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EAN : 9782234077966
216 pages
Stock (04/03/2015)
4.21/5   388 notes
Résumé :
« Vous priez encore Dieu ?
– Bien sûr. Pourquoi ne le ferais-je pas ?
– Eh bien, il me semble qu’Il vous a abandonnée ces derniers temps.
– Allah ne m’a jamais abandonnée, c’est nous qui L’avons semé. »

Bilqiss est l’héroïne de ce roman : c’est une femme indocile dans un pays où il vaut mieux être n’importe quoi d’autre et si possible un volatile. On l’a jugée, on l’a condamnée, on va la lapider. Qui lui lancera la première pierre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (129) Voir plus Ajouter une critique
4,21

sur 388 notes
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migdal
  02 juin 2021
Magnifique et perturbant ce roman choral met en scène, dans un pays subissant la charia, une veuve Bilqiss, poursuivie pour avoir transgressée la tradition religieuse, son juge Hassan et une journaliste Léandra, envoyée spéciale d'un média international.
Libre penseuse, Bilqiss revendique son acte et ambitionne mourir lapidée.
Femme « émancipée », la journaliste incarne la parfaite JAP (Princesse, Juive, Américaine) … totalement déconnectée de la réalité locale et de la culture orientale.
Magistrat soumis aux pouvoirs ambiants, Hassan interroge Bilqiss avec une écoute étonnante qui glisse progressivement vers une complicité séductrice.
Saphia Azzeddine se sert du tribunal et donne la parole à l'inculpée qui révèle une posture d'accusatrice menant un réquisitoire implacable contre l'obscurantisme. C'est brillant et éclairant.
Le dialogue avec la journaliste illustre le choc de civilisation qui sépare l'occident de l'orient et c'est fort instructif.
Mais, à mon regret, l'intrigue dérape dans le morbide quand la veuve confesse avoir assassiné son époux avec la complicité de mercenaires étatsuniens, et cet homicide brise l'admiration qu'elle suscitait et brouille le message véhiculé par la romancière. Dommage !
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AudreyT
  13 février 2016
Au coeur d'un village, dans un pays qui applique strictement la charia, Bilqiss, jeune veuve et orpheline, est condamnée à être lapidée en place publique parce qu'elle a osé faire l'appel à la prière. Ne souhaitant aucune aide extérieure, ni avocat pour la défendre, Bilqiss clame haut et fort sa liberté et se réapproprie son Dieu et sa religion.
L'arrivée d'une journalise américaine, Leandra, va permettre d'exprimer toutes les craintes, les reproches et les aprioris que chacun des deux peuples projette l'un sur l'autre.
Un roman fort que ce Bilqiss ! Intelligent aussi ! Pas de jugement, pas de préjugé, aucune stigmatisation... J'ai trouvé que ces deux portraits de femmes étaient complémentaires, chacune portant très haut les couleurs de leur liberté et parlant avec conviction de leur croyance...
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Annette55
  30 décembre 2015
Dans une ville et un pays jamais cités, Bilqiss, l'héroïne de ce roman, mariée à 13 ans à un homme de 46 ans, est jugée pour avoir dit la prière en lieu et place du muezzin un matin oú ce dernier ne s'était pas réveillé.....Elle est forte, belle et intelligente , elle est ..fouettée, insultée, jugée et condamnée.
Elle attend sa mort par lapidation : "J'allais bien entendu perdre ce procès. Je ne l'envisageais pas comme mon procès, plutôt comme une mascarade de plus dans mon pays déjà mort, mais que personne n'osait prévenir ".
Qui lui jettera la première pierre?
Cette mort à venir, cette décision à prendre lui fournissent un prétexte pour provoquer les juges et les jurés.
Témoignant de force, d'audace et de courage, ces provocations se retrouvent sur ...Internet ...des extraits de procès filmés sur téléphone portable alertent Léandra , une journaliste américaine qui obtient l'autorisation d'aller visiter Bilqiss en prison. Le juge lui- même , conscient de l'extrême injustice qu'il s'apprête à rendre , visite Bilqiss en prison.
Trois voix alternent dans ce récit: la détenue, libre, frondeuse et forte, la journaliste et ses louables intentions, le juge ambigu dans ses sentiments, au désir enfoui .....
Saphia Azzedine scrute avec précision, puissance, finesse, rage et poésie mêlées, les relations hommes femmes lorsque la religion et les intégrismes s'emploient à légitimer toutes les violences .....
Elle approche et décrit avec tact le chamboulement progressif psychique chez un homme : le juge qui se mettra à penser contre lui- même..
Elle nous donne à voir de près la révolte fataliste et poétique d'une femme DEBOUT, envers et contre tout, qui se sent condamnée dans ce pays depuis sa naissance: "J'étais une femme dans un pays où il valait mieux être n'importe qui d'autre et si possible un Volatile "......
