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EAN : 9782080208613
286 pages
Éditeur : Flammarion (10/03/2021)
4.27/5   13 notes
Résumé :
Pendant qu’Ulysse parcourt le monde et enchaîne les exploits, Pénélope demeure immobile, supporte l’attente, tisse et détisse son ouvrage, restant au passage fidèle à son époux. Quand l’homme part, la femme attend son retour.
Les femmes étant historiquement des êtres captifs, le voyage est l’un des moyens les plus symboliques pour qu’elles s’affranchissent de leur condition : voyager est toujours pour la femme un acte fondateur ; c’est dire « je vais où je v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Flaubauski
  05 mars 2021
Par l'intermédiaire de considérations générales, de nombreux exemples de voyageuses célèbres, et de son expérience personnelle, Lucie Azema dresse un panorama du voyage au féminin au fil des siècles : ce qu'il est ; ce qui l'empêche ; ce qu'il pourrait devenir libéré du patriarcat.
Pour ce faire, l'ouvrage décrit et analyse, dans une première partie intitulée « Être libre de voyager », la difficulté faite aux femmes de voyager en solo, notamment du fait des jugements, principalement masculins, mais pas seulement, effectués sur ce choix considéré comme contre-nature. Difficulté en raison du statut même de la femme au sein de la société, incitée à attendre, comme Pénélope, que son Ulysse rentre de ses multiples aventures, en restant bien sagement à la maison. Incitation inculquée dès l'enfance dans les rôles indus à chaque genre, parfaitement présentés par exemple par Simone de Beauvoir dans son Deuxième sexe, et repris ici par l'autrice. Jugements en ce que la femme, du fait de ce statut, n'est pas considérée comme une femme « normale » – elle est forcément folle, de mauvaises moeurs -, lorsqu'elle décide de partir seule, comme le montrent les expériences de nombreuses voyageuses racontées et citées au fil de l'analyse : ainsi d'Alexandra David-Néel , de Nellie Bly, ou de Gloria Steinem, pour n'en citer que quelques-unes. C'est pour ces raisons que la femme, bien souvent, ne voyage pas seule, et que les récits de voyage masculins, empreints d'un regard autocentré d'homme blanc, qui ne s'ouvre que peu à ce qui l'entoure véritablement dans la découverte de nouvelles contrées, profondément misogyne, et parfois même terriblement sexualisé, se sont au contraire multipliés au fil du temps, pour nous décrire un monde de manière extrêmement partiale.
Après avoir présenté cet état de fait quant au voyage au féminin, l'ouvrage de Lucie Azema montre, dans une deuxième partie intitulée « Être libre pour voyager », comment il est possible, pour chaque femme, de dépasser ces jugements imposés afin de se libérer des carcans qui l'empêchent de voyager comme elle l'entend, mais plus encore de se construire, en tant que femme, au-delà même du voyage, dans son rapport au monde qui l'entoure et à la maternité, comme elle l'entend également. L'autrice partage alors plus concrètement son expérience qui l'a fait voyager et vivre dans plusieurs pays comme l'Inde, ou encore l'Iran. de cette expérience, qui lui a apporté et lui apporte encore beaucoup, elle présente ce qui lui a permis de se libérer elle-même en tant que femme, de se construire en tant qu'être libre de ses choix, en dehors de tout déterminisme générique qui l'obligerait à rester, comme Pénélope, à attendre sagement qu'Ulysse se décide enfin à rentrer à la maison.
Les femmes aussi sont du voyage est un ouvrage que j'ai dans l'ensemble apprécié : riche en exemples tout à fait pertinents, d'une argumentation tout aussi pertinente, ainsi que d'une plume d'une grande qualité qui se laisse lire avec fluidité et intérêt, il permet de bien mettre en lumière un autre carcan imposé aux femmes, celui du voyage – ce que j'ai personnellement connu, même si pour de brèves incursions en solo de quelques semaines.
Je remercie les éditions Flammarion et la Masse Critique de Babelio de m'avoir permis de le découvrir en avant-première : la publication est prévue pour le 10 mars.
Lien : https://lartetletreblog.com/..
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Kergelen
  22 mai 2021
Il existe deux sortes de rapport entre humains. Des rapports de domination, ou bien des rencontres. Les voyages sont donc de deux natures.
