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EAN : 9782844144362
400 pages
Éditeur : L'Association (17/11/2011)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Le Haut-Mal c'est le nom qu'on donnait à l'épilepsie au Moyen Âge. L'Ascension du Haut-Mal c'est l'histoire d'une famille au milieu des années soixante dont le fils aîné, Jean-Christophe, est atteint par cette maladie à l'âge de sept ans. C'est le regard que porte son petit frère, Fafou, qui devient David, sur le bouleversement que ses crises entraînent dans la famille, sur la façon dont les adultes, parents, médecins, passants, charlatans, gourous, réagissent et te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  26 décembre 2018
J'avais été habitué dans mes lecture de l'oeuvre de David B. à quelque chose qui se rapproche plus du conte. Ce roman graphique est en fait une autobiographie où ressort en particulier la présence de ce frère épileptique, d'où le titre « le Haut Mal ».
On découvre ici l'origine de son goût pour les scènes de batailles chevaleresques, l'histoire héroïque, à travers son enfance, avec toutes ses dérives d'alors, fascination de la guerre, de l'héroïsme, de la force et de la puissance (Michel Strogoff, Gengis Khan, et jusqu'à Hitler...). Et on suit son évolution à travers ses questionnements, la première guerre mondiale avec son grand-père maternel, la seconde guerre avec l'autre grand-père, la guerre d'Algérie, le racisme, et puis d'un autre côté, la maladie de son grand frère, les charlatans qui essaie de profiter de la crédulité de ses parents... David se détache peu à peu des préoccupations des adultes, jusqu'à se construire une armure, au sens propre comme au figuré.
David se construit sa propre défense dans ce monde fantastique et sombre. Une défense faite de dessins, de héros dessinés, de guerriers, mais les squelettes, fantômes et dragons envahissent les les pages, en noir et blanc. le graphisme est superbe, expressif, fantastique et sobre à la fois, le trait est épais, tout en noir et blanc, sans nuances, les contrastes agressifs, David B. joue avec les échelles, les éléments de décoration, à la manière des illustrations médiévales, comme de lugubres enluminures.
Les sujets graves sont abordé comme il a pu les concevoir dans son enfance, avec un détachement naïf, parfois maladroit et c'est de là que naît la grandeur de cette oeuvre, impressionnante, tragique. J'ai adoré le décalage entre l'illustration fantastique et le texte plus prosaïque, j'ai adoré ce voyage initiatique raconté avec les yeux de l'enfant qui rêve de héros, ce jeu de contraste entre le monde idéalisé et le monde réel.
Il évoque ses découvertes littéraires et son oeuvre toute entière prend ici un sens, un sens de révolte, de colère. On quitte peu à peu le monde de l'enfance, ce n'est pas qu'un témoignage autobiographique, c'est aussi une oeuvre initiatique qui est d'autant plus forte qu'elle est vraie.
La notion de “mondes fantastiques” des littératures de l'imaginaire prend alors une nouvelle dimension, après ça, je n'ouvrirai plus un livre de fantastique de la même manière.
“L'ascension du haut mal” porte bien son nom, tout va crescendo, grandiose, impressionnant, comme une danse macabre trop lourde à digérer pour un enfant de 12 ans. L'histoire est malheureusement si réelle que l'impact en est encore plus fort et dépasse le stade du simple témoignage pour parvenir à une force d'universalité d'une confrontation à la maladie, à la folie. C'est une oeuvre majestueuse et ô combien douloureuse, j'ai tremblé, j'ai pleuré, c'est un choc, c'est du lourd, jusqu'à la limite du supportable. L'ascension du Haut mal est de ces rares créations qui changent notre perception à jamais.
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Alcapone
  13 novembre 2015
Lorsque le premier tome de la série parait en 1996, cela fait déjà 20 ans que David B. réfléchit à la façon dont il va raconter son histoire : l'épilepsie de son frère, la détresse de sa famille face à la maladie, ses souvenirs d'enfance, l'histoire de ses aïeuls, comment allait-il donner corps à tous ces souvenirs dans un récit qui tienne la route ? Comment mettre son art au service d'une autobiographie qui n'en est pas tout à fait une ? Comment laisser s'exprimer son incroyable univers fantasmagorique et onirique sans nuire au récit de la douloureuse et véridique Ascension du Haut Mal vécue par sa famille ? C'est le tour de force que David B. a réussi avec cette riche bande-dessinée : oeuvre cathartique s'il en est, cette renversante série ne se contente pas d'une narration linéaire et descriptive, elle raconte aussi sa propre histoire à travers la construction artistique de son géniteur...
L'Ascension du Haut Mal, une oeuvre pionnière en son genre...
Parfait exutoire à ses angoisses et sa colère, le dessin comme on l'apprend dans la BD a toujours été pour David B., alias Fafou, un refuge protecteur où il pouvait laisser libre cours à son imagination débordante : son univers noir et torturé peuplé de monstres et de fantômes, ses épopées guerrières à la gloire de Gengis Khan, ses rêves abscons et ses fantasmes de savant fou ont toujours aidé Fafou à évacuer les souffrances causées par la maladie de son frère. Aussi, lorsqu'il décide de raconter son Ascension du Haut Mal, c'est naturellement dans ses fantasmes guerriers grassement teintés de symbolisme que David B. puise son inspiration. Les représentations mentales de l'enfant s'imposent alors comme technique narrative, la BD autobiographique prend une dimension différente car l'auteur évolue en même temps qu'il se raconte...
