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EAN : 9782070361168
219 pages
Éditeur : Gallimard (09/06/1972)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 57 notes)
Résumé :
La cuisine était propre. Au milieu, l'Aurélie pendait à une grosse ficelle, accrochée par le cou. De grand matin, courbée sur son cuveau, elle avait entrepris de buander le linge. Au soir, elle avait eu envie de mourir, tout d'un coup, comme on a soif. L'envie l'avait prise au jardin, pendant qu'elle arrachait les poireaux pour la soupe.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Iboo
  10 novembre 2017
Je constate que, depuis un mois, trois des livres que j'ai lu portent sur la vie des gens simples, de ceux d'en bas, les silencieux, les modestes, qu'ils soient de la ville ou de la campagne.
Un hasard ? Dans un sens, oui, et dans l'autre, non. Comme on a subitement envie d'oranges parce que l'on a des carences en vitamine C, sans doute ai-je eu inconsciemment besoin de ces histoires-là pour combler mon désir de revenir à une réalité brute, sans fioritures ni délayages.
Parce qu'il fût un temps, pas si lointain, où les psychologues et autres sociologues, ne s'étaient pas encore abattus sur la vie des gens pour la décortiquer, l'analyser, et trouver des causes et des explications à tout et à rien. On retrouve, d'ailleurs, leur influence dans de nombreux romans actuels où, de mon point de vue, la pesante insistance sur la psychologie des personnages enlève à l'histoire, tout son charme, toute sa magie.
J'ai aimé ce roman et ses personnages - que d'aucuns, aujourd'hui, jugeraient "bruts de décoffrage" - parce qu'ils sonnent vrai. Même les plus vils d'entre eux ne trichent pas avec ce qu'ils sont. La vie était déjà assez compliquée pour ne pas y ajouter la culpabilité d'être ce que l'on était et de faire ce que l'on pouvait.
Marcel Aymé écrit, raconte, il "n'explique" pas. Il me laisse à lire, à voir, entendre, imaginer...
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Renod
  23 novembre 2016
A Cantagrel, un village de la campagne comtoise, on distingue les hommes des bois de ceux de la plaine. Les premiers vivent au hameau de Cessigney qui se situe au milieu de la forêt. Les hommes sont bucherons et se livrent au braconnage et à la contrebande. Les différends se règlent à la chevrotine. Les familles du hameau sont très croyantes. Leur foi mêle la doctrine catholique à des rites païens.
Quant au bourg, il s'étend au milieu des champs de blé. Les hommes de la plaine sont principalement des paysans cossus car la terre ici est riche. La politique a divisé le village deux groupes : les calotins attachés à l'Église et les Républicains, anticléricaux, qui gèrent la mairie.
Ces clivages vont être le moteur de deux intrigues qui tourneront autour d'un personnage : Urbain Coindet. C'est un paysan respecté pour sa vaillance, élu au conseil municipal sous l'étiquette républicaine. Un jour, en rentrant de la foire, il trouve son épouse Aurélie pendue à une corde. La défunte était très pieuse mais un suicide empêcherait une cérémonie religieuse. Sa famille cherche donc à convaincre les villageois qu'il s'agit plutôt d'un meurtre commis par son époux. Quelques semaines plus tard, le veuf envisage de se remarier avec Jeanne, une fille des bois. Mais son frère sorti depuis peu de prison le refuse. Il accuse Coindet de l'avoir dénoncé aux gendarmes et décide de se venger.
Le roman est remarquablement construit et écrit ; on ne peut que s'étonner de sa faible notoriété. La vie campagnarde est décrite avec une ironie mordante et un grand souci de réalisme. Il est question d'amour, d'amitié, de jalousie, de commérages et de vengeance. Tout débute avec une scène d'une grande force. L'histoire conserve ensuite une grande intensité et il faut attendre les dernières pages pour en connaitre le dénouement. « La Table-aux-crevés » est un véritable chef d'oeuvre que je vous recommande vivement.
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PiertyM
  11 novembre 2014
Pour mieux faire une étude de comportements dans les campagne, voici un livre qui nous le sert aussi bien. Il a fallu que Coindet vienne trouver sa femme pendue dans la cuisine pour que des conflits fulminent de part et d'autre dans ce petit village. Déjà les avis se divisent sur la mort mystérieuse de la femme de Coindet, les uns croient à son suicide mais d'autres pensent que c'est un meurtre, que Coindet a assassiné sa femme surtout pour la belle famille, surtout quand Coindet voudra après épouser le jeune Jeanne dont le frère s'oppose farouchement à cette liaison...
