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ISBN : 2709659239
Éditeur : J.-C. Lattès (14/03/2018)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
En 1530, un jeune homme se présente dans une maison de la région de Modène, pour rencontrer la veuve d'Alde Manuce, le célèbre imprimeur vénitien. Il veut lui montrer le texte qu'il a écrit sur sa vie, sans savoir que la véritable histoire de Manuce n'a rien à voir avec le ton épique du récit qu'il a imaginé autour du héros de l'imprimerie. En effet, lorsqu'en 1489, Alde Manuce arrive à Venise dans le but de réaliser des éditions raffinées des nombreux trésors grec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
hcdahlem
  28 mai 2018
Crise dans l'édition… en 1500 !
L'Espagnol Javier Azpeitia nous entraîne à Venise au début des années 1500 sur les pas des imprimeurs. Un passionnant roman historique construit comme un thriller.
Sur les pas d'un imprimeur du XVIe siècle, on découvre que dès les origines les acteurs de la chaîne du livre étaient confrontés aux questions qui agitent aujourd'hui encore le monde de l'édition. Si aujourd'hui on assiste à une redéfinition complète du secteur du fait de la transition numérique, en 1530 il s'agissait de définir un modèle dans lequel les mêmes questions de rémunération des auteurs, d'évolution des techniques ou encore de diffusion se posaient.
Mais, outre ce jeu de miroir qui ravira tous ceux qui s'intéressent à l'univers du livre, c'est sa construction subtile qui fait l'attrait de ce roman. Car Javier Azpeitia, qui enseigne la littérature et l'écriture créative à l'université de Salamanque, s'est d'abord distingué pour son roman noir intitulé Hypnos, couronné par le prix Hammet international du roman policier. Avec ce roman historique, il reste fidèle à son sens de l'intrigue et au suspense savamment orchestré.
Tout commence avec l'arrivée à Modène de Paolo Manuce. Nous sommes le 23 avril 1530. le fils d'Alde Manuce (aussi connu sous le nom d'Alde l'Ancien) vient rendre visite à la veuve d'Andrea Torresani (ou Torresano). Dans ses bagages quelques livres, mais surtout le manuscrit qu'il a consacré à son père. Un hommage épique – et sans doute joliment embelli – à la gloire de ce pionnier. « Révèle-moi tout, Déesse, sur l'étonnant Alde Pio Manuce Romano, ce savant qui à Venise donna un nouveau sens à la lecture en transformant le papier en or. Parle-moi de l'inventeur sacré du livre transportable qui changea la façon de lire, de l'inventeur sacré de la page aux amples marges blanches, de la marque imprimerie, de la mise en pages en vis-à-vis de l'édition bilingue, de la typographie romaine et de la cursive rapide, de la ponctuation, de la pagination et des tables des matières, du catalogue de prix… »
On imagine la jubilation de l'auteur à faire revivre ces personnages réels en laissant le soin au roman de combler les vides biographiques. Si la motivation du jeune Alde arrivant à Venise pour créer une imprimerie et diffuser les grands classiques de la littérature grecque ne saurait guère être remise en doute, il n'en va peut-être pas de même s'agissant de sa candeur et de son innocence. Mais on s'amuse de son émoi lorsqu'il se retrouve pour la première fois sur une gondole avec une femme inconnue, on frémit lorsqu'il est victime d'un voleur de manuscrits, on partage avec lui les difficultés de l'entrepreneur qui, deux ans après son installation, n'a toujours pas produit le moindre ouvrage, notamment parce que les Allemands qui avaient vendu la presse à imprimer s'étaient envolés avant de la monter. On l'encourage dans sa volonté d'en savoir toujours plus, d'étudier aux côtés de Nicolas Jenson. On tremble avec lui lorsque ses beaux projets se heurtent à la censure, à la réprobation des élites qui ne voient pas d'un bon oeil cette entreprise de diffusion du savoir au plus grand nombre. Mais on applaudit à cette idée, maintes fois utilisée depuis, d'imprimer dans un prologue une diatribe indignée à l'encontre du texte publié pour éviter l'indignation ecclésiastique. Enfin, on peut se réjouir de l'idée de publier de petits volumes en cursive et de lancer les premiers best-sellers en livre de poche signés Lucrèce, Virgile, Horace, Juvénal, Perse, Catulle, Tibulle, Pétrarque, Dante ou encore Sophocle et Euripide en grec. Ces « petits livres que tout le monde appelait désormais aldins, au format in-octavo, il était manifeste qu'ils avaient changé la façon de lire, poursuivait Paolo de plus en plus déterminé. Avait-on déjà vu autant de personnes paradant dans la rue, leur livre sous le bras, loin de leurs obscurs cabinets? Et de jeunes lisant dans leurs jardins des livres autres que de prières? »
Intrigues, espionnage, lutte pour les meilleurs auteurs et recherche d'avantages concurrentiels grâce à l'élaboration de nouvelles techniques d'impression et de reliure forment des épisodes aussi passionnants que documentés, tout comme la chasse aux contrefaçons qui se multiplient dans toute l'Europe.