Les voyages de "découverte", d'exploration, de colonisation, ont été le plus souvent menés par des hommes, produisant un discours supposé neutre, mais tissé serré de préjugés, de sarcasmes, et surtout destiné à valider une vision du monde invariable et très sexualisée. Les récits de leurs aventures invisibilisent totalement les serviteurs, les boys, les sherpas, et les femmes chargées de la nourriture ou de l'entretien. Ils furent et sont pourtant intégralement partie du voyage et sans eux, nos valeureux explorateurs ne seraient pas allés bien loin.
Et il y a les voyages de rencontre de l'Autre, tous ceux qui ne sont pas nous. Ces voyages pour lesquels il faut être libre par rapport aux préjugés, aux conventions, aux avertissements. aux peurs. Liberté intérieure tout autant qu'économique.
L'analyse du voyage d'un point de vue féministe permet non seulement de remettre quelques pendules à l'heure ou quelques points sur les i, mais aussi de revisiter les aspects fondamentaux de la liberté et de l'égalité, ce que voyager veut dire pour les femmes, quelle que soit leur origine et leur condition. Car les femmes ont toujours voyagé, accompagnant les voyageurs bien sûr, mais aussi de leur propre chef. Nombreuses celles qui ont acquis leur émancipation par le départ, soit pour échapper à une condition féminine vouée à l'attente, à la passivité et au mariage, soit pour rester vivante, tout simplement.
Lucie Azéma voyageuse invétérée, rend hommage aux nombreuses aventurières de l'histoire, qui l'ont été surtout parce qu'elles sont suivi leur propre voie. Elle nous conduit à reconsidérer nos peurs, les risques réels encourus, et en tout état de cause, à sortir de chez nous ne serait-ce que pour flâner, là où c'est possible, pour occuper l'espace public.
Voilà qui m'a donné envie de lire Alexandra David-Neel, Ella Maillart, Isabelle Eberhardt et bien d'autres, c'est-à-dire quasiment tous les ouvrages cités dans les notes.
Un essai passionnant qui se lit comme un roman d'aventures.
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EmilieMercury
  11 mai 2021
"Pendant que les hommes racontent des aventures qu'ils n'ont jamais eues, les femmes vivent les aventures qu'elles ne raconteront jamais. "
Dans cet essai, Lucie Azéma aborde la place des femmes dans le voyage sous plusieurs prismes. Les femmes voyageaient peu parce qu'on les pensait incapables de le faire, parce qu'elles devaient rester s'occuper des enfants à la maison, parce que les quelques récits de voyages écrits par des femmes étaient soigneusement cachés afin que l'idée ne puisse se démocratiser, parce que leurs vêtements n'étaient pas pratiques (voire dangereux dans certaines situations). Et pourtant, beaucoup de femmes sont finalement devenues de grandes exploratrices ou des voyageuses aguerries. Qu'elles décident de partir à l'aventure pour découvrir la beauté du monde ou pour fuir leur quotidien, le voyage leur a permis de s'émanciper. D'ailleurs il était souvent moins dangereux pour une femme de voyager seule plutôt qu'accompagnée d'un homme ! Là où les exploratrices se distinguent également de leur homologue masculin, c'est qu'elles ne sont pas venues imposer et importer toute la misogynie occidentale. Quand des Kerouac ou des Loti voulaient "posséder une locale", les voyageuses prenaient réellement le temps de découvrir le monde.
Plusieurs grands noms du voyage et du féminisme se côtoient dans cet essai : Mona Chollet, Alexandra David-Néel, Sarah Marquis, Virginia Woolf, Calamity Jane, Gloria Steneim, Alexine Tinné, Agatha Christie...
J'ai beaucoup aimé cet essai dans lequel l'autrice revendique la nécessité d'être libre DE voyager et d'être libre POUR voyager. J'ai appris énormément de choses, noté beaucoup de références, j'ai voyagé en Inde, en Iran, en Turquie.
C'était passionnant !
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Mamzel
  11 juin 2021
Une lecture inspirante. J'ai beaucoup appris sur la perception de la femme dans les récits de voyage. Cet essai offre une analyse intéressante sur les motivations et le résultat du mouvement pour les hommes et les femmes. Ces dernières ont longtemps été dans l'ombre. Pourquoi ? Lucie Azema répond à cette question s'appuyant sur divers faits historiques.
