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ISBN : 2754811516
Éditeur : Futuropolis (02/04/2015)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 28 notes)
Résumé :
C'est l'histoire d'un réveil ou, selon les mots de Varoujan, d'un véritable «saut dans le réel». Jusqu'en 2013, Varoujan n'avait jamais envisagé d'aller en Turquie, au risque de «piétiner les ossements de ses ancêtres». Le voyage jusqu'à cet «Auschwitz à ciel ouvert» n'est pas seulement un pèlerinage. Varoujan et sa femme Brigitte partent à la rencontre des descendants des Arméniens qui sont restés en Turquie en 1915 et qui ont réchappé au massacre. Car aujourd'hui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Orzech
  30 juillet 2016
Je rencontre beaucoup d'Arméniens dans mon travail et tous ces noms se terminant par -ian me sont familiers. Quand je suis tombée sur cette bande dessinée, je me doutais bien, avant même de lire son résumé, qu'il parlait du génocide arménien et je voulais en savoir un peu plus.
En forme de reportage, cette BD décrit le voyage en Turquie de Varoujan, en compagnie de sa femme, où il organise une exposition sur les rescapés du massacre. Diyarbakir, la capitale kurde de Turquie, est le point de départ de ce pèlerinage. C'est cette ville qui abritait la plus grande cathédrale du Moyen Orient avant que les Turcs la dévastent. Des 70 000 Arméniens qui peuplaient la ville et ses environs, il n'en restait que 3000 après 1915. La région de Dersim où Varoujan et Brigitte se rendent ensuite, majoritairement kurde et alévie, a connu aussi un autre génocide, celui de 1937, qui a décimé la population arménienne. Puis, ils empruntent la route de la déportation pour atteindre Bogazdere, le village natal du grand-père de Varoujan qui a trouvé refuge en France. Lors de ce voyage, le couple fait de belles rencontres avec les descendants des rescapés, qui, pour survivre et ne pas trahir leur origine, n'ont pas d'autre choix que de se fondre dans la population turque et de pratiquer la religion musulmane.
C'est un beau témoignage aux couleurs kaki d'un retour aux origines sur les traces d'un peuple meurtri. A la fois instructive et émouvante, cette bande dessinée est une réussite.

Lien : http://edytalectures.blogspo..
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Alcapone
  14 décembre 2016
20 avril 2014. Pour la première fois, Christian Varoujan Artin se rend avec sa femme Brigitte en Turquie sur les traces de son grand-père paternel. Figure marseillaise emblématique de la communauté arménienne en France, l'administrateur de l'Association pour la Recherche et l'Archivage de la Mémoire Arménienne (Aram) veut rendre un hommage à la mémoire des victimes du génocide arménien en organisant en 2015 dans la ville de Diyarbakir (capitale des kurdes de Turquie) une exposition intitulée "99 portraits de l'exil, 99 photos de survivants du génocide des arméniens". Malgré sa peur d'"entendre craquer les os en foulant sa terre" (citation du réalisateur Henri Verneuil), Christian Varoujan Artin se décide à "faire le grand saut dans le réel" (p.16). Suivi de Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuelos pour les besoins de cette bande-dessinée documentaire, le couple quitte les quartiers nord de Marseille à la découverte de la terre de leurs ancêtres. Répondant à son désir de « bâtir un édifice d'humanité" (p.54), Christian Varoujan Artin réalise avec tristesse que "la diaspora avait psychologiquement effacé la Turquie" (p.65) et que des descendants d'arméniens rescapés du génocide eux aussi traumatisés par leur islamisation forcée par exemple, continuent de vivre en Turquie...
Tout comme son père Garbis, Christian Varoujan Artin a oeuvré à la sauvegarde de la mémoire et de l'identité arménienne. L'histoire du génocide arménien, il en hérité par bribes de son grand-père Sahag. S'improvisant encyclopédiste en collectant et en traitant patiemment des centaines de documents, "Varou" ainsi que le surnommaient ses copains d'école, a au fil du temps reconstitué l'histoire du génocide arménien que son grand-père lui avait tu, certainement pour le préserver. Portant en lui cette identité arménienne marquée par le génocide et par le transfert forcé des populations arméniennes de l'Empire Ottoman, Christian Varoujan Artin fait partie de ces générations issues de l'immigration dont l'héritage familial a questionné et conditionné l'existence. Redoutant le "grand saut dans le réel" qu'il savait pourtant indispensable, "Varou" se décide en 2014, à se rendre en Turquie pour organiser son exposition photo en hommage aux victimes du génocide. Les centaines de documents et photographies qu'il avait soigneusement numérisés allaient enfin pouvoir être exposés au grand jour. Mais loin de se douter des rencontres et des découvertes qu'il allait faire durant son "pèlerinage", Christian Varoujan Artin réalise que son voyage en Turquie en valait la peine. Il avait enfin pu partir sur les traces de « son Fantôme arménien"...
