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André Lévy (Traducteur)
EAN : 9782877306034
477 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (29/01/2003)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 33 notes)
Résumé :
" Notre royaume ne connaît que la nuit noire. Il ignore le jour. Mais dans ce minuscule pays des plus secrets, des plus illégitimes qui soient, se sont produites nombre d'histoires douloureuses, pleines de vicissitudes, à pleurer, à chanter... De certains, on avait perdu la trace très tôt ; d'autres, morts prématurément, ne laissaient que leurs tombes, couvertes d'herbes folles. Mais il y en avait qui, brusquement, réapparaissaient sur la rive du bassin aux lotus en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  15 septembre 2019
Influencé par la pression des médias et des revendications "LGBT", on pourrait lire le roman de Bai Xianyong comme un livre "sur l'homosexualité". Ce terme abstrait serait bien commode pour éviter de comprendre et d'apprécier l'histoire qui est racontée et les personnages qui s'y trouvent. Or, tous ces jeunes "garçons de cristal", tout prostitués qu'ils soient, sont aussi mille autres choses : des enfants, des orphelins, des vagabonds, des serveurs de restaurant, des fils, des miséreux, etc. Si, à la différence des romanciers contemporains, Bai Xianyong (né en 1937) évite les scènes de sexe et leur réalisme cru, ce n'est pas par pudeur, ou par peur de la censure, mais simplement, pour montrer la complexité de ses personnages, qu'un trop fort ancrage sexuel réduirait à un seul aspect de leur existence. Jean Genet romancier prend les mêmes précautions, qui rappellent ce que Marguerite Yourcenar disait des hommes et des femmes : l'on n'est jamais absolument, consciemment, un être mâle ou femelle à tous les instants du jour et de la nuit. Tout réduire, se réduire soi-même et réduire les autres à cette dimension serait appauvrir l'humain, s'appauvrir soi-même et la civilisation. La lecture de ces auteurs permet de se vacciner contre ces délires du "genre".
D'autre part, ce roman retrace avec beaucoup de poésie la vie quotidienne d'une série de personnages hauts en couleurs, ce qui donne beaucoup de charme à la prose de Bai Xianyong. Un "fil rouge" permet cependant d'unifier tous ces destins disparates : la question douloureuse du père. L'action se déroule à Taïwan, île peuplée d'anciens combattants et héros des guerres contre les Japonais et les communistes : l'honneur du nom et de la famille est primordial. Plusieurs personnages sont maudits par leur père quand il découvre leur penchant, et l'auteur est assez éloigné des sottises revendicatrices pour adopter successivement le point de vue du fils, et celui du père. En cela, il fait son travail de romancier. Dans un bon roman, le lecteur comprend que tout le monde a (ses) raisons. De plus, des figures d'hommes âgés assument parfois un rôle paternel dans le roman, par compassion ou pour d'autres raisons. Même, à certains endroits, des "clients" de ces garçons peuvent incarner provisoirement une fonction paternelle, nourricière, protectrice. Certains (comme le vieux photographe, ou "le Maître") font vivre la mémoire mythologique et légendaire de ce petit monde nocturne, en lui conférant une grandeur tragique.
C'est un très bon roman où "l'homosexualité" ne joue qu'un rôle marginal. C'est un roman de Taïwan vu des jardins publics.
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cmpf
  20 août 2020

Sans la nécessité de trouver un livre dont l'auteur a un nom commençant par X, je n'aurais pas lu ce livre. Eh bien, cela aurait été dommage. Pourtant le début ne m'a pas enchantée mais au fil des pages je me suis attachée à ces garçons de cristal.
Ils sont une dizaine ou plus vivant dans New Park à Taipei, sous la protection de maitre Yang. Ils se prostituent, par goût ou par nécessité, car beaucoup se retrouvent pour une raison ou une autre sans famille. le récit se déroule sur neuf mois, après que le père de Aqing l'ait chassé à la suite de la découverte de son homosexualité. Aqing est le principal protagoniste mais bien d'autres garçons apparaissent dans ce récit, Petit Jade par exemple qui rêve d'aller au Japon pour retrouver son père, le Souriceau qui est kleptomane, wu Min, Diligent Xiao, Wan Kuilong … Ce qui m'a frappé le plus c'est la gentillesse de ces garçons qui s'attachent à des figures paternelles qu'ils soient clients ou non. Restent avec eux lorsqu'ils sont malades, les soignent. Oui c'est leur caractère profondément humain, leur solidarité aussi qui les rend si attachants. Ils jouent parfois les garçons de café, certains cherchent à changer de vie. Ces garçons sont complexes, pas des anges mais pas non plus des démons...
Les noms des rues , des restaurants assez présents dans ce récit, des divers lieux est très dépaysant.

