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ISBN : 2070449289
Éditeur : Gallimard (15/01/2015)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Comme l'annonce d'emblée sa traductrice et préfacière : «On n'en finit jamais de découvrir Ingeborg Bachmann». L'une des raisons est qu'elle a laissé derrière elle, du fait de sa mort soudaine, brûlée vive en 1973 dans sa chambre d'hôtel à Rome, des centaines de pages inédites.
Cette anthologie de son œuvre poétique a pour but de la révéler plus intimement, dans la vérité et l'acuité de sa démarche. Le présent volume n'a d'ailleurs pas d'équivalent, même en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Pirouette0001
  13 mai 2016
Quelle force poétique incontestable !
Auteure autrichienne dont le père était nazi et qui en souffrait assez pour nous offrir une poésie pleine de souffrance mais tellement belle.
Sérieux bémol, le vocabulaire utilisé en français semble parfois plat et la rime manque. Le plaisir doit être d'autant plus grand pour le lecteur qui pourra lire le texte original de cette édition bilingue. Car en allemand, il est visible que tout rime et chante davantage. Difficile de traduire la poésie bien sûr.
Ceci n'empêche pas de s'imprégner de cette oeuvre notable. J'en recommande la découverte en tout cas !
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michfred
  07 février 2016
Je feuillette depuis quelques jours ce recueil d'Ingeborg Bachmann - amante et muse de mon bien-aimé Paul Celan- féministe, rebelle, agitatrice infatigable, à la mort tragique - elle succombe à ses brûlures dans une chambre d'hôtel romaine- et je cherche dans ses vers quelques éclats de cette colère, quelques morsures de cette intransigeance, quelques oracles de cette recherche- la belle était philosophe de formation, thèse sur Heidegger, etc...-mais les quelques pépites trouvées me déçoivent un peu..
C'est un peu trop lourd, un peu trop germanique pour mon goût...
Non que ce soit trop "dit" -ce qui tue, à coup sûr, la poésie- mais les images ne me parlent pas, le mystère est de plomb, opaque....pas de fulgurants trous d'air, comme chez Celan...
Il faut sûrement chercher encore, mais en poésie ce n'est pas comme en prose: on se fait vite une opinion. L'intuition nous guide plus que la raison, la sensation plus que l'idée.
La poésie d'Ingeborg reste pour moi comme son rude prénom: une gangue rugueuse dont je n'ai pas su extraire l'or...
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Wozniaksandy
  20 novembre 2017
Cette anthologie poétique, n'a pas d'équivalent, ni en France ni en pays germanique. Elle réunie les premiers poèmes composés à l'âge de 16 ou 18 ans (Poèmes de jeunesse 1942-1945, le temps en sursis 1953, Invocation de la Grande Ourse 1956), aux poèmes écrits jusqu'en 1967.
Les poèmes de Bachmann décrivent la passion amoureuse et la déchirure de l'être de manière exaltée et puissante. Elle tente de canaliser sa solitude et sa détresse existentielle avec des poèmes lyriques et brûlants fait de tension et de vivacité. Cette oeuvre oscille en permanence entre la lumière de l'amour et l'obscurité des ténèbres, tissée de bout en bout par l'obsession.

L'écriture d'Ingeborg Bachmann repose sur son rapport à l'autre, aux autres auteurs, c'est l'importance du nous, de l'autre, du renoncement au moi comme singularité, mais pas du Je… Réflexion permettant de glisser d'un monde à l'autre et de l'un à l'autre.
Qu'on lise ce recueil d'une traite ou par sauts, on en retire, des éblouissements, de sombres étincelles mais aussi une belle leçon de vie.
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frandj
  12 septembre 2018
Je n'avais jamais rien lu d'Ingeborg Bachmann, jusqu'à ce qu'une amie férue de littérature allemande attire mon attention sur cette poétesse d'origine autrichienne. Tout le long de sa carrière, elle a connu bien d'autres auteurs, dont Paul Celan. En 1964, elle a reçu pour son oeuvre poétique le prestigieux prix Georg-Büchner. Elle est morte tragiquement en 1973.
Ce gros recueil donne un large aperçu sur son oeuvre poétique, dans sa continuité, entre 1942 (elle avait alors 16 ans) jusqu'en 1967; une partie a été publiée seulement en 2000, à titre posthume. Je trouve que ces textes sont souvent difficiles d'accès, mais certains suscitent non seulement ma curiosité, mais aussi mon admiration.
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critiques presse (1)
Liberation   30 mars 2016
Son «lyrisme» féminin chante l’amour magnifiquement, mais aussi son versant noir.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   08 octobre 2015
L'heure bleue


Le vieil homme dit : mon ange, à ta guise,
pourvu que tu apaises le soir ouvert
et marches un moment à mon bras,
que tu comprennes la sentence des tilleuls conjurés,
les lampes, boursouflées, dans le bleu compassées,
derniers visages ! le tien seul a son juste éclat.
Morts les livres, détendus les pôles du monde,
ce qui retient encore la marée si sombre,
la barrette dans tes cheveux, se détache.
Sans séjour, courant d'air dans ma maison,
sifflet de lune — puis en rase campagne le saut,
l'amour, entraîné par le souvenir.

Le jeune homme demande : et toi aussi toujours ?
Sur les ombres dans ma chambre jure-le,
et si la sentence des tilleuls est sombre et juste,
récite-la avec des fleurs et ouvre tes cheveux
et le pouls de la nuit qui veut se répandre !
Puis un signe de lune, et s'arrête le vent.
Les lampes conviviales dans la lumière bleue
jusqu'à ce que l'espace rompe avec l'heure vague,
et que sous les tendres morsures ta bouche sur ma
bouche
repose jusqu'à ce que la douleur te fasse la leçon :
vivant est le mot qui conquiert le monde,
le joue et le perd, et l'amour commence.