Cette bande-dessinée documentaire est née à l'initiative de Laure Marchand et Guillaume Perrier qui ont publié La Turquie et le génocide arménien : sur les traces du génocide aux éditions Actes Sud en 2013. Pour poursuivre leur travail d'enquête sur la mémoire du génocide arménien, ils ont souhaité suivre Christian Varoujan Artin dans sa quête identitaire. Et c'est Thomas Azuelos qui s'est chargé du scénario et de l'illustration de bande-dessinée. le voyage qui s'est organisé autour de 4 étapes, a conduit Christian Varoujan Artin et sa femme à Dyrarbakir, dans la région du Dersim (dont la ville de Tunceli), dans celle de Boğazdere (village de Sivas) et enfin à Istanbul. Bouleversé par sa rencontre avec les Arméniens kurdes, turques ou alevis et par les récits des descendants des rescapés du génocide, le couple réalise avec philosophie, tout le sens de son voyage : "Nous ne devons pas restés figés sur la mémoire. Les vivants sont plus importants que des pierres ou des livres" (Brigitte Balian, p.99). le Fantôme arménien qu'il poursuivait avait enfin un visage ou plutôt 1000 visages. Reste encore à co-construire l'avenir de ce peuple arménien tant meurtri et persécuté...
Comme beaucoup de descendants d'immigrés, Christian Varoujan Artin porte profondément ancré en lui l'histoire de ses origines. La poursuite de son Fantôme arménien à travers son travail de mémoire lui apportera-t-il les réponses qu'il recherche ? Lui permettra-t-elle de réconcilier les souffrances de son peuple et sa volonté de « bâtir un édifice d'humanité » ? Ou au contraire, fustigera-t-elle une vérité trop difficile à accepter ? A travers ce voyage illustré de dessins sobres alternant avec des planches sombres et rougies par le récit terrible des exactions turques sur la population arménienne, Thomas Azuelos convie ses lecteurs à une plongée parfois éprouvante dans l'horreur du génocide. Les images d'archives et les collages qui ponctuent la bande-dessinée offrent de courts répits sur les témoignages accablants des informateurs mais au final, on retiendra que ce travail d'enquête sur l'histoire et la mémoire des arméniens mené par Laure Marchand et Guillaume Perrier, incarne un véritable message d'espoir. Publiée à l'occasion des 100 ans du génocide arménien (1915-2015), cette bande-dessinée sort de l'anonymat, le temps d'une lecture, des témoins de l'oubli. Une lecture éclairante qui interroge et incite à se documenter plus profondément sur la question...
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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topocl
  24 août 2015
J'ai rarement vu une BD aussi émouvante.
A la veille du centenaire du génocide arménien, Varoujan, un Arménien dont les grands-parents ont pu échapper au génocide, et se sont réfugiés en France, retourne pour la première fois en Turquie, pour présenter une exposition de portraits d'Arméniens réfugiés. Pour lui, c'est se confronter à un "Auschwitz à ciel ouvert"
C'est l'occasion de rappeler ce qu'a été le génocide, mais surtout ce que sont devenus les rares Arméniens qui en ont réchappé, au prix de la misère,du renoncement à leur foi et de la persécution. Certains commencent à oser sortir de l' anonymat. La BD confronte les descendants des survivants en Turquie et dans la diaspora, ils se découvrent, c'est déchirant.
En outre le dessin est magnifique, inventif, non dépourvu d'humour, en un mot, génial!
Autant de faits, d'émotion et de beauté tant graphique qu'humaine dans un seul livre, c'est rare!
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Chouchane
  17 avril 2015
Embarquement immédiat pour Istanbul sur les traces fantomatiques du passé arménien. Cette bande dessinée aux couleurs sépia des vieilles photos se déroule comme un reportage qui suit un personnage réel Varoujan et sa compagne Béatrice. Ces deux marseillais d'origine arménienne partent retrouver en Turquie des arméniens qui s'ignorent ou presque.
En 1915, deux millions et demi d'arméniens vivent dans l'empire ottoman. Entre 1915 et 1917, plus de la moitié sont exterminés pendant que ceux qui le peuvent fuient. Ceux qui sont restés ont vu leur nom changer, leur langue interdite et leur religion aussi. sur les traces de Varoujan on découvre les histoires tragiques de destinées écrasées par le silence. Des enfants arméniens élevés par des familles musulmanes, des jeunes arméniennes mariées à des turcs, des hommes et des femmes avec des faux passés qui découvrent sur le tard d'où ils viennent. On mesure comment le mensonge historique et le silence provoquent des souffrance. ? le lavage de cerveau des gouvernements turcs ne peut, heureusement, pas bâillonner la pensées. Varoujan va ainsi de village en village recueillir, ressentir les émotions de ces kurdes et turcs qui se sont récemment découverts des racines arméniennes. Une bd en forme de leçon d'histoire, très utile !
