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EAN : 9782234078871
Stock (23/08/2017)
2.29/5   21 notes
Résumé :
Juin 1789, l’Ancien Monde bascule. Les Villemort forment une longue lignée d’aristocrates, un clan soudé par l’idée ancestrale de leur sang pur, un sang dont précisément cette famille se délecte. Les Villemort, ces « talons rouges », sont aussi des vampires. Deux d’entre eux veulent renoncer au sang de la race pour se fondre dans la communauté des égaux. Ils sont les héros de ce roman oscillant entre le fantastique et le réel des journées révolutionnaires. Voici W... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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lyoko
  14 mars 2018
Je me suis beaucoup interrogée quand j'ai découvert ce roman dans ma bibliothèque préférée. Car en lisant la quatrième de couverture, j'ai pu constater que l'auteur liait vampirisme et révolution française. Déjà un bon point pour piquer ma curiosité. Et puis ensuite il était classé dans le rayon roman et pas dans celui du fantastique....
Vu le grand nombre d'étoile que j'ai mis à ce roman, ce serait un euphémisme de dire qu'il ne m'a pas plu.
Et pourtant ça semblait si prometteur moi qui aime le genre bit-lit mais également les romans historiques.
Mais je n'y ai pas retrouvé mon compte : les codes vampiriques sont inexistants. Même si je sais que les règles sont faites pour être transgressées, quand il n'en reste qu'une et encore que partiellement cela devient absurde.
Pour le côté historique j'ai été un peu plus gâtée, l'auteur maîtrise, heureusement puisqu'il est prof d'histoire.
Mais malheureusement si l'écriture est fluide elle est extrêmement plate , ce qui fait que je me suis ennuyée tout au long de ma lecture.
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christinebeausson
  23 février 2021
Je ne me rappelle plus comment ce livre est arrivé dans ma pile à lire !
Émile (?) signait sur un post-it, posé sur la couverture et me souhaitait une belle lecture !
Un livre présenté comme un roman historique mâtiné avec des histoires de vampires !
Vraiment pas mon truc !
L'envie d'une petite chose facile à decouvrir après une grosse déception littéraire et me voilà partie pour cette découverte.
Nous sommes dans les années 1789, mes souvenirs scolaires sont lointains mais les dates de la révolution traînent dans mes neurones.
Une bande de jeunes nobles prêts à se lancer dans l'aventure de la démocratie en abandonnant leurs particules dans les fosses de l'histoire.
Des fêtes où se mêlent toutes les classes de la société qui finissent vers les Halles de Paris, près du marché de la boucherie où commence les travaux de l'abattoir, les trottoirs rouges et les jeunes débauchés qui viennent y traîner leurs chaussures à talons, martelant le sol imbibé de sang ... voilà ceux que l'on nomment les talons rouges !
C'est bouillonnant, l'actualité de cette période est revue et corrigée avec de vrais personnages.
Par exemple
Jean Jacob (1), qui croise la route de sosies de célébrités,
Anne-Josèphe Théroigne, dite de Méricourt (2), première féministe même si le terme n'était pas encore apparu dans le vocabulaire français,
Antoine Beauvilliers (3), créateur du premier véritable restaurant et auteur de "l'art du cuisinier" classique de la littérature gastronomique,
On évoque l'histoire de la France avec l'épisode du vote de la mort de louis XVI
« Quelle peine sera infligée à Louis ? » (4) et l'épisode de l'entrée au pantheon de Michel Lepelletier (5),
On suit les bagarres entre les différentes factions des troupes révolutionnaires ...
Les cordeliers (6), les jacobins (7), les girondins (8), les montagnards (9).
On y croise ce qui s'appelait l'armée noire (10).
On se perd, on se retrouve dans l'histoire de notre révolution... pour pimenter le tout un petit zeste d'initiation au vampirisme comme un zeste d'exotisme.
En conclusion, ce livre est un excellent remède pour réactualiser nos souvenirs sur cette période de l'histoire.

