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EAN : 9782369902164
237 pages
Éditeur : Editions Ca et Là (23/09/2015)
3.84/5   128 notes
Résumé :
A 21 ans, J.B. se retrouve de nouveau coincé chez ses parents, dans un patelin du fin fond de l'Ohio. II vient d'arrêter la fac et doit absolument trouver un travail pour ne plus avoir sa mère sur le dos. Suite à une annonce providentielle, J.B. et un de ses amis sont engagés comme éboueurs intérimaires. Ils vont découvrir les joies du métier, se confronter aux habitants les plus dérangés de la ville, aux chiens errants et aux sacs-poubelles mal fermés... Pendant un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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marina53
  02 février 2020
Voilà un mois que J.B glande chez sa mère et passe son temps à jouer ou à regarder la télé. Alors sa mère l'a prévenu, s'il ne compte pas retourner à la fac, il doit aller travailler. Elle lui montre alors la petite annonce dans le bulletin communal. le service d'entretien recherche quelqu'un. Ça le branche bien, ça, J.B.... Tondre la pelouse, pourquoi pas ? le jeune homme appelle le numéro et le rendez-vous est pris pour le lendemain matin. Sauf qu'il n'est nullement question de tondre les pelouses mais de ramasser les poubelles. Entre les mouches, les vers, les sacs qui dégoulinent, les odeurs pestilentielles, les éclaboussures du camion-benne, rien ne lui sera épargné !
Derf Backderf a lui-même exercé le métier d'éboueur entre 1979 et 1980. Il s'est donc inspiré de sa propre expérience qu'il a transposée à notre époque. L'on suit ainsi, pendant une année, le quotidien de J.B., un jeune homme de 21 ans qui va exercer le métier d'éboueur, supportant aussi bien les grosses chaleurs estivales que les tempêtes de neige ou les pluies cinglantes. Un métier mal jugé, méprisé par certains (au vu de certains comportements des usagers décrits dans l'album). L'auteur dépeint, avec humour et cynisme, les nombreuses anecdotes auxquelles sont confrontés J.B. et ses collègues. Entre les cadavres d'animaux, les moteurs, les sacs remplis de goudrons, de merdes de chien ou de couches (en plein été !), les bouteilles pleines de pisse des routiers jetées sur le bas-côté... le quotidien de ces hommes n'est pas toujours rose ! L'auteur n'omet pas également de pointer le doigt sur l'économie car n'oublions pas que les déchets génèrent de l'argent (donc des profits) et des emplois. Un récit autobiographique à la fois édifiant et drôle...
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Foxfire
  30 août 2019
Avec « Trashed », c'est un petit miracle qu'accomplit Derf Backderf. Sur un sujet qui a tout du repoussoir il parvient à intéresser son lecteur. En effet, quoi de moins séduisant que le thème des déchets ? Et bien Backderf réussit à évoquer ce sujet de façon passionnante.
Pour donner vie à ses personnages, des éboueurs dans une ville américaine, l'auteur s'est inspiré de sa propre expérience puisqu'il a lui-même exercé cette profession pendant environ une année mais il s'est indéniablement documenté. Ainsi, non seulement on suit le quotidien des éboueurs mais on apprend également plein de choses sur le sujet.
Le scénario est beaucoup plus subtil et beaucoup plus fin que ce que peuvent laisser penser la trivialité et la crudité de certaines situations. A travers le thème des déchets Backderf propose une véritable peinture de notre société. le problème écologique est bien sûr largement mis en lumière. On ressent comme un vertige à la vue de certaines cases montrant les immenses décharges. Et puis, on a beau savoir qu'on produit énormément de déchets, suivre la tournée quotidienne des éboueurs en donne une idée plus concrète. A ce titre, le côté répétitif des tournées de ramassage est particulièrement parlant. de plus, certaines informations font vraiment froid dans le dos. le propos est fort et laisse une grosse impression, bien plus efficace selon moi que les discours des politiques en matière d'écologie. Et ce d'autant plus que Backderf ne se prétend pas meilleur que les autres, il ne prétend pas avoir les solutions. Il invite à la prise de conscience et à la réflexion personnelle.
