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EAN : 9782843379062
200 pages
Anne Carrière (13/04/2018)
4.2/5   126 notes
Résumé :
Alors que Claire mène une existence morne mais tranquille avec son mari, elle tombe sur Antoine, son grand amour de jeunesse. Jeune grand-mère d'une petite Léonie, Claire travaille comme responsable de caisse sur une aire de l'autoroute A8 et croit n'avoir plus grand-chose à partager avec Antoine, photographe reconnu et marié à une fille de diplomate. Mais l'irruption inattendue d'Antoine qui va user de tous les stratagèmes pour rétablir une relation avec elle, obli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
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C'est une histoire ordinaire, une femme, une mère, une épouse, dans son appartement à Nice, elle vit, elle survit, elle compte les années. Elle s'appelle Claire.
Sa vie s'apprête à être chamboulée quand son amour de jeunesse, Antoine emménage en bas de chez elle.

Sophie de Baere signe avec ce premier roman le portrait du premier amour, celui qui ne s'oublie pas. Si cet amour date d'il y a vingt ans, pour Claire, c'était hier. Claire doucement se dérobe à sa vie ordinaire, elle rassemble les fils de son amour avec Antoine. Elle n'a rien oublié. Dans la lumière de ses souvenirs, elle se souvient comment se marquent les premières fois. Dans la lumière, Claire revoit aussi les ombres qui ont fait fuir ces deux amants de l'été.

De l'aube du premier amour, il y a aussi toute sa genèse, ses codes, ses intrigues, ses échappées belles.

Les corps conjugaux est un roman qui m'avait subjuguée, La dérobée n'est pas en reste même si j'ai eu plus de mal à m'attacher à cette femme accrochée à son passé. La plume reste impeccable et poétique. Mon imagination a fait des caprices. J'imaginais un tourbillon d'émotions mais je suis restée spectatrice d'une femme figée dans ses démons du passé, un peu trop amorphe, un peu trop facile, pour que je m'y attache.
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Pénétrer dans ce livre comme à l'orée d'un bois. Comme le suggère sa belle couverture. A pas feutrés. Un peu inquiet. Entendre des battements de coeur et le vide alentour.

Suivre Claire dans ses parties intimes de l'âme. Fouler son coeur meurtri par amour d'adolescent qui la marquera. A vie. Toucher du doigt l'écorce d'un coeur en sommeil. Et voir graver dessus les stigmates d'un amour inoubliable.

La première partie de l'ouvrage se déroule au milieu des années 80, et raconte Antoine, cet amour là, de ceux qui laissent des traces. Qui brûle à l'intérieur.

Puis dans une seconde partie, nous sommes en 2014, lorsqu'Antoine réapparaît brutalement dans la vie De Claire, et va bouleverser son petit univers, construit à la force d'habitudes et de gestes quotidiens. Ceux d'une épouse, d'une mère, d'une femme.

Ce livre semble prendre des chemins sinueux. Je n'ai pas vraiment su sur quel pied danser à la lecture de cette petite pépite. Mélange des genres, touchant, captivant, inquiétant. Autant de qualificatifs qui ne résument pas le plaisir de cette histoire.

Un roman tout en vérités, sans effets de manches inutiles, la promesse d'un nouvel auteur dans le paysage littéraire. Qui pose la question des chemins que l'on ne prend pas. A cause du hasard, à cause du destin … Ces chemins de traverse qui finissent par irrémédiablement se rejoindre et viennent faire voler en éclats une voie toute tracée.

Un livre fort qui pose la question de la passion d'une vie, du couple et de l'usure du quotidien.

Qui s'interroge sur le grand amour. Portrait d'une femme dans laquelle le lecteur peut simplement se retrouver. Avec un coeur qui bat fort et une franche lucidité face à elle-même. Qui pue la réalité. Au sens littéraire du terme.

Sophie de Baere ne se dérobe jamais et creuse une oeuvre hors du commun et complètement marquante. A la fois terriblement cruelle et malgré tout lumineuse. Un peu comme nos existences.
Je suis conquis et au-delà. Encore un peu captif d'une histoire, d'une héroïne et d'un écrivain de grand talent.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Voilà une belle histoire d'amour, une histoire tourmentée, une histoire triste, mais une histoire comme malgré tout on a envie de vivre. J'ai été, dès la première seconde de cette lecture, en empathie (même si ce mot est à la mode est a de ce fait tendance à m'agacer) avec Claire.
Le premier livre de Sophie de Baere est construit intelligemment car le lecteur ne sait pas quel tournant l'histoire va prendre, ce roman va-t-il devenir à thriller ? un policier ? ou va-t-il plutôt s'orienter vers un roman disséquant l'âme ?
Si ce roman se lit en quelques heures, il n'est pas pour autant léger et dépourvu de complexité. J'ai pris beaucoup de plaisir avec ce roman et je suis encore plus impatiente de lire son deuxième roman "les corps conjugaux".
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*****

