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ISBN : 2070323250
Éditeur : Gallimard (04/11/1985)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 144 notes)
Résumé :
Autodidacte adopté par la Sorbonne, Bachelard fait songer à un faune rêveur et barbu invité au banquet des philosophes. De quel bois se chauffent les poètes ? Le charme de cette cosmogonie miniature tient dans l'allure presque dansante d'une écriture-promenade où le feu sert de principal aliment à l'imagination. Celle d'un La Fontaine qui aurait remplacé les animaux par les éléments.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Guylaine
  14 avril 2019
Dans cet essai, Gaston Bachelard nous explique comment, au fil du temps, le feu a influencé les créations artistiques et les visions scientifiques humaines.
Pour ce faire, il prend appui sur les mythes et les complexes.
Il explique l'ambivalence de cet élément qui peut symboliser pour l'homme autant le bien que le mal, le paradis que l'enfer, c'est la connaissance qu'on veut voler (Prométhée), c'est autant la destruction que la purification, c'est la chaleur, le réconfort ou bien, au contraire, la folie, la puissance du désir sexuel, il nous nourrit en cuisant nos aliments, nous enivre avec l'alcool (l'eau de feu), il participe à l'alchimie, c'est un élément de puissance…
Tout au long de cette lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Calcifer, le petit démon lié à Hauru dans le dessin animé de Hayao Miyazaki le château ambulant (ou plutôt dans le roman le château de Hurle, mais j'avoue, je ne l'ai pas encore lu…). A lui seul il prend presque toutes les formes dont parle le philosophe.
Au départ c'est un feu stellaire, c'était une étoile tombée du ciel avant qu'il ne fasse un pacte avec Hauru, c'est le feu nourricier, le feu magique qui déplace le château, le feu de la passion, il détient le coeur d'Hauru, il est aussi le feu purificateur lorsqu'il essaie de détruire le vers espion de la sorcière Suliman, il est réconfortant, c'est le foyer…
Je crois que Gaston Bachelard l'aurait beaucoup apprécié !
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EspritRoumain
  29 septembre 2013
'L'homme primitif contemplait le ruisseau, sans penser: Comme un pâtre assoupi regarde l'eau couler'.
Quels sont donc les changements substantiels que le feu apporte dans la société? 'Ce que lèche le feu a un autre goût dans la bouche des hommes'.
Le feu a illuminé, caressé, protégé, aimé, adoré, consummé, purifié ; il a gagné des souvenirs et a perdu l'innocence. Par l'analogie avec l'expression grecque 'PANTA RHEI' (Tout coule), on peut dire que par le feu tout change, tout brûle!
Max Scheler qui cite Rodin, 'le sculpteur de la profondeur', affirme que 'toute chose n'est que la limite de la flamme à laquelle elle doit son existence'.
Si l'eau est un principe féminin, le feu est un principe masculin, dévorant, 'pénétrant':
'La lumière joue et rit à la surface des choses, mais, seule, la chaleur pénètre.'
Le feu a façonné/ forgé l'univers, le monde et par le feu tout périra pour tout purifier et pour que le monde renaisse de ses cendres comme le phénix. le feu est l'espace de l'oxymore (coincidentia oppositorum), du bien et du mal. 'Il brille au Paradis. Il brûle à l'Enfer. Il est douceur et torture.'
Le feu est l'élément civilisateur primordial, il est un facteur social dans les sociétés primitives: 'le feu est plutôt un être social qu'un être naturel'.
Tout court, le complexe de Prométhée parle de 'toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères.'
Un livre magnifique qui réalise une très belle image édificatrice du feu dans l'histoire, dans la littérature, dans la société... A lire et à relire!
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colimasson
  27 novembre 2018
Déjà, il y a quelque chose qui cloche dans cette psychanalyse « de la connaissance » : « il s'agit […] de trouver l'action des valeurs inconscientes à la base même de la connaissance empirique et scientifique ». Comme si ce n'était pas plutôt la force du vide qui mettait en quête de quelque chose, plutôt que des petits rouages qui demandent d'être actionnés de temps en temps pour l'être humain dans tout ce qu'il a de plus équilibré.

Pourquoi lire un livre sur le feu ? le feu, c'est cool, ça nous a permis de faire cuire les aliments et de pas crever de froid en hiver. C'est joli et ça peut repousser les ennemis si on sait bien s'en servir. C'est à partir de ce moment-là que les choses sont parties en couilles, pour le meilleur comme pour le pire. Ensuite, on a associé plein de trucs avec le feu. Ce n'est pas une caractéristique intrinsèque au feu : l'être humain adore associer tout avec n'importe quoi et après il se demande : au fait, pourquoi ? Mais là, Bachelard a décidé qu'il s'intéresserait au feu, voilà tout.

On peut apprendre des choses si on a envie d'en apprendre. A l'heure où on trouve beaucoup trop d'informations partout, sans même les chercher, ça devient un peu indigeste.