(1)
Jean Jacob, (1669-1790) est une personnalité du Jura, supposé être mort à plus de 120 ans. Son grand âge supposé, mais sujet à controverse, lui permit d'obtenir une certaine notoriété à la fin de sa vie et, par exemple, de rencontrer les membres de l'assemblée nationale en 1789 à Paris.
(2)
Anne-Josèphe Théroigne, dite de Méricourt, (1762-1817), est une femme politique liégeoise. Pour elle, les femmes « ont les mêmes droits naturels que les hommes, de sorte qu'il est extrêmement injuste que nous n'ayons pas les mêmes droits dans la société ». Ce discours provoque la colère de la presse contre-révolutionnaire : elle y fait l'objet de moqueries et de propos désobligeants, dépeinte comme une débauchée, antithèse de la féminité, « pute patriote dont 100 amants par jour payaient chacun 100 sous en contributions à la Révolution gagnée à la sueur de son corps ». Quand la France entre en guerre contre l'Autriche en avril 1792, elle fait campagne pour les droits des femmes à porter les armes : « Françaises, je vous le répète encore, élevons-nous à la hauteur de nos destinées, brisons nos fers. Il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité où l'ignorance l'orgueil et l'injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps ! » Mais son style, habit blanc et grand chapeau rond, et ses choix politiques la rendent impopulaire auprès des femmes du peuple. En vain, elle rédige un pamphlet passionné exhortant à l'élection de femmes représentantes avec « le glorieux ministère d'unir les citoyens et de leur inculquer le respect de la liberté d'opinion ».

(3)
Antoine Beauvilliers, (1754-1817), est célèbre pour avoir ouvert le premier véritable grand restaurant à Paris. Né de parents obscurs, Beauvilliers fut destiné dès l'enfance au métier de cuisinier, et il en suivit tous les degrés. S'étant bientôt fait une réputation très étendue, Beauvilliers ouvrit, à la veille de la révolution française, au Palais Royal, sous son propre nom,  un des plus beaux restaurants de la capitale, le Beauvilliers et il y acquit quelque fortune. C'était un des lieux de rendez-vous de la réaction.
En effet, Beauvilliers, sans doute considéré comme le premier homme de son siècle dans l'art culinaire, se montra fort opposé aux changements politiques et il essuya, en 1795, des persécutions qui l'obligèrent à quitter son commerce auxquels toutes ses pensées le rappelaient néanmoins. Ce fut dans ces jours mouvementés qu'il composa un des meilleurs ouvrages jusqu'alors connus dans l'art culinaire, sous le titre de "L'Art du cuisinier".
(4)
749 députés de la Convention, absents 23.
361 ont voté pour la mort sans condition,
26 ont voté pour la mort avec l'amendement de Mailhe
44 ont voté pour la mort avec sursis
290 ont voté pour d'autres peines
Total des votes : 721, 5 se sont récusés ou abstenus
Majorité absolue.................................... 361.
(5)
Décret du 22 janvier 1793 ordonnant le transfert du corps de Lepeletier :
Article I
Mercredi, 23 janvier, l'an second de la République, à une heure après midi seront célébrées, aux frais de la Nation, les funérailles de Michel Lepelletier, député par le département de l'Yonne à la Convention nationale.
Article II
La Convention nationale assistera tout entière aux funérailles de Michel Lepelletier. le Conseil exécutif, les Corps administratifs et judiciaires, y assisteront pareillement.
Article III
Le Conseil exécutif et le Département de Paris se concerteront avec le Comité d'Instruction publique, relativement aux détails de la cérémonie funèbre.
Article IV
Les dernières paroles prononcées par Michel Lepelletier seront gravées sur sa tombe, ainsi qu'il suit :
"Je suis satisfait de verser mon sang pour la Patrie ; j'espère qu'il servira à consolider la Liberté et l'Égalité, et à faire reconnaître ses ennemis."
(6)
Le Club des cordeliers ou société des Amis des droits de l'homme et du citoyen est une société politique fondée le 27 avril 1790 et sise dans l'ancien réfectoire du couvent des Cordeliers de Paris. Membres les plus célèbres, Marie Joseph Chénier, Danton, Camille Desmoulins, Marat ....