Elle oppose deux conditions féminines , la journaliste occidentale et Bilqiss, des comportements géopolitiques antinomiques.
La colère le dispute à la fatalité, la justice à la justesse des mots, les hommes à l'idée qu'ils se font...des idées.....la bêtise crasse, l'ignorance magistrale, la barbarie à l'humanisme .....
Un roman magnifiquement écrit ,hypnotique, fort ,provocant, salutaire,lu d'une traite qui interpelle et bouscule...
Un récit rageur et nécessaire auscultant la condition féminine musulmane avec brio!
Un choc et un élan , une très belle œuvre oú l'auteur fait sienne la cause des femmes opprimées par l'intégrisme , oú les forces et les envies opposées amènent un dénouement fort surprenant et émouvant de lumiére .....
Merci à Marie - Line , mon amie de la médiathéque !
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ordinary_reader
  02 février 2016
Il y a longtemps que cette auteure me fait de l'oeil.
J'avais déjà apprécié l'acuité et la finesse de Saphia Azzedine dans certaines émissions télévisées. Son dernier roman reflète toute la justesse et l'extrême intelligence de ses propos, mêlés de simplicité et de modernité à la fois.
C'est l'histoire de la plaidoirie d'une femme condamnée à mort. Un récit où se mêlent trois voix, trois personnalités distinctes, trois regards et trois espoirs contrariés : Bilqiss pleure les splendeurs du pays de son enfance, voue une haine farouche à tous ces illettrés qui instrumentalisent son Dieu. Hasan, enveloppé d'un costume intégriste, a la sensation d'être enfin respecté et reconnu. Enfin, Leandra est la caricature de la compassion universelle, de l'ignorance de la culture musulmane par les occidentaux.
Saphia Azzedine nous livre un portrait sans concession de ces personnages, de leurs affrontements, de leurs combats et de leurs divergences. Je me suis régalée de sa plume affûtée et sans détour, de sa parfaite maîtrise du langage, avec la juste dose de réalisme pour sublimer la force émotionnelle de ce roman !!
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Titania
  21 octobre 2015
Bilqiss est une femme intelligente belle, rebelle, une combattante à la répartie cinglante, un électron libre propulsé star des médias à la faveur d'une photo qui a fait le tour du monde et d'un procès retentissant, dans un pays tenu par des fanatiques incultes mais puissants.
Elle est à la fois Sheherazade et Antigone, un peu Jeanne d'Arc dans sa cellule, celle qui a bravé la loi islamique, un petit matin, alors que le muezzin cuvait une bonne cuite. Elle a appelé à la prière, d'une voix chaude et douce, elle la croyante, en un Dieu bon et miséricordieux, en mettant autant de beauté dans ses mots que dans les poèmes qu'elle admire.
Sacrilège! Ont hurlé les hommes, et voilà celle qui s'est débarrassée fort discrètement de son rustre de mari, avec la complicité de soldats américains, dans la cage d'une salle d'audience jugée par des abrutis, insultée, frappée, fouettée, risquant la lapidation, pour des motifs stupides.
C'est l'histoire d'un amour impossible et violent entre elle et le juge, qui retarde l'issue du procès. C'est l'histoire d'un choc culturel entre Leandra, la journaliste juive new-yorkaise et ce coin de planète qui marche sur la tête.
C'est un roman très fort, à l'issue inattendue, que nous livre Saphia Azzedine, avec ce conte oriental à dimension universelle.
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critiques presse (5)
LePoint   11 mai 2015
Un livre qui fait mal à la conscience.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   05 mai 2015
Léger, subtil, profond... génial !
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   23 avril 2015
Bilqiss est un personnage formidable, pour lequel on ne peut que ressentir de la compassion et surtout de l'admiration. Car elle en envoie, Bilqiss !
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeSoir   07 avril 2015
Un sixième roman poignant sur une femme voilée qui attend sa lapidation.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   27 mars 2015
Loin d’être à charge contre la religion, "Bilqiss" est un roman puissant, hommage à la foi et à la liberté.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (117) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   02 juin 2021
Je repris alors la parole et lui demandai, puisqu'il n'avait pas répondu à ma question, s'il savait d’où provenait une telle pratique puisque et je fis exprès de le redire - aucune trace de la lapidation n’apparaissait dans le Coran.

