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EAN : 9782842612894
164 pages
Éditeur : Le Serpent à plumes (12/10/2001)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 367 notes)
Résumé :
Une si longue lettre est une oeuvre majeure, pour ce qu'elle dit de la condition des femmes. Au coeur de ce roman, la lettre que l'une d'elle, Ramatoulaye, adresse à sa meilleure amie, pendant la réclusion traditionnelle qui suit son veuvage.
Elle y évoque leurs souvenirs heureux d'étudiantes impatientes de changer le monde, et cet espoir suscité par les Indépendances. Mais elle rappelle aussi les mariages forcés, l'absence de droit des femmes. Et tandis que ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (92) Voir plus Ajouter une critique
la_plume_francophone
  30 septembre 2008
Une si longue lettre, d'ici et d'ailleurs...
Dans ce roman paru en 1979, l'écrivain Mariama Bâ écrit à la première personne la lettre que Ramatoulaye, qui vient de perdre son mari Modou Fall, envoie à son amie d'enfance Aïssatou. Dans l'intimité de cette confession, la narratrice nous plonge dans une athmosphère douce-amère, au coeur de ce sentiment étrange situé entre le nostalgie poignante de l'amour heureux et la fatalité de l'impossibilité de le faire renaître.
Lire la suite:
http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-11143752.html

Lien : http://la-plume-francophone...
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VanessaV
  22 mai 2008
Que c'est intimidant d'arriver là, de lire les mots d'une autre, cette femme fictive, si réelle pourtant, que j'imagine être la femme dans la norme là-bas.
Ce livre, fort, épistolaire, reprend le parcours d'une vie féminine, du moins dès son adolescence. le choix d'un mari comme l'aboutissement social, familial et sociétal d'une communauté : un choix de raison et non de coeur. Une éducation traditionnelle, religieuse, amène les jeunes pubères à se vouer à être la femme, une des femmes, d'un homme.
(...) Ce livre parle aussi de l'amitié, si riche, si précieuse, ici décrite comme émotion plus forte que l'amour. Il retrace aussi quelques éléments de l'éducation familiale des enfants comme une condition féminine et amène une réflexion sur les traditions et le religieux.
Une très belle lecture pour aller encore plus loin dans le rapport des traditions à nos états de vie, à nos réflexions sur l'éducation, à nos ouvertures amicales.
lire la suite ici http://iam-like-iam.blogspot.com/2008/05/un-choc-de-cauris-fminins-et-sngalais.html
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belledeschamps
  21 mai 2008
Le parcours de deux femmes Sénégalaises, l'une acceptant le second mariage de son époux avec une femme plus jeune, l'autre pas. Au décès de son époux, la narratrice écrit à sa meilleure amie, qui a quitté l'Afrique pour continuer sa vie aux Etats-Unis, avec ses enfants. de leur jeunesse d'étudiantes privilégiées, évoluant dans les sphères des intellectuels, des médecins et des politiques, il ne reste plus rien si ce ne sont que les souvenirs. Entre modernité et tradition, la condition de la femme en Afrique est ici présentée avec un ton juste, sans mièvrerie et avec exactitude.
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Myriam3
  05 juillet 2014
Ramatoulaye, mère de 12 enfants, profite de son temps de veuvage pour écrire une longue lettre à son amie Aïssatou installée aux Etats-Unis.
Les premières pages nous transportent aussitôt dans un pays de chaleur éblouissante, aux parfums éclatants, foisonnant de fruits juteux où l'on se promène paresseusement le soir tombé le long de ports de pêche où les filets regorgent de poissons frétillants.
Mais cette lettre est un prétexte, bien sûr, pour évoquer la société sénégalaise en plein changement suite à l'Indépendance. On est à la fin des années 70.
Dans cette lettre touchante, on apprend à connaître et à s'attacher à cette femme tendre, amoureuse et révoltée, remplie de contradictions comme tout un chacun. Celle qui appartenait à ces filles "hors du commun", propulsée dans les études supérieures, se voit aimant son rôle de maîtresse de maison et acceptant, contrairement à son amie, la polygamie de son mari. Cela ne l'empêchera pas de discourir au sujet de l'absence quasi-totale de femmes en politique.