Claire a une petite vie... Banale, classique, sans originalité, sans éclat... C'est elle qui le dit, et cela lui convient. Elle est l'épouse de François, employé de banque, et mère de Victor et Solène, pour qui elle donnerait tout mais dont elle n'est pas très proche. Elle travaille dans une épicerie sur une aire d'autoroute et a peu d'amies. Tout aurait pu continuer comme ça, sans vague, si elle ne croisait pas son grand amour, son amour fou, celui de sa jeunesse, Antoine, qui vient d'emménager dans l'appartement au-dessus de chez elle, à Nice. Lui reviennent alors les souvenirs, ceux qui ont fait battre son coeur, ceux qui l'ont vu grandir et ceux qui finalement l'ont éteinte...

Sophie de Baer signe ici un magnifique premier roman. A la fois tendre et cruel, il met en lumière les premiers amours, les plus innocents, les plus vrais, mais ceux aussi qui peuvent à jamais rendre terne les suivants.

Claire a aimé, et aime encore passionnément Antoine, dont elle n'a plus de nouvelles depuis plus de vingt ans. Ils se sont rencontrés dans le petit village De Claire, alors qu'Antoine, parisien, y venait chaque été.
Suite à la mort accidentelle de son frère, Claire est une enfant qui s'efface, qui n'existe pas. Auprès d'Antoine, elle respire, elle revit. Mais un drame va bouleverser ses étés heureux et elle perdra alors l'homme de sa vie.
A 40 ans, croyant que sa vie lui suffit, elle va revenir sur sa jeunesse, sur cet homme et son père, sur les drames qu'elle a vécu. Et si son quotidien n'était finalement pas suffisant ?

Avec beaucoup de justesse, avec des mots choisis et pesés, Sophie de Baer nous touche et nous émeut à travers le regard qu'elle fait glisser sur ses personnages. On tourne les 236 pages de ce roman avec avidité, avec soif de plus, toujours plus... Des chapitres courts, des sentiments volés au temps, des personnages blessés pour qui rien n'est calculé... Et au final, un roman lumineux...

Un immense merci aux 68 premières fois pour cette sublime découverte...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2018..
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Antoine ne voit plus Claire

Sophie de Baere nous offre un roman d'initiation à l'envers. Lorsque Claire retrouve Antoine, son amour de jeunesse, l'introspection est douloureuse. le passé vient fracasser son présent.

Claire a fait sa vie. Lorsqu'elle fait le bilan, à quarante ans passés, elle n'a pas à se plaindre. Certes, il n'y a rien de très exaltant à se retrouver responsable de caisse sur une aire d'autoroute, à partager son quotidien avec François, un mari qui n'est guère attentionné – l'usure du couple a fait son travail – et une fille qui, de jour en jour, s'éloigne davantage d'elle. Reste l'assurance de couler des jours tranquilles au soleil de Nice. Jusqu'au jour où son passé lui revient en pleine figure.
Antoine, son amour de jeunesse, a choisi de s'installer dans l'appartement vacant de son immeuble en compagnie De Paola, son épouse. Dans la boîte à souvenirs, les premiers émois, l'amour éternel que l'on se jure, les plans sur la comète…
«Le 7 juillet 1987, Antoine Riedman est entré en moi calmement, sans tumulte. Comme s'il ne faisait que se conformer à notre destin. Et cet instant limpide est resté à jamais inscrit dans ma mémoire de midinette comme celui d'une promesse éternelle.»
Mais le temps des rêves prend fin le jour où elle fait la connaissance du père d'Antoine. L'avocat la rejette en trois phrases glaçantes. Puis, en autant de gestes équivoques, la réduit à un objet de plaisir et rien d'autre. La belle histoire de la fille ordinaire qui s'éprend d'un jeune d'une classe sociale plus élevée s'achève brutalement. Antoine disparaît du jour au lendemain, ne répond plus aux lettres, s'efface de sa vie. Ne reste que la tristesse, la douleur et un sentiment de trahison, d'abandon.
Il n'en reste pas moins que ce retour ravive les plaies, mais aussi la belle histoire. Claire peut-elle croire Jacques Brel lorsqu'il affirme qu'«on a vu souvent rejaillir le feu d'un ancien volcan qu'on croyait trop vieux»? En tout cas elle a envie d'y croire à nouveau, de pimenter sa vie trop terne à son goût. «Presque trente ans plus tard, je redeviens sa chose.»
Ce qui peut ressembler à un banal adultère prend bien vite une autre tournure. le passé De Claire et d'Antoine est aussi marqué par un fait divers sordide, l'assassinat d'une jeune fille de dix-sept ans tout près de l'endroit où ils se retrouvaient pour s'aimer.
Sophie de Baere, avec un sens aigu de la construction, nous livre peu à peu les indices qui vont permettre de reconstruire le scénario de ce drame. Suivant Claire dans ses réflexions, on partage le tumultueux maelstrom de ses pensées, tour à tour exaltées, tour à tour désespérées. Jusqu'à un épilogue digne d'un thriller.
Voilà ce que j'appelle des débuts de romancière réussis !