Ce qui permet également de voir que l'auteur est sincère et qu'il ne s'agit pas d'une posture, c'est qu'il a une vision assez globale des choses. Son propos, il ne le limite pas à l'aspect environnemental. Avec finesse, il évoque les aspects économiques et sociétaux. Ainsi au détour d'une case sera évoqué le drame des victimes de la crise qui, expulsés de leur logement, laissent sur le trottoir ce qu'ils n'ont pas pu emporter.
Backderf fait le lien entre le système ultra-libéral de sur-consommation et le problème écologique. C'est en ce sens que je trouve son discours plus pertinent que celui de personnes comme Greta Thunberg. Je n'ai rien contre cette jeune femme, son discours a certains mérites mais il a aussi des limites flagrantes. Quand lui est posé la question de ce qu'elle pense des traités type Ceta Mercosur, elle répond qu'elle n'a pas d'avis. C'est là selon moi la limite de son discours. le problème écologique est intrinsèquement lié à l'économie et à la politique. Il me semble illusoire de penser le contraire. Backderf fait donc ce lien entre notre société de consommation et écologie. Il invite donc chacun de nous à se poser des questions sur son mode de vie. Pour autant, il n'est jamais donneur de leçon. Son regard est juste, pertinent, utile.
Il y a un autre aspect que je trouve très appréciable dans cette B.D, c'est le côté humain. Bien que le thème soit un sujet global, le récit n'est pas déconnecté de l'humain. L'auteur n'oublie pas qu'il raconte une histoire. Il créé des personnages auxquels on s'attache malgré leur banalité, parfois même leur médiocrité. On suit leur difficile quotidien avec pas mal d'empathie et avec le sourire. Parce que oui, la B.D de Backderf est drôle. Il donne vie à une galerie de personnages assez irrésistible et imagine des situations qui permettent au récit de ne pas sombrer dans un pessimisme désespéré. Je ne vous pas Backderf comme un misanthrope, mais plutôt comme un humaniste pessimiste. S'il ne se fait plus d'illusion sur l'Homme, s'il ne croit plus en lui, il n'en fait pas une raison de le haïr. Son regard n'est pas méchant, simplement lucide. Il aime les gens malgré leur connerie. Cela se sent tout au long du récit.
Derf Backderf est décidément un auteur de grand talent. Avec « Trashed » il démontre qu'on peut avoir un propos fort qui ne brosse pas le lecteur dans le sens du poil tout en le faisant rire. Une très bonne B.D que je recommande très vivement.
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Presence
  15 février 2021
Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il s'agit d'un récit sur le métier d'éboueur derrière la benne, initialement paru en 2015, écrit, dessiné et lettré par Derf Backderf qui a également appliqué des teintes de bleu. Il commence par une introduction de l'auteur, écrite en juin 2015, qui explique qu'il a exercé le métier d'éboueur en 1979 et 1980. Il ajoute qu'il avait commencé ce récit sous forme d'un webcomic en 2010, avant d'en faire un projet plus conséquent.
John Derf est en train de traînasser au lit, mais sa mère entre dans sa chambre en lui indiquant qu'il est midi, et qu'il doit sortir les poubelles. En plus de ça, il n'a toujours pas trouvé de boulot. Il finit par se lever et sortir les poubelles. Il va jusqu'au bout de l'allée du pavillon et jette les deux sacs dans la poubelle métallique. Peine perdue : les sacs tapent dans la poubelle et elle se renverse par terre. Il fait mollement semblant de remettre les ordures dans la poubelle, mais en laisse les deux tiers à côté. Il va prendre son petit-déjeuner et sa mère lui met le journal sous le nez : il y a une petite annonce de la municipalité qui embauche des éboueurs. Il commence par regarder un épisode de Bugs Bunny à la télé puis se décide à appeler pour la petite annonce. Il est accepté après deux phrases. Dès le lendemain, il est sur le marchepied à l'arrière d'une benne comme ripeur.il s'en suit un bref rappel historique de 3 pages sur l'histoire des déchets, de l'antiquité à l'époque contemporaine en passant par la Grèce Antique, la création du premier service de collecte des ordures ménagères par Benjamin Franklin à Philadelphie en 1792, jusqu'à la forme moderne de la collecte à partir des années 1970, sans oublier l'augmentation du nombre de kilogrammes de déchets produits par habitant, et l'accélération de la consommation provoquée par l'obsolescence programmée.
