexant pour nous et la commune, mais il y a autre chose de plus grave. Oublions pas, cette fille-là, elle porte des milliards sur sa tête et ce qui arrivera, c’est qu’un beau jour, l’un ou l’autre essaiera de mettre la main sur son rubis. Si je vous disais que tout à l’heure, je n’ai pensé qu’à ça. La Vouivre, ses cuisses et tout le tremblement, je serais bien empêché de vous dire comment c’est foutu, mais le rubis, alors oui. Mais quoi, rien à faire, il a bien fallu que je m’en retourne les mains vides. Tellement que je l’avais sec, j’en crachais blanc comme du coton. C’est presque forcé qu’un de ces jours, il y en ait qui se fassent nettoyer la carcasse par les serpents de la Vouivre. Et quoi faire pour les empêcher ?
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Il était une fois un petit café-restaurant, entre ville et campagne, refuge d'une poignée de drôles d'oiseaux que le monde moderne n'avait pas encore engloutis.
« On boit un coup, on mange un morceau, on écoute des histoires. Toutes activités qui s'accommodent mal du va-vite. Chacun offre son grain de temps au sablier commun, et ça donne qu'on n'est pas obligé de se hâter pour faire les choses ou pour les dire. »
Madoval, le patron, Mésange, sa fille, Comdinitch, Failagueule et les accoudés du zinc – braves de comptoir… « Pas des gueules de progrès », ces gens-là, mais de l'amitié, des rires, de l'humanité en partage et un certain talent pour cultiver la différence.
Jean-Pierre Ancèle signe un premier roman tendre et perlé comme une gorgée de muscadet, aux accents de Raymond Queneau ou de Marcel Aymé.
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