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EAN : 9782070329267
160 pages
Éditeur : Gallimard (23/04/1996)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Londres, l'hiver.
Aller à la rencontre de Francis Bacon, entamer l'ultime dialogue auquel il a consenti.
Pourtant il dira: "On ne peut parler de peinture. On ne peut pas."
Prévenance de géant, humilité du labeur. Or il parlera, autrement qu'attendu mais il parlera, dans le clair-obscur de l'atelier, au détour de la rue, dans la nuit des pubs, jusqu'à retourner les questions.

L'enfance, les amis et les rencontres, l'art et la créat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bookycooky
  23 novembre 2019
“ Il faut se méfier des définitions “ dit Francis Bacon, un des peintres les plus fascinants du XX iéme siècle. L'artiste anglais, torturé, aux combinaisons de couleurs éclatantes, orange ( son préféré ), rose, violet, rouge, jaune....aux centres desquelles se meuvent corps et visages déstructurés, amorphes , liquéfiés, enfermées dans des structures géométriques parfaites, n'aime par être comparé, n'a pas d'admiration particulière pour l'oeuvre d'un autre. Philosophie, Littérature, Musique, Psychologie...tout l'intéresse, mais rien, ni personne ne l'épate, ne le subjugue. Ce regard indifférent à un monde dont il est pourtant curieux, semble sincère. Du moins je le pense ainsi. Pour qui en a l'occasion, une exposition restreinte de son oeuvre est en cours au Centre Georges Pompidou à Paris et qui vaut fortement la peine d'être visitée.
“ MA - Et vous vous définiriez comment ?
FB- Peut-être par ce que je n'aime pas.”
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michfred
  09 novembre 2019
Trois entretiens entre Michel Archimbaud et Francis Bacon, qui ont eu lieu dans l'atelier de l'artiste d'octobre 1991 à avril 1992, quelques jours avant le depart de Bacon pour Madrid où il devait mourir d'un infarctus.
Le premier, sous le signe de sa notoriété , de l'incroyable cote de sa peinture -peu intéressant- mais aussi des goûts et passions du peintre, des peintres qu'il a admirés , Picasso en tête, des oeuvres qu'il aime- la Crucifixion de Cimabue- ou qu'il déteste - La Joconde de Vinci.
Le second entretien sous le signe de la musique ,m'a paru tourner assez vite en rond, Archimbaud étant féru de musique et la connaissant en profondeur et Bacon, de son propre aveu, ne comprenant pas la musique, tout en l'aimant de façon instinctive. A l'évidence, le peintre ne sent pas d'affinités entre l'univers musical et son univers pictural, à l'opposé d'un Klee ou d'un Kandinsky et d'un Boulez, par exemple. Coup d'épée dans l'eau un peu prolongé.
Le troisième entretien se déroule sous le signe, plus parlant, cette fois, et surtout plus inspirant, pour Bacon, des lettres et de la peinture.
Les grandes affinités du peintre avec la littérature s'expriment pleinement, surtout quand il peut, comme c'est le cas avec la littérature française, la lire en V.O.
De ces trois entretiens, ce qui est peut-être le plus passionnant, c'est ce que Francis Bacon, avec un grand naturel, et sans compliquer à l'envi sa réponse pour faire croire à un art cérébral et prémédité , répond à propos de deux mystères propres à tout artiste : pourquoi et comment il peint.
Pourquoi? D'où ça vient, la peinture? du coeur , de l'estomac, des tripes? demande Archimbaud. "On ne sait pas d'où ça vient ", confesse modestement le grand peintre anglais.
Et comment se fait une toile? Par une rencontre, une chimie (plus qu'une alchimie, Bacon récusant absolument tout mystère a fortiori toute mystique à la création), une chimie, donc, entre le prémédité et l'accidentel. Par écho aussi, d'un créateur à l'autre, mais pas seulement: également par rejet. Car le rejet aide aussi le peintre à se définir.