Cette femme se démène dans une société en évolution nourrie d'importations occidentales mais encore figée dans certaines traditions ancestrales; elle apprend ainsi à composer avec les cigarettes, l'alcool et le sexe lorsqu'il s'agit d'éducation et découvre en elle des ressources inattendues lorsqu'il s'agit de vivre sans homme ou de protéger ses enfants. Il y a d'ailleurs une très belle scène d'amour filial lorsqu'elle apprend la grossesse de l'une de ses filles, et où elle fait fi de ce qu'on attendrait d'elle dans telle situation. "Un effort surhumain me redresse. Courage! Les lueurs s'unissaient en clarté apaisante. Ma décision d'aider et de protéger émergeait du tumulte. Elle se fortifiait au fur et à mesure que j'essuyais les larmes, au fur et à mesure que je caressais le front brûlant".
Dans cette lettre, Ramatoulaye est tout-à-tour jeune fille, étudiante promise à un bel avenir, épouse, femme au foyer, veuve et mère.
La force de ce livre c'est le flux des pensées, cette impression d'une réflexion sans cesse en mouvement, jamais figée, d'une femme d'âge mûr revenant sur sa vie et écoutant avant tout ce que son coeur lui dicte.
Une belle découverte.
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christianebrody
  07 mars 2012
« Si les rêves meurent en traversant les ans et les réalités, je garde intacts mes souvenirs, sel de ma mémoire.(…)Le même parcours nous a conduites de l'adolescence à la maturité où le passé féconde le présent. »

Suite au décès de son époux, Ramatoulaye entreprend la rédaction d'un long courrier composé de vingt-huit lettres qu'elle adresse à son amie d'enfance, Aïssatou, traductrice/interprète à l'ambassade du Sénégal aux Etats-Unis. Pendant les quarante jours de réclusion que lui impose la tradition musulmane, un confinement qui ne sera troublé que par le rituel précis de la loi coranique, Ramatoulaye convoque ses souvenirs et fait le solde de tout compte de cette vie qui a été la sienne. C'est avec une tendresse infinie qu'elle évoque leur enfance commune, leurs espoirs en un avenir meilleur pour les femmes et leur pays, la confiance absolue qu'elles ont mis dans l'éducation et l'instruction, unique moyen pour s'extraire de l'asservissement social, politique, religieux et les désillusions qui ont parcheminé leur existence.
Servi par une écriture irréprochable, témoin de l'excellence de l'instruction que l'auteure a reçue, elle évoque certains aspects de la vie sénégalaise et par extension la vie africaine. Elle y dénonce l'absence d'ouverture d'esprit de la société, le système discriminatoire des castes, l'étouffante tradition, la rigidité d'une société patriarcale qui trouve un soutien inconditionnel auprès de trop nombreuses femmes, les difficultés pour un peuple à accéder à l'éducation, les disparités de traitements entre les hommes et les femmes, la fragilité de la condition humaine, le devoir et le rôle de chacun (homme-femme) dans l'amélioration du destin de tous. Plus qu'un roman épistolaire, c'est un appel lancé à toutes les âmes de bonne volonté convaincues de l'importance et de la portée d'une action menée pour et par le peuple pour une amélioration des conditions de vie. Ce n'est pas un livre pro-féministe bien que le thème initial soit le sort réservé à la femme mais plutôt un recueil de pensées d'une grande lucidité à l'instar de Sénèque ou Epitecte, une sorte de legs fait aux générations futures lesquelles se doivent de continuer le combat. Si le bonheur dépend de ce que l'on a acquis au cours de l'existence, il est aussi intimement lié à tout ce à quoi on a renoncé parfois par choix, souvent car c'est la seule issue, à l'image de Ramatoulaye, veuve et à la tête d'une tribu de douze enfants, qui n'en poursuit pas moins la lutte malgré les revers de la vie.
