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EAN : 9782742703920
152 pages
Éditeur : Actes Sud (04/06/1999)
3.83/5   9 notes
Résumé :

" Voici un écrivain célèbre que la justice de son pays, réputée dans toute l'Europe pour son respect des droits de la défense, a condamné pour homosexualité à deux années d'emprisonnement. (...) Pareil destin a suscité depuis un siècle de nombreux ouvrages (...). Comme Oscar Wilde était d'abord homme de théâtre (...), j'ai choisi de raconter l'histoire de sa chute sous la forme tr&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ciryaher
  20 février 2014
Je ne connais aucun écrivain aussi bien qu'Oscar Wilde. le Portrait de Dorian Gray, qui repose sur mon étagère dans ses versions originales et françaises, en multiples exemplaires, m'a profondément marquée. Depuis ce temps, Wilde est mon influence première.
Afin de mieux connaître celui dont les écrits m'intriguent autant, j'ai lu un grand nombre de biographies, et des écrits parallèles sur sa vie et son oeuvre. C.3.3, pièce de théâtre française sur le procès qui mena Wilde en prison, se devait de figurer sur mon étagère, au milieu de ces quelques trente ouvrages que je possède déjà.
La lecture d'une pièce de théâtre est délicate, et paradoxale. C'est une évidence : une pièce est écrite pour être jouée, et non pas pour être lue. La littérature demande une introduction, une préparation, que la lecture d'une pièce de théâtre n'offre pas. Même si je ne refuse pas d'aborder -dans certains cas- le théâtre comme un objet littéraire, il s'agit avant tout d'un art vivant, que l'on observe et que l'on écoute.
C.3.3. raconte la chute d'Oscar Wilde, comprimée ici dans une courte période de sa vie. Cet écrivain dandy, fasciné par Bosie (Lord Alfred Douglas, son jeune amant), se laissera entraîner dans un procès public pour homosexualité. Condamné, il sortira transformé de ces deux années de travaux forcés.
Je ne situe pas la chute d'Oscar Wilde à l'annonce de son procès. Elle commence, selon moi, bien avant l'affaire publique; à sa rencontre avec Bosie. Comment l'un des esprits les plus brillants du XIXème siècle a-t-il pu connaître un tel déclin ? Quelle influence, monstrueuse et fascinante, a pu avoir le jeune Lord sur le maître ?
La déchéance d'Oscar Wilde -le terme n'est sans doute pas le bon- a été lente et discrète. le procès n'en est que le dénouement visible et grossier.
Ce que Wilde écrivit dans sa cellule en est d'ailleurs l'illustration : de Profundis est une oeuvre bouleversante de sincérité. L'écrivain ne s'y embarrasse plus des effets de style et de la perspective qu'il sera publié et lu. Mise à nu, son écriture est vive et déchirante, certes embarrassée de répétitions et de longueurs, mais sublime.
J'aurais souhaité lire les prémisses de cette confession. J'aurais voulu entendre ce qu'un autre que moi a saisi de cette relation. Qui était Wilde avec Douglas ? Et qu'était-il sans lui ?
Lire du théâtre, c'est s'attacher à la phrase, à l'utilisation du mot qui va être prononcé, au rythme des dialogues.
Badinter a cerné l'esprit De Wilde dans les scènes du procès. Son arrogance, ses vues sur l'art, sa générosité, son cynisme, sa fidélité aux autres et à lui-même.
Mais Wilde n'a pas assez de place. Il y aurait à écrire pour cent pages encore.
A lire, C.3.3. est un résumé bien mené du procès de l'écrivain. C'est aussi une introduction à ce que l'Angleterre a fait De Wilde, quand, après l'avoir admiré, elle le repoussa et l'humilia jusqu'à sa mort.
J'aurais voulu voir jouer C.3.3. pour me prononcer sur le traitement. Il y avait, encore une fois, tant de choses à dire sur la relation De Wilde et Douglas, que cette narration du procès paraît bien légère.
A noter cependant : une courte et éclairante préface sur les recherches menées par Robert Badinter sur le procès.
Lien : http://latheoriedesmasques.c..
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minon
  20 février 2016
J'ai pu constater à quel point il était difficile d'assumer ses différences à cette époque. Je lui ai trouvé, à Wilde, un esprit chevaleresque et une sacrée dose de courage face à la machine judiciaire victorienne. Il va même jusqu'à refuser de s'échapper en France, par fierté. J'ai lu plus tard l'excellente biographie d' Oscar Wilde par Daniel Salvatore Fischer où il décrit en détail toute l'affaire. A lire aussi " de Profundis", adressé à son amant et écrit depuis sa cellule de Reading. C'est fin et brillant, si tant est qu'il est besoin de le rappeler concernant Wilde !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
NievaNieva   24 décembre 2014
CARSON — Passons à cette lettre que vous avez adressée à lord Alfred Douglas. Pourquoi un homme de votre âge écrit-il à un jeune homme de vingt ans "mon garçon à moi".
WILDE — Parce que j'avais beaucoup d'affection pour lui.
CARSON — Vous l'adoriez, selon votre expression ?
WILDE — Non, mais je l'ai toujours beaucoup aimé. Cette lettre, monsieur Carson, est en vérité un poème, pas une simple lettre. Vous pourriez aussi bien me demander si Le Roi Lear ou les sonnets de Shakespeare sont convenables. Vous connaissez les sonnets de Shakespeare, je pense ?
CARSON — Supposons qu'un homme qui ne serait pas un artiste ait écrit cette lettre, vous la trouveriez convenable ?
WILDE — Un homme qui ne serait pas un artiste n'aurait jamais écrit une telle lettre.
CARSON — Je ne vois pas cependant où est l'art dans une phrase comme celle-ci : "Tes lèvres rouges sont comme des pétales de rose" ou bien "ton âme svelte et dorée marche entre passion et poésie". Vous trouvez cela beau ?
WILDE (sèchement) — Pas quand vous lisez, maître Carson. Vous lisez très mal.
CARSON — Je ne prétends pas être un artiste, moi, monsieur Wilde. Et quand je vous écoute, je préfère ne pas en être un.
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CiryaherCiryaher   20 février 2014
CARSON. Dans le même numéro, figure une nouvelle « Le prêtre et l’enfant de choeur ». Vous l’avez lue ?
WILDE. Oui.
CARSON. L’auteur raconte comment un prêtre s’éprend d’un enfant de choeur et lui fait boire, au cours de la messe, un vin empoisonné. Cette histoire vous paraît-elle blasphématoire ?
WILDE. Je trouve cette nouvelle détestable d’un point de vue littéraire, ce qui est bien pire.
CARSON. Vous êtes indifférent à la portée morale d’une oeuvre ?
WILDE. Tout à fait. Quand j’écris, je ne m’intéresse ni au bien ni au mal, seulement à la beauté.
CARSON. Dans la même revue, vous avez publié quelques maximes à l’usage de la jeunesse. En voici une : « La perversité est un mythe inventé par les gens de bien, pour expliquer le curieux attrait éprouvé par d’autres. » Vous croyez que c’est vrai ?
WILDE. Ce qui j’écris est rarement vrai.
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