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EAN : 9782070362240
376 pages
Éditeur : Gallimard (26/10/1972)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 215 notes)
Résumé :
- Edmond ! Est-ce que tu es fou ? Voilà que tu encourages ta fille... Ah ! le jour où cette petite imbécile sera enceinte... - Evidemment, dit Archambaud en s'adressant à sa fille, c'est la chose à ne pas faire. Il faut absolument éviter d'avoir des enfants. Ce coûte cher, c'est un embarras, une cause de soucis, de tracas, et pour une jeune fille, un handicap très lourd. Ta mère s'inquiète à juste titre de ta promenade au bois des Larmes. Ce n'est pas un endroit pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  20 décembre 2007
Il fallait un courage hors de pair pour oser publier, en 1948, un livre tel que cet "Uranus", brillant et féroce réquisitoire contre la lâcheté et la bêtise humaines. Or, le courage, ce n'était certes pas ce qui faisait défaut à Marcel Aymé.
Il imagine une petite ville provinciale qui sort tout juste de la Seconde guerre mondiale. Les rares collaborateurs qui ne sont pas parvenus soit à retourner leur veste, soit à se réserver des appuis dans les plus hautes sphères ont été liquidés par les FFI. Un seul rôde encore, affirme-t-on, un certain Maxime Loin, un journaliste viscéralement anti-communiste qui s'est laissé prendre au mirage de la "Grande Allemagne."
Pour le reste, c'est l'heure de gloire du Parti communiste. Il lorgne cependant d'un oeil méfiant vers le Parti socialiste qui, plus modeste mais bien résolu, rêve de rogner peu à peu la suprématie des "Rouges", grands vainqueurs de cette guerrre pour l'unique raison qu'Hitler eut la bêtise de rompre le pacte germano-soviétique.
En cette période de reconstruction, les appartements et maisons préservées par les bombes ont été réquisitionnés pour abriter, outre leurs occupants légitimes, les familles des sinistrés. Ainsi, M. et Mme Archambault doivent-ils partager leur appartement avec l'un des responsables locaux du P.C., Gaigneux, sa femme, Maria et leurs enfants. Cela ne va pas sans créer pas mal de frictions.
Mais la situation s'aggrave le jour où, pris de pitié et aussi de révolte contre sa lâcheté personnelle, Archambault recueille Maxime Loin ...
Le style d'Aymé n'a jamais été aussi lucide, aussi précis, aussi cinglant - aussi matois. Avec un brio amer, il restitue toutes les peurs, toutes les lâchetés, toutes les contradictions d'une époque noire, aussi accablante en son genre que le fut celle de l'Occupation. Symboles antagonistes de ces temps troublés : Léopold, le cafetier et la "grande gueule" du coin, qui ne s'en laisse imposer par personne et qui finira assassiné sur ordre par une gendarmerie passée à la solde des vainqueurs, et le vieux Monglat, qui a collaboré à peu près avec tout le monde et qui a bâti sur la disparition d'un monde une fortune colossale dont il ne peut cependant jouir au grand jour. C'est lui qui fera pression sur ses hautes relations pour que Léopold, qui en savait trop, soit abattu en toute légalité.
Entre les deux, le professeur Watrin, incurable rousseauiste qui croit en la bonté humaine alors qu'Aymé, lui, en doute un peu plus tous les jours. Un incurable qui, pour réconforter Archambault qui vient de voir Gaigneux emmener Loin à la gendarmerie, déclare, tout à la fin du roman : "Attendez. Attendez seulement cinquante ans ..."
"Uranus", de Marcel Aymé : un grand livre, hélas ! méconnu par nos histoires de la Littérature française - et donc à mettre d'autant plus en valeur. ;o)
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arcturus
  02 avril 2015
Ce roman est comme une fenêtre ouverte sur une période de notre histoire de plus en plus difficile à saisir, les témoins de ce monde se faisant de plus en plus rares. Uranus permet de le restituer dans sa complexité en nous situant au-delà des idées toutes faites qui, irrésistiblement, en simplifient la lecture.