Le temps est venu pour JD d'effectuer sa première journée, sa première tournée de collecte. Il soulève le couvercle de sa première poubelle et découvre une odeur pestilentielle, avec une poubelle grouillant d'asticots. Il essaye de soulever la poubelle mais elle est trop lourde. Il doit prendre un sac immonde, l'amener pour le jeter dans la trémie, faire de même avec le second sac. Puis il amène la poubelle proprement dite et vide le jus dans la trémie, mais trop vite, et son teeshirt est souillé par les éclaboussures. C'est bon pour son collègue, il a essuyé son baptême professionnel. Quelques jours plus tard, JD va chercher son collègue ripeur Mike chez lui et ils se rendent au dépôt, tout en jetant un coup d'oeil aux dépôts déjà présents sur les trottoirs. Sur place, l'agent de maîtrise Will E. leur reproche d'être en retard de deux minutes, puis il distribue le travail au sein de l'équipe, à savoir Gus, Dirk, Woody, Curt, Bone, Mike, JD et Marv. Comme d'habitude, JD et Mike se retrouve à la benne, avec Bone comme conducteur, affecté sur le véhicule surnommé Betty qui n'est plus de toute première jeunesse. Les États-Unis produisent de l'ordre de 254 millions de tonnes d'ordure par an. Ils mettent les ordures dans une poubelle, les présentent sur le trottoir et elles disparaissent comme par enchantement. Dans la réalité, le poids par an et par habitant augmente lentement année après année, et surtout la population continue d'augmenter ce qui accroît d'autant le tonnage de déchets produits. En outre, la proportion de déches triés n'augmente pas aussi vite. JD et Mike entament leur tournée et recommence à prendre des sacs et des poubelles lourds.
Cette bande dessinée raconte le quotidien d'un éboueur chargé de la collecte des ordures ménagères dans un coin des États-Unis un peu rural, le lecteur pouvant supposer qu'il s'agit d'une région de l'Ohio puisque l'auteur s'est basé sur sa propre expérience. de temps en temps, il consacre une, deux ou trois pages à exposer des faits sur les déchets, leur histoire, leur production, leur collecte et le traitement. L'artiste dessine d'une manière un peu particulière, tout en étant dans un registre très classique, descriptif, réaliste avec un bon niveau de détails. le lecteur fait connaissance avec des personnages aisément reconnaissables, un peu dégingandés pour les jeunes, tous blancs, avec une ou deux personnes âgées. Ils portent des tenues décontractées, généralement des jeans et des teeshirts, avec des chaussures de sécurité. S'il ne s'y intéresse pas, le lecteur peut avoir l'impression que tout le monde est habillé de la même manière, jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance de Magee et de ses bottes de cowboys. Il regarde alors les autres personnes et voit bien que le responsable des espaces vert tond la pelouse en short, et que les éboueurs revêtent de chaudes parkas pour les tournées sous la neige. Il se rend vite compte qu'il se balade avec eux lors du ramassage des poubelles et qu'il a un aperçu de cette ville étalée avec ses différents quartiers. Il ne pourrait certes pas s'y retrouver s'il y allait en réalité, mais il reconnaîtrait le dépôt des services municipaux et le garage des bennes, la supérette avec son comptoir et son présentoir tournant de comics, son cimetière, ses rues interminables de pavillons avec leur petite pelouse sans clôture, le bar du coin, le centre de tri et bien sûr le centre d'enfouissement technique où les véhicules de collecte vont vider leur chargement de déchets.
Le lecteur apprécie d'ailleurs l'exactitude technique du regard du dessinateur. C'est une évidence quand il représente une benne en coupe pour expliquer le système de compaction et le fonctionnement du bouclier éjecteur. C'est présent en creux quand il représente les poubelles, la façon dont les ripeurs se tiennent derrière la benne, les gestes et postures pour soulever des objets lourds tout seul ou à deux, et bien sûr dans tous les types de déchets ramassés. Il ne fait nul doute que l'auteur a bel et bien exercé ce métier au vu des différents types de présentation problématique auquel il doit faire face, de la poubelle grouillant d'asticots avec du jus au fond, jusqu'au sacs collés au sol gelé. le lecteur découvre donc l'organisation des collectes réalisées par ce service municipal, ainsi que les tâches annexes réalisées par les éboueurs. Il n'est pas très surprenant qu'ils se tapent des tournées de collecte des objets encombrants (avec certains inattendus et tellement lourds qu'ils se demandent comment à fait celui qui l'a déposé sur le trottoir), en revanche le lecteur ne s'attend pas forcément à les voir ramasser des bouteilles remplies d'urine sur les bas-côtés de la route, ou des préservatifs usagers sur le terrain de football. Au vu du degré d'exactitude dans la représentation des situations professionnelles, le lecteur se fait vite à l'apparence un peu relâchée des dessins, aux traits de contours pouvant paraître un peu mollassons, aux tronches un soupçon caricaturales par moment.