Les aplats de noir de David B. : une technique maîtrisée qui colle au propos
C'est vrai, les dessins de David B. sont saturés de noir et surchargés de symboles. Ses personnages sont caricaturaux, ses mondes imaginaires torturés. En même temps, c'est ce qui donne son âme au récit car ils créditent le regard impuissant de l'enfant face à ses propres peurs, son incompréhension et son sentiment d'injustice. Si les souvenirs sont difficiles à restituer parce qu'ils sont inégaux, imprécis, diffus, le dessin de David B. parce qu'il trouve son origine à l'époque des faits relatés, a ce pouvoir d'exhumer le passé en le réinventant. Et ce que les mots ne peuvent parfois exprimer, le dessin le fait de façon presque despotique. Alors c'est vrai aussi : soit on aime, soit on aime pas. Personnellement, ce travail m'a particulièrement touché car à travers la richesse des dessins de David B., j'y retrouve une infinité de références qui ont participé à la création de mon propre imaginaire... A découvrir absolument !
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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Reine
  01 février 2012
Génial ! Mais assez plombant... On découvre le quotidien d'une famille complètement démunie face à l'épilepsie du fils aîné Jean-Christophe. L'incapacité des médecins traditionnels à le soigner conduisent ses parents à tester toutes les méthodes alternatives possibles et imaginables. Les dessins de David B. deviennent nos propres cauchemars et les personnages imaginaires qui accompagnent le narrateur nous poursuivent longtemps après avoir tourné la dernière page.
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RACK
  15 décembre 2012
BD noir et blanc en 6 volumes compacts, saturés autant visuellement que psychologiquement. Ne pouvoir avancer que vignettes après vignettes tant l'encre vous étourdit, et le contenu vous chavire. Mais poursuivre cette ascension ou cette descente, coûte que coûte. L'intensité est contenue, elle n'explose pas, elle se contient et se consume car on navigue entre la prise de conscience et sa perte totale. L'une ne va sans l'autre et si on ne le savait pas, on le comprend.
Incontournable travail et, pour qui ignore (ou veut encore ignorer), la maladie d'un des membres d'une famille ébranle tous les autres en les révélant…
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Bibliotekana
  03 juillet 2013
Cet album, qui traite de l'épilepsie du frère de l'auteur, m'a profondément marqué. On suit le quotidien de toute la famille sur plusieurs années, réglé selon les crises de Jean-Christophe. David est affecté par ce frère différent, et lui aussi est quelque part dérangé : son imagination est débordante, il a des amis imaginaires, il invente des histoires rocambolesques, qui sont dessinées dans le livre et qui prennent toute leur ampleur par le noir et blanc. Déconcertant. le désarroi des parents est aussi évident, eux qui essayent tous types de médecine pour tenter de venir à bout de la maladie.
Il livre fort, à découvrir pour mieux cerner l'épilepsie et ses conséquences.
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critiques presse (1)
Bedeo   01 juillet 2019
La lecture de L’ascension du Haut Mal est une immersion dans un univers complexe, un récit obscur et dérangeant, sensible, poétique.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
NievaNieva   20 septembre 2019
Alors, je rentre dans ma tour.
La nuit est à moi, j'éteins la lumière et je fais semblant de me coucher.
En fait, je vais sur le balcon et j'attrape la gouttière.
Je descends le long de la façade jusqu'au parc.
Je confie mes armes à Gengis Khan.
— Attends-moi là !
Là où je vais, je n'en ai pas besoin.
Je m'enfonce dans le bois. Je me perds dans la forêt.
C'est un moment magique. Je suis ivre.
Mes fantômes me rejoignent et m'escortent.
Je guette les ombres, j'écoute les mille petits bruits des animaux.
Je saute la clôture et je me glisse dans le jardin des voisins, je l'explore à pas de loup puis je rentre chez moi.
Ce soir, il y a un nouveau fantôme.
— C'est toi pépé ?
— Hé oui...
— Je suis content que tu sois là.
Il est temps de rentrer, les fantômes restent sous les arbres.
Je remonte dans ma chambre.
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FalcoperegrinusFalcoperegrinus   23 avril 2019
Tiens, c'est vrai, qu'est-ce qui lui arrive à mon frère, lorsqu'il a une crise ? Est-ce qu'il quitte son corps pour aller quelque part ? Ou au contraire est-ce qu'il plonge à l'intérieur de lui même ? Est-ce qu'il va dans la quatrième dimension ? Ou est-ce qu'il visite d'autres mondes obéissant à des lois géométriques inconnues sur Terre comme dans les romans de Lovecraft ? Est-ce qu'il meurt l'espace d'un instant ? Est-ce qu'il rêve ? Est-ce une sorte de néant ? Est-ce qu'il se rappelle de rien parce qu'il n'y a rien à se rappeler ? Ou est-ce qu'on lui efface la mémoire des autres mondes ? Et s'il partait parce qu'il n'est pas heureux avec nous ?
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laurent35laurent35   13 décembre 2017
Pour arriver au ciel mon âme volera longtemps, longtemps c'est haut le ciel..
Elle sera accueillie par Dieu qui la prendra dans ses bras.
Il la couchera dans un petit lit, car après un aussi long voyage, elle sera très fatiguée
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BibliotekanaBibliotekana   03 juillet 2013
Souvent, je tâte les os de mon crâne à travers la peau. C'est pour sentir comment est faite ma tête de mort. Les orbites... L'arête de la joue... La mâchoire... Je voudrais que ces os crèvent la peau de mon visage, qu'ils sortent au jour et qu'on en finisse. Je voudrais me tuer.
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BibliotekanaBibliotekana   03 juillet 2013
Jean-Christophe n'a plus de crises, il ne prend plus de médicaments, mais le mal est fait. [...] Le fantôme de sa maladie le suit à la trace.
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David B. et Giorgio Albertini en interview sur planetebd.com
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