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Miguel Couffon (Autre)
EAN : 9782868690296
168 pages
Éditeur : Actes Sud (10/08/1993)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Franza a quitté son mari - un éminent psychiatre viennois -, et elle a entrepris avec son frère un voyage aux sources du Nil. C'est dans l'atmosphère fantasmagorique du désert que lui apparaissent peu à peu la personnalité malfaisante de ce mari et la nature criminelle de leur mariage. Pour lui, Franza ne fut jamais qu'un cas. En cela, elle ressemble aux héroïnes des autres romans d'Ingeborg Bachrnann - Malina ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sachenka
  12 novembre 2015
« Franza » est un petit roman qu'Ingeborg Bachmann laisse inachevé lorsqu'elle meurt subitement en 1973. La prix Nobel de littérature a tout de même légué un bijou intéressant, dans lequel on retrouve ses thèmes habituels : l'amour qui se transforme en haine, les relations de couples qui tournent à la violence (plus psychologique que physique, surtout insidieuse) et l'incapacité à communiquer. Peut-être un soupçon de folie, aussi. L'histoire commence avec Franza qui pense à sa jeunesse en Galicie, une région d'Autriche, à son arrivée à Vienne et à son mariage avec le docteur Jordan, un célèbre psychiatre de dix ans son ainé. Mais elle ne se sent pas bien. Son frère Martin la convainc éventuellement de l'accompagner en Égypte. Ensemble, ils voyagent et explorent ce pays exotique. Lui, parle beaucoup. Avec érudition. Elle, écoute distraitement. LeCaire, oui. Les Arabes, oui. le désert, la mer Rouge, oui. La Vallée des Rois et les pyramides, oui. Martin est certain qu'elle ne l'écoute pas vraiment, qu'elle n'est pas toute là. C'est qu'elle a beaucoup en tête, Franza. Mais cette solitude, ce désert, il est propice aux réflexions, à l'introspection. Enfin libérée du joug de son mari, elle se rend compte à quel point il pouvait se montrer méchant. Il la traitait comme une de ses patientes, disséquant ses moindres gestes, ses moindres paroles. Surtout en gardant une froide distance entre eux deux. Maintenant, enfin, elle peut penser par elle-même. Mais, une fois les valves ouvertes, c'est une véritable tempête qui l'engouffre. Elle sombre tranquillement vers les ténèbres. Bachmann réussit à faire évoluer son personnage avec finesse, à la faire passer à des émotions brutes et violentes avec beaucoup de délicatesse. À sonder les profondeurs de l'âme humaine dans toute sa complexité. Attention ! J'ai commis l'erreur de vouloir le lire trop rapidement, je me disais qu'un si petit roman pouvait s'achever en un rien de temps. Il faut plutôt le lire sans presse, s'en imprégner.

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oiseaulire
  19 janvier 2019
J'ai lu ce livre deux fois dans un intervalle de 10 jours. Devant un tel talent, j'ai le souffle coupé : Bachmann est une grande écrivaine et sculpte la langue comme une artiste : elle procède par affleurements successifs et atteint aux couches géologiques les plus profondes de l'être. Elle embrasse l'histoire sans minorer l'importance de ceux qui la traversent ou en meurent. D'ailleurs ce roman est la relation d'un meurtre.
Il est resté inachevé, mais à mon sens il n'y perd rien : sans chair inutile, sans liens artificiels, ses trouvailles exhumées des profondeurs n'en sont que plus terribles et merveilleuses, mieux éclairées dans leur évidence souterraine.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   10 novembre 2015
L'eau, plus convoitée que le caviar et que l'or, que les diamants et les terrains, plus précieuse que les salaires et les assurances, que le droit de vote ou que toute une charter de droits. Cela tombait sous la plus ancienne des lois, que l'on ne pouvait enfreindre.
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SachenkaSachenka   09 novembre 2015
Depuis qu'elle était descendue chancelante du car, un combat avait commencé en elle, deux adversaires s'attaquaient avec une détermination véhémente, sans se dire davantage que : Moi oui Moi. Moi et le désert. Ou Moi et le reste. Exclusifs et ne tolérant aucune demi-mesure. Moi et Moi commencèrent de s'affronter.
