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EAN : 9782266306119
208 pages
Éditeur : Pocket (02/04/2020)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Corentine ou l'histoire d'une revanche sur un avenir de malheur et de servitude. En 1890, une petite fille naît dans une famille de paysans bretons au coeur de ces montagnes noires où la misère pousse des milliers de gens à émigrer. Ses parents vont la placer, alors qu'elle n'a que sept ans, chez un riche propriétaire où, disait-elle, elle put enfin manger à sa faim. À douze ans, alors qu'elle ne parle quasiment pas le français, elle part comme domestique à Paris. E... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  31 août 2019
- Korantin, arestit 'ta  a ober soñjoù ! Ha c'hwi 'gred e vo graet al labour dre c'hras Sant-Herve ?  Ma Doue,  met piv 'neus bountet  ur verc'h sort-se ganin! C'hoari a ra he friñsez...
 
Pauvre Corentine, à quatre ans, elle se fait sévèrement rabrouer par sa mère, qui lui reproche ses rêveries et son manque d'enthousiasme au "labour" ! C'est pas par l'entremise de saint Hervé qu'il va se faire, ce travail! Mais qui lui a dieu fichu une fille pareille? C'est qu'elle se prend pour une princesse!
Vous trouvez que je suis douée en bas breton, que je jongle divinement avec le dialecte si spécifique  des Montagnes Noires?
Tous les dialogues de la partie "bretonne"de Corentine, biographie de la grand'mère maternelle de Roselyne Bachelot,  sont en breton sous-titré, je n'ai aucun mérite!
Corentine , à  sept ans, est vendue par un père  misérable et une mère harrassée, dure et  surchargée d'enfants, à une famille de maquignons qui , sans la dorloter, la nourrit à sa faim  ..moyennant un travail épuisant et incessant.
Ce n'est pas Les cendres d'Angela de Frank Mc Court   nous sommes en Bretagne, pas en Irlande, mais c'est la même misère, la même famine, le même mépris pour les "droits" de l'enfant!
Cédée une nouvelle fois, à douze ans, à une épouvantable harpie parisienne qui la traite comme un chien, Corentine apprend vite le métier de bonne, s'y montre parfaite et finit par se faire embaucher dans une grande maison aristocratique. Elle monte en grade.
 Ce n'est pas non plus le  Journal d'une femme de chambre: l'héroïne est une enfant, puis une jeune fille, toute naïve.  Corentine est bien loin de la madrée Celestine d'Octave Mirbeau..
Ce n'est pas non plus un joyau littéraire sur la durete d'une enfance paysanne,  comme Marie-Claire de Marguerite Audoux,
Le sang noir de Guilloux ou Lambeaux de Charles Juillet : Roselyne Bachelot sait écrire mais n'a pas ce qu'on appelle "une écriture".
Corentine, c' est l'hommage d'une petite-fille de la bonne bourgeoisie devenue ministre puis "créature médiatique " à sa grand-mère bretonne, paysanne et pauvre, qui a eu "de la chance",  comme on ne cesse de le lui dire .
 C'est qu'elle en a eu de la chance, Corentine ! 
Chance d'être vendue à  7ans, bonniche à 12, et veuve , à  vingt quatre, d'un jeune bourgeois follement aimé, tué à la bataille de la Marne , ouvrière par nécessité, quinze jours après la naissance de son enfant sans père.
Mais de la chance  quand même : celle d'échapper à la faim, à l'illettrisme,  à l'humiliation,  à  la sujétion.
Celle d'accéder, après tant de "chanceuses"  vicissitudes,  au statut  d'épouse admirée , de patronne d'atelier, de mère vigilante.
Bref à celui, envié,  de femme libre , autonome et respectée à une époque où la chose était plus que rare.
Une lecture instructive et attachante.
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zabeth55
  05 août 2019
Elle est surprenante Roselyne Bachelot.
Elle peut être aussi agaçante que sympathique et amusante.
Ce livre est une bonne surprise.
Bien écrit, intéressant.
La vie de sa grand-mère n'est pas un long fleuve tranquille.
de la vie de ses débuts à nos jours, il semble qu'il y ait plusieurs siècles tant les conditions de vie ont changé.
C'est drôle les ressentis. Autant je n'avais pas été très sensible au « Mémé » de Philippe Torreton, .autant j'ai apprécié cette Corentine au parcours difficile
Roselyne Bachelot a su lui rendre un magnifique hommage
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VivianeB
  09 juin 2019
J'ai découvert par hasard que Roselyne Bachelot avait écrit plusieurs livres dont le très beau consacré à sa grand-mère Corentine, née pauvre et devenue une femme de caractère, libre et militante, défenseure de la lutte pacifiste pour le travail des femmes et également pour l'accès au savoir, à l'éducation. Une très belle réussite littéraire et historique pour ce livre que je recommande.
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CCendrillon
  09 mai 2019
Cette lecture m'a été influencée par l'excellente émission « Passion Classique » d'Oliver Bellamy sur Radio Classique.
