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Reynald Secher (Éditeur scientifique)Jean-Joël Brégeon (Éditeur scientifique)Stéphane Courtois (Préfacier, etc.)
EAN : 9782204087322
236 pages
Éditeur : Le Cerf (21/11/2008)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
En 1795, dans un ouvrage publié à l'occasion du procès de Jean-Baptiste Carrier, l'auteur des noyades de Nantes, Gracchus Babeuf, père du communisme, l'une des grandes figures de la Révolution française, soulevait la question de fond de la nature de la répression perpétrée par la Convention en Vendée. Ce livre doublement révolutionnaire par son contenu et son titre, Du système de dépopulation, se présente comme un réquisitoire très bien documenté, et d'une incroyabl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Unvola
  22 août 2020
Dans son avant-propos sur ce passionnant ouvrage de Gracchus Babeuf, Reynald Secher démontre que le Crime de masse Vendéen de 1793 – 1794 est en réalité un véritable Génocide. Car en effet, il en comporte toutes les caractéristiques suivant la définition de Rafaël Lemkin (l' »inventeur » du concept-terme : Génocide en 1945 pour qualifier le monstrueux Crime contre l'Humanité de la Shoah, lors du Tribunal de Nuremberg), notamment à travers les deux lois suivantes :
– du 1er août 1793 de la Convention Jacobine sous Robespierre concernant la déportation et l' »anéantissement » de la Vendée ;
– Puis, selon le décret-loi portant sur la « Proclamation de la Convention Nationale à l'Armée de l'Ouest », du 1er octobre de la même année, insistant sur la nécessité de l' »extermination » TOTALE du Peuple Vendéen par tous les moyens, dont voici un extrait, pages 129 et 170 :
« Soldats de la Liberté, il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d'octobre : le salut de la patrie l'exige ; l'impatience du peuple le commande ; son courage doit l'accomplir. La reconnaissance nationale attend à cette époque tous ceux dont la valeur et le patriotisme auront affermi sans retour la liberté et la république. »
De plus, Reynald Secher estime également que cette caractérisation de Génocide devrait être complétée par la notion de « Mémoricide ». Puisqu'en effet, ce Crime de masse est nié depuis plus de 200 ans, et qu'aucune de ces lois à caractères Génocidaires ne figurent dans les livres d'Histoire destinés, notamment, à l'Education Nationale.
Ce Crime contre l'Humanité ne fut pourtant pas une « classique » Guerre Civile, mais bel et bien la volonté déterminée (à travers ces textes de loi) du Pouvoir Jacobin, d'exterminer purement et simplement TOUTE la population, TOUTES les infrastructures, maisons et TOUTES les denrées alimentaires d'une région Française : la Vendée.
Voici donc un florilège macabre des quelques exemples de moyens monstrueux d'extermination, utilisés durant cette période terrifiante, pages 45 et 46 :
« le 21 décembre, c'est la tuerie de Savenay. Westermann, grand vainqueur, écrit sa joie au Comité de salut public : « Il n'y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé (…). »
Car effectivement, un autre grand souci des Jacobins était d'exterminer en priorité les femmes et les enfants, pour les ignobles motifs forts bien décrits par Reynald Secher, page 49 :
« Femmes et enfants sont condamnés avec circonstances aggravantes : les premières, en tant que « sillons reproducteurs sont toutes des monstres », les seconds sont « aussi dangereux car brigands ou en passe de le devenir ». »
Une autre horreur de masse concerne les massacres par noyades individuelles et collectives, pages 58 et 59 :
« Quant aux noyades en nombre, la procédure est simple : on entasse la « cargaison humaine » dans une vieille galiote aménagée de sabords ; une fois au large, on fait voler ces planches en éclats à coups de hache : l'eau gicle de toutes parts et, en quelques instants, tous les prisonniers périssent. A défaut, les survivants sont immédiatement sabrés (d'où le nom de sabrades inventé par Grandmaison) par des bourreaux qui, de leurs barques légères, assistent à cette « déportation verticale dans la baignoire nationale », appelée aussi « le grand verre des calotins », « baptême patriotique » ou « la pêche au corail ». Afin de couvrir les cris, « les noyeurs affectaient de chanter très haut », explique un témoin. Carrier se vantera, de son seul fait, d'y avoir « fait descendre 2 800 brigands » et aura, en guise de conclusion à une de ses lettres en date du 25 frimaire an II, cette réplique cruelle : « Quel torrent révolutionnaire que la Loire », ce qui provoquera des applaudissements à la Convention. Il est à noter des noyades spécifiques de femmes et d'enfants. »