La jeune fille se tait, tant que le fuseau tourne.
Des talents d'étoiles tombent. Le temps des roses
s'écoule : —
Seigneurs, mettez-moi en main l'épée,
et Jeanne d'Arc ira la patrie délivrer.
Bonnes gens, à travers les glaces nous mèneront la nef,
je maintiens le cap que nul ne connaît plus.
Achetez des anémones ! trois souhaits le bouquet,
au souffle d'un souhait elles ferment la bouche.
Du trapèze très haut sous le chapiteau
je saute dans le feu du monde, à travers ses cerceaux,
aux mains de mon maître je m'en remets,
et il m'envoie charitablement l'étoile du soir.

p.299-301
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coco4649coco4649   03 décembre 2015
le Temps en sursis (1953)
I - Départ en mer


…La première vague de la nuit frappe au rivage,
la deuxième, c'est déjà toi qu'elle atteint.
Mais avec un regard perçant
au loin tu peux encore voir l'arbre
qui vaillamment lève le bras
— un autre a déjà été battu par le vent
— et tu penses : combien de temps,
combien de temps encore
le bois tordu résistera-t-il aux tempêtes ?
On ne vois plus rien de la terre
Tu aurais dû t'agripper d'une main au banc de sable
ou t'accrocher aux récifs avec une boucle de cheveux.

Soufflant dans les conques, les monstres marins glissent
sur le dos des vagues, ils chevauchent et mettent les
jours
en pièces au sabres blancs, reste une trace rouge
dans l'eau, là où le sommeil t'allonge
pour le reste de tes heures
et tu perds connaissance.

Voilà qu'il s'est passé quelque chose dans les cordages
on t'appelle, et tu es content
qu'on ait besoin de toi. Rien de mieux
c'est le travail sur les navires
qui partent loin,
faire des nœuds, puiser l'eau,
calfater les parois et surveiller la cargaison.
Rien de mieux que d'être las et le soir
tomber de fatigue. Rien de mieux que d'avoir, le matin,
avec la première lueur du jour, les idées claires,
que de dresser contre le ciel immuable,
ne pas prêter attention à l'eau impraticable,
et faire que le navire franchisse les vagues
vers le rivage de soleil qui toujours revient.

p.127-129
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coco4649coco4649   12 février 2016
Le temps en sursis


Des jours plus durs viennent.
Le temps en sursis révocable
devient lisible à l’horizon.
Il te faudra bientôt lacer ta chaussure
et renvoyer les chiens dans les fermes du littoral.
Car les entrailles des poissons
ont refroidi dans le vent.
La lumière des lupins brûle chichement.
Ton regard trace dans le brouillard :
Le temps en sursis révocable
devient lisible à l’horizon.

Ta bien-aimée de l’autre côté s’enfonce dans le sable,
il monte autour de ses cheveux flottants,
il lui coupe la parole,
il lui enjoint de se taire,
il la trouve mortelle
et disposée à l’adieu
après chaque étreinte.

Ne regarde pas en arrière.
Lace ta chaussure.
Renvoie les chiens.
Jette les poissons à la mer.
Éteins les lupins !

Des jours plus durs viennent.

p.149
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coco4649coco4649   01 décembre 2015
POÈMES DE JEUNESSE (1942-1945)
Notturno


En cette heure-là
tu étais devant ma bouche
comme une comète.
Je saisis tes mains
comme pour une prière.
Là où notre haleine se rejoignit
se trouvaient les incendies,
qui vifs s'enflammèrent
et sans égards me soulevèrent
en une vague.

Dans le désert aucun puits
jamais encore ne me fit
courber de soif
comme le tendon de tes blanches épaules.
Ton habit ajusté
ma main a toléré
plus qu'en hôte.

Tu étais mien.
Dans aucun mot, dans ton silence uniquement
je lisais ton bonheur.
Puis tu repris pourtant
le chemin du matin gris.

Combien de fois encore immobile, le regard fixe
et rêvant, je t'exige et t'attends et t'espère
et me tourmente en pensant de nouveau à toi.
Mais comme les présents trop rares
que l'on perd, aucun jour ne te ramène.
Combien de fois aussi je t'appelle
dans les plaintes et les prières.

p.79-81
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   07 octobre 2015
MON OISEAU


Quoiqu’il advienne : le monde dévasté
sombre à nouveau dans le crépuscule,
les forêts lui présentent une potion pour dormir,
et du haut de la tour que le gardien a quittée
les yeux calmes de la chouette ne cessent de veiller.

Quoiqu’il advienne : tu connais ton heure,
mon oiseau, tu prends ton voile
et tu voles vers moi à travers le brouillard.

Nous scrutons les fonds nébuleux où demeure la canaille.
Tu obéis à mon signe, t'élances au dehors
et fais tourbillonner plumage et pelage —

Mon compagnon chenu sur l'épaule, mon arme,
muni de cette plume, ma seule arme !
Mon unique parure : voile et plume de toi.

Même quand dans la danse des aiguilles sous l'arbre
la peau me brule
et qu'à hauteur de hanche le buisson
me tente de ses feuilles épicées,
quand ma boucle darde sa langue,
se balance et se languit d'humidité,
les éboulis d'étoiles tombent
précisément sur mes cheveux.

p.277
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Videos de Ingeborg Bachmann (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ingeborg Bachmann
Animé par Thierry Guichard, le Matricule des Anges.
Carte blanche de la Comédie du Livre en 2015, la romancière Lydie Salvayre revient à Montpellier pour une lecture d?un passage de "Ingeborg Bachmann", extrait de "7 femmes" (Perrin, 2013), suivie d?une discussion littéraire.
Vendredi 19 mai, Comédie du Livre 2017.
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