Simplement une agréable lecture!
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gill
  22 février 2012
Urbain Coindet, en rentrant de la foire de Dôle, trouve sa femme Aurélie, pendue dans la cuisine.
Le même jour, Frédéric Gari est arrêté pour contrebande de tabac et jure de se venger de son délateur.
Urbain, veuf, fait bientôt la cour à la belle Jeanne, qui se trouve être la soeur du contrebandier arrêté.
De son côté l'ex beau-père d'Urbain accuse son gendre d'avoir tué Aurélie et Capucet, le représentant de la loi du village, ouvre une enquête...
Marcel Aymé situe son intrigue dans un lieu qu'il connaît et qu'il aime, son pays, sa campagne. Il prend plaisir à imaginer ces rivalités de village sur fond de soupçon et d'affrontements entre républicains et cléricaux.
Ce roman est un de ceux qui ont fait de lui un écrivain qui compte dans la littérature, il lui a d'ailleurs valu le prix Renaudot en 1929.
Une adaptation cinématographique formidable a été tiré de cette superbe histoire avec un Fernandel réellement inspiré dans le rôle d'Urbain Coindet.
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Dez54
  05 juin 2019
"La cuisine était propre. Au milieu, l'Aurélie pendait à une grosse ficelle, accrochée par le cou." En ces quelques mots, Marcel Aymé pose l'intrigue de son récit et fait revivre pour nous Cantagrel, petite bourgade franc-comtoise dans les années 20. Autour de cette mort et de Coindet, époux de l'Aurélie, c'est tout le village qui va s'agiter, intriguer et s'affronter.
Paru en 1929, ce livre de Marcel Aymé est particulièrement savoureux et le style très oral de l'auteur y est pour beaucoup. Il nous offre une galerie de personnages simples mais attachants. Comme à son habitude, l'écrivain n'épargne personne et se fait souvent féroce face à la bêtise, les mesquineries et les querelles de clocher des habitants, néanmoins on sent en parallèle une grande tendresse à leur égard.
À défaut de l'intrigue ou de la psychologie des personnages, c'est l'ambiance qui fait le principal atout et le charme un brin vieillot du livre. Avec brio, Marcel Aymé nous fait entrer dans le Cantagrel pittoresque des années 1920 de la même manière que les films sur Don Camillo nous immergent dans le Brescello de l'après guerre.
C'est un roman plaisant mais sans doute pas le meilleur de Marcel Aymé. Concernant cet auteur, je vous conseille davantage Uranus (qui possède des personnages bien plus travaillés et intéressants) ou pour les amateurs de nouvelles le recueil le vin de Paris (qui contient entre autres la célèbre Traversée de Paris).
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   22 février 2012
A Cessigney, on était pieux et d'un rigorisme qui avait choqué plus d'un curé. L'église de Cantagrel, dont ils n'apercevaient pas même le clocher depuis leur forêt, se parait à leur regard du dimanche d'une étrange magnificence, assez représentative du paradis.
Ils vivaient dans l'observance très stricte des rites principaux et n'auraient pas manqué la messe pour un sanglier. Pourtant l'église n'était pas la capitale de leurs divinités, tout au plus un lieu de rendez-vous solennel où le bon Dieu et la sainte Vierge, endimanchés, gardaient leurs distances.
Dans les bois, au contraire, on les touchait de bien plus près et, pour ainsi dire, à chaque pas, la sainte Vierge surtout.
Il y avait des arbres qu'on n'approchait pas sans donner un signe de croix, certaine pierre plate où l'on faisait des offrandes de fruits, de monnaie, voire de gibiers. Les offrandes, toujours clandestines, étaient enterrées au pied de la pierre...
