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EAN : 9782213636993
158 pages
Fayard (13/03/2008)
3.53/5   32 notes
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Fayard - 04/2008)


Au milieu du XVIIIe siècle, le petit infant de Parme, Ferdinand, est l'objet d'une expérience sans précédent. Désirant en faire un prince moderne, sa mère, Louise Elisabeth, fille de Louis XV, lui donne pour instituteurs l'élite des philosophes français. Convaincus que l'éducation fait l'homme, ils vont pouvoir expérimenter sur lui le bien-fondé de leurs théories. Alors que toute l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Cette histoire rapide mais assez complète de Ferdinand de Bourbon-Parme, petit-fils de Louis XV et de Philippe V d'Espagne est d'abord le fruit de l'intérêt que je porte personnellement à cette ville italienne de Parme où je trouve grand plaisir à séjourner, tant elle brille d'Histoire, d'Arts, d'Architecture, de Culture et de Gastronomie.
Ferdinand règne donc sur le petit duché de Parme, tiraillé qu'il est entre une éducation française inspirée des Lumières et un tropisme naturel vers la bigoterie…
Ni complètement l'un, ni parfaitement l'autre, Ferdinand aura surtout été un souverain médiocre…comme trop de ceux à qui le pouvoir ne fut donné que par leur seule naissance.
Ce livre attire l'attention par le combat qui pouvait se mener alors entre les tentations éducatives des uns et des autres qui posent déjà l'éducation comme sujet majeur de l'avenir et du développement des peuples, sujet o combien d'actualité lorsqu'on voit les attaques dont il fait l'objet dans notre pays.

Cet abrégé d'histoire parmesane d'Elisabeth Badinter a aussi le mérite de faire exister des grands souverains de l'époque et notamment Marie-Thérèse ou même Louis XV qui nous rappellent une Europe disparue.
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Comme à son habitude, Elisabeth Badinter me comble par son écriture et son travail de recherche.
L'Infant de Parme pose bien des questions sur l'éducation...
(...) Il instaure une nouvelle relation entre le maître et l'élève: la coopération se sustitue à l'autorité.
Avant tout: se mettre à la portée de l'enfant et procéder par étapes, dans le respect de ses rytmes à lui. C'est le maître qui doit s'adapter à l'élève et non l'inverse.
Le but est d'apprendre à penser (...)
(...) raisonner avec lui (...)
l'éducation ne peut aller avec l'autoritarisme et la rigueur. Ce qui rend les enfants violents et non responsables. Elle n'inspire pas le respect, mais bien la haine. L'éducation est indispensable pour "perfectionner" l'aptitude naturelle, si elle est bonne. Mais elle peut également "l'étouffer ou l'égarer, si elle est mauvaise".

L'éducation ne saurait pourvoir à tout...
Au milieu du XVIII siècles, le petit infant de Parme, Ferdinand est l'objet d'une expérience sans précédent.

Je trouve ce livre tout à fait d'actualité sur le métier de professeur. Il doit succiter le désir d'apprendre.
Dans la vie, nul de doit prendre notre vie en main. Les profs, parents sont là pour accompagner, éduquer afin de mener le petit sur la route du savoir.
Personne ne doit juger notre vie, elle est notre. Aucune fatalité n'existe, si on nous permet d'exister.
Prendre sa vie en main, sans jugement.
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Fils de Philippe de Parme et de Louise Elisabeth (elle-même fille de Louis XV), le petit Ferdinand a été l'objet de toutes les attentions, en particulier à partir de l'âge de six ans. A partir de ce moment-là en effet (en 1757), les meilleurs philosophes français vont être nommés pour l'instruire. Ses parents étant souvent absents, l'enfant va alors être élevé par des personnes convaincues que l'éducation fait l'homme, et qui ont envie d'expérimenter sur lui cette théorie. Toute l'Europe des Lumières a donc les yeux braqués sur le petit Ferdinand, qui est porteur des plus grandes espérances.

Mais le garçon, d'abord dépeint comme très travailleur et docile, montre aussi un goût très prononcé pour la religion, ce qui est incompatible avec l'éducation voulue pour lui, au grand dam se ses instructeurs qui n'hésitent pas à avoir recours aux châtiments corporels pour le punir. Cela avec l'assentiment des parents de Ferdinand, puisque tel est l'usage à l'époque. Les années passant, le garçon déçoit peu à peu tous ceux qui plaçaient tant d'espoir en lui. Devenu homme et infant à son tour, il est surnommé « le prince des bigots ». Il finit par entrer en conflit avec les hommes qui l'ont vu grandir, et dont certains dirigent à ses côtés. Les philosophes des Lumières ne peuvent que constater cet échec, mais qui en est responsable ? Certains affirment que les maîtres ont été trop sévères avec l'enfant, alors que pour d'autres, l'éducation était bonne mais la nature de l'élève était mauvaise.