« La lapidation est fondée sur un hadith.

- Qui l'a rapporté ?

- Eh bien, je ne sais pas enfin, c'était il y a si longtemps, un savant probablement.

- Non, c'était un boucher. Vous fondez vos lois sur des propos rapportés par un boucher.

- Et alors, qu’avez-vous contre les bouchers ? balbutia-t-il.

- Tout. Je suis végétarienne. »
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BazartBazart   11 août 2016
" J'avais treize ans lorsqu'on me maria à un homme vieux et ventripotent. Il n'était pas si âgé à dire vrai, mais il avait le visage buriné par le vent affronté sur les bateaux de pêche. Il avait été pécheur avant d'être homme à tout faire.Il avait quarante-six ans. Ce fut horrible de l'épouser.Répondre cela était trop attendu par mes détracteurs,alors je choisis de les renseigner sur une autre facette de mon mariage.

- Monsieur le juge, vous avez été charpentier n'est ce pas?Alors, essayer de faire rentrer une vis de 10 dans une cheville de 2. Voilà ce que je retiens de mon mariage avec cet homme si bon".
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littleprettybookslittleprettybooks   04 novembre 2015
"Pour nous, la burqa était une seconde peau. Une seconde peau pour nous caparaçonner comme de vulgaires juments bonnes à monter et bien entendu teinte dans des couleurs chatoyantes, allant du mauve au myosotis et du jais au jaune safrané. Ces salopards n'avaient pas de coeur mais ils avaient du goût et lorsque nous nous faufilions au milieu d'eux ou disparaissions dans les ruelles sombres du village, c'est un tableau vivant qui se dessinait sous leurs yeux. J'avais d'ailleurs décoloré systématiquement toutes mes burqas dans des litres de Javel pour ne pas donner de relief à leur paysage. Pour hurler en silence tout le dégoût qu'ils m'inspiraient."
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MissMymooMissMymoo   18 avril 2015
Le juge me demanda si j’avais quelque chose à répondre. Cette fois, oui, j’avais quelque chose à dire.
« Je suis bien d’accord avec vous, votre honneur, il faut tuer le mal à la source. Donc, si à mon tour j’accumule tous les interdits qu’une femme traîne avec elle à cause de ce que ça provoque dans le slip des hommes, alors oui, il faut tuer le mal à la source ! La source doit même être massacrée. Guillotinée. Décimée. Brisée. Broyée. Hachée. Tranchée. Exterminée. »
Les nigauds prirent quelques secondes avant d’identifier la source dont je parlais, puis d’un mouvement commun, probablement inconscient, ils croisèrent les uns après les autres leurs jambes pour mettre à l’abris leur très controversé pénis.
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g6chaelg6chael   24 mai 2016
Je fais un rêve. Mon rêve est le suivant: je suis en train de faire un cauchemar. Tout ce qui m'entoure, vous tous ici n'êtes pas réels, vous n'êtes pas cette maudite engeance, les yeux cerclés de cernes, le front barré de rides et les dents jaunies de tartre, vous n'êtes pas ces hommes et ces femmes à l'âme morte et à l'esprit aride que ceux des premiers rangs ont confisqué, vous n'êtes pas ces minables effrayés par leurs index tendus vers le ciel et que j'aimerais, toujours dans mon rêve, broyer de toutes mes forces. Vous n'êtes pas les médiocres qui avez laissé filer vos vies, vous n'êtes pas les traitre qui avez abandonné votre Dieu, vous n'êtes pas les faibles qui avez courbé le dos et vous n'êtes pas non plus les barbares qui allez me tuer de la manière la plus abjecte qui soit. Vous n'êtes pas ceux qui guident d'obscurs moralisateurs à la pensée frelatée, vous n'êtes pas ceux et celles qui obéissez à des obsédés sexuels vous caparaçonnant de lourd tissus et vous attifant d'une longue barbe ridicule, non, vous n'êtes pas ceux-la car, si vous l'étiez, vous ne mériteriez certainement pas de vivre. L'on ne se déplace pas sur terre pour la polluer, on ne prie pas Allah pour implorer Son pardon, on s'arrange auparavant pour ne jamais avoir à le faire. Mon Coran n'ordonne rien, aucune loi ne peut s'en dégager parce qu'il y a autant de lectures qu'il y a de musulmans, et ce n'est certainement pas une bande de fripons en robe blanche rasés de frais et le front souillé qui réduira mon saint Coran à un vulgaire mode d'emploi pour décérébrés. Mon prophète adoré, que la paix soit sur lui, nous dit dans un hadith qu'il nous faut lire le Coran comme s'il nous était révélé personnellement. Ils ne sont donc pas légitimes, ils n'ont aucun droit sur nous, ils se mettent en scène dans des postures effrayantes mais ils ne sont rien d'autre que des voleurs de vie. Dans mon rêve, nous n'avons pas pu laisser ces maudits imposteurs remplacer nos savants, non, nous n'avons pas pu laisser faire cela et sortir de l'histoire comme de vulgaires moucherons. Allah n'a jamais eu besoin d'une cour de flagorneurs pour asseoir Sa puissance mais bel et bien d'homes et de femmes qui Lui rappellent pourquoi Il nous a créés. Dans mon rêve, je me réapproprie Allah et, avec moi, ceux et celles que l'on accuse de délit de foi. Je fais un rêve et tout cela n'est qu'un cauchemar. Le mien va bientôt prendre fin mais le vôtre continue et je ne vous plains plus."
+ Lire la suite
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Videos de Saphia Azzeddine (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Saphia Azzeddine
Saphia Azzeddine - On n'est pas couché 4 juillet 2020 #ONPC
On n'est pas couché  4 juillet 2020 Laurent Ruquier sur France 2 #ONPC
Toutes les informations sur les invités et leur actualité https://www.france.tv/france-2/on-n-est-pas-couche/
Suivez @ONPCofficiel et réagissez en direct avec le hashtag #ONPC  https://twitter.com/ONPCofficiel
Continuez le débat sur Facebook https://www.facebook.com/onpcF2
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