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ISBN : 2846267731
Éditeur : Au Diable Vauvert (08/11/2013)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Mouse et Mahlia, deux adolescents orphelins recueillis par un vieux médecin, vivent dans un monde chaotique où la guerre est omniprésente. Mis à l'écart par les villageois en raison de leur origine, leur amitié les protège. Au cours d'une exploration, ils rencontrent Tool, l'homme génétiquement modifié pour la guerre découvert dans Ferrailleurs des mers, mercenaire aujourd'hui fugitif, réfugié dans la jungle. Avec lui, nos deux jeunes héros vont se trouver devant le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
thimiroi
  22 septembre 2017
"Les cités englouties" se déroulent dans le même univers que l'excellent "Ferrailleurs des mers" (elles n'en sont pas la suite), à savoir, probablement, notre monde dans un avenir proche : les eaux montent, les ressources s'épuisent...
L'action se passe aux Etats-Unis, mais des Etats-Unis qui connaissent la même situation de guerre civile que certains pays africains actuels, comme la Somalie : l'Etat s'est désintégré, des milices se livrent un conflit interminable et sans merci, elles embrigadent des enfants à qui elles ne laissent qu'un seul choix : torturer, mutiler et tuer ou être soi-même torturé, mutilé et tué.
C'est dans ce monde cauchemardesque que trois personnages particulièrement attachants tentent de survivre : un être mi-homme, mi-machine de guerre, pourchassé par une des milices, et deux adolescents, Mahlia et Mouse, qui vivent dans une communauté à l'écart de la guerre.
Mais cette tranquillité sera de courte durée, l'horreur va s'abattre sur le village, Mahlia et Mouse seront séparés...
Mahlia va tenter de retrouver Mouse embrigadé par une milice : pas de temps mort dans ce roman, pas de répit pour le lecteur, les scènes dramatiques s'enchaînent à un rythme rapide...
La fin de ce voyage au bout de l'enfer s'avère particulièrement émouvante : certains individus, au dernier moment, peuvent retrouver leur humanité première de manière tout à fait inattendue !
Oui, il y a de la cruauté et de la barbarie dans ce roman, mais aussi de l'amitié et de la solidarité : comme dit la présentation, "ce futur sombre n'est pas dénué d'espoir".
Une réussite.
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Cricri124
  11 décembre 2016
Un univers post apocalyptique ultra violent et accablant de réalisme par certains aspects.
Des groupes armés de fortune, constitués principalement d'enfants soldats, se livrent une guerre impitoyable et sans merci depuis des années. Ils répondent au nom d'Armée de Dieu, Front Unitaire Patriotique, Compagnie Tulane, Loups de Taylor, milices de la liberté (etc) Ils ne savent plus pourquoi ils se battent mais la guerre est devenue leur raison d'être. C'est un monde complètement ravagé et déshumanisé. La violence est d'autant plus mise en évidence que les rouages et les ravages de la guerre ainsi que ses conséquences psychologiques y sont parfaitement décrits. Embrigadement, conditionnement, dénonciation, torture, viol, haine, trahison, lâcheté, terreur etc, etc… Mécanismes collectifs ou individuels, tout y est. La haine engendre la haine. Une escalade qui n'a pas de fin. Avec cette question en filigrane: jusqu'où est-on capable d'aller pour sauver sa vie ?
Au milieu de ce monde sans foi ni loi, nous suivons le parcours de 2 vers de guerre et un mi-bête. Mahlia et Mouse sont ces 2 vers de guerre, deux orphelins, des victimes collatérales de cette guerre, liés par une fragile amitié. le jour où ils croisent la route de Tool, un mi bête, hybride d'humain, chien, tigre, hyène, véritable prédateur conçu pour la guerre, les événements vont se précipiter. Pour Mahlia, il incarne l'espoir de fuir. Mais on ne manipule pas une machine de guerre. Nos 3 protagonistes vont être brutalement amenés faire des choix aux conséquences irréversibles.