(7)
La société des Amis de la Constitution, plus connue ensuite sous le nom de Club des jacobins, est une société de pensée qui a constitué, pendant la Révolution française, à la fois un groupe de pression et un réseau d'une remarquable efficacité. L'action du club, essentielle dès le début de 1790, devient dominante entre 1792 et 1794. La chute de Robespierre marque la fin du grand rôle politique exercé par le club et entraîne sa dissolution en novembre 1794.
Depuis cette époque, le nom et l'adjectif s'appliquent à un homme, une femme ou un courant politique partisan d'un pouvoir centralisé de l'État[6] et hostile à toute idée de son affaiblissement ou de son démembrement.
(8)
Les Girondins sont des hommes politiques républicains qui ont siégé à l'assemblée législative et à la convention en 1792 et 1793. le nom donné à leur groupe politique est la Gironde car les principaux chefs sont des élus du département de la Gironde. Ils ont poussé à la déclaration de guerre en avril 1792. La politique d'expansion territoriale qu'ils favorisent après la victoire de Valmy provoque l'hostilité de tous les souverains européens. Les mesures militaires qu'ils prennent pour faire face à l'invasion du territoire déclenchent le soulèvement vendéen. Les Girondins, partisans de la liberté politique et économique refusent de prendre les mesures énergiques qui leur permettraient d'avoir l'appui des sans culottes afin de vaincre les ennemis de la république.
(9)
La Montagne (ses membres étant appelés « les montagnards ») était un groupe politique de la révolution française favorable à la République et opposé aux girondins. On y retrouve entre autres, Danton, Robespierre, Marat, Saint Just, ...
Pendant la révolution française, les députés de l'assemblée législative de 1791 les plus à gauche prirent le nom de montagnards, alors que les députés des bancs les plus modérés prenaient le nom de Plaine ou de Marais. Plusieurs explications sont proposées sur ces appellations. L'une des plus courantes veut que ces députés siègent à gauche sur les bancs les plus élevés de cette assemblée, d'où les références à la « Montagne », et, par opposition, à la « Plaine ».
(10)
L'armée noire ?
Il rappelle l'historique du processus d'affranchissement militaire qui existait dès l'Ancien Régime, pour dissiper ce faisant des équivoques ; il distingue l'affranchissement militaire des esclaves, qui autorise leur passage à la condition de libre mais qui conforte en fin de compte le système esclavagiste, de celui des libres de couleur qui représente la reconnaissance de leur état, puisque le port d'armes incarne l'idéal de l'homme libre. Il distingue aussi la revendication des libres de couleur sous la Révolution, fondée sur l'égalité des droits et des dignités sans considération ethnique, de celle des esclaves réclamant la liberté pour tous. C'est le cours des choses sous la période révolutionnaire qui finira par mêler les deux.
La première unité étudiée par Bernard Gainot est la Légion des Américains, composée essentiellement par des libres de couleur habitant la métropole. Elle est créée à l'initiative de Julien Raimond, alors intermédiaire privilégié parce que représentatif des libres de couleur de Saint-Domingue, qui pour l'heure ne font pas leur la cause de l'abolition de l'esclavage. le patriotisme de la communauté parisienne des gens de couleur en 1792 – vivier de la Légion à ses débuts – relève d'une stratégie d'ascension sociale et d'un projet politique d'intégration civique qui n'exclut pas des espérances de réussite individuelle. le chevalier de Saint-George – nullement militaire mais emblématique de l'intégration des gens de couleur – en prend le commandement. Il n'est pas indifférent que l'unité choisie soit une légion, formation mixte autonome de troupes légères, à propos de laquelle l'auteur rappelle avec pertinence le débat qu'elle occasionne dès l'époque de Maurice de Saxe, débat que relance le commencement des guerres de la Révolution. S'agit-il d'un détachement provisoire de l'armée régulière ou d'un corps particulier non seulement par son utilisation tactique mais encore par sa nature et sa mentalité, l'apparentant dans ce cas à une troupe spéciale, voire à une troupe coloniale ? Dans ce cas aussi, les libres de couleur conserveraient un statut spécial au sein de l'armée régulière et leur intégration ne serait pas complète.
