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Antoine Prost (Préfacier, etc.)
EAN : 9782847344325
566 pages
Tallandier (22/03/2007)
4.24/5   178 notes
Résumé :
Quand il était au collège, Jacques Bainville n’aimait pas l’histoire. Que discerner dans ce tissu de drames sans suite, cette mêlée, ce chaos ? Lui voulait savoir « pourquoi les peuples faisaient des guerres et des révolutions, pourquoi les hommes se battaient, se tuaient, se réconciliaient ». Déjà célèbre pour son intelligence des relations internationales, il se plongea deux ans dans l’écriture d’une Histoire de France qui paraîtrait en 