Ce livre est la suite de "Ferrailleurs des Mers" mais il peut être lu de manière tout à fait indépendante. Je n'ai absolument pas été gênée par le fait de ne pas avoir lu le premier. L'écriture est fluide et agréable, les dialogues vivants, les personnages touchants et bien campés. Celui de Mahlia, en proie à sa conscience et sa détermination est attachant. Celui de ce mi-bête est particulièrement intéressant. Cette machine de guerre, tueur impitoyable, qui n'éprouve ni remords ni culpabilité, qui porte sur les hommes un regard méprisant et lucide, qui essaye de conquérir sa propre liberté, et qui s'allie pourtant à cette fillette, est plein de surprises. Ces 2 êtres, rejetés et haïs, l'un parce qu'on lui refuse une place, l'autre parce qu'il n'a que trop sa place forment un duo au sein d'un trio qui a du mal à se rejoindre.
Ce récit se lit très bien malgré la violence qui suinte à chaque page. Heureusement qu'on peut se raccrocher à une faible lueur d'humanité. Elle oscille, vacille, s'éteint, se ravive mais elle résiste. le plus difficile est de la repérer.
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finitysend
  19 novembre 2015
Les citées englouties , est un texte avenant et agréable dans un monde post-apocalyptique assez original .
L'univers est très typé et il suinte à chaque page de façons absolument intégrées à la trame narrative et au vécu des personnages.
Si la veine post-apocalyptique est ancienne disons de ce texte qu'il est hyper-contemporain pour ce qui est du décorum et des lignes de forces qui sous-tendent l'univers.
Le lecteur , se baladera dans deux types de jungles , naturelles et urbaines et pot-apocalyptiques comme jungles , donc …. .
Deux jeunes personnages muris précocement par l'âpreté de la vie , seront sa compagnie principale dans cet exode , avec une bête de guerre génétiquement modifiée qui s'agrégera aux petit groupe ( un duo en fait principalement ) initial .
Fondamentalement ce roman est une étude polymorphe et assez exhaustive sur la guerre et sur ses conséquences sociales et psychologiques , individuelles et collectives .
La guerre en tant qu'environnement est bien pausée dans cet ouvrage assez psychologique , qui n'est donc pas uniquement un roman d'action , mais qui est un roman d'action avec des pauses .
Pas la peine de faire un dessin pour ce qui est des thématiques … :
Pensez à l'embrigadement , aux recrutements forcés , aux stages des recrues forcées , aux processus de conversions , aux enfants soldats , aux adultes précoces , à la vie en petites communautés à l'environnement précaire , aux différents problèmes éthiques qui se posent de manières différentes selon les statuts et les contextes en univers de belligérance principalement asymétrique , les jungles urbaines délabrées , les civils et la guerre .
Il y a aussi le thème de l'effondrement civilisationnel et étatique qui est abordé dans ce texte , comme dans tout bon roman post-apocalyptique qui se respecte , avec ici une géopolitique novatrice qui est utile pour exprimer la difficulté d'associer des forces armées à de réelles opérations de paix sur plus que le court terme et au-delà des interventions de type « pacifications » .
Les personnages sont fonctionnels , touchants , et quand c'est nécessaire : ils sont forgés avec suffisamment de nuances et de détails pour être emblématiques , tout en restant incarnés et intéressants sur un plan strictement narratif .
Il y a de l'action , même si l'action est de loin assez subordonnée aux thèses véhiculées par le récit , qui prendra de ce fait un caractère assez tranquille et posé souvent , voir bavard aussi , sans devenir un texte à thèse .
Les amateurs d'univers apprécieront ce roman soigné et les amateurs de fictions militaires riches et crédibles l'apprécieront aussi , y compris dans sa dimension très concrète , telles que les règles d'engagement au combat par exemple …
Enfin , c'est un texte qui possède le charme de la science-fiction populaire , avec : des univers palpables , de l'action , de bons dialogues .
Si je devais à tout prix donner une idée du style , par comparaison , je dirais que cela sonne assez comme du bordage … sans en être … mais : « il y a ce rien , cet impondérable … qui fait que …. «
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verobleue
  24 mai 2018
J'ai découvert Paolo Bacigalupi avec « La fille automate », livre d'anticipation complexe, reçu à l'occasion d'une masse critique en 2013. J'ai beaucoup aimé « Ferrailleur des mers » et c'est avec enthousiasme que j'ai commencé « Les cités englouties ».