J'ai été subjuguée par sa langue, un français précieux, quelque peu vieillot mais toujours poétique. On y sent l'affection de l'auteure pour cette langue, son plaisir à écrire, sa maîtrise concernant la construction du récit: pas un mot en trop. Je recommande vivement cette lecture au moins pour la langue si ce n'est pour les thèmes particulièrement durs qui y sont abordés. Une histoire touchante à la limite du conte philosophique. On en sort pour le moins troublé et dans le bon sens du terme. Excellente pioche.
Lien : http://www.immobiletrips.com..
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Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
BillBill   01 mai 2021
Son mari cuit le riz aussi bien qu’elle, son mari qui proclame, quand je lui dis qu’il « pourrit » sa femme : « Daba est ma femme. Elle n’est pas mon esclave, ni ma servante ».
Je sens mûrir la tendresse de ce jeune couple qui est l’image du couple telle que je la rêvais. Ils s’identifient l’un à l’autre, discutent de tout pour trouver un compromis.
Je tremble tout de même pour Daba. La vie a de ces surprises. Quand je lui en parle, elle hausse les épaules : « Le mariage n’est pas une chaîne. C’est une adhésion réciproque à un programme de vie. Et puis, si l’un des conjoints ne trouve plus son compte dans cette union, pourquoi devrait-il rester ? Ce peut être Abou (son mari), ce peut être moi. Pourquoi pas ? La femme peut prendre l’initiative de la rupture. »
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BillBill   01 mai 2021
Je dis toujours à mes enfants : vous êtes des élèves entretenus par vos parents. Travaillez pour mériter leurs sacrifices. Cultivez-vous au lieu de contester. Devenus adultes, pour que vos points de vue aient du crédit, il faut qu'ils émanent d'un savoir sanctionné par des diplômes. Le diplôme n'est pas un mythe. Il n'est pas tout certes. Mais, il couronne un savoir, un labeur. Demain, mettez au pouvoir qui vous voulez, qui vous convient. Ce sera votre choix qui dirigera ce pays et non le nôtre.
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BillBill   01 mai 2021
Je ne ris plus des réticences de ma mère à ton égard, car une mère sent d’instinct où se trouve le bonheur de son enfant. Je ne ris plus en pensant qu’elle te trouvait trop beau, trop poli, trop parfait pour un homme. Elle parlait souvent de la séparation voyante de tes deux premières incisives supérieures, signe de primauté de la sensualité en l’individu.
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BillBill   01 mai 2021
Pour vaincre la détresse quand elle vous assiège il faut de la volonté, quand on pense que chaque seconde écoulée abrège la vie, on doit profiter intensément de cette seconde, c’est la somme de toutes les secondes perdues ou cueillies qui fait les vies ratées ou réussies.
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BillBill   01 mai 2021
Et puis, on est mère pour comprendre l'inexplicable. On est mère pour illuminer les ténèbres. On est mère pour couver, quand les éclairs zèbrent la nuit, quand le tonnerre viole la terre, quand la boue enlise. On est mère pour aimer, sans commencement ni fin.
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Video de Mariama Bâ (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mariama Bâ
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=59228&motExact=0&motcle=&mode=AND
VOUS AVEZ DIT FÉMINISTE ?
Suivi de (In)certitudes. Nouvelle
Ndèye Fatou Kane
Harmattan Sénégal
En remontant le cours de l'histoire, on se rend compte que des femmes se sont battues de par le monde pour que les droits de leurs congénères soient reconnus. Simone de Beauvoir, Chimamanda Ngozi Adichie, Awa Thiam, Mariama Bâ, voilà quatre femmes qui ont donné leur perception du féminisme suivant les époques et les contextes. Ce livre puise dans les écrits de ces femmes de lettres, en analysant les tenants et les aboutissants de leurs combats. de la France, en passant par le Nigeria pour arriver au Sénégal, la cause féministe a évolué.
Ndèye Fatou Kane est d'origine sénégalaise. Diplômée d'une école de commerce en transport et logistique internationale, l'écriture ne la quitte pas. Ce qui l'amène à publier son premier roman le malheur de vivre (L'Harmattan, 2014), suivi par Franklin, l'insoumis (La Doxa, 2016).
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-14374-3 ? 9 mars 2018 ? 110 pages
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