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ISBN : 2081231441
Éditeur : Flammarion (10/02/2010)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 195 notes)
Résumé :
4° de couverture

Trente ans après L’Amour en plus, il se livre une véritable guerre idéologique souterraine, dont on ne mesure pas encore pleinement les conséquences pour les femmes. Le retour en force du naturalisme — qui remet à l'honneur le concept bien usé d'instinct maternel — constitue le pire danger pour leur émancipation et l'égalité des sexes.

À force d'entendre répéter qu'une mère doit tout à son enfant, son lait, son temps et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  19 août 2017
Etat des lieux intéressant sur la femme et sa relation à la maternité en Europe et Amérique du Nord, sous forme de tableaux, extraits d'analyses et réflexions sur les différentes politiques et cultures de ces pays.
Badinter s'attache à démontrer que la vague de naturalisme qui sévit depuis les années 80 entraîne une régression des droits des femmes par rapport aux années 70 ( sa propre génération versus les suivantes). Grands coupables: l'allaitement, celui au sein j'entends, et surtout, surtout, La Leche League qui à coups de campagnes de pub et accords judicieux avec diverses organisations de santé culpabilise les femmes qui ne sont pas prêtes à se sacrifier totalement pour leur progéniture. Ca passe bien sûr par l'allaitement donc, mais aussi le maternage, le cododo, le congé parental ou plus si possible.
L'allaitement: question sensible chez Badinter, qui en parlait déjà pas mal dans L'Amour en Plus. Personnellement, étant passé par ces diverses étapes par choix personnel (mais peut-être réfutera-t-elle le terme de choix?), je n'ai pas vécu tout ça comme une aliénation et je suis heureuse d'avoir lu ce livre après avoir eu des enfants! Mais je comprends bien que Badinter tient à mettre le doigt sur l'influence écrasante que peuvent avoir les regards et les pressions extérieures sur une femme, aujourd'hui.
C'est une lecture intéressante qui suscite pas mal de questionnements sur un point - la maternité, désirée ou rejetée - qui est à la fois très intime et très social.
En revanche, j'ai pas mal bondi lorsqu'elle aborde, au début du livre, la progression des mouvements écologistes d'un ton sarcastique assez proche du mépris. Question de génération?
Enfin, en reprenant au dernier chapitre les points de son premier essai l'Amour en Plus, Badinter montre comment la France et les Français font figure d'exception quand il s'agit de maternité. Intriguant!
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LucileMM
  25 mars 2017
Dans cet Essai paru en 2010, Elisabeth Badinter offre une analyse intéressante de l'évolution du féminisme depuis les années soixante-dix.
Elle détaille comment l'arrivée d'un féminisme « naturaliste » s'appuyant principalement sur l'écologie et sur un renforcement des tenants de l'instinct maternel universel (relevant de la biologie) aurait abouti dans les faits à faire peser sur les femmes un choix impossible.
Être une bonne mère aujourd'hui, passerait notamment par l'allaitement prolongé et une garde familiale jusqu'au trois ans de l'enfant (voire l'utilisation des couches lavables…). Qui plus en est, dans notre société où la maternité est devenue un choix, difficile de ne pas vouloir donner « le meilleur » à cet enfant désiré et attendu.
Vous le voyez venir le choix impossible ?
Et oui, comment dans ces conditions mener de front maternité et carrière de haut vol ?
Même si je ne partage pas toutes les convictions d'Elisabeth Badinter, j'ai apprécié le côté extrêmement argumenté de son état des lieux, et le fait que tout en long de son texte, ce qu'elle dénonce, c'est ce jugement social dont la femme sera finalement victime quel que soit le choix qu'elle fasse.
Ne pas avoir d'enfants (égoïste), mener une carrière professionnelle de front avec sa maternité (mauvaise mère) ou bien décider de s'occuper exclusivement de ses enfants (pas intéressante).