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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
L'embrasure de la porte cochère, son sourire gêné et ma gorge sèche, si sèche. Les mots aussi. Ceux qui remontent le long de ma poitrine mais qui restent suspendus au creux de mon cou, indécis. Et puis ce corps de plâtre qui tremble et s'émiette seconde après seconde sur le sol, ce corps soudain trop lourd pour moi.
Ses yeux jaunes, son visage de couteau, son air suffisant : je suis repartie trente ans en arrière. Une seul idée en tête. Fuir. Disparaître.
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J'avais quatorze ans et l'amertume me pillait le cerveau, je me sentais comme un caillou au milieu d'autres cailloux. Antoine avait, durant de brèves lueurs d'éternité, enfanté en moi des granulés d'espoir, mais son départ les avait piétinés et leur poudre s'était envolée dans le vent d'automne.
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Il faut dire que je suis de ces filles qu'on ne remarque pas vraiment. Je suis de ces filles qui n'osent pas et qui se taisent. (...)
Pas assez jolie. Pas assez intelligente. Pas assez efficace. Pas assez drôle. Je suis l'incarnation du manque. Du presque-vide. Et s'il m'arrive quelque chose de bien, ce ne peut être qu'un hasard ou un incident.
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Je trimballe avec moi un ventre plein de larmes. Paris est glacial et la fumée noirâtre des pots d'échappement fouille mes narines et mon cou. Je croise des visages tour à tour placides et hostiles. Des manteaux de laine pressés me frôlent sans me voir. Un givre mou s'est déposé sur les branches brunes des arbres émaciés et mes bottes frottent leurs semelles de mousse au goudron glissant des trottoirs bondés. Adossée contre la vitre taguée d'un Abribus, j'essaie de réchauffer mes doigts blanchis et durcis par le froid. Mes doigts de porcelaine, presque inertes.
Lorsque j'introduis dans la grosse serrure dorée la clef qu'Antoine m'a confiée, j'ignore encore ce que je m'apprête à faire. Mon esprit flotte entre deux territoires. J'ai l'impression que ma colonne vertébrale s'effrite et que la masse informe et flasque que je suis en train de devenir va bientôt se répandre sur le tapis du salon puis disparaître. Je suis un ver de terre.
Le sourire qui fleurit sur les lèvres de Paola me ramène à ma verticalité. Elle est si rassurée de me voir enfin. Elle pensait qu'il m'était arrivé quelque chose sur le chemin. Elle allait appeler Antoine. J'ai envie de lui répondre qu'il m'est bien arrivé quelque chose, mais ce quelque chose me retient. Mes mots se troublent et je me contente de lui mentir.
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Je suis de ces filles qui n'osent pas et se taisent.Je ne monte pas sur les tables en chantant et je danse dans un coin sombre de la salle de bal.Je suis de celles qui, la soirée entière, sirotent un kir framboise en hochant la tête avec un sourire inoffensif. (...)
Pas assez jolie. Pas assez intelligente. Pas assez efficace. Pas assez drôle. Je suis l'incarnation du manque. Du presque vide. Et s'il m'arrive quelque chose de bien, ce ne peut-être qu'un hasard ou un incident. L'amour de François est un incident. Même la naissance de mes enfants est un incident. Quand je vois leurs jolis minois, je ne peux m'empêcher de penser que Dieu a dû faire une erreur d'aiguillage.
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Vidéo de Sophie de Baere
Le jour de son mariage, Paul retrouve Joseph, un ami perdu de vue depuis vingt ans. Et c'est l'été 1983 qui ressurgit soudain. Celui des débuts flamboyants et des premiers renoncements. Avant que la violence des autres fonde sur lui et bouleverse à jamais son existence et celle des siens. Roman poignant sur la complexité et la force des liens filiaux et amoureux, Les Ailes collées explore, avec une poésie rare, ce qui aurait pu être et ce qui pourrait renaître. Le roman déchirant d'une passion qui ne dit jamais son nom. Sophie de Baere choisit chaque mot avec sensibilité, comme un baume. Olivia de Lamberterie, Elle. Absolument magnifique. Télématin Une plume incandescente. Psychologies Magazine Prix Maison de la Presse 2022 / Prix du LAC 2022 / prix Cercle littéraire Château de Maffliers 2022 / prix La Ruche des mots 2022
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