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André Markowicz (Traducteur)
ISBN : 2742707972
Éditeur : Actes Sud (04/06/1999)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Les Chroniques de l'an 18 rassemblent de courts textes qui tous évoquent la situation de Pétrograd pendant les quelques mois d'état d'urgence de l'an 18, alors que la guerre civile faisait rage. Babel, observateur attentif et chroniqueur minutieux, rend compte, sans transformation aucune et sans avoir recours à la fiction, d'une réalité terrifiante. Et de souligner, dans l'un des récits, Premiers secours (qui évoque l'organisation - ou plutôt sa cruelle absence - de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
oblo
  07 avril 2019
Dix-neufs récits racontent l'histoire de l'année dix-huit du siècle vingt dans la ville de Petrograd. Récits courts, quelques pages à peine, qui sont comme des clichés photographiques d'une ville prise dans les tourments de son époque. Après les deux révolutions de 1917, le pouvoir bolchevique se met en place. La famille impériale est massacrée en juillet 1918, bien loin de la capitale. Mais au-delà des luttes politiques qui agitent le pays, ce sont bien les conséquences économiques dramatiques de la guerre qui semblent constituer la toile de fond des récits d'Isaac Babel.
Isaac Babel narre ses visites dans la ville ; dans la rue, au marché, auprès d'une association pour aveugles, à l'église ou au palais d'Hiver, Babel est le témoin de ces vies de misères, vies exemplaires d'un monde nouveau où la nourriture manque tellement qu'on abat les chevaux pour ne pas les nourrir et pour les manger (Les chevaux), monde nouveau où l'on dénonce avec mesquinerie les paroles entendues pour se sauver soi-même (A propos d'un Géorgien), monde nouveau où l'arbitraire de la violence se veut justice (Un soir).
Peu d'espoirs dans les écrits de Babel. Les aveugles, laissés à leur sort à l'approche des Allemands, retournent finalement à Petrograd ; les nourrices des prématurés ont à peine assez de nourriture pour se sustenter elles-mêmes ; les soldats reviennent d'Allemagne, misérables et estropiés. Il n'y a qu'à la campagne que l'on respire un peu, au contact de la terre que l'on travaille sans se presser, cependant que la guerre, qui n'est pas finie, donne encore lieu à des scènes cocasses où des soldats, finlandais, refusent pour partie d'aller au combat.
De tout cela, Babel est le témoin à la fois privilégié et détaché. Babel ne se lamente guère : il dresse un catalogue, il dessine un portrait, celui d'une Russie exsangue. Les mots sont précis, et ils sont aussi parfois empreints d'une poésie qui est celle de la nature, du jour qui se lève, des sentiers "qu'engloutissent avidement les herbes qui chuchotent". 1918 n'était pas si terrible ; il suffisait simplement d'y survivre.
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Apikrus
  23 février 2012
Dans un style très concis et agréable, l'auteur, Isaac Babel (1894-1940) décrit ce qu'il voit à Pétrograd, de mars à novembre 1918.
Les dix-neuf courts récits (3 ou 4 pages) constituant ces "chroniques de l'an 18", présentées chronologiquement, se lisent indépendamment les uns des autres. Ils ont suscité un intérêt inégal chez moi, mais témoignent tous d'un climat de violence et d'une désorganisation importante, créés par la guerre civile en cours. La "déchevalisation" décrite dans l'une des chroniques illustre bien cette désorganisation : par ce terme, I. Babel désigne l'abattage massif de chevaux, faute de fourrage à leur donner et afin de nourrir les humains.
Le détachement dont fait preuve l'auteur à l'égard de ce qu'il raconte ainsi que la précision de ses descriptions confèrent à ces chroniques une grande force évocatrice.
Arrêté en 1939, Isaac Babel fut tué en 1940, puis réhabilité en 1954.
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Bunee
  30 mai 2008
Dans un style beaucoup plus fluide que celui utilisé dans la Cavalerie rouge, Isaac Babel nous offre une vingtaine d'instantanés, vibrants et colorés, de la Russie de ces années de tourmente.
Petrograd sous le feu de la guerre civile: misère, privations, absurdités. Les secours mettent en moyenne cinq heures à arriver, lorsqu'ils arrivent. Les chevaux sont abattus par centaines car le fourrage manque. Les femmes enceintes errent dans de grands palais déserts et les aveugles sont parqués dans de vieilles maisons. Les mendiants titubent.
(...)
http://lelabo.blogspot.com/2007/07/isaac-babel-chroniques-de-lan-18-et.html
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ApikrusApikrus   23 février 2012
LES EVACUES - Il y avait une usine, et dans l'usine - de l'injustice. En ces temps d'injustice, toutefois, les cheminées fumaient, les roues des machines marchaient sans bruit, l'acier reluisait, les trépidations retentissantes du travail faisaient vibrer les bâtiments. Vint la justice. Elle fut mal instaurée. L'acier s'éteignit. On commenca à licencier. (p. 35)

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ApikrusApikrus   23 février 2012
UN SOIR - Je ne tirerai pas de conclusions. Ce n'est pas mon affaire. Mon récit sera simple. Je passais par la rue Offitserskaïa. C'était le 14 mai à dix heures du soir. J'entendis un cri devant la porte d'une des maisons. (p. 60)
(suit le récit d'un probable assassinat politique, sur un ton tout aussi détaché.)

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