C'est un livre que je recommande à celles qui ne souhaitent pas mener une vie comme Pénélope et à ceux qui souhaitent découvrir les aventurières autrement.
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WanderlustMum
  25 mars 2021
En ouvrant ce livre, je m'attendais à bien des choses : de l'aventure, de l'évasion, des histoires de femmes voyageuses. Pourquoi les femmes sont-elles les grandes absentes de la littérature de voyage ? Certaines, aventurières ont parcouru le monde, d'autres ont accompagné des expéditions. Et pourtant, il semblerait qu'elles soient invisibles, dans un genre littéraire largement dominé par des auteurs masculins. J'avoue humblement qu'avant d'ouvrir cet essai, je ne m'étais jamais trop questionnée sur ce point. Au fil des pages, Lucie Azéma, nous offre dans un premier temps une analyse de la place des femmes dans la littérature de voyage écrite par les hommes et nous propose une analyse de la figure de l'aventurier puis elle nous entraine à (re)découvrir à travers les étapes d'un processus de reconquête de la liberté, les figures d'autrices et de voyageuses.
L'autrice a vécu plusieurs années à l'étranger entre Iran, Inde et Liban. Elle aussi a connu les expériences et les déconvenues dont parlent celles qui ont pris la route seule avant elle. Elle nous livre ses ressentis, raconte son parcours tout en le liant à celui des grandes aventurières des XIXème et XXème siècles.
En effet, Alexandra David-Neel, Isabelle Eberhardt, Alexandra Tinné et bien d'autres accompagnent Lucie Azéma dans son argumentation. On chemine donc avec elles dans les espaces d'un monde qu'elles explorent, avec une autre sensibilité que celles de leurs homologues masculins. le long de cette route, on constate à quel point il peut être difficile de sauter le pas, de se défaire des préjugés et de l'éducation. Une fois partie, le regard des autres voyageurs n'est pas toujours tendre sur ces dernières ce qui les conduits parfois à quelques mésaventures.
Il est aussi question de la place des réseaux sociaux en général et d'Instagram en particulier dans les nouvelles formes de récits de voyage. L'autrice y parle aussi de maternité, de choix et de renoncements, d'intimité. Si j'ai parfois trouvé quelques longueurs, j'ai trouvé le style de l'autrice plutôt plaisant. J'ai beaucoup apprécié de découvrir des récits d'exploratrices qui ne manqueront pas de venir enrichir ma pile à lire dans les mois qui viennent.
Je remercie encore Babelio pour cette jolie découverte.

Lien : http://mywanderlustfamily.fr..
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critiques presse (1)
Bibliobs   19 avril 2021
Dans « Les femmes aussi sont du voyage », un essai déconfinant, Lucie Azema, jeune journaliste bourlingueuse, invite les femmes à larguer les amarres et à s’affranchir des clichés sexistes qui voudraient les retenir au foyer.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MamzelMamzel   19 juin 2021
La liberté est terrifiante. Être radicalement soi, sans transiger, sans dépendre d'un genre, d'un milieu, d'un lieu, d'une culture - aller à leur encontre - est terrifiant. Voler en éclats pour être soi, pour être libre au moins une fois avant de mourir est terrifiant.
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KergelenKergelen   21 mai 2021
On pense généralement que le voyage est une machine à dévoiler les secrets, en réalité, il ne fait que les entasser. Précisément car les mondes de l'imaginaire et du réel en sont pas tout à fait distincts : ils s'entretiennent et se nourrissent mutuellement. L'écueil ne réside pas dans le fait de rêver son voyage, mais dans celui qui consiste à se contenter de fantasmes. Plus on s'affranchit de ces derniers, plus la quête de l'ailleurs prend de sens , et plus le voyage devient le lieu de la rencontre - le lieu où l'identique et le distinct se réconcilie. Se plonger dans un univers étranger permet de chasser l'exotisme. Pour cela, la voyageuse (ou le voyageur) doit se lancer dans une quête effrénée, qui peut parfois s'étendre sur des décennies. Oubliez donc le Koh-i-Noor ou les butins des pirates enfouis : la vraie chasse du trésor est ailleurs. Où ? Dans les manuels de grammaire. De précieuses feuilles de route injustement négligées, alors qu'elles constituent la clé d'entrée dans toute langue, dans toute culture. Car étudier une grammaire, c'est craquer le code d'un pays, et tâtonner pour déchiffrer celui de ses voisins.