Qu'il ne se soit jamais intéressé à cette profession ou qu'il la connaisse bien, le lecteur découvre des anecdotes truculentes sentant le vécu, et souvent surprenantes, ainsi que de bons bougres, pas toujours futés, chacun avec leur personnalité, et leur motivation plus ou moins développée, mais la conscience de faire un travail indispensable. le lecteur a conscience de lire une bande dessinée entre reportage et autofiction, et les pages d'exposition de arrivent à point nommé pour développer un aspect ou un autres sur la production, la collecte et la gestion des déchets. Derf Backderf passe ainsi en revue l'apparition de l'organisation moderne de la collecte des ordures ménagères, celle des déchets recyclables et leur proportion toute relative par rapport à la production totale, le poids de déchets produits par une famille avec deux enfants en un an, la réalité du tri manuel sur les chaînes, la durée réelle de décomposition d'un déchet vidé en décharge (450 ans pour une bouteille en plastique), la récupération de méthane, les centres de transfert, l'implantation d'un centre d'enfouissement technique, leur gestion, et bien sûr les caractéristiques d'une décharge à ciel ouvert.
Comme toute personne sensible à la question ou s'étant renseignée sur le sujet, l'auteur a à coeur de trouver des comparaisons parlantes pour évoquer la quantité de déchets produite par an et par individu, sur le territoire des États-Unis, et pour mettre en lumière qu'ils ne disparaissent pas par enchantement, que derrière le tour de prestidigitation (déposer sa poubelle pleine le soir, la retrouver vide le lendemain) il y a des réalités économiques, humaines et écologiques. Il ouvre donc son récit sur l'industrie de la collecte et du recyclage des déchets, mais aussi sur le fait que le taux de croissance des déchets, ou le tonnage collecté constitue un indicateur de l'activité économique et que les constructeurs implémentent l'obsolescence programmé dans leurs produits pour augmenter la consommation, ce qui à la fin se traduit pour une augmentation des déchets. En regardant les éboueurs travailler dans cette petite ville américaine, le lecteur peut constater une dotation minimale en équipements de protection individuelle, ainsi qu'un positionnement des marchepieds sur le côté de la benne qui les met en danger vis-à-vis de la circulation automobile, c'est-à-dire une prise en compte très relative de la prévention des risques professionnels. Enfin, il peut prendre conscience que cette forme de gestion des déchets reste au niveau de les enterrer à un endroit un peu éloigné de chez soi, sans grande précaution pour éviter les infiltrations, les pollutions du sol.
Dans cette bande dessinée, le lecteur suit le quotidien pas piqué des hannetons d'un éboueur affecté à la benne par tous les temps, devant ramasser tout ce qui se trouve sur la voie publique. L'expérience professionnel de l'auteur est patente dans chacune des anecdotes, ainsi que sa capacité à les exposer clairement, avec une touche humoristique provenant d'une capacité à prendre du recul. Les dessins peuvent paraître un peu mal assurés, mais la lecture montre qu'ils racontent l'histoire de manière fluide et précise, sans jamais être surchargés. En fonction de sa familiarité avec le sujet, le lecteur prend la dimension de la question de la production de déchets, et ne s'embête jamais grâce à ce partage d'expérience très vivant.
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Ziliz
  08 juin 2016
Eboueur, 'agent de traitement des déchets' en politiquement correct des années 2000, 'jaillou' en vendéen des années 70.
Derf Backderf a exercé ce métier aux Etats-Unis entre 1979 et 1980. De même qu'il avait relaté dans un roman (autobio)graphique ses années de lycée avec le tristement célèbre tueur en série Jeffrey Dahmer, il raconte ici cette expérience professionnelle.