Mesdames, il semblerait que nous serons de toutes façons perdantes, alors fermons les écoutilles, écoutons notre voix intérieure et surtout, faisons nous confiance!
Challenge Multi-défis 2017
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tantquilyauradeslivres
  17 février 2018
J'avais déjà lu ce livre il y a quelques années (je n'avais pas encore d'enfant à l'époque) et je me rappelle que de nombreux passages m'étaient alors restés en travers de la gorge. Suite à mes lectures de Sarah Blaffer Hrdy il y a peu, j'ai voulu relire le livre d'Elisabeth Badinter. En effet, certains articles tendent à opposer leurs points de vue et toutes deux se citent mutuellement dans leurs écrits, à la différence près que si Sarah Blaffer Hrdy parle d'Elisabeth Badinter et de ses essais de manière plutôt respectueuse, cette dernière tend au contraire à "démonter" la thèse de Sarah Blaffer Hrdy. J'ai donc voulu relire le conflit, la femme et la mère... et j'en ai gardé un goût plutôt amer!
Ce livre a été salué comme étant un ouvrage très féministe. Selon Elisabeth Badinter, le mouvement féministe des années 70 a été oublié au profit du naturalisme, lequel représente un véritable retour en arrière pour la femme. de nombreuses femmes sacrifieraient leur vie professionnelle et leur épanouissement pour leurs enfants auxquelles elles sont censées "tout devoir".
La thèse d'Elisabeth Badinter comporte des aspects très intéressants et on la sent véritablement engagée pour la cause féminine mais... pour moi il y a un grand, un énorme "mais" ! J'ai lu ce livre avec mes yeux de femme mais aussi -et sans doute surtout- avec mes yeux de mère... et c'est là que le bât blesse car visiblement je suis le type de mère qu'Elisabeth Badinter qualifierait sans doute "d'esclave de ses enfants" : une mère qui a pris un congé parental et a pratiqué plusieurs aspects de ce qu'elle appelle le "naturalisme" (certains nomment cela le maternage proximal : à savoir entre autres l'allaitement, le portage en écharpe, le cododo, les couches lavables, le fait de préparer soi-même les repas et d'éviter la nourriture industrielle etc). Est-ce que cela fait de moi une anti-féministe?
L'allaitement, est, selon l'auteur, l'"empêcheur de tourner en rond du féminisme" (ce ne sont pas ses propres mots mais ma manière de résumer les choses) et il existerait une véritable pression poussant les femmes à allaiter, souvent contre leur gré. Elle se penche notamment sur le cas de la Leche League qu'elle considère visiblement comme la grande ennemie du féminisme. Elle en parle avec une ironie et une dureté qui m'ont paru assez injustifiées. A mes yeux, La Leche League est davantage un réseau de soutien et aux femmes souhaitant allaiter qu'un mouvement culpabilisateur face à celles qui ne le souhaitent pas. Dans le même ordre d'idée, je l'ai trouvé extrêmement dure avec les hôpitaux dits "Amis des Bébés".
Elisabeth Badinter dénonce une véritable pression sociale qui imposerait l'allaitement aux mères mais ne se base pour cela que sur le point de vue de ces dernières, ne se demandant absolument pas quel genre de pression est souvent imposée à celles qui allaitent leur enfant. Les discours en France tendent peut-être vers l'allaitement mais c'est loin d'être la vision globale de la société. Il est vrai qu'il existe parfois une certaine culpabilisation envers les mères qui donnent le biberon mais c'est aussi le cas envers les mères qui allaitent, envers celles qui refusent de laisser pleurer leur enfant et celles qui le laissent pleurer, envers celles qui reprennent tôt le travail et envers celles qui choisissent de rester auprès de leur enfant quelques temps, etc. Quel que soit l'objet de la culpabilisation, elle est toujours là à un moment ou un autre. le jugement d'autrui envers les mères a toujours existé et peut-être est-ce contre cela qu'il faudrait lutter plutôt que contre l'allaitement...