La Terreur généralisée continue dans une barbarie innommable, pages 61 et 62 :
« Certains s'étonnent d'ailleurs de cette violence, tel le commissaire Lequinio : « le viol et la barbarie la plus outrée se sont représentés dans tous les coins. On a vu des militaires républicains violer des femmes rebelles sur les pierres amoncelées le long des grandes routes, et les fusiller ou les poignarder en sortant de leurs bras. On en a vu d'autres porter des enfants à la mamelle au bout de la baïonnette ou de la pique, qui avait percé du même coup et la mère et l'enfant (…) ». »Amey, selon l'officier de police Gannet, fait allumer des fours et, lorsqu'ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations, poursuit le rédacteur, il nous a répondu que c'était ainsi que la République voulait faire cuire son pain. D'abord, on a condamné à ce genre de mort les femmes brigands, et nous n'avons trop rien dit ; mais aujourd'hui, les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu'ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles des royalistes manquant, ils s'adressent aux épouses des vrais patriotes, et elles n'étaient coupables que d'adorer la nation (…). »
Puis, pages 62 et 63 :
« Un autre témoin, le berger Robin, raconte que les cadavres « étaient écorchés à mi-corps parce qu'on coupait la peau au-dessous de la ceinture, puis le long de chacune des cuisses jusqu'à la cheville des pieds de manière qu'après son enlèvement le pantalon se trouvait en partie formé ; il ne restait plus qu'à tanner et à coudre (…) ». Un soldat avouera à la comtesse de la Bouëre avoir fait la même opération à Nantes et avoir vendu douze peaux à La Flèche. En cela, ces hommes ne faisaient que suivre Saint-Just qui, dans un rapport, en date du 4 août 1793, à la Commission des moyens extraordinaires, déclare : « On tanne à Meudon la peau humaine. La peau qui provient d'hommes est d'une consistance et d'une bonté supérieures à celle des chamois. Celle des sujets féminins est plus souple, mais elle présente moins de solidité (…) ».
A Clisson, le 5 avril 1794, des soldats du général Crouzat brûlent 150 femmes pour en extraire de la graisse (…) : « J'en envoyai dix barils à Nantes. C'était comme de la graisse de momie : elle servait pour les hôpitaux ». »
On peut ajouter cette célèbre phrase de Carrier montrant la détermination du Comité de Salut Public Jacobin dans la mise en oeuvre de ce Génocide, page 78 :
« Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé. »
Pour résumer concrètement l'effroyable bilan de ce Génocide Vendéen : Dans 773 Communes de la Vendée militaire : 117 257 personnes ont été exterminées sur un total de 815 000 habitants.
Si ce Génocide n'a pas été…, TOTAL, c'est UNIQUEMENT en raison de la faiblesse des moyens d'extermination à cette époque, comme l'a regretté Turreau, il en était « désespéré » car il voulait faire de la Vendée : « Un cimetière national » !
Pour Stéphane Courtois, dans son introduction du livre, ce Génocide Vendéen décrit dès 1795 par Gracchus Babeuf avec les termes de : « Populicide », « Plébéicide », « Nationicide », comporte les germes « Proto-Totalitaires » de la définition d'une nouvelle forme de régime politique tyrannique, poussé à l'extrême : le Totalitarisme. Ce système Totalitaire apparaît à partir de 1917 dans le Bolchevisme (Communisme) de Lénine, Trotski et Staline en Russie, en 1922 dans le Fascisme de Mussolini en Italie ainsi qu'en 1933 dans le Nazisme d'Hitler en Allemagne. Dès les années 1950, ce nouveau régime de type Totalitaire fut largement étudié, entre autres, par Hannah Arendt le système totalitaire : Les origines du totalitarisme et Raymond Aron.
