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ISBN : 2072789192
Éditeur : Gallimard (11/10/2018)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Le 6 septembre 2009, Antoine de Baecque se lance sur le GR5, un sac de dix-sept kilos sur le dos, pour un mois de randonnée solitaire à travers les Alpes, depuis le lac Léman jusqu’à la Méditerranée : six cent cinquante kilomètres, trente mille mètres de dénivelée, sept à neuf heures de marche quotidienne. De cette aventure, il a tiré un exercice d’histoire expérimentale mêlant études savantes sur les Alpes et l’aménagement de la montagne et recherche personnelle, «... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
IreneAdler
  14 juin 2014
Les Alpes. Ses marmottes, chamois et autres bouquetins. Ses GR et ses marcheurs, au plus ou moins long court. Antoine de Baecque se lance le défi : la traversée du massif par le GR 5. Lac Léman-Nice : 1 mois, 650 km, 30 000m de dénivelée. Rien que ça. Ça sera tenu.
Journal de marche et histoire du sentier : origine des différentes portions du sentier, matériel de randonnée, aménagements successifs des lieux traversés et démocratisation de la randonnée.
Les pas de pionniers se placèrent dans des traces multiséculaires : voies de commerce et de contrebande entre les différentes vallées et les pays frontaliers, voies de pèlerinage (les populations alpines restent pieuse, du moins attachés à leurs saints, notamment la Vierge. Ils en escomptent protection contre les aléas climatiques), voies militaires et voies de transhumance. Les pionniers de la randonnée, souvent issus du mouvement scout et du CAF possédaient un équipement lourd mais solide : sacs (système de portage sur les reins inspiré notamment des contrebandiers) et chaussures (cloutées) de cuir, bâton de marche en bois, sous-vêtement en laine... Tout est devenu beaucoup plus léger et confortable.
L'aménagement du territoire est ce qui a fait le plus réfléchir, voire rager parfois l'auteur. Si les parcs naturels préservés, les vallons et les versants qui ont conservé leur côté sauvage le charme (tout ce qui garde son caractère authentique en fait, moutons et loups compris). Les parcs naturels (la Vanoise et le Mercantour), en tant que réserve géologique, botanique et animale ont toute son amitié. En revanche, tout ce qui date de l'immédiat après-guerre et des 30 Glorieuses, le tout béton sans discernement, les énormes stations de ski destructrices d'environnement, tout cela est condamné sans appel. Et son corollaire : le tourisme de masse ; c'est là où j'ai plus de mal. Certes, les touristes ne font pas toujours bon ménage avec respect des règles et peuvent perturber la vie des autochtones, mais ils les font vivre aussi. Il s'agit, comme toujours de trouver un juste équilibre (mais c'est sûr que construire un golf dans la montagne me semble condamnable également.) Mais aussi tout ce qui concerne la guerre : toutes les frontières ne sont pas la Suisse et de temps en temps avec l'Italie les rapports furent plutôt conflictuels ; des forteresses de haute montagne furent donc construites à partir de la fin du 19è siècle en deux vagues : Séré des Rivières puis Maginot. le tourisme guerrier les fait un peu revivre.
La mise en place des balisages, l'amélioration du matériel la parution des guides permirent à plus de monde et toujours plus de monde de vagabonder sur ces chemins. Avec plus ou moins de bonheur pour les habitants du cru et le paysage. Car qui dit beaucoup de monde, notamment avec des enfants, dit aussi sécurisation et domestication de la nature : poubelles (mais ça ce n'est pas un mal), lacs surveillés, sécurisés, balisages multiples, multiplication des sentiers et des variantes...
Et le journal de marche alors ? Il occupe finalement assez peu de place, puisqu'il s'agit d'un résumé, le vrai journal étant gardé dans l'intimité de l'auteur. Il est cependant honnête, ne cache rien de ses fantasmes, douleurs, peurs, appréhension (dont celle de dormir en dortoir dans un refuge...)
C'est donc plus un livre un livre d'histoire, très abordable et intéressant. Que vous soyez adepte de la rando ou non, en montagne ou non, il offre un bon panorama de ce que peut être l'influence de l'homme sur son environnement, parfois depuis des temps reculés (voire la vallée de merveilles). Influence, pour le pire et le meilleur, mais qui est toujours révélatrice d'un air du temps et de nos rapports compliqués, parfois conflictuels avec la nature.
L'itinéraire du GR, pour donner une idée :
http://www.mountain-is-good.com/articles.php?lng=fr&pg=296
De Baecque :
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoireactualites-du-vendredi-14032014-antoine-de-baecque-2014-0
http://www.franceculture.fr/personne-antoine-de-baecque.html

Lien : http://avecvuesur.over-blog...
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nico6358
  10 juillet 2014
Antoine de Baeque écrit un ouvrage partagé en deux thèmes : le récit de ses souvenirs de marche le long du GR5 (itinéraire de randonnée balisé du lac Léman à Nice) ; et un historique régionaliste alpin au spectre très large qui se mélange à un descriptif du développement des institutions administratives de la randonnées en France.