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oiseaulireoiseaulire   03 février 2019
La peur n'est pas un secret, ce n'est pas un terme technique, ce n'est pas un élément existentiel, ni rien de supérieur, ce n'est pas un concept, Dieu merci, ce n'est pas systématisable. On ne peut disputer de la peur. C'est une agression, c'est le régime de la terreur, l'attaque de masse sur la vie, le couperet vers lequel on marche dans une charrette, vers son bourreau, sous les yeux d'un entourage qui ne comprend rien, d'un public, et mon public était mon meurtrier (...) On m'assassine, à l'aide ! C'est cela que j'aurais dû dire, mais imagine, dans cette société, quelqu'un arrivant et disant : on m'assassine. S'il vous plaît, de quoi s'agit-il, qui est l'auteur et quels sont les mobiles, des précisions s'il vous plait, des preuves. Je n'avais pas de preuves, j'étais livrée au clergé, car je n'avais pas la peur légendaire, j'avais l'autre, celle qu'on peut étouffer avec les psychotropes, et les piqûres, et le repos et que l'on pouvait accroître par la peur de la peur.
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SachenkaSachenka   11 novembre 2015
Le désert arabe est cerné de représentations brisées de Dieu.
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oiseaulireoiseaulire   03 février 2019
Tu parles de fascisme, c'est drôle, je n'ai encore jamais entendu ce mot pour désigner un comportement privé (...) pourtant ce terme convient, car il faut bien que cela commence quelque part (...) quand les sadiques ne sont pas seulement dans des services psychiatrique ou dans des tribunaux, mais qu'on les trouve parmi nous, avec des chemises blanches impeccables et des titres de professeur, munis des instruments de torture de l'intelligence...
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Videos de Ingeborg Bachmann (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ingeborg Bachmann
Paul Celan et Ingeborg Bachmann : Le Temps du cœur, correspondance (2012 / France Culture). Diffusion sur France Culture les 3, 4, 5, 6 et 7 septembre 2012. Pages choisies et présentées par Julie Aminthe. Traduction de Bertrand Badiou. Réalisation : Étienne Vallès. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Avec : Bruno Paviot (Paul Celan), Élodie Huber (Ingeborg Bachmann), Hélène Lausseur (Narration). Prise de son et mixage : Éric Boisset. Assistance technique et montage : Pierre Henri. Assistante à la réalisation : Lise-marie Barré. Musique : Pascal Dusapin : Arditti quartet, quatuor à cordes et trios « Quatuors II ». Pascal Dusapin : Concerto avec Sonia Wieder Atherton, Juliette Hurel, Alain Trudel « Cello ».
00:00 : Épisode 1 : Champ de coquelicots 24:44 : Épisode 2 : Et que prouve donc ton cœur ? 49:28 : Épisode 3 : Claire est la nuit qui nous a inventé des cœurs 1:14:01 : Épisode 4 : Le cœur saura vivre 1:38:43 : Épisode 5 : Nous creusons dans le ciel, une tombe.
« Les deux êtres qui se rencontrent dans la Vienne de 1948 encore occupée par les troupes alliées, sont issus de cultures et d’horizons différents, voire opposés : Ingeborg Bachmann est la fille d’un instituteur, protestant, ayant adhéré au parti nazi autrichien avant même l’accession de Hitler à la chancellerie du Reich (1932) ; Paul Celan, né dans une famille juive de langue allemande de Czernowitz, au nord de la Roumanie, a perdu ses deux parents dans un camp allemand et a connu l’internement en camp de travail roumain pendant deux ans. Cette différence tout comme la tension pour la dépasser, le désir et la volonté de renouer sans cesse le dialogue par-delà les malentendus et les conflits déterminent leur relation et la correspondance qu’ils échangent du premier jour, en mai 1948, où Paul Celan fait cadeau d’un poème à Ingeborg Bachmann jusqu’à la dernière lettre adressée en 1967. L’écriture est au centre de la vie de chacun des correspondants, dont les noms apparaissent dans les comptes rendus critiques, dès le début des années 1950, souvent au sein d’une même phrase, comme étant ceux des représentants les plus importants de la poésie lyrique allemande de l’après-guerre. Mais écrire n’est pas chose simple, ni pour l’un ni pour l’autre. Et écrire des lettres n’est pas moins difficile. L’imperfection du dire, la lutte avec les mots, la révolte contre le mutisme, occupent une place centrale dans cet échange épistolaire. » Note de l’éditeur
La correspondance entre Ingeborg Bachmann et Paul Celan est parue aux éditions du Seuil dans une traduction de Bertrand Badiou, dans la collection « La Librairie du XXIème siècle ».
Source : France Culture
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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