Un roman que je conseille.

Challenge ABC 2019-2020
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BaronKitajima
  10 août 2015
Pour ma première critique, quoi de mieux que de faire la première critique d'un ouvrage ! Ayant en une phrase démontré sans contestation possible que j'ai de l'esprit, je souhaite mettre en avant un sujet tout aussi passionnant, le livre.
J'ai trouvé ce livre d'occasion, à vrai dire je ne lis jamais de littérature taïwanaise. J''avais acheté celui-ci pour la belle photographie en couverture qui m'avait interpellé. Bien m'en a pris, car ce roman vaut le détour, pour de nombreuses raisons.
La lecture du livre est d'abord facile, et cela compte quand on traite le sujet d'une bande de jeunes garçons qui vendent leur corps ( quelque chose me dit qu'on a déjà fait des sujets sur des romans moins tristes ) L'auteur aborde ce sujet avec une écriture empreinte d'une grande pudeur, de beaucoup d'empathie pour tous les personnages, sous l'angle de courts chapitre comme autant de scènes de vies variées.
La deuxième raison est que ce roman est riche : il est à la fois une promenade dans le Taipei des années 70 et la découverte d'une société taïwanaise fascinante. Sans avoir besoin de prendre une encyclopédie ( j'adore celles-ci, mais dans le sac de vacances beaucoup moins... ), on découvre une société fracturée : Taïwan est séparée de la Chine, mais les habitants se disent chinois et ne digèrent pas leur exil forcé sur l'île. On voit aussi la vielle génération des exilés militarisés, ne comprenant pas des jeunes volant de leur propres ailles.
Sur cette subtile toile de fond, l'auteur aborde avec courage le sujet tabou de l'homosexualité : les homosexuels; chassés de chez eux, se regroupent, formant un Royaume souterrain ( un parc, un bar ) peuplé des fantômes de leurs amours interdites . Les jeunes s'y prostituent pour des clients qui vivent dans le placard. Évitant de tomber dans un pathos aussi lourd qu'une enclume ou des scènes de sexe omniprésentes ( je ne suis pas puritain, mais j'ai comme le sentiment que trop de scène de ce genre auraient affaibli la porté de ce roman ... ) , l'auteur nous montre des jeunes résilients, vulnérables et forts à la fois, tombant puis se relevant, essayant de trouver leur voie vers la lumière tout en goûtant aux plaisirs dangereux de leur monde de reclus. En sus, toute une galerie de personnages secondaires est peinte, toujours de manière intense et juste par l'auteur.
Le point essentiel de ce long paragraphe ( merci à mes phrases à rallonge ) est que tout cela aboutit à ce que formant des scènes intenses et surprenantes, ce récit devient le cri triomphateur de l'auteur : oui ces jeunes oiseaux de printemps sont des êtres sensibles qui se fraient un chemin dans une société qui les rejette.
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Mimi6231
  23 juin 2020
Le roman chinois a ses propres caractéristiques, déroutantes pour nos habitudes littéraires. le traducteur a visiblement veillé à l'adapter au mieux aux lecteurs français mais il ne pouvait tout gommer sans trahir l'original.
Il se situe dans les années 60.
Le contenu s'avère intéressant mais, alors qu'il concerne des vies difficiles, des personnes en souffrance, cela est décrit froidement sans réussir à créer l'empathie du lecteur. On assiste à une succession de scènes dont il est parfois bien difficile de comprendre l'enchaînement avec le paragraphe précédent, en raison des noms auxquels nous ne sommes guère habitués et qu'il est difficile d'assimiler (Sauf celui ds garçons qui ont piour la plupart leur traduction "fleurie") mais aussi, et surtout, parce que l'on passe d'un moment à un autre, sans aucune transition. Il devient alors difficile de suivre le déroulement de ces vies.
Par ailleurs, l'auteur garde parfois des noms de situations, d'objets, de lieux, sans fournir aucune explication ce qui fait que l'on ne sait pas de quoi il parle et ajoute à la confusion.
Les situations se répètent et évoluent très très lentement alors que l'unité de temps est réduite (9 mois), n'apportant rien au fond de l'histoire.
Les attitudes et les propos de ces jeunes sont déroutant également : bien souvent, on a plutôt l'impression d'assister à des scènes et des dialogues évoquant davantage l'enfance que le grand ado alors qu'à d'autres passages on assiste à des comportements de jeunes adultes. Certes le monde dans lequel ils évoluent n'est pas très cohérent mais les incohérences du récit sont autant de heurts dans la lecture. Il faut constamment chercher à comprendre ce qui unit les faits, pourquoi d'un seul coup on passe d'un lieu à un autre en changeant de personnages.
Tout cela manque d'énergie et ressemble bien souvent à un descriptif de situations que l'on dirait narré par une voix robotique.
Certains parlent d'une évocation poétique... je ne l'ai franchement pas trouvée à moins que la traduction fleurie des noms chinois suffisent à cette impression.
Déjà soumis à l'incertitude du lendemain, ces vies se déroulent bien souvent dans la crasse profonde : reflet d'une Chine défavorisée ou d'une société où la saleté est omniprésente même dans les couches sociales plus élevées ? Est-ce alors à un degré moindre et cette crasse est une spécificité de cette couche sociale très défavorisée ? L'omniprésence de cette saleté, y compris dans la rue laisse à s'interroger.
J'ai fait des efforts pour avancer dans ce livre mais j'ai lu en travers une cinquantaine de pages après le milieu du livre, puis j'en ai sauté carrément environ 150, les quelques phrases piochées au hasard ne faisaient que dire de nouveau ce que j'avais lu avec d'infimes nuances. 476 pages là où 300 auraient donné un roman accrocheur.