Un dialogue éclairant que la mort a malheureusement interrompu , alors qu'on sentait s'installer entre le peintre et son interlocuteur une connaissance, une intimité et une confiance plus profondes, qui auraient permis d'aller plus loin encore dans la compréhension d'une oeuvre jugée bien souvent violente, à la grande incompréhension et au perpetuel étonnement du peintre lui-même .
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thierrygibert
  09 octobre 2019
Un petit opuscule mais un grand moment: Francis Bacon parle sans fard, sans prétention, sans chercher à enoblir son parcours, ses oeuvres ou son processus de création. Il réussit à nous faire partager ce qu'il vit lorsqu'il crée, noments de bonheur et de frustration mêlés. Superbe.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
EffeLouEffeLou   27 octobre 2014
« J’ai toujours trouvé que Shakespeare avait exprimé bien mieux et d’une façon plus juste et plus puissante ce que Beckett et Joyce avaient cherché à dire. Pour parvenir à montrer le maximum de choses avec le minimum de moyens, il faut être très fort. Avoir un instinct très sûr, être très inventif, même Shakespeare n’y est pas toujours parvenu. Il y a des longueurs terribles chez lui. Beckett a cherché, je crois, à dire beaucoup en éliminant au maximum pour se dégager de tout superflu. La démarche est intéressante. En peinture, on laisse toujours trop d’habitude, on n’élimine jamais assez, mais chez Beckett j’ai souvent eu l’impression qu’à force d’avoir voulu éliminer, il n’est plus rien resté, que ce rien en définitive sonnait creux, et que tout cela devenait complètement vide. Il a voulu rendre simple quelque chose de très compliqué, l’idée était peut-être bonne, mais je me demande si le cérébral chez lui n’a pas trop pris le pas sur le reste. (…) Je me demande si les idées de Beckett sur son art n’ont pas fini par tuer sa création. Il y a quelque chose à la fois de trop systématique et de trop intelligent chez lui, c’est peut-être cela qui m’a toujours gêné. »
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michfredmichfred   09 novembre 2019
Cela peut sembler paradoxal, mais c'est une évidence en art: on atteint son but par l'emploi du maximum d'artifice, et l'on parvient d'autant plus à faire quelque chose d'authentique que l'artificiel est patent. Prenez par exemple les poètes grecs ou classiques, leur langue était très artificielle, très construite. Tous, ils travaillaient à l'intérieur d'un cadre très contraignant, cela représentait une soumission considérable, et c'est pourtant ainsi qu'ils ont donné leurs plus grands chefs d'oeuvre, qui nous donnent à nous cette impression de liberté et de création maximales.
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BookycookyBookycooky   23 novembre 2019
..... beaucoup de gens confondent la psychanalyse avec la confession. Ils vont un peu chez leur analyste comme on va chez son directeur de conscience , et l’analyse devient une sorte de démarche religieuse. C’est un peu comme si on allait à l’eglise. Vous savez , les gens adorent parler d’eux et de leurs petits problèmes.
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BookycookyBookycooky   22 novembre 2019
Le plus important reste de regarder de la peinture,de lire d la poésie ou d’entendre de la musique. Non pas pour comprendre ou connaître, mais pour ressentir quelque chose.
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Iren40Iren40   22 mars 2015
C'est vrai, j'ai le sentiment d'avoir passé la plus grande partie de ma vie seul, mais en réalité cela dépend des circonstances. Si je travaille, je n'ai pas envie de voir des gens, je n'ai aucune envie de recevoir des visites. C'est pour ça que la sonnette de mon atelier ne marche pas. On peut sonner, je n'entends pas. C'est bien sûr beaucoup mieux pour moi de ne pas être dérangé dans des moments comme ceux-là. La seule exception que je ferai, peut-être, ce serait au cas où je serais très amoureux, mais bien sûr, ce sont des situations exceptionnelles, surtout quand on devient vieux.
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