Allaiter semble être, aux yeux d'Elisabeth Badinter, en parfaite contradiction avec ce pour quoi les femmes en France se sont battues dans les années 70, notamment du fait de disposer de leur corps selon leurs souhaits. Mais une mère qui choisit d'allaiter ne fait elle pas également ce choix -là? Pourquoi se placer uniquement du côté de celles qui ont allaité parce qu'elles s'y sentaient obligées et non également de celui des femmes qui ont fait ce choix de manière libre et éclairée ou de celles qui ont nourri leur enfant au biberon sans pour autant en être culpabilisées ?
Je pourrais écrire un livre sur le sujet tant j'ai d'exemples en tête mais je vais éviter de m'appesantir là-dessus. Je dirai juste que je trouve extrêmement dommage et trop simple d'opposer ainsi l'allaitement au féminisme.
Il en est aussi de même, à mon avis, pour ce qu'Elisabeth Badinter nomme le "naturalisme " en général. Se soucier de l'avenir de la planète va t-il vraiment à l'encontre de la libération de la femme? Elle n'a certes pas tort lorsqu'elle dit que ce ne seront pas les papas qui nettoieront les couches lavables car effectivement, dans la plupart des familles, ce sont les femmes qui endossent le plus gros pourcentage des tâches ménagères. Mais n'est-ce pas prendre le problème à l'envers que d'en reporter la faute sur le "naturalisme"? N'est ce pas plutôt une question d'agissement sociétal entre homme et femme plutôt qu'une question d'écologie? Peut-on vraiment parler de retour en arrière concernant les couches lavables ou le fait de préparer soi-même les repas de son enfant ? Ne serait ce pas plutôt une simple prise de conscience? Il est vrai que dans les années 70, les couches jetables et les petits pots tout prêts pour les bébés ont simplifié la vie des mères mais le contexte écologique et ce qu'on en connaissait à ce moment-là n'était pas le même. le fait de cuisiner bio peut-il être considéré comme un retour en arrière pour la femme alors qu'après tout, faire la guerre aux pesticides et aux plats industriels est aussi une manière de lutter contre une aspect de la société et de prendre soin de son propre corps et de celui de ses enfants, ce qui peut finalement rejoindre le courant féministe si l'on considère les choses sous un autre angle. Etre "citoyenne de la planète" en tentant de protéger celle-ci empêche t-il vraiment d'être femme?
Dans le même ordre d'idée, pourquoi un tel acharnement contre celles qui refusent la péridurale ou souhaitent accoucher chez elles? Pouvoir décider ou non d'avoir une péridurale ou décider le lieu où l'on souhaite accoucher est un choix, une liberté qui est offerte à la femme alors pourquoi juger cela ? Et pourquoi diviser les femmes entre deux catégories (pour résumer les mères "natures" qui allaitent, cuisinent bio, utilisent des couches lavables et arrêtent de travailler et les mères "non natures" qui donnent le biberon, reprennent le travail tôt et donnent des petits pots tout prêts). j'ai trouvé ce "tri" très caricatural...
Quand à considérer le bébé comme "le meilleur allié de la domination masculine", j'ai trouvé cela assez terrible... surtout si l'on considère que près de la moitié des bébés en questions sont des filles et donc des futures femmes qui infligeraient à leurs mères le poids d'une domination qu'elles mêmes seraient plus tard amenées à rencontrer pour les mêmes raisons. Faudrait il alors casser la dyade mère/enfant si importante les premiers mois car celle-ci nuirait à la femme et, selon les propos d'Elisabeth Badinter, exclurait le père? Quitte à tenir exactement le genre de propos qui semble alarmer l'auteur, je pense que cette dyade mère/enfant si fusionnelle au début de la vie de l'enfant est essentielle. Défendre le droit des femmes reviendrait il alors à refuser à la mère et l'enfant cette soif de proximité qui les réunit dans un premier temps? Je ne comprend pas en quoi le peau à peau à la naissance, proposé dans le but de favoriser l'attachement entre la mère et l'enfant (et le père aussi d'ailleurs!) serait aliénant pour la femme. Il est bien beau de vouloir défendre les droits de la femme et la place du père mais et l'enfant dans tout cela? N'est-il pas important que ses besoins - et le contact si intense avec sa mère les premiers mois fait parti de ces besoins- soient pris en compte? Considérer le bébé comme un tyran à l'âge où il est, somme toute, le plus innocent me paraît très triste. Ce sont les bébés qui seront les futurs hommes et les futures femmes de demain. Si leurs besoins sont niés dés la naissance au profit d'un confort parental ou d'une idéologie, il est quelque part logique qu'ils en gardent des traces et se manquent mutuellement de respect entre eux à l'âge adulte...