En conclusion, un sujet intéressant, un traducteur qui a fait des efforts pour rendre ce livre accessible mais à la lecture difficile, fatigante, frustrante en raison du manque de liaison et de fluidité, de répétitions, de vocabulaire spécifique non expliqué, d'incohérences dans les comportements.
Note difficile à attribuer.
4 voire 4.5 pour le sujet et l'entrée dans cette société et ce milieu, pour l'approche de ces jeunes soumis à eux-mêmes, sachant que cette situation évoque celles d'autres pays mais 2.5 pour l'écriture pas assez liée. A sa décharge, cette écriture est assez spécifique de la littérature chinoise. Dans ce roman, elle est même particulièrement adaptée à nos habitudes mais son origine reste présente... ce qui, au final, peut être un compliment.
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Witchia
  03 avril 2017
Garçons de cristal est un livre qui mériterait à se faire connaître.
Déjà car il traite d'un sujet tabou, encore plus à Taïwan dans les années 70, l'homosexualité et plus particulièrement la prostitution masculine.
Le sujet est traitée d'une manière très douce, pleine d'une fragilité palpable sans pour autant être condescendant ou dans le voyeurisme. On y suit la vie de ces garçons, la vie souterraine nocturne du Taipei des années 70, souvent par des scènes communes, touchantes. L'écriture est fluide et agréable.
On s'attache à ses garçons à la fois fragiles et solides.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   15 septembre 2019
Le vieux monsieur Fu me regardait avec insistance, ses sourcils gris acier froncés.
"Vous autres gosses, comment pouvez-vous comprendre ce qu'est la douleur d'un père ?" Il appuya la main sur mon épaule et poursuivit gravement : "Aqing, tu n'habites ici que depuis quelques jours et je te considère déjà comme un membre de la famille. Toi aussi, tu as un père, et à cette heure il souffre à cause de toi. Moi aussi j'ai eu un fils, et, comme Wang Kuilong, il a brisé le coeur de son père. J'aimerais te le raconter ce soir, te narrer l'histoire d'un père ..."

p. 295
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thierrygibertthierrygibert   16 avril 2020
Ce qui nous est commun, c'est un corps en proie à l'insoutenable torture de brûlants désirs, un coeur souffrant à la folie de la solitude.
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