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oiseaulireoiseaulire   30 avril 2021
La seule réalité projetée comme légitime et implacablement exacte est celle de l'homme. Et, plus précisément, de l'homme blanc. La voyageuse sera davantage accusée de partialité : ainsi lorsque Ella Maillart rentre de Russie, elle commence à écrire, à donner des conférences mais rapidement, la presse l'accuse de propagande pour les bolcheviks. "Non seulement c'était une insulte à mon désintéressement, mais après avoir vécu six mois de porridge et de pain noir en comptant chaque kopeck, l'amertume était grande de découvrir que les gens ne voulaient pas croire à l'indépendance de mes opinions" regrette-t-elle. Les écrivains masculins ont accaparé le territoire de l'authenticité : le regard féminin est sous-estimé, le regard masculin est surestimé.
(...)
Le regard que l'homme porte sur l'Autre - à savoir la femme et l'étranger- est, de manière inéluctable, subjectif. Le voyageur plaque sur les voyageuses les préjugés qui LUI sont propres, et liés à son identité à LUI ; mais c'est pourtant ELLES qu'il aliène. Sa légitimité à écrire sur les femmes tient en réalité au seul fait que LUI-MÊME n'en est pas UNE.

"Il faut enfin guérir d'être femme. Non pas d'être née femme, mais d'avoir été élevée femme dans un univers d'hommes, d'avoir vécu chaque étape et chaque acte de notre vie avec les yeux des hommes, selon les critères des hommes. Et ce n'est pas en continuant à lire les livres des hommes, à écouter ce qu'ils disent en notre nom ou pour notre bien depuis des siècles que nous pourrons guérir" relève Benoîte Groult.
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vertdeauvertdeau   01 mars 2021
De même, en observant les clichés pris à l'étranger par les voyageurs français, on note que, plus le pays est riche et blanc, plus les photos d'enfants prises se font rares : de telles photographies sont très rarement prises en Allemagne ou en Angleterre par exemple ; alors que des destinations comme le Bénin, l'Inde, le Sénégal, ou le Cambodge enregistrent un grand nombre de photographies exotiques représentant des enfants.
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vertdeauvertdeau   01 mars 2021
Voler en éclats pour être soi, pour être libre au moins une fois avant de mourir est terrifiant. Il faut : accumuler de la puissance ; explorer le champ des possibles, la plasticité de l'existence ; apprendre à naviguer sans vue.
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Video de Lucie Azema (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lucie Azema
Elles sont navigatrices, exploratrices de l'extrême, alpinistes, randonneuses, cyclistes, auto-stoppeuses, et même pirates, ont parcouru le monde en laissant une littérature de voyage très riche et pourtant l'histoire n'a retenu que Christophe Colomb et Kerouac... Heureusement il y a Lucie Azema et son excellent livreLes femmes aussi sont du voyage : l'émancipation par le départ publié par Flammarion.    Le voyage est-il émancipateur pour les femmes ? En quoi la littérature de voyage a contribué à la diffusion des représentations racistes et patriarcales ? Que dire à une femme qui n'ose pas partir en voyage seule ?  Réponses et explorations féministes avec Lucie Azema dans cet épisode réalisé par Marie et Mélissa, notre apprentie libraire passionnée de littérature de voyage.  Si ça vous a plu, dites-le avec les jolies étoiles de l'appli sur laquelle vous écoutez cet épisode, criez-le sur tous les toits, partagez-le avec vos BFF et vos parents, lisez les récits d'autres femmes de notre sélection de livres spécial femmes voyageuses à retrouver sur librest.com (https://www.librest.com/livres/selection-thematique-les-femmes-voyageuses,1200.html?debut=23&t=&ctx=81551c627cc90eb2e85d6f7d5f4bcdfb&s=1200).  Ou venez nous voir au Comptoir Bonne écoute !  Librairie le comptoir des mots 239 rue des pyrénées - 75020 PARIS www.librest.com
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