J'ai donc trouvé la vision d'Elisabeth Badinter à propos des "mères natures" à la fois caricatural, sarcastique et mal renseignée. D'ailleurs, où sont les sources de ce qu'elle prétend? Les entretiens, les faits scientifiques (car mine de rien, on a beau être dans de la sociologie, certaines questions abordées relèvent également de la science), les statistiques? Il m'a semblé qu'il y avait un certain manque d'information dans ce livre. J'ai eu à certains moments davantage eu l'impression de lire un traité de vengeance et de moqueries plutôt qu'un essai sociologique. Et c'est vraiment dommage car par ailleurs, Elisabeth Badinter soulève des questions particulièrement intéressantes telles que la parité homme/femme au sein d'un couple mais également dans le milieu professionnel. Elle nous parle également du fait de ne pas vouloir d'enfant ce qui, aux yeux de la société est souvent incompris, de la différence entre le fantasme et la réalité de la maternité, les différentes politiques familiales, l'ambiguïté de la féminité ...
Bien que consciente de la chance que j'ai d'être femme ici et non à certains autres endroits de la planète, j'ai également conscience qu'il existe encore en France de gros problèmes au niveau de parité entre les hommes et les femmes et je trouve extrêmement important et honorable de militer pour les droits des femmes. La place du père auprès des enfants est également un sujet sur lequel il mérite de se pencher mais contrairement à Elisabeth Badinter, je ne pense pas que la non implication de certains pères soient dus à l'allaitement ou au peau-à-peau. Il y a un réel travail à effectuer sur cette implication ainsi que sur la parité des hommes et des femmes dans le milieu professionnel. Les questions soulevées par l'auteur sont réellement dignes d'intérêt et méritent qu'on se batte pour accéder à cette parité mais je pense néanmoins qu'Elisabeth Badinter ne s'en prend pas aux bons "coupables "...
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VincentLavandier
  28 mars 2012
A lire - “Le conflit” - Elisabeth Badinter.
Sous titré : la femme et la mère.
Destiné aussi bien aux hommes qu'aux femmes cet essai sur la maternité et la femme est passionnant.
Elisabeth Badinter y décrit avec précision les pressions sociétales que subit la femme pour devenir mère.
Je dois reconnaître que pendant longtemps, je pensais moi aussi qu'une femme qui n'avait pas eu d'enfant ne pouvait pas tout à fait être femme.
Parce qu'elle n'avait pas connu la maternité ?
En réfléchissant bien je me rends compte qu'il y en a beaucoup qui après cette aventure ne sont plus jamais femme, mais seulement mère et plus rien d'autre. Et que nombreuses sont plus épanouies que beaucoup de leur coreligionnaires qui ont pu vivre les joies de l'enfantement…
Cette vision de l'épanouissement extatique de la femme dans son rôle de mère consisterai également à passer par pertes et profits toutes celles qui n'aiment pas être mère… mais qui n'osent pas l'avouer.
Et puis il y a une critique de la Letche League.
Letche League que je qualifierai de sectaire tant leur vision de la femme est restrictive.
Allaite et t'es toi !
La femme ? une vache à lait.
Son épanouissement professionnel ?
Son épanouissement conjugal ?
Son épanouissement sexuel ?