Dans ce livre Roselyne Bachelot nous présente le parcours de Corentine, sa Grand-Mère, fille de paysan breton, des montagnes noires. Nous sommes à la fin du XIXème et début du XXème siècle, Corentine, est placée très jeune chez un riche propriétaire pour faire la bonne… Particulièrement intuitive et grâce à de bonnes rencontres, elle rejoindra Paris pour poursuivre sa vie de servitude dans plusieurs maisons où, avec malice mais pas sans difficulté, elle gravira tous les échelons du métier… avant de trouver l'amour… qui ne durera que peu de temps…
Dans ce roman, il est question de la condition des paysans bretons, d'émigration pour un avenir meilleur, du triste destin des paysannes, de la dureté de la vie, de la maltraitance, de la faim, de la condition sociale et de la Guerre 14-18.
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ProfesseurDan
  12 mars 2019
J'ai eu envie de lire ce livre, car j'aime beaucoup le personnage de Roselyne Bachelot, depuis qu'elle fait partie intégrante des Grosses Têtes sur RTL.
Dans ce livre, elle nous livre le destin de sa grand-mère qui, forte d'un caractère de battante, a pu braver toutes les difficultés et devenir une femme indépendante.
Même si le début du livre peut paraître quelque peu fastidieux, tout s'arrange à partir du moment où Corentine part pour Paris : l'écriture de Mme Bachelot devient plus fluide, l'histoire plus rythmée et il devient, à partir de ce moment-là, difficile de lâcher le livre.

De plus, grâce à l'appui d'écrits scientifiques et de détails historiques (notamment sur la Première Guerre mondiale), dont les références se situent à la fin du livre, Mme Bachelot inclut la petite histoire de sa grand-mère au sein de la Grande Histoire de France (de la fin de XIXe siècle à la Première Guerre mondiale), dépeinte avec une très grande précision (notamment quand elle parle des conditions de vie de sa grand-mère, dans son enfance ou dans ses chambres de bonne ou encore des moeurs dans les relations patrons-bonnes ou les batailles de la Première Guerre mondiale), ce qui rehausse d'autant plus le plaisir de la lecture.
Un très bon livre (si l'on met de côté la première partie sur l'enfance de Corentine, un peu lourde au niveau du style), qui retrace un parcours d'exception sur lequel on pourrait sans hésitation prendre exemple dans les moments les plus difficiles de notre vie, car elle est la preuve qu'avec une certaine force de caractère, on peut passer au-delà de toutes les épreuves.
Lien : https://leslecturesduprofess..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   31 août 2019
En quelques minutes, Corentine découvrait un fait qui jamais ne cesserait de l'étonner. Alors que, dans la domesticité d'une maison bourgeoise, les haines, les jalousies et les coups bas étaient incessants, elle allait découvrir dans cet atelier qui d'ores et déjà lui semblait pourtant une préfiguration de l'enfer, des amitiés et une solidarité rares.
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michfredmichfred   31 août 2019
L'enfant poussa un cri sauvage, puis e mit à hurler. Pas à pleurer, à gémir ou à sanglier. Non, à hurler. Le hurlement profond d'un animal qu'on met à mort. Un hurlement de désespoir absolu, brut, qui ne demandait rien, ni grâce, ni délai. Ceux qu'elle aimait l'avaient trahie et abandonnée, poussés par la misère et la lâcheté.
Aussi brutalement que le hurlement avait jailli de sa poitrine, il s'arrêta. La fillette ne se retourna pas vers sa mère, repoussa sa main qui voulait la bénir, prit ses hardes des mains du marchand de chevaux pour lui signifier qu'elle était capable de mener sa vie par elle-même et alla, digne, s'asseoir sur le banc de la carriole. L'homme monta prestement, fit claquer son fouet et tous deux partirent sans un regard pour la masure.
A sept ans, Corentine était devenue adulte.
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michfredmichfred   31 août 2019
Le secrétaire de mairie lui indiqua avec solennité :
- Vous avez de la chance. Le corps de votre mari a été transporté dans une chapelle ardente. Nous vous indiquerons le moyen de vous y rendre aujourd'hui.
C'est cela, elle avait oublié, Corentine : elle avait "de la chance".
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ProfesseurDanProfesseurDan   12 mars 2019
À croire que ces bourgeoises ne puisaient justification à leur existence, avait pensé Corentine que dans le sentiment de supériorité que leur donnaient le fait d'avoir du personnel et la jouissance de commander des êtres humains réduits à un quasi-esclavage, petites gens terrorisées à l'idée d'être punies ou renvoyées sans explication ni dédommagement. Ces jugements humiliants étaient même prononcés alors que les intéressés vaquaient à leur service et encaissaient les propos désobligeants en étant priés de n'en montrer aucun déplaisir. (p. 114)
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ProfesseurDanProfesseurDan   12 mars 2019
Corentine sait donc que l'école ne sera jamais pour elle et n'en conçoit ni regret ni amertume. D'une certaine façon, apprendre à lire et à écrire l'aurait coupée des siens. Se dévouer à sa famille, protéger sa mère, ses frères et sœurs, faire ses prières, obéir à son père, sa vie est devant elle. (p. 59)
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Roselyne Bachelot - On n'est pas couché 25 avril 2015 #ONPC
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