Sur les traces de Frison-Roche ou de Giono, les récits de marche sont souvent initiatiques ou méditatifs. Celui dans lequel nous entraîne de Baecque ressemble pourtant plus à une confrontation entre un homme résolument urbain et un chemin balisé.
Les chapitres descriptifs s'attardent ainsi plus sur les lieux transformés par l'homme que sur les paysages sauvages. Et sont ponctués des manques provoqués chez l'auteur par l'absence du confort d'un journal matinal ou du récit de l'inconfort d'un réveil nocturne dans un refuge ou un hôtel.
L'effort et le changement des petites habitudes de vie sont donc les principaux objets de cette marche, et l'engagement indéniable du marcheur ne nous faisant pas partager les extases des panoramas ou des rencontres, ce sont eux qui sont les plus présents dans le livre.

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gedeonduras
  05 décembre 2018
J'aime marcher et donc j'ai aimé ce livre, même si vers la fin dans une zone que je connais bien (le Mercantour) je ne suis pas forcément d'accord avec l'auteur-marcheur....mais bref j'ai globalement apprécié les divers passages historiques sur les alpes, et l'histoire de la randonnée avec sa fondation en France et en Europe....
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Laureneb
  04 mai 2018
A la fois recherche historique sur la pratique de la marche et l'histoire des sentiers, récit d'une aventure sportive et d'un engagement personnel. Très intéressant, descriptif et pédagogique. Donne envie de repartir sur le GR5 !
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jbelboss11
  16 mars 2019
J'ai bien apprécié cet ouvrage ou l'auteur décrit son périple sur ce sentier de grande Randonnée, avec des références historiques ,géographiques, géologiques, une petite pour celui qui aime marcher intelligemment.
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critiques presse (4)
Lexpress   11 août 2014
L'ambition d'Antoine de Baecque, c'est de raconter la transformation d'un chemin de pèlerinage en sentier commercial et de contrebande, en draille de la transhumance et en voie militaire...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   02 juillet 2014
Histoire et géographie au pied droit et anthropologie au pied gauche, le sac à dos abritant de multiples ­aventures et références, Antoine de Baecque marche d'un bon pas, nous entraînant à sa suite dans cette folle et érudite équipée sauvage.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   27 mars 2014
Ce défi physique est, enfin, l'occasion d'un « essai d'histoire marchée », exercice qui consiste à secouer ses neurones tout en mettant un pied devant l'autre. Une expérience somme toute nietzschéenne : « Ne prêter foi à aucune pensée qui n'ait été composée au grand air, dans le libre mouvement du corps, à aucune idée où les muscles n'aient été aussi de la fête. »
Lire la critique sur le site : LesEchos
Liberation   24 mars 2014
Ecrire en marchant est affaire de rythme. Celui, binaire et lent, d’Antoine de Baecque, a quelque chose de parlant.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
IreneAdlerIreneAdler   12 juin 2014
Marc de Seyssel, dans ses Mémoires de randonneur, raconte d'ailleurs une excursion paradisiaque avant guerre : des villages sans constructions démesurées, le lac naturel de Tignes posé dans des prairies vierges. L'enlaidissement de la montagne es devenu depuis 50 ans une donnée objective des Alpes françaises.
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IreneAdlerIreneAdler   13 juin 2014
Revendiquer le droit de se perdre revient à resister au tourisme comme à la névrose sécuritaire. Marcher dans la conscience des risques que la montagne, encore heureux, impose à celui qui la fréquente.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   18 mai 2016
Finalement tout se passe toujours bien, ou du moins se passe. Selon un calme mais puissant sentiment d’être-là, à une place montagneuse que mon corps et mon esprit vont chercher loin, dans ma jeunesse, et réoccupent naturellement aujourd’hui. La marche est plus forte que moi, et j’aime ce sentiment, telle une forme de dépendance à l’enfance. Ce n’est pas un amour passionné, plutôt celui qu’on éprouve pour une vieille maîtresse. J’ai fini par admettre être plus faible que la marche qui me prend (…)
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IreneAdlerIreneAdler   12 juin 2014
Au col du Palet, après 1/4 d'heure de marche, c'est la stupeur. On passe sans transition des alpages sauvages à la station de ski de Tignes, 600 mètres en contrebas.
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Videos de Antoine de Baecque (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine de Baecque
L?art de la caricature s?est imposé dans l?histoire comme l?une des ressources les plus puissantes de la représentation politique. de la fondation du genre, dans l?Italie renaissante, à son épanouissement dans la France de la IIIe République, nous nous interrogerons, sans oublier le moment révolutionnaire ni les dessins d?aujourd?hui, sur le pourquoi et le comment de ce rire parfois violent, souvent blessant, mais constitutif, pour cela même, de la démocratie moderne.
MODÉRATEUR : Antoine de BAECQUE, Professeur à l?ENS. INTERVENANTS : Francesca ALBERTI, Maîtresse de conférences à l?Université de Tours, Bertrand TILLIER, Professeur à l?Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, Julien BERJEAUT, dit JUL, Dessinateur de presse, auteur de Silex and the City.
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