Comme les tragédies de Shakespeare, Uranus est à la fois tragique et comique. Comme la plupart d'entre elles, il se refuse à poser l'héroïsme en absolu, et il le situe dans le champ du relatif, du contingent et du prosaïque. Etre un héros, c'est se détruire, et les personnages, assommés par six ans de guerre, veulent tout simplement vivre. Il leur faut un courage confinant à l'inconscience, ou alors une certaine marginalité, pour affirmer leurs convictions, en particulier lorsqu'il s'agit de prendre la défense d'un individu soupçonné, à tort ou à raison, de collaboration avec l'ex-occupant.
Dans une petite ville de l'après-guerre à demi détruite par les bombardements, les personnages sont saisis dans un quotidien redevenu ordinaire, mais toujours aussi imprévisible et dangereux. Ces individus charmants, naïfs, souffrants, parfois odieux ou simplement imbéciles, sont pris dans des situations inextricables où le sens de l'héroïsme se perd. Archambaut, l'ingénieur, est l'homme honnête qui a réussi. Ex-supporter du Maréchal (comme tant d'autres), il doit affirmer son soutien aux nouvelles autorités pour échapper aux soupçons….. Un soir, il rencontre par hasard Maxime Loin, un collaborateur traqué, et le recueille : non pas par sympathie idéologique mais par esprit de charité. Ai-je bien fait ? s'interroge-t-il. La question n'est pas vraiment qu'Archambaut ait mal agi, mais qu'il a mis sa famille en danger.
Car les dénonciateurs sont légions dans ce monde où communistes et gaullistes multiplient les coups tordus pour conquérir le pouvoir. Si Jourdan, un communiste venu des classes supérieures, prône une ligne dure, c'est pour être accepté par ses camarades ouvriers. Il lui faut, comme il le dit crûment, « des morts à son actif ». Dénoncer Archambaut serait pour lui le meilleur moyen de prouver son allégeance à son parti. Gaigneux, qui quant à lui est un communiste ordinaire, défend les intérêts de sa classe et se soucie peu de politique. C'est lui qui finalement enverra Loin devant les juges. Découvert par hasard, Loin protège à son tour son protecteur, en déclarant à Gaigneux qu'il vient de pénétrer chez Archambaut, alors qu'il s'y était réfugié depuis plusieurs jours….. qui peut dire si Gaigneux n'aurait pas dénoncé ce dernier, connaissant la réalité ? Et le mensonge de Loin, qui évite sans doute la prison à Archambaut, ne fait-il pas de lui une sorte de héros ?
La plupart de ces personnages, dont les habitations ont été détruites, vivent chez les Archambaut. Ce qui fait que la politique est éclipsée par des quiproquos de vaudeville. Gaigneux se retrouve épris de la fille d'Archambaut, tout comme Loin, qui se retrouve finalement dans les bras de Madame Archambaut! Cette tonalité légère se retrouve chez Watrin, le professeur idéaliste, qui est lui aussi hébergé chez Archambaut. Chaque jour, Watrin admire la beauté du monde et affirme détenir la formule du bonheur, s'isolant ainsi (assez artificiellement) de ce milieu sordide. Mais le dernier bombardement avait détruit sa maison et tué sa femme dans les bras de son amant, de telle sorte qu'il souffre d'anxiété et d'insomnie. Chaque nuit, il sent la présence d'une force obscure autour de l'existence humaine – Uranus.
Même si la politique est discréditée, certaines valeurs morales subsistent dans le roman : le pétainisme d'Archambaut et les opinions nazies de Maxime Loin n'ont aucune crédibilité. Monglat, collaborateur enrichi, est un personnage faustien qui paie le prix de son pacte avec le Mal nazi. Plus rien ne compte désormais pour lui que de convertir son magot mal acquis en valeurs sûres, afin de faire oublier son triste passé. Il fait arrêter puis abattre Léopold, le cafetier alcoolique et poète, qui sous l'emprise de l'ivresse l'a dénoncé en place publique.