J'ai tout simplement eu hâte de terminer cette lecture.
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michfred
  27 février 2015
Du feu purificateur-comme pur, feu en grec- au feu destructeur, du feu du démiurge, de l'industrie humaine, qui forge, protège et transforme la matière au feu qui dévore, consume et détruit, du feu qui éclaire, illumine au feu qui punit, le feu, comme le dit si bien Espritroumain, est oxymorique.
Feu d'Empédocle, feu d'Héraclite, feu de Prométhée...le feu nous renvoie à l'histoire de l'humanité, à sa quête du savoir et du mieux-être, et aussi à mythologie qui est une autre façon de dire ce que l'on sait, plus imagée, plus narrative.
Feu littéraire aussi, comme ces voleurs de feu qui ont suivi Rimbaud depuis la lettre du voyant dans les sentiers dangereux de la poésie moderne- déjà défrichés par Nerval et quelques autres...
J'ai vis à vis de la philosophie contemporaine des réticences certaines: j'ai toujours l'impression qu'on se paye de mots et qu'on dit de façon ultra codée et compliquée ce qu'on pourrait dire de façon limpide, rationnelle et communicable, comme les philosophes anciens....
Comme si la sagesse -un philosophe est simplement un ami de la sagesse- qui est la chose du monde la moins partagée mais la plus hautement désirée pour la communauté humaine, devenait l'apanage exclusif de ceux qui savent déjà et se gardent bien de partager ce savoir,- une sorte de cercle fermé, d'entre-soi d'où seraient exclus tous ceux qui n'ont pas les clés...
Rien de tout cela chez Bachelard, qui est un peu le chien fou de la philosophie, je sais, et peu considéré par les VRAIS philosophes (???)...
Chez lui, au contraire une clarté -c'est bien le moins avec un tel sujet!-, un plaisir à partager et faire comprendre, une inclusion et pas une exclusion: la science et la poésie, les anciens et les modernes, l'histoire et la légende, les adeptes et les novices, pour reprendre une terminologie babeliote!
Merci Bachelard - bien après Platon, Lucrèce, Montaigne, Pascal, Rousseau, Voltaire, Diderot .. lus avec passion et intérêt- de m'avoir redonné envie de renouer avec la philosophie dont m'avait rebutée la philosophie contemporaine..
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sultanne
  10 février 2012
Ennuyeuse et pédante à souhait, cette Psychanalyse du feu a vraiment brisé un mythe : l'image de Bachelard, du "Grand Bachelard", vient de s'effondrer.
Alors que le sujet a insufflé immédiatement en moi une envie folle de comprendre et d'analyser l'image du feu dans nos sociétés modernes, Bachelard se contente de rappeler des théories scientifiques anciennes et erronées, affublant par la même occasion, son oeuvre d'un ridicule certain !
Seul le complexe d'Empédocle est intéressant et me semble relever de la "vraie" psychanalyse du feu, mais elle ne m'a pas semblé suffisamment développée et tombe à plat : aucune révélation subliminale, pas de vibration devant une réalité transcendante...
Une déception de taille !
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
EspritRoumainEspritRoumain   30 septembre 2013
La lumière joue et rit à la surface des choses, mais seule, la chaleur pénètre.[...]
Ce besoin de pénétrer, d'aller à l'intérieur des choses, à l'intérieur des êtres, est une séduction de l'intuition, de la chaleur intime. Où l'oeil ne va pas, où la main n'entre pas, la chaleur s'insinue. (Il faut ajouter ici qu'on peut parler d'une 'communion par le dedans' et même d'une 'sympathie thermique').
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GuylaineGuylaine   05 janvier 2019
Les axes de la poésie et de la science sont d'abord inverses. Tout ce que peut espérer la philosophie, c'est de rendre la poésie et la science complémentaires, de les unir comme deux contraires bien faits. Il faut donc opposer à l'esprit poétique expansif, l'esprit scientifique taciturne pour lequel l'antipathie préalable est une saine précaution.
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GuylaineGuylaine   12 avril 2019
Comme toute richesse, le feu est rêvé dans sa concentration. On veut l'enfermer dans un petit espace pour mieux le garder. Tout un type de rêverie nous ramène à la méditation du concentré. C'est la revanche du petit sur le grand, du caché sur le manifeste. Pour nourrir une rêverie de ce genre, un esprit préscientifique fait converger, comme nous venons de le voir, les images les plus hétéroclites, l'homme brun et le canon.
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GuylaineGuylaine   13 avril 2019
Par le feu tout change. Quand on veut que tout change on appelle le feu. Le premier phénomène, c'est non seulement le phénomène du feu contemplé, en une heure oisive, dans sa vie et dans son éclat, c'est le phénomène par le feu. Le phénomène par le feu est le plus sensible de tous ; c'est celui qu'il faut le mieux surveiller ; il faut l'activer ou le ralentir ; il faut saisir le point de feu qui marque une substance comme l'instant d'amour qui marque une existence.
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GuylaineGuylaine   30 janvier 2019
On ne peut étudier que ce qu'on a d'abord rêvé. La science se forme plutôt sur une rêverie que sur une expérience et il faut bien des expériences pour effacer les brumes du songe.
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Videos de Gaston Bachelard (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gaston Bachelard
Une compilation d’émissions spéciales, par Michèle Cohen, sous le titre « Un rêveur de mots : Gaston Bachelard », diffusées durant l’été 1983 sur France Culture.
>Philosophie et théorie>Systèmes, écoles>Systèmes psychanalitiques (329)
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