Comme il le précise en postface, le travail n'a guère changé en quarante ans, à part le tri sélectif. C'est un boulot ingrat, dur, salissant, où l'on se prend en pleine gueule (au sens littéral) tout le manque de respect dont peuvent être capables ses concitoyens : les ordures jetées sans sac, les sacs qui fuient, ceux dont le fond se rompt, les petits malins qui planquent leurs déchets verts ou toxiques au fond de la poubelle. Ceux qui déposent sans vergogne les encombrants sur le trottoir, etc. Et puis les chiens qui vous coursent, les intempéries, les exigences de m'sieur le maire qui veut rendre service à des copains, et tant pis si ça n'entre pas dans vos attributions...
Album très instructif, plein d'anecdotes intéressantes (les bouteilles pleines d'urine jetées par les camionneurs sur le bas-côté, par exemple, parce qu'ils n'ont pas le temps de s'arrêter).
Le dessin chargé et très carré façon Gotlib rend la lecture un peu fastidieuse sur la durée. D'autant qu'à l'image de ce boulot, l'histoire est assez répétitive - mais du fond de notre fauteuil, bien assis, sans les odeurs, c'est déjà beaucoup plus supportable qu'in situ...
L'exposé est en tout cas très complet, en particulier grâce à la postface où l'auteur ouvre le sujet : quid des ordures aujourd'hui, de leur gestion alors qu'elles croissent de manière exponentielle...
Quelques extraits :
■ « Imagine l'économie comme un immense tube digestif. Et nous on est là, devant le trou du cul du libéralisme, à nettoyer. »
■ « J'ai lu que des économistes se basent sur les ordures comme indicateur économique ! Plus il y en a sur le trottoir, plus l'économie est saine ! »
■ « Le principal poste d'exportation des USA vers la Chine, pour plus de 10 milliards de dollars par an, sont les déchets ! »
■ « Le liquide toxique produit par les déchets compressés se nomme le lixiviat. C'est un mélange de solvants, de produits chimiques ménagers, de vieilles peintures et de trucs bien pires (et souvent illégaux) qui se retrouvent dans les décharges. Tout ça suinte vers le bas, tout droit vers la nappe phréatique. Les décharges modernes se vantent d'être équipées d'un 'revêtement' conçu pour contenir cette mixture cancérigène. Ils sont particulièrement inefficaces. L'EPA a découvert en 1989 que TOUS les revêtements fuyaient. TOUS ! » [EPA : Environmental Protection Agency]
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LePamplemousse
  15 octobre 2016
L'auteur s'est inspiré de son expérience d'éboueur pendant un an, lorsqu'il était jeune, dans cette bande dessinée très détaillée, drôle et vraiment instructive.
Il nous montre l'envers du décor de cette profession souvent décriée, il nous fait partager son quotidien, entre la saleté omniprésente, les odeurs pestilentielles, les horaires infernaux, les conditions climatiques, que ce soit la chaleur accablante de l'été ou le froid mordant en hiver, les collègues un peu étranges, la hiérarchie et ses lubies, les passe-droits de certains, l'utilisation abusive des services municipaux pour le bon plaisir de certains élus, le total irrespect de quelques citoyens, les attaques fréquentes de chiens, et même les dégâts provoqués par les ratons-laveurs !
Il nous raconte le fonctionnement des décharges municipales, il nous explique comment s'effectue le ramassage des ordures et le tri, il nous montre l'évolution de notre façon de consommer, j'ai appris par exemple que c'est en Alaska qu'il y a les plus grandes décharges d'ordures.
Le sujet est original et m'a véritablement passionné, en plus, j'ai adoré les dessins qui sont bourrés de détails pertinents.
L'humour est bien présent tout au long du récit et donne un peu de légèreté au propos qui pourrait sembler un peu pessimiste pas ailleurs.