La création de la Légion devient définitive en décembre 1792 et elle comptera jusqu'à deux cents hommes dont certains originaires de grandes villes, des non-antillais et des soldats d'Ancien Régime, le plus célèbre d'entre eux étant Thomas-Alexandre Dumas. En fait elle n'existe que sur le papier, les soldats qui la composent sont dispersés dans plusieurs corps dont l'un va combattre en Vendée, certains officiers dont Dumas étant intégrés à titre individuel dans les régiments de l'armée régulière. Mais le ministère de la Guerre refuse l'intégration collective. Il était prévu qu'une partie des hommes parte pour les Antilles, toutefois, pour différentes raisons dont le fait qu'ils sont gagnés à la cause de la liberté générale, ils refusent et la Convention fait droit à ce refus. Ceux qui sont dirigés sur la Vendée sont réduits à un rôle de troupes supplétives pour la guerre civile (c'était aussi le rôle assigné à ceux qui auraient été dirigés vers les colonies), ce qui accentue la dégradation de leur image. En l'an I V, la plupart des officiers de couleur sont définitivement écartés.
Une autre trajectoire est celle des prisonniers de couleur, libérés des pontons anglais en 1797. Ils étaient les rescapés de la lutte menée aux colonies qui avait vu la levée en masse de la population noire et mulâtre. Sur place, l'amalgame fut mis en pratique après l'abolition de l'esclavage, bien qu'avec des limites à la Guadeloupe. Mais la réussite du processus supposait l'intégration dans l'armée de la métropole même et le Directoire fait machine arrière dès mai 1798 alors que la loi du 1erjanvier 1798 mettait fin au statut particulier des possessions d'outre-mer en garantissant la continuité de celles-ci avec la métropole, et que des arrêtés supprimaient le régime spécial des troupes coloniales. L'amalgame sans cesse différé des militaires antillais conduit à regrouper plus de deux cents hommes en deux compagnies sur l'île d'Aix, dépendant du dépôt colonial de Roche-fort. Des raisons budgétaires, l'alignement des soldes se révélant trop onéreux pour les finances publiques, se conjuguent à la mauvaise image de ces soldats, due à des raisons ethniques mais aussi politiques et expliquent le traitement discriminatoire pratiqué à leur encontre. Celui-ci fait l'objet d'une polémique au cours de laquelle le ministère de la Marine, infiltré par des groupes de pression anti-abolitionnistes, avance pour se disculper des arguments qui laissent pressentir le désarmement général des hommes de couleur sous le Consulat. Ils sont finalement renvoyés à la Guadeloupe. Cet épisode, mis en lumière par Bernard Gainot car jugé crucial par lui, a d'importantes conséquences sur les événements ultérieurs de la Guadeloupe puis de Saint-Domingue. Il n'est pas indifférent que parmi ces discriminés se trouvent Magloire Pélage et Louis Delgrès protagonistes de la révolte de 1801-1802 en Guadeloupe.
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mjaubrycoin
  09 juillet 2017

L'idée de mettre en scène une famille de vampires à l'époque de la révolution française parait séduisante tant cette période politique troublée rendait possible l'irruption de l'irrationnel dans le quotidien avec son lot de frissons garantis.
L'ancestrale lignée des Villemort de souche vampirique, tient une place de premier plan dans la vie courtisane, en référence au titre du roman "Les talons rouges" métonymie désignant les aristocrates par un accessoire vestimentaire qui fait leur différence.
Alors que le vieux duc conserve intactes ses convictions aristocratiques, William récemment revenu des tout jeunes états unis d'Amérique, se passionne pour la libération des esclaves et l'égalité entre tous et le jeune Louis joue un rôle politique de premier plan et travaille à l'instauration de la république au sein de laquelle il s'illustre par un mandat électif.
Le parcours de ces trois personnages se greffe dans une trame historique qui se veut documentée, avec laquelle l'auteur prend toutefois des libertés qui peuvent questionner.