En effet, on retrouve dans ce Génocide Vendéen l'une des grandes caractéristiques liées à l'Idéologie fanatique des Totalitarismes Communiste et Nazi. Ce point fondamental est parfaitement explicité par Stéphane Courtois, page 16 :
« On est là dans la définition même du génocide : les gens sont assassinés non pas pour ce qu'ils ont fait – qui pourrait cesser – ou pour ce qu'ils croient – qui pourrait changer à travers une conversion -, mais pour ce qu'ils sont, du simple fait qu'ils existent. Est ainsi nié ce que Lemkin a nommé « le droit à l'existence ». »
Lénine, Trotski, Staline et tous les autres responsables Totalitaires communistes se sont largement inspirés de la Terreur Jacobine en utilisant les mêmes termes : « otages », « suspects », « contre-révolutionnaires », etc., et les mêmes moyens : la Famine, les noyades de masse, l'importance de « régénérer » le Peuple par la déportation et/ou l'extermination des femmes et des enfants « contaminés ». Les Bolcheviques (Communistes) se sont toujours vantés de s'être revendiqués de l' »exemplaire » : Terreur Jacobine.
La plupart des bourreaux Communistes et Nazis se sont également défaussés de leurs responsabilités criminelles, derrière le soi-disant « véritable » et unique coupable, le Chef Suprême : Lénine, Trotski, Staline, Pol Pot, Mao, etc., ou Hitler…, et ici Robespierre.
Ces tortionnaires exécuteurs des basses oeuvres étaient donc non seulement des monstres, mais étaient également dotés d'une lâcheté incommensurable…
Deux conclusions s'imposent à la lecture de cet ouvrage :
1 / D'abord, Gracchus Babeuf est le premier, avant tous les historiens par la suite, dès 1795 avec cet ouvrage « La guerre de la Vendée et le système de dépopulation », à décrire ce Crime contre l'Humanité comme un…, Génocide (selon ses propres termes exacts : un « Populicide », un « Plébéicide », un « Nationicide »).
2 / Ensuite, à son époque à la fin du 18ème siècle, avec une certaine naïveté ainsi qu'une méconnaissance totale des aspirations des êtres humains, Gracchus Babeuf pensait qu'une société « parfaite » pouvait naître de l'Utopie Communiste. Ce qu'il prônait déjà lors de la Révolution Française : une société « Communisante », voire « niveleuse », qui supprime la propriété privée, etc.. Mais en réalité, ces dogmes vont totalement à L'ENCONTRE de la si évidente diversité humaine, ainsi que de la multiplicité de ces aspirations individuelles et/ou collectives.
D'ailleurs, après bientôt un siècle de Totalitarisme Communiste et 100 000 000 de morts, la preuve est tragiquement faite qu'il s'agit-là d'une Utopie COMPLETEMENT ERRONEE, qui plus est, adaptée en Idéologie pseudo-« scientifique »…, barbare et Inhumaine.
Pourtant, dramatiquement, nombreux sont ceux qui en ce début de 21ème siècle, s'en revendiquent encore !
Confer également d'autres ouvrages aussi passionnants sur le même thème, de :
– Reynald Secher Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité ;
– Patrice Gueniffey La politique de la Terreur : Essai sur la violence révolutionnaire, 1789-1794 ;
– Max Gallo Révolution française, Tome 1 : le Peuple et le Roi (1774-1793) et Révolution française, Tome 2 : Aux armes, citoyens ! ;
– Sous la direction de Renaud Escande le livre noir de la Révolution Française ;
– Reynald Secher La Vendée-Vengé : le génocide franco-français.
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