Allaite et tais toi…
Et je ne les aime pas pour une deuxième raison.
La Leche Ligue nie le rôle du père autrement que comme protecteur.
Mais moi j'ai le droit et le devoir aussi, de nourrir mes enfants, de me lever également la nuit pour donner la becquée. Si nous avions suivi les préceptes de ces extrémistes je n'aurai surement pas passer ces moments si émouvant avec mes enfants, la nuit, en tête à tête… à deux heures du matin.
Et je ne parle même pas de leur arguments pseudo scientifiques qu'aucune étude ne vient étayer…
Enfin, je vous laisse lire le livre d'Elisabeth Badinter, elle explique cela beaucoup mieux que moi.
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Chahrazed11
  30 avril 2018
La lecture de cet ouvrage est certes compliquée, parfois ennuyeuse mais en même temps très intéressante pour celles et ceux qui se posent la question de la parentalité. Badinter déconstruit ici certains préjugés sur la maternité, la féminité et la paternité. Plus intéressant encore, ce livre dénonce également l'effacement des revendications féministes depuis les années 80-90 au profit de la crise de l'identité.
Tout d'abord, je dois dire pourquoi la première lecture fut ennuyeuse pour moi. C'est en fait totalement subjectif. Je sors à peine de l'élaboration d'une thèse et j'avais envie de lire autre chose que des chiffres, des dates et des longues notes de bas de page qui perturbent la lecture continue du texte…J'ai donc abandonné la lecture au bout du premier chapitre pour lire un autre livre avant de reprendre le conflit à la source pour apprécier au fur et à mesure la portée et l'intérêt sociétal et scientifique de ce texte documenté en discours performatifs (qui agissent sur les interlocutrices) comme en études quantitatives et qualitatives sur les femmes et la maternité…
Ce livre se base souvent sur des chiffres auxquels j'aurais préféré les témoignages des « childless : les femmes sans enfant » et de celles qui choisissent d'être mères et refusent de « se conformer au nouveau diktat du principe de précaution ». Mais le véritable intérêt de cette analyse du conflit femme/mère/institution est de démontrer en quoi l'image de la mère idéale n'existe pas. En effet, les discours naturalistes qui sont de plus en plus contraignants (fais pas ci, fais pas ça…) ne sont qu'une manière de culpabiliser les femmes et les mères en leur faisant croire par exemple que l'allaitement est obligatoire. Ces discours sont considérés comme « légitimes » car ils sont énoncés par des médecins, des sages-femmes, des infirmières ou des institutions mondiales aussi respectées que la Leche League, l'UNICEF ou l'OMS ou encore l'UE. Or, E. Badinter déconstruit ce qu'elle nomme la « bataille du lait » à travers la référence à plusieurs études, dont l'étude de Geoff der dans laquelle il avait démontré en 2006 que le facteur essentiel qui influence le QI de l'enfant était « le milieu socioculturel de la mère et que l'allaitement n'avait aucune influence sur le QI » (p140). Ainsi, à travers des thématiques qui peuvent sembler banales car traitées habituellement dans des revues de femmes, des dictionnaires médicaux ou des magazines de psychologie, l'historienne, philosophe et féministe, Elisabeth Badinter a réussi dans un essai assez documenté à déconstruire toute une idéologie patriarcale soutenue et défendue, non plus par les hommes, mais par certaines femmes soucieuses de se venger des « mauvaises mères » irresponsables des années 70 (ce sont les filles de mères féministes qui eurent 20 ans en 1990). Derrière le ressentiment de ces filles probablement inconscientes des avancées en droit que leurs mères ont réalisé (l'avortement, la contraception, le travail et la liberté sexuelle…), c'est le retour au naturalisme à travers l'institution d' « une nouvelle définition de la féminité » qui passe nécessairement par un « destin maternel » caractérisé par la frustration (ex :tolérance zéro à l'alcool et au tabac, obligation de l'allaitement, rejet du biberon, des contraceptions, des crèches et des nounous). Tous ces changements qui ne font pourtant pas de bruit au vu de la crise économique et identitaire en Europe doivent nous alerter sur la menace de ce nouveau « naturalisme écologique » qui, « à force de trop charger la barque » devient le premier obstacle à une maternité apaisée. Il reste aux femmes à imposer leurs désirs et leurs volontés contre tout discours culpabilisant et pour une féminité et une maternité réconciliées. Car « à force d'entendre répéter qu'une mère doit tout à son enfant, son lait, son temps et son énergie, sous peine de le payer fort cher par la suite, il est inévitable que de plus en plus de femmes reculent devant l'obstacle. » (Badinter 2010 : 252).