N'oublions pas le mariage qui se profile entre Alde Manuce et Maria Torresani, la fille de son associé, et qui vient mettre une note sentimentale dans cette quête avec – entre autres – une nuit de noces à rebondissements. Car l'éditeur de Sur l'amour d'Épicure ne saurait déchoir.
On ne saurait, pour finir, que recommander de mettre en pratique la phrase qui accompagne la marque de cet éditeur – un dauphin s'enroulant autour d'une ancre – pour déguster ce livre : Festina lente (Hâte-toi lentement).
Lien : https://collectiondelivres.w..
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Fantine
  27 juillet 2018

Biographie romancée du "génial " imprimeur Alde Manuce.
Par le biais d'Alde Manuce, c'est le monde du livre, de l'édition qui revit sous la plume de l'écrivain Javier Azpeitia. C'et aussi l'occasion de découvrir et/ou redécouvrir des auteurs grecs, latins ainsi que des philosophes tels que Pic de la Mirandole malgré l'interdiction, la censure de l'église.
que l'on vive dans les années 1489 et/où à dire époque, les mêmes questions se posent autour du devenir du livre c'est à dire publier des ouvrages en masse afin de toucher le plus grand nombre de lecteurs tout en s'enrichissant encore plus et/ou publier des titres "plus confidentiels" en direction d'érudits, etc, tout en contournant la censure, mais, à perte.
Le lecteur suit également pas à pas les recherches minutieuses d'Alde Manuce afin de lire un titre dans son entier le plus confortablement possible, et, non à partir de feuilles volantes, si j'ai bien compris. C'est lui qui est à l'origine du format in-octavo.
Même si la lecture d'extraits d'auteurs classiques grecs, latins - ceux ci s'insèrent naturellement dans le texte - peuvent sembler rébarbatif au premier abord, pour certains, ce roman se lit d'une seule traite, comme un polar tout en permettant de découvrir un "petit" monde de passionnés, celui de l'édition, de l'imprimerie ainsi qu'un personnage haut en couleur - Alde Manuce - quelque peu oublié de la part du grand public, sauf peut être par ceux/celles qui s'intéressent à l'histoire de livre.
Bien que Javier Azpeita ait romancé au maximum la vie d'Alde Manuce ainsi que le milieu de l'édition, ce roman permet une plongée "fabuleuse" dans la fabrication d'un livre, et, peut susciter l'envie à certain(e)s de livre un bouquin traitant de l'histoire du livre.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   15 mars 2018
Parmi les différents types qui constituent l'espèce humaine, l'une des plus étranges est celui formé par les êtres qui renoncent à vivre le monde pour le lire. Des spécimens tous très semblables, faciles à distinguer à cause de leurs carences, si particulières. En général ils mènent des existences éteintes, plus encore par rapport à celles, enflammées, qu'ils découvrent dans leurs lectures. Leurs yeux ne brillent jamais face aux autres, uniquement dans la solitude de leurs cabinets. Là, entourés de paperasses, à la lueur malsaine de bougies, ils plongent dans un fleuve de mots où ils affirment trouver tout ce que les autres recherchent dans les rues des villes et sur les chemins perdus de la terre. (p. 13)
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hcdahlemhcdahlem   28 mai 2018
Révèle-moi tout, Déesse, sur l'étonnant Alde Pio Manuce Romano, ce savant qui à Venise donna un nouveau sens à la lecture en transformant le papier en or. Parle-moi de l'inventeur sacré du livre transportable qui changea la façon de lire, de l'inventeur sacré de la page aux amples marges blanches, de la marque imprimerie, de la mise en pages en vis-à-vis de l'édition bilingue, de la typographie romaine et de la cursive rapide, de la ponctuation, de la pagination et des tables des matières, du catalogue de prix… 
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fanfanouche24fanfanouche24   18 mars 2018
Il avait été témoin, en personne, de la vénération avec laquelle on prononçait le nom d'Alde Manuce à Lyon, Paris , Anvers, Francfort...
(...) A l'évidence, personne, aucun autre imprimeur, ni en Italie ni ailleurs en Europe, n'avait réalisé de catalogue si dense, qui combinait de manière inégalable littérature et savoir. (p. 28)
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fanfanouche24fanfanouche24   16 mars 2018
Quand aux petits livres que tout le monde appelait désormais aldins, au format in-octavo, il était manifeste qu'ils avaient changé la façon de lire, poursuivait Paolo de plus en plus déterminé. Avait-on déjà vu autant de personnes paradant dans la rue, leur livre sous le bras, loin de leurs obscurs cabinets ? Et de jeunes lisant dans leurs jardins des livres autres que de prières ? Ils sentaient que les livres leur donnaient une certaine dignité. (p. 29)
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fanfanouche24fanfanouche24   17 mars 2018
Alde songea que voyager et connaître de nouveaux modes de vie rendait parfois plus sage que n'importe quelle lecture. Dans quel livre en effet aurait-il pu apprendre comme ici le comportement intime des familles vénitiennes ? (p. 92)
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