Une autre valeur subsistante est la tradition littéraire française, avec la tragédie racinienne. Andromaque revient en leitmotiv, soulignant la rémanence de la culture traditionnelle en dépit des déstabilisations apportées par la guerre. Les élèves doivent utiliser les cafés de la ville pour travailler, et c'est dans celui de Léopold que se déroulent les cours de français. Fasciné par le dramaturge, le cafetier se met à composer des vers de mirliton. C'est une preuve comique de la vitalité de cette culture. Mais Andromaque reflète aussi le dilemme qui s'impose à tous les personnages : celui de la conscience morale. L'héroïne cède finalement au chantage de Pyrrhus et l'épouse afin de sauver son fils Astyanax, sacrifiant sa fidélité à Hector, son défunt époux. Les personnages d'Uranus sont dans une situation analogue : pour survivre, ils sont poussés à trahir et à se trahir eux-mêmes. Ainsi affirment-ils avoir toujours été Gaullistes, allant jusqu'à rester immobiles devant le lynchage d'un soi-disant traître par les FFI. Cette passivité est dénoncée comme veule et indigne. Mais en même temps, un autre message se superpose : tout le monde n'a pas l'étoffe des héros, et tout le monde ne peut pas se le permettre….
En somme, le roman présente des personnages ordinaires égarés ou aveugles, qui doivent se situer dans le champ de force d'idéologies émergentes (communisme, gaullisme) contre lesquelles ils ne peuvent rien. Ils subissent en même temps la pression d'idéologies périmées mais persistantes (pétainisme et même, pour Loin, nazisme.) Et surtout, ils ont leur propre vie à vivre. le symbole le plus pertinent et le plus drôle (car ce roman pétille d'humour, en dépit d'une tonalité argumentative parfois assez lourde) en est sans doute le passage où Archambaut saisit le costume qu'il va porter pour la cérémonie marquant le retour des prisonniers de guerre. Ce n'est autre celui qu'il avait revêtu pour la visite du Maréchal. Que voulez-vous, il faut bien retourner sa veste !
Le seul « héros » du livre, finalement, c'est l'auteur lui-même. En 1948, Marcel Aymé a mis en cause un mythe gaulliste qui était en train de supplanter le pétainisme. Il ne s'agit pas d'une dénonciation du premier, ni d'une réhabilitation du second. Comme le suggère le nom du pro-nazi « Loin », le roman met à distance un « Gaullisme » (d'ailleurs concurrencé par un « Stalinisme ») officiel qui dissimule la complexité de l'héroïsme. Il critique cette langue de bois qui accepte toute délation sans la vérifier par la preuve parce qu'elle sert un projet politique, celle qui refuse de considérer que derrière un collaborateur, même avéré, il y a un être humain qu'il faut respecter. Tout ceci au profit d'axiome manichéen : « nous sommes tous Gaullistes ». Et, hypocrisie suprême, cet axiome procède à une relecture simpliste du passé trouble de l'Occupation : «nous l'avons tous toujours été». Un esprit fanatique aussi irrationnel et destructeur que l' « Uranus » qui a rendu Watrin insomniaque.
Uranus nous aide à comprendre une période déjà lointaine, et à la perpétuer dans la mémoire collective. En dénonçant ce mythe d'un Gaullisme universel, le roman préfigure même l'immense travail d'interprétation de cette époque qui a été effectué par les historiens, les sociologues, et même les juges dans la seconde partie du vingtième siècle. Et comment considérer ce livre comme périmé alors qu'aujourd'hui, des idéologies politiques et religieuses extrémistes reviennent en force, menaçant de suspendre la liberté d'expression, et que nous peinons à nous positionner efficacement par rapport à elles en tant que citoyens. Il nous faut respecter, et surtout faire respecter, l'idée qu'il existe des croyances et non une seule, un ensemble de situations possibles et non une seule. Nous devons défendre les notions de conscience morale et de tolérance, si nous ne voulons pas nous retrouver un jour dans une situation comparable à celle décrite dans Uranus.