Un exemple particulièrement éclairant : le personnage de Pélagie de Méricourt parait directement inspiré de l'historique Théroigne de Méricourt surnommée la Belle Liégeoise et emprisonnée pour ses sympathies révolutionnaires . Son seul enfant, une fille, est décédée en bas âge en 1788 et n'a donc pas pu devenir l'amante de Louis de Villemort.
Utiliser des personnages historiques bien connus , nombre de romanciers le font mais il importe toutefois de rester dans la vraisemblance et de ne pas dévoyer des parcours parfaitement documentés par les chercheurs sous peine de rendre suspects tous les autres éléments du récit repris directement de l'histoire.
Personnellement j'ai recherché les circonstances de la mort du député le Pelletier de St Fargeau. Bingo, c'était correct, le récit se fondait sur des éléments authentiques...Pour les autres éléments, je ne sais, n'ayant pas eu la volonté de tout vérifier ...
Une autre incohérence m'a frappée : choisir des vampires comme héros, c'est à priori accepter de coller aux codes régissant le genre. Tel n'est pas le cas , car ces vampires ne craignent pas la lumière (ni les gousses d'ail apparemment, et encore moins les crucifix) , ils sont blessés comme de vulgaires mortels qui ne possèdent aucune capacité de régénération . Ils vont même jusqu'à se laisser molester et emprisonner. Mais à quoi donc leur servent leurs prérogatives vampiriques ? Peut être à semer derrière eux quelques cadavres exangues qui de façon inattendue, ne paraissent pas susciter la moindre interrogation ...
L'auteur a cru judicieux de placer dans son roman quelques scènes dignes du Grand Guignol où un hachoir à viande tient la première place (Beurk) mais aussi des scènes de sexe d'une crudité pornographique (re-Beurk) qui sont bien loin d'émoustiller la libido.
Mon agacement a grandi tout au fil de la lecture de ce roman qui m'a profondément déçue . Ni les amateurs d'histoire, ni les fans de bit-lit n'y trouveront leur compte . Il est par ailleurs bien difficile de s'attacher à ces personnages qui paraissent aussi creux les uns que les autres.
Je ne saurais recommander cette lecture.
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parolesenvolent
  03 décembre 2017
Ce que j'ai aimé
L'écriture du roman agréable et fluide rend une lecture aisée c'est une qualité. Cet ouvrage est un premier roman qui promettait beaucoup.
Un roman dont le déroulement s'inscrit sous le signe la Révolution une période clé de l'histoire de France, est plaisant car souvent, notre connaissance sur le sujet, remonte à nos souvenirs scolaires, parfois flous ou vagues dans les détails. Ici, cet ouvrage est l'occasion de l'aborder de manière moins didactique. La qualité d'historien de l'auteur gageait d'un certain enseignement, une certaine ressource culturelle et pourtant, il ne faut pas tout prendre pour argent comptant.
Ce que j'ai moins aimé
Le choix d'A. de Baecque d'orienter sa narration sous un éclairage du genre « fantastique » m'a un peu déstabilisée. L'idée d'une famille de vampires, de surcroît de souches aristocratique dans le contexte révolutionnaire marque l'originalité. Cette fantaisie aurait pu s'accorder à un roman historique mais ici, le résultat est déroutant : l'amateur de fantastique, ou de gothique, restera sur sa faim car au final ces vampires font pâle figure par rapport aux images d'Epinal traditionnellement véhiculées dans le domaine : ici, leur intégrité physique est facilement mise à mal par leurs ennemis, elle peut les tuer facilement… rien d'invincible mais sanguinaires quand-même.
Or, ici le traditionnel lecteur de romans historiques, l'amateur de faits et de vécus de personnages ayant réellement existé sera lui aussi désappointé car difficile de faire la part du faux et cela ternit la lecture. Par exemple : le peintre David, a bien existé mais pas Lavis, l'ami de Louis et William.
En choisissant le prisme du vampirisme dans une société dépravée, l'auteur s'est fourvoyé en nous imposant des scènes sordides, morbides, imbibées de sang. Les amateurs de ce thème resteront pantois car au final, à partles allusions au sang les vampires peut-être immortels en théorie présentent nombre faiblesses humaines. Leurs ateintes corporelles peuvent devenir mortelles, et la dégradation physique de William n'est pas sans rappeler celle des gueules cassées de la Grande Guerre.