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
tamara29tamara29   14 septembre 2014
Chaque culture est dominée par un modèle maternel idéal qui peut varier selon les époques. Qu'elles en soient conscientes ou non, il pèse sur toutes les femmes. On peut l'accepter ou le contourner, le négocier ou le rejeter, mais c'est toujours par rapport à lui qu'on se détermine en dernière instance.
Aujourd'hui, le modèle est plus exigeant que jamais. Davantage encore qu'il y a vingt ans où l'on remarquait déjà l'extension des devoirs maternels. [...]
Comme par ailleurs, l'idéal féminin ne recouvre pas le modèle maternel et que l'épanouissement personnel est la motivation dominante de notre temps, les femmes se retrouvent au coeur d'une triple contradiction.
La première est sociale. Alors que les partisans de la famille traditionnelle blâment les mères qui travaillent, l'entreprise leur reproche leurs maternités répétées. [...]
La seconde contradiction concerne le couple. On l'a vu, l'enfant n'est pas propice à la vie amoureuse. La fatigue, le manque de sommeil et d'intimité, les contraintes et les sacrifices qui imposent la présence d'un enfant peuvent avoir raison du couple. [...]
La contradiction la plus douloureuse réside au sein de chaque femme qui ne se confond pas avec la mère. Toutes celles qui se sentent écartelées entre leur amour pour l'enfant et leurs désirs personnels. Entre l'individu égoïste et celle qui veut le bien-être de son petit. L'enfant conçu comme une source d'épanouissement peut donc se révéler un obstacle à celui-ci.
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MyriamBachonMyriamBachon   19 juillet 2010
Le maternalisme tant prôné n'a pour l'heure engendréni matriarcat, ni égalité des sexes, mais plutôt une régression de la condition des femmes. Régression consentie au nom de l'amour que l'on porte à son enfnat; du rêve de l'enfant parfait et d'un choix moralement supérieur..... Chacun le sait: rien ne vaut la servitude volontaire!.... C'est l'innocent bébé- bien malgré lui- qui est devenu le meilleur allié de la domination masculine.
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MyriamBachonMyriamBachon   19 juillet 2010
L'idée convenue que l'enfant renforce la solidité d'un couple a fait long feu.... A l'inverse; les couples sans enfant se plaisent à souligner les avantages du tête à tête : vivre l'un pour l'autre, faire plus de choses à deux que les parents, être à l'écoute des sentiments et des désirs de l'autre.
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sasmira44sasmira44   26 septembre 2011
Si l'allaitement est un droit, le non allaitement l'est-il encore? (...) A présent, le discourt a changé et tend à se faire plus ferme. (...) On parle de moins en moins de droit et de plus en plus de devoir. Aujourd'hui le biberon [est] synonyme d'égoïsme maternel. (...) Pourtant certaines adeptes de la Lèche League [pour l'allaitement maternel] (...) se plaignent de n'être plus qu'un "repas ambulant" ou une "tétine géante"
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sasmira44sasmira44   10 octobre 2011
Le retour en force du naturalisme, remettant à l'honneur le concept bien usé d'instinct maternel et faisant l'éloge du masochisme et du sacrifice féminins, constitue le pire danger pour l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes.
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Elisabeth Badinter : Les femmes, la burqa, la prostitution".
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