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oiseaulire
  09 février 2020
Marcel AYME aborde dans cette oeuvre caustique et lucide la période de l'épuration à la fin de la seconde guerre mondiale. Le retournement de situation consacre le temps de l'hypocrisie, celui où la majorité de la population, qui a vécu sans trop d'états d'âme le temps de Vichy, se tait et approuve l'exécution des plus compromis. On sent bien l'aversion de l'auteur pour le parti communiste et les résistants de la dernière heure, dont il dénonce le rôle actif, quoique quelque peu erratique, dans cette épuration.
Les traits du caractère humain sont rendus dans toute leur grisaille anthracite, mais aussi dans ses moments de générosité apeurée : on sent le malaise monter au fur et à mesure que sont présentés les évènements, tant les circonstances sont embrouillées, tant on prend conscience qu'il est difficile de rester une honnête femme ou un honnête homme quand on circule à vue dans un labyrinthe de mauvais sentiments et de motivations embrumées par les circonstances. Avec toujours la peur en toile de fond. Bien sûr, quelques personnages sortent du lot, résistants ou collaborateurs déclarés, mais ils ne sont pas le commun des mortels : dans la médiocrité et la veulerie ordinaires, les vrais héros et les fieffés salauds ne sont pas légion.
C'est une oeuvre très forte que j'ai détestée adolescente : il faut avoir un peu vécu pour admettre pour véridique ce camaïeu de couleurs sombres : une jeune existence ne peut le faire sans abandonner son élan vital. J'avais donc gardé la conviction que l'auteur éprouvait une haine forcenée envers le genre humain. Je sais aujourd'hui qu'il ne dépeint que la réalité, avec une lueur d'indulgence, incarnée par professeur de mathématiques Watrin, qu'une nuit de bombardement où la mort l'épargna, transforma en vrai sage un peu lunaire le jour et uranien la nuit.
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lecassin
  29 mars 2013
Troisième volet d'une trilogie de l'avant du pendant et de l'après guerre 39/45 avec "Travelingue" et "Le chemin des écoliers", "Uranus" est une critique féroce de la période dite d'épuration...
Inconscience ou provocation... On peu se poser la question tant la sortie de l'ouvrage(1948) est proche de la période traitée.
A moins qu'il ne s'agisse tout simplement que de la chronique d'un village français comme il y en eut tant, dans cet immédiat après guerre, avec ses joies ses peines ; bref, quelque chose comme un instantané de la France de 1946... qui n'était pas si différente de celle de nos jours, me semble-t-il.
C'est souvent féroce, c'est parfois gênant, c'est toujours drôle ; même si on rit jaune…
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CDemassieux
  29 janvier 2019
Uranus, « astre sombre roulant aux marches de l'infini », raconte, avec un humour aussi grinçant que désabusé, la pesanteur meurtrière de la Libération, entre règlements de comptes et arrangements douteux avec le passé des uns et des autres.
Conte édifiant sur la nature humaine qui s'accommodait de la Collaboration et ses exactions pour la condamner ensuite aujourd'hui…en s'accommodant d'autres exactions. On dirait la morale finale de Tintin et les Picaros, tandis qu'une dictature s'est substituée à une autre. Ce qui, à bien y réfléchir, semble s'être aussi produit dans la bonne ville de Blémont, croulant autant sous les ruines causées par un bombardement que les consciences plus ou moins limpides de ses habitants, dont nous accompagnons les pérégrinations à travers un échantillon choisi : Gaigneux, Jourdan, la famille Archambaud, Monglat père & fils, l'inénarrable Léopold – amateur de vin blanc et d'Andromaque, de Racine ; personnage magistralement interprété jadis par Gérard Depardieu dans l'adaptation de Claude Berri –, etc.
On est là dans entre le ridicule et le sordide des bas-fonds de l'espèce humaine où l'un pressent, par exemple, « l'agrément qu'il peut y avoir à disposer d'une armature et d'un venin efficace pour servir ses exécrations ». Surgit parfois la philosophie de la résignation enthousiaste, à travers le professeur Watrin qui, frappé du bon sens, semble parler pour tous : « Nous sommes des lâches et des hypocrites, je ne songe pas à nier l'évidence, mais c'est ce qu'il faut être en ce moment. »
Car les repères ont changé une seconde fois, après une première : la défaite de 1940. Il faut s'adapter à l'air du temps, fût-il aussi fétide que le précédent. Et le même Watrin de déplorer : « Il me semble toujours que les gens me soupçonnent de ne pas haïr ce qui doit être haï, de ne pas adorer ce qui doit être adoré. » Ici, il faut être binaire, sinon on devient suspect, première marche de la culpabilité.