(extrait du chapitre III)
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OsmantheOsmanthe   10 mai 2014
Avant de sortir, il ne fit pas de projets. Capucet était comme les poules que le soleil tire du poulailler. Il s'en allait le matin parce ce qu'on s'en va le matin. Chez lui, d'ailleurs, il n'avait rien à faire. Dehors, non plus, bien sûr, mais il aimait toucher du pied la terre du plat Cantagrel qu'il avait dans l'oeil depuis soixante-six ans. Il aimait les gens, leurs vaches, leurs clôtures et leur eau-de-vie. Et s'il se plaisait à les regarder travailler, c'était sans ironie. Ceux du pays le savaient bien et l'avaient en bonne amitié, parce que Capucet était un personnage reposant. On était sûr qu'il n'avait désir ni besoin de posséder sur quelqu'un, terre ou femme. A Cessigney, on disait volontiers de Capucet, bien qu'il fût très rarement à la messe, qu'il n'attendrait pas longtemps aux portes du paradis. Capucet n'en était pas orgueilleux et riait à l'entendre dire, confiant tout de même. Les mains dans les poches de son corps astral, il arpentait Cantagrel et le bois de l'Etang, toujours très pressé d'arriver où rien ne l'appelait, la pensée au bout du nez.
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alberthenrialberthenri   15 octobre 2017
La cuisine était propre. Au milieu, l'Aurélie pendait à une grosse ficelle, accrochée par le cou. De grand matin, courbée sur son cuveau, elle avait entrepris de buander le linge. Au soir, elle avait eu envie de mourir, tout d'un coup, comme on a soif. L'envie l'avait prise dans le jardin, pendant qu'elle arrachait les poireaux pour la soupe.
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RenodRenod   23 novembre 2016
Du vivant de l'Aurélie, il ne s'était pas fait faute de courir le jupon et passait pour adroit galantin, au discours facile. Mais il parlait quand il fallait, comme à la foire. "L'affaire faite, disait-il, le boniment n'est plus qu'une fatigue."
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RenodRenod   22 novembre 2016
Après avoir mis de l'ordre dans son ménage et rajusté son chignon, elle avait recommandé son âme à Dieu, non sans aigreur. Décrochant la suspension de faïence bleue, elle s'était pendue à la place. L'Aurélie était morte presque sur le coup, les pieds en flèche, le visage pas beau.
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Videos de Marcel Aymé (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marcel Aymé
Marcel Aymé : “Le passe-muraille”, suivi de “La carte” (1957 / France Culture). Photographie : La statue du “Passe-muraille” de Jean Marais, d'après l’œuvre de Marcel Aymé à Paris, Montmartre • Crédits : Jean-Didier Risler / Only France - AFP. Lecture du soir par le comédien Philippe Dumas : “Le passe-muraille” et “La carte” de Marcel Aymé, une émission diffusée pour la première fois sur France Culture le 19 août 1957. Dans le journal « La vie doloise » du 27 octobre 1967, Charles Laurent, un ami d'enfance de Marcel Aymé, racontait : « J'ai eu l'immense privilège de lire “Le passe-muraille” en cellule, à la prison de la Butte ! Peu de lecteurs de Marcel Aymé ont eu, si j'ose dire, cette chance. Ceux qui l'ont lu le soir, en pantoufles, chez eux, au coin du feu, se sentent moins concernés par les aventures de Dutilleul que le taulard qui en est à son quatre-vingt dixième jour à l'ombre. » Le recueil de nouvelles auquel “Le passe-muraille” donna son titre fut publié en 1943. Tous les récits qui le composent, à l'exception d'un seul, ont été rédigés pendant la guerre, et portent, d'une façon plus ou moins discrète, sa marque. “La carte”, la troisième nouvelle du recueil, est écrite à la façon du journal d'un certain Jules Flegmon, qui nous raconte comment, après qu'il a entendu parler d'une prochaine mise à mort des consommateurs improductifs, est bientôt rassuré par un ami conseiller à la préfecture de la Seine : « Naturellement, lui dit ce dernier, il n'est pas question de mettre à mort les inutiles, on rognera simplement sur leur temps de vie. » Lorsque l’on songe que cette nouvelle a été publiée pour la première fois en avril 1942, on mesure à quel point l’humour et la fantaisie côtoient souvent, chez Marcel Aymé, une noirceur profonde. Pour une « lecture du soir », Philippe Dumas lisait “Le passe-muraille” et “La carte” et en rendait brillamment l'humour, la mélancolie et la noirceur dans une émission diffusée pour la première fois le 19 août 1957 sur les ondes de France Culture.
Source : France Culture
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