Les deux derniers livres cités se déroulent dans le même milieu : l'auteur évoque des bâtiments de l'ère accélérée ( ici sans vraiment l'expliquer) puis le réchauffement climatique avec la montée des eaux, l'inondation des cités et l'épuisement des ressources. J'aimerais présenter l'univers particulier de l'auteur dans les cités englouties.
On comprend que le livre se passe aux USA car il reste quelques villes comme Manhattan Orleans, Jersey Orleans et Seascape Boston. Ces villes et leurs entreprises toutes puissantes sont retranchées et protègent leurs frontières en utilisant des créatures génétiquement modifiées, des mi-bêtes, qui patrouillent le long des frontières. de Chine viennent également les casques jaunes, des soldats de la paix, envoyés pour écraser les unités de combats des milices locales et amener du matériel et des vivres au peuple des Cités englouties. Ces casques jaunes qui sont repartis, faute d'avoir pu ramener l'apaisement, abandon attisant la colère des habitants des cités englouties.
Devant ces frontières émergent les ruines des cités englouties où des humains récupèrent tout ce qui a de la valeur, marchandent et commercent. Ils se font surtout la guerre avec diverses factions comme l'Armée de Dieu et le Front Uni Patriotique du Colonel Glenn Stern – Ces factions s'alimentent en unités combatives grâce aux enfants-soldats. Ces enfants, surnommés les « vers de guerre », sont enrôlés de force, après que leurs parents soient tués et leurs villages pillés et brûlés.
Au sud, il ne reste que des ruines, de la jungle qui s'étend dans toutes les directions puis des marais salants et l'océan.
A l'ouest, il reste quelques villages comme Barryan Town où quelques humains survivent dans des champs défrichés, des sous-sols remplis de pluie et de poissons.
L'auteur nous fait suivre le Dr Mahfouz, médecin doux et calme, formé à l'hôpital des Casques jaunes, personnage bienveillant qui vit à Barryan Town avec deux vers de guerre. Il y a Mahlia, batarde abandonnée d'un casque jaune. L'armée de Dieu a découpé sa main droite et tué sa mère. Malhia aide le médecin dont la vue baisse. Et puis, il y a Mouse, orphelin du village incendié de Brighton.
Mon protagoniste préféré, c'est Tool, le bien nommé, mi-bête pourchassé par une patrouille FUP du Colonel Stern. Tool s'est enfui de chez eux car il sait qu'il vaut mieux que la brute animale de combat et d'attaque qu'on en a fait. Il leur échappe mais se trouve à proximité du village de Barryan Town. Barryan Town où tout va commencer….
Je n'en dirai pas plus mais cette vision de société future et de ses dérèglements m'intéresse toujours autant. C'est violent mais réaliste. J'ai réellement passé, encore une fois, un bon moment avec cet auteur.
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louve
  18 décembre 2015
Mahlia est une orpheline à qui il manque un bras depuis qu'une armée le lui a coupé. La jeune métisse se fait discrète dans les cités engloutis parce qu'elle sait qu'elle n'a sa place nulle part. Son meilleur ami Mouse lui a sauvé la vie et depuis ils ne se quittent plus. Protégés par un médecin, les deux adolescents lui apportent leur aide pou aider à leur tour ceux qui en ont besoin malgré les regards haineux et insultes racistes qu'essuie Mahlia. Lorsque Tool croise leur chemin, une créature mi animal et mi humaine crée dans le seul but de faire la guerre, Mouse et Mahlia devront faire des choix pour leur propre survie...
J'avais déjà beaucoup aimé Ferrailleurs des mers, aussi retrouver le style de l'auteur dans le même univers, mais avec une histoire totalement nouvelle, m'a beaucoup plu. Une fois encore, j'ai été séduite par l'univers et la plume de l'auteur. L'univers est sombre et plutôt violent. Si dans Ferrailleurs des mers c'est le travail des enfants qui étaient mis en avant, dans les cités englouties c'est davantage l'utilisation des enfants en temps de guerre. Et c'est là où l'auteur va beaucoup plus loin pour notre plus grand plaisir.