Elisabeth Badinter ne tranche pas la question dans ce petit livre très intéressant. Elle se contente de nous brosser le portrait objectif de ce personnage historique méconnu, à la fois bigot et jouisseur, dans un ouvrage très accessible qui se lit comme un roman. Bref, j'ai beaucoup aimé.

Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Cette biographie de l'infant de Parme m'a beaucoup intéressée par les questions qu'elle pose sur le caractère d'une personne,le rôle de l'éducation,de sa qualité ou de ses manques,l'influence des fréquentations.
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Combats de croyances et de culture, s'opposant et s'annihilant.
Siècle de religion et de lumières qui aux détours des politiques des uns et des autres s'effacent et s'influencent.

Prince de culture, de religion et de croyances que la jeunesse et son impétuosité ont égaré sur les chemins d'un règne d'illusions et de déceptions.

Parcours à emprunter dans un dix huitième siècle de découvertes et de changements.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Ecartelé entre des exigences contradictoires
Ferdinand est l’enjeu d’une opposition souterraine entre le clan italien et le clan français. Pour des raisons politiques, mais aussi religieuses. Les Parmesans nourrissent du ressentiment à l’égard de ces Français qui tiennent le haut du pavé dans les duchés. En outre, ils ont une conception différente des pratiques religieuses et de la place de la religion dans la cité, à cause notamment de leur ancienne inféodation au pape. A leurs yeux, les Français font presque figure de mécréants. C’est donc un devoir d’attirer le jeune prince dans leur camp. Face à la camarilla française, qui incarne le modernisme, le progrès des arts, des sciences et de l’industrie, la noblesse locale est arc-boutée sur ses valeurs traditionnelles et défend bec et ongles le primat de la religion. Outre Ponticelli, la noblesse de cour, incarnée par le marquis Bergonzi ou le compte Lucchino Del Verme, fera tout pour rallier Ferdinand, déjà enclin à la rejoindre. Mais l’influence française est puissante. Au-delà de celle de ses maîtres, l’enfant ne saurait oublier ses origines françaises.
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Pourtant sa sœur Isabelle, qui a assisté aux leçons et fut certainement témoins de la sévérité des maîtres, en tire les leçons de manière étonnamment moderne. Elle rédige des "réflexions sur l'éducation" qui prennent le contre-pied exact de celle qu'elle-même et son frère ont reçue. Non seulement elle rend les parents responsables de tous les échecs de l'éducation de leurs enfants, mais elle s'en prend à l'autorité et à la rigueur de ceux auxquels ils la délèguent. Elle dénonce les dangers de la première, qui rend les enfants violents, impatients, têtus, et de la seconde, qui naît de la dureté du cœur et de la bassesse des sentiments. Celle-ci "ne corrige pas, n'inspire pas le respect…, inspire la haine et le désir de se venger, la méfiance, le désir de tromper, ôte tout sentiment, rend dur et insensible, capable de tout le mal."
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Dans ce laboratoire pédagogique qu’est Parme au milieu du XVIIIème siècle, le petit Ferdinand porte sur ses frêles épaules les espoirs de la nouvelle philosophie et ceux de tous les progressiste jusqu’à ce jour. (p.14)
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Tout le mystère de Ferdinand est là : le prince qui a tant aimé les « petites pratiques » de la dévotion et s’est soumis aux superstitions les plus dérisoires, fut également l’un des souverains les plus éclairés d’Europe. Mais l’enfant des philosophes et des moines, judicieusement surnommé Il bigotto illuminato par un de ses derniers biographes, a donné priorité aux seconds sur les premiers. Non sans regrets ni remords. Il confia un jour au comte de Flavigny qu’il y était entraîné par un penchant irrésistible : « Il n’ignore pas que ce penchant est déplacé dans un souverain ; et c’est parce qu’il se juge aussi sévèrement que les autres à cet égard qu’il vit une vie particulière et retirée pour ses soustraire à une critique méritée et dont il s’avoue intérieurement la justice. »
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J'espérais un peu de l'infant duc de Parme,attendu la bonne éducation qu'il a eu; mais où il n'y a point d'âme, l'éducation n'a rien à faire;"
d'Alembert à Voltaire
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