Quant à l'adoration, elle doit être communiste à l'heure présente, Marcel Aymé profitant de son roman pour en dresser un tableau très éloigné de l'idéal romantique dont Mai 68 nous abreuvera jusqu'à l'écoeurement.
Jourdan, le bourgeois repentant et rouge, en devient dès lors la caricature la plus criante, convaincu que « la délation, ignominieuse dans une société bourgeoise où elle fournit des victimes à l'oppression capitaliste, devient l'exercice de la plus élémentaire honnêteté lorsqu'elle est au service de la lutte prolétarienne. »
Inversement des valeurs et des méthodes, puisque l'on peut désormais crever les yeux d'un milicien en toute transparence, voire rosser un prisonnier de retour parce qu'il a trahi la cause. Mieux, « les cochons d'oiseaux qui gazouillent dans les branches du printemps sont les complices des bourgeois ». Jourdan encore d'affirmer : « Il nous faut un prolétariat en proie aux seuls sentiments de haine, de tristesse et d'ennui. »
Derrière ce théâtre tragi-comique, il y a pourtant une réalité : l'épuration fut, à bien des égards, la manifestation des pulsions les plus abjectes, dont la tonte des femmes ayant couché avec des Allemands ne fut pas la moindre des bassesses. Cela dit sans aucune nostalgie vichyste !
Un texte salutaire…
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
koalaskoalas   17 juin 2016
Dire qu'il a en lui de quoi faire un assassin, un voleur, un mouchard, un traître, un satyre, et qu'il sera très probablement un brave type comme tout le monde, et peut-être un héros ou un saint...
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raynald66raynald66   17 juin 2015
Il ne me reste qu'une joie, c'est la souffrance des autres, le mal que je peux leur faire et celui qu'ils se font eux-mêmes. Je suis condamné à mon argent, je ne peux aimer personne, pas même moi, mais je hais tout le monde.
Mon régal, c'est de lire dans les journaux les listes de fusillés, le compte rendu des procès, les dénonciations. Ca me fait jouir. Des juges bien dégueulasses, des journalistes indicateurs, des besogneux de la Résistance et des vaniteux, qui hurlent à la mort ou qui vendent leurs copains pour une petite place au soleil ou un reflet à la boutonnière, et les bons cons de collabo, les sincères, les paumés, les salauds aussi, tout ça en vrac au poteau, en prison, aux travaux forcés.
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moraviamoravia   07 juin 2019
Que la presse entière feignit d'ignorer qu'il existait des millions d'individus tenant pour telle opinion ou en réduisît le nombre à quelques dizaines de milliers d'imbéciles et de vendus, il y avait là, songeait-il, un mensonge colossal. Il en arriva ainsi à conclure qu'une partie de la France manœuvrait à donner le change sur ses convictions, l'autre partie affectant de croire que certaines façons de penser n'avaient d'existence ni dans le présent ni dans le passé.
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koalaskoalas   16 juin 2016
Il y a tant de saloperies dans le monde que tout le monde se fout du scandale à présent.
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moraviamoravia   26 septembre 2019
Marie-Anne jouait au piano une chanson d'Edith Piaf. Archambaud écoutait avec une attention émue, croyant y reconnaître un morceau de Chopin.

(Incipit).
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Videos de Marcel Aymé (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marcel Aymé
TRAVERSÉE DE PARIS - Hommage Marcel Aymé. Une traversée nocturne de la rue Poliveau à la rue Lepic. Pour les 50 ans de la mort de Marcel Aymé. Amitié, littérature et bistros. Sous l'impulsion d'Olivier Maulin, François Jonquères et Philibert Humm. Réalisation Christophe Lafosse.
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