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bdelhausse
  06 septembre 2018
99 portraits d'Arméniens ayant survécu au génocide affichés pour le 99è anniversaire du drame. C'est le point de départ du voyage de Varoujan et de sa femme Brigitte vers la terre originelle. Ils viennent de France et partent à la rencontre des gens.
Et quels gens !
Des déracinés, assimilés, cachés, se faisant petits, longeant les murs, niant leur propre existence, individuelle ou collective. Ils retrouvent néanmoins un esprit arménien bien vivace. Une rage ou une volonté de rester debout.
Je connaissais le génocide d'assez loin. J'ai découvert que ce génocide se perpétuel. Il est culturel, social, identitaire... ce génocide est continu, permanent. A travers l'assimilation des enfants par des musulmans, alévies, etc. l'identité arménienne se dilue au quotidien. Un peu comme les aborigènes adoptés par des familles bourgeoises en Australie.
Les auteurs font feu de tout bois... ils mélangent des photos, alternant les couleurs (dont le rouge) pour des effets percutants, ils nous livrent quelques épisodes surréalistes faisant dialoguer Kemal Atatürk et Erdogan dans un grand moment burlesque. Ils n'arrivent cependant pas à éviter des lourdeurs, une langueur assez peu emballante, une inégalité dans le récit.
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critiques presse (1)
BDGest   17 avril 2015
Plus que des réponses, elle génère foule de questions et incite à creuser autour de cet événement souvent omis du récit de la Première Guerre Mondiale.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
alouettalouett   04 mai 2015
Nous redécouvrons notre histoire. Pour vous raconter la mienne, il faut aller dans la ville de Lice, à quatre-vingt-dix kilomètres de Diyarbakir. Je suis né là en 1961. Dans une famille kurde musulmane. J’étais kurde et musulman comme mes quatre frères. Mais à l’école, je me faisais parfois insulter : Infidèle ! Chien d’Arménien ! J’étais enfant, ça ne me touchait pas vraiment. Jusqu’au jour où des anciens nous ont parlé, à mes frères et à moi. Ils nous ont raconté que notre père n’était pas kurde. J’avais vingt-quatre ans. Mon père ne nous avait jamais rien dit. J’étais bouleversé. Quatre ou cinq familles se sont ainsi découvert des parents arméniens. On se croisait au café, sur le marché, et on se disait : Il aurait mieux valu ne rien savoir !
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ChouchaneChouchane   16 avril 2015
Tu celui, 24 avril 2013. Miran organise la première commémoration publique du Genocide. Par son courage Miran a décomplexé de nombreux arméniens cachés. Cependant, son agitation publique ne fait pas l'unanimité dans une communauté pour qui le silence a toujours été la meilleure protection.
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alouettalouett   04 mai 2015
Les gendarmes et les soldats ottomans avaient séparé les villages en plusieurs convois, pour éviter que les caravanes soient trop importantes et puissent résister. Il ne devait pas y avoir de prise de conscience des condamnés. Les victimes devaient passer de l’hébétude à la résignation, sans pouvoir se battre
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alouettalouett   04 mai 2015
Mes grands-parents ont vécu les massacres, ils ont perdu leur famille et leur terre et ont été déportés. Malgré eux, ils ont transmis la peur à leurs enfants. La peur de la barbarie, du bourreau, du Turc avec lequel on ne pourra plus parler. Dans la diaspora, deux générations après, c’est devenu une peur collective
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alouettalouett   04 mai 2015
Je sais tant de choses. Les cartes, les livres… Au Centre Aram, tant de documents passent entre mes mains. Et pourtant, je ne sais rien sur la réalité. Ce voyage est un grand saut dans le réel
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Videos de Thomas Azuélos (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Azuélos
Qui sont vraiment les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ? Que veulent-ils ? Comment vivent-ils ? Embarqués pendant de longues semaines à leurs côtés, les auteurs ont choisi une fiction documentée pour rendre compte, au plus près, de la réalité de la vie sur la ZAD. le récit de Thomas Azuélos et Simon Rochepeau est celui d?une lutte, hors des partis et mouvements traditionnels, contre l?aménagement capitaliste du territoire et pour défendre d?autres manières de vivre. Un document édifiant en librairie le 6 février.
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