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critiques presse (3)
BoDoi   28 janvier 2016
ès le début, l’intention est là : passer au vitriol l’american way of life. Malheureusement cela ne décolle vraiment jamais et le déjà-vu est omniprésent. Le trait fanzine et le bichromisme n’arrangent rien et participent même à l’installation d’un monotone ennui qui s’éternise sur 240 pages. La platitude narrative n’invite le lecteur ni à sourire des situations au potentiel cocasse, ni à tiquer devant cette société quelque peu défaillante. Un Deck Backderf sans relief.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD   03 novembre 2015
Backderf réussit un percutant aperçu de l’arrière-salle de la société de consommation. Un album magistral.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Liberation   16 octobre 2015
Derf Backderf, auteur de «Mon ami Dahmer», entremêle fiction et réalité autour de la figure de l’éboueur, rebut de l’Amérique et Sisyphe contemporain.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   19 mai 2016
A partir de 1960, les déchets augmentent aux USA de manière drastique. La consommation à outrance et l'obsolescence programmée devenant la norme, nous sommes devenus une société du gaspillage. Quelle quantité d'ordures produisons-nous ? Avec les déchets générés par les seuls Américains, l'agence de protection de l'environnement estime qu'on pourrait former en 18 mois une ligne continue de camions poubelles pleins allant jusqu'à la lune* ! Les Européens ne valent pas mieux, et les Canadiens produisent plus de déchets par tête que n'importe qui d'autre.
[*384 400 km]
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marina53marina53   02 février 2020
- Pauvre Bone. Pour un mec supra-intelligent, c'est vraiment un paumé.
- C'est vrai que son surnom, c'est parce que...
- Il a un énorme engin ? C'est la légende. Tu notes qu'il ne proteste pas quand on l'appelle "Bone".
- Mais pourquoi son envergure génitale est-elle connue de tous ?
- Aucune idée. On peut rien cacher dans les petits bleds. Pas même la taille de sa quéquette.
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marina53marina53   02 février 2020
La seule manière de réduire significativement nos déchets ? Modifier nos habitudes de vie. Renverser soixante ans de culture du jetable. Préférer le bon sens au confort. En d'autres termes, ça ne va sans doute pas arriver.
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okkaokka   12 novembre 2017
p.195-6.
- On sait que le printemps arrive quand il est temps d'aller récolter les torpilles jaunes ! Bingo ! Les gens craignent ! C'est déjà immonde qu'ils pissent dans des bouteilles pendant qu'ils conduisent... mais ensuite ces connards aux vessies minables les balancent par la fenêtre ! Voilà le coupable pisseur !
- On devrait aller au relais routier quand on aura fini et tout remettre dans la glacière. Ça leur passerait le goût d'être des porcs !
- C'est sûr. Il y a tellement de ces putains de trucs qui traînent dans l'herbe que le village a dû mettre une protection en plastique sur les tondeuses pour qu'on ne soit pas arrosés par les torpilles qui explosent quand on passe dessus ! Ces routiers ont tant la pression de livrer leur cargaison au plus vite qu'ils ne peuvent même pas s'arrêter pour aller aux toilettes. Un rapport du département autoroutier estime qu'il y a un million de ces trucs au bord des routes ! Juste dans notre État ! Et on doit les ramasser... ou les déchiqueter avec la tondeuse.
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NievaNieva   09 février 2017
— Oh, bon sang ! Un piano !! Jeté à la poubelle, putain ! Tu rêves, le riverain !!
— Il y a un mot. "J'ai appelé le chef de service et il a dit que vous prendriez le piano."
— Aaargh !! Lips McCoy frappe à nouveau ! Il ne dit jamais non à personne ! C'est toi, le fondu de piano. Tu ne veux pas le récupérer et l'ajouter à ta collection débile ?
— On dirait qu'il est dehors depuis des années. Détruit par la pluie. Dommage. On aurait bien besoin des muscles de Bone, là. On peut arracher les portes et le couvercle pour l'alléger. Heureusement que c'est un petit. Les gros pèsent plus de 350 kg ! Mais bon...
— J'ai une idée... Voilà. On bloque la grosse plaque à mi-hauteur... Si on peut soulever le piano suffisamment pour attraper le fond, ensuite Betty pourra le tirer entièrement.
— Dieu merci, les roulettes ne sont pas coincées !
— Un.. deux... on pousse !!
— Arg ! Putain de bordel de merde !!
— Ummpf !!
— Encore... un coup ! Pousse ! Eh bien voilà ! Ça a marché !
— Pfiuu !
— Bon, pousse-toi ! Si tu étais décapité par une corde de piano, bonjour l'enfer avec la paperasse.
— C'est... c'est horrible et magnifique ! C'est un concerto en poubelle mineure !
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