La plume est vive et direct. Elle nous permet de nous imprégner intégralement de l'ambiance du roman, de ses marais, de sa puanteur, de sa guerre et de ses affrontements. Rien n'est laissé au hasard par l'auteur et même de simples créatures deviennent importantes. On va au départ suivre l'histoire de Tool et d'un autre côté celle de Mahlia jusqu'à ce que leurs destins se croisent enfin.
[...]
J'ai adoré l'horreur de certaines scènes très dures où la pitié n'existent plus et où tout le monde devient un chasseur sans vergogne. Dans les cités englouties, il faut se battre et se montrer malin. C'est ce que fera notre héroïne en partie grâce à Tool qui finalement aura beaucoup de respect pour cette toute jeune fille. Il va l'épauler et faire en sorte qu'elle n'utilise que sa tête pour réfléchir et non son coeur pour se jeter à corps perdus dans une situation dont elle ne pourrait réchapper.
En bref, malgré une fin que j'ai trouvé un peu trop ouverte à mon goût, j'ai été bien captivé par ce roman qui m'aura fait passer un vraiment chouette moment ! Je recommande !
Lien : http://lesvictimesdelouve.bl..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Cricri124Cricri124   23 novembre 2016
L'endroit lui évoquait sa propre ville - Il y avait si longtemps. Il s'étonnait qu'un tel endroit ait tenu jusqu'aujourd'hui. On ne pouvait pas vivre près de la guerre sans qu'elle vous rattrape. Sa propre famille s'était persuadée que la guerre resterait cantonnée aux Cités englouties, là ou se trouvaient tous les imbéciles, mais la guerre était comme la mer: elle continuait à monter jusqu'à ce qu'un jour la marée vous prenne.
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Cricri124Cricri124   11 décembre 2016
-Tu vas mourir
- J'imagine. Je ne sais pas. Avant je me croyais vivante parce que je pouvais fuir. Tant que je ne prenais pas une balle dans la tête, j'étais victorieuse. Puisque je respirais encore. (Elle regarda la terre noircie, elle se sentait fatiguée, triste et seule.) Maintenant, je découvre que les choses ne fonctionnent pas comme ça. Maintenant, je sais qu'il suffit d'avoir assez de cadavres qui regardent par-dessus son épaule pour être déjà mort. Qu'on marche ou qu'on parle n'a pas d'importance. Ils vous écrasent.
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Cricri124Cricri124   28 novembre 2016
- Nous ne sommes pas dans un conte de fée ou la belle apprivoise la bête, Mahlia. Même si tu le sauvais, il ne t'obéirait pas. Les mi-bêtes n'ont qu'un maitre. Tu ferais aussi bien d'apprivoiser une panthère sauvage. Ce n'est rien d'autre qu'un tueur.
- Il n'a pas tué Mouse.
Le Dr Mahfouz leva les yeux au ciel.
- Et demain, il l'écartèlera peut être! Tu ne peux pas savoir ce qu'il pense et tu ne peux pas le contrôler. Cette créature, c'est la guerre incarnée. Si tu l'aides, tu apportes la guerre dans ta maison, et la violence sur toi.
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Cricri124Cricri124   25 novembre 2016
La douleur ne lui faisait pas peur. La douleur était, sinon une amie, du moins un membre de sa famille, avec lequel il avait grandi depuis la crèche, qu'il avait appris à respecter, sans jamais lui céder.
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Cricri124Cricri124   10 décembre 2016
Les gens des citées englouties étaient semblables aux animaux. Ils ne prévoyaient rien. Ils passaient leur temps à se battre et s'accusaient les uns les autres de leur malheur au lieu de s'organiser. En réalité les gens des citées englouties étaient pires que des animaux, parce qu'ils étaient capables de raisonner et qu'ils ne le faisaient pas.
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