L'auteur aurait pu éviter aussi de nous infliger des scènes de sexe dans une société pénétrée de libertinage. Les scènes de sexe obscènes avec un caractère presque pornographique n'apportent rien à l'histoire. Aucun intérêt pour l'Histoire ici. Pour le titre : les talons rouges et un jeu de mot avec « l'étalon rouge » en rapport avec le sang rouge, le rouge révolutionnaire ? et là, j'en appelle à l'auteur ou à quiconque de moins inculte que moi pour m'éclairer.
La valeur de ce livre tient au déroulement de la révolution avec l'installation de la période de Terreur qui s'en est suivie. Pour qui ne s'y est jamais intéressé avec précision, les rôles de Danton, de Robespierre, des Jacobins, des Cordeliers demeurent lointains et emmêlés dans une confusion totale où tous ces groupes interfèrent entre eux pour la cause de la Nation.
“ là on s'engage, on s'oublie, on se précipite, et on plonge dans un autre fleuve, non pas celui qui ramène au passé et celui qui emporte tout sur son passage et transporte."
La description du massacre du Champ-de-Mars est instructif, mais dommage qu'il soit narré par l'intermédiaire d'un personnage fictif comme Louis de Villemort à qui l'auteur accorde un rôle prédominent. En revanche, le député Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau a véritablement existé avec cette même fin tragique (que je vous laisse découvrir dans le roman…), l'existence des Méricourt a bien été rapporté mais, ici, avec quelques inexactitudes suggérées par quelques digressions de l'auteur. A. de Baecque a aussi fait revivre Alfonse Martainville, fervent royaliste de cette période.
Ce que je n'ai pas aimé
Il faut considérer cet ouvrage comme pure fiction fantastique pour ne pas être déçu.
Cette manière d'assortir l'Histoire avec des anecdotes réelles avec des inventions pures et des personnages fictifs donnent un résultat confus au lecteur. Les amateurs d'histoire iront chercher quelque bride de renseignement pour les compléter car c'est l'intérêt d'un livre de susciter des interrogations et de nourrir une curiosité mais la lassitude le gagne à force de vérification pénible. du coup, à douter de la confiance accordée à l'auteur, on en devient dégoûté.
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Belykhalil
  07 octobre 2017
Quand j'ai lu la quatrième de couverture de ce roman, je m'attendais à lire une fiction vampirique avec en fond la Révolution française. Force est de constater que finalement, c'est la Révolution française qui a le premier rôle dans ce roman. Les Villemort que je désirais passionnants deviennent alors de simple faire-valoir. Leur « vampirisme » réduit à une allégorie de la déchéance de l'aristocratie française dont certains ont désespérément tenté de s'émanciper avant d'être rattrapés par la violence de la Terreur.
Malgré tout, j'aurai pu me laisser emporter par ce roman, car elle est bien loin l'époque où on m'a enseigné la Révolution sur les bancs de l'école. J'ai toujours été beaucoup plus passionnée par l'Antiquité, mais en tant qu'adulte j'apprécie toujours de m'instruire et revisiter cette partie souvent survolée de l'Histoire de France n'était pas pour me déplaire. Malheureusement, il semble qu'Antoine de Baecque se soit perdu dans une hésitation entre fiction et documentaire.
En effet, le roman est très bien documenté et suit une chronologie pointilleuse entrecoupée de scènes de violences, restituant au plus près la folie révolutionnaire, et de scène de sexe aussi brutales dans leur description à la Sade. Cette alternance déroute quelque peu le lecteur. Si je comprends très bien l'intérêt des premières scènes dans le désir d'immerger le lecteur dans une vision moins édulcorée de la Révolution, les secondes m'ont carrément laissée perplexe. Je comprends la métaphore, le besoin d'opposer la vie à la mort, Louis Villemort à Louis XVI ainsi que l'envie de montrer les moeurs de cette fin de XVIIIe siècle. Mais l'alternance entre les deux m'a fortement ennuyée, elle n'apporte rien au récit si ce n'est une cassure assez désagréable dans le déroulement de l'histoire.
Par ailleurs, si le livre est en effet bien documenté, il y a de quoi se perdre, l'auteur ne se contente pas de glisser les Villemort comme personnages fictionnels. Au final, si on n'est pas spécialiste, on ne sait plus ce qui s'est vraiment passé et ce qui relève de la fiction tout en ayant cependant la sensation de lire un documentaire plutôt qu'une fiction.
En conclusion, je n'ai pas réussi à savoir ce que l'auteur avait voulu restituer. On sent que c'est le premier roman fictionnel de l'auteur et que ce dernier a eu un peu de mal à se détacher de ses habitudes d'historien. À vrai dire, je pense que ce roman aurait pu être d'un tout autre niveau si l'auteur avait vraiment laissé la fiction l'emporter sur l'Histoire en poussant plus loin les métaphores et l'allégorie vampirique.
Lien : https://belykhalilcriticizes..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
MargotteMargotte   09 octobre 2017
« Au moment où il jouit et où elle plante, dans le même instant exactement, ses deux incisives dans la veine, l’homme voit, dans un ultime éclair de lucidité, le visage et le haut du corps d’Eugénie se couvrir de rides, de plaques sombres, la peau s’asséchant immédiatement comme un parchemin et les cheveux prenant à toute vitesse une couleur grisâtre. La jeune femme se métamorphose soudain : elle est devenue immensément vieille, se revêtant d’une beauté flétrie, revenue de très loin, héritée des temps immémoriaux. »
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christinebeaussonchristinebeausson   21 février 2021
C'est sans doute lors des affrontements oratoires du café de Foy que s'invente la bipartition de la politique en France. À petites habitudes, grandes conséquences... Ainsi, la droite est associée au roi, à la tradition, à la religion, au pouvoir. La gauche, quant à elle, est liée à la revendication, au mécontentement, à l'affranchissement des croyances et de la monarchie.
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christinebeaussonchristinebeausson   21 février 2021
La royauté est un crime éternel, contre lequel tout homme a le droit de s'élever et de s'armer ; elle est un de ces attentants que l'aveuglement même de tout un peuple ne saurait justifier. Tout roi est un rebelle et un usurpateur.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   09 octobre 2017
Louis interrompt son furieux quadrille et vient s’adosser à William, auquel il confie : « La danse est aussi notre révolte contre le Vieux Monde, arme hic et nunc. » Pour le jeune Villemort, la danse porte une promesse : ces jeunes gens incarnent une forme de prophétie, c’est du noir de la nuit que viendra la lumière, une nuit blanche, exténuante comme une danse ininterrompue ; opaque, attirante, propice aux pièges, où se noient et s’évadent quelques corps à la frontière de l’aube, et portée par la violence qui seule, peut détruire l’Ancien Monde.
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rkhettaouirkhettaoui   29 septembre 2017
On ne sait trop comment un enfant put naître du ventre de la première, qu’on croyait trop faible pour enfanter. Comme on ne lui connaissait pas d’amant, on soupçonna son frère Enguerrand d’être le père incestueux. L’étonnement fut donc immense de voir grandir de cette union contre nature, voire monstrueusement dégénérée, un garçon, puis un jeune homme bien fait, élégant et brillant. Louis de Villemort naquit ainsi en 1764, fils de l’inceste mais fait pour la gloire, portant sa beauté sur le visage et sur le corps.
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Vidéo de Antoine de Baecque
Lecture de correspondances autour de la figure de Marie-Antoinette par Isild le Besco, commentées par Antoine de Baecque, professeur à l'Ecole normale supérieure. Marie-Antoinette, dès son arrivée en France à 14 ans en 1770, suscite un flot ininterrompu de correspondances, souvent les plus contradictoires. S'esquisse ici l'avènement de la célébrité et s'affirme le lien désormais indissoluble entre espace privé, univers public et visions politiques, éléments essentiels d'une nouvelle modernité. Une rencontre explosive à laquelle la comédienne Isild le Besco, et l'historien Antoine de Baecque mêlent leurs voix. Avec le soutien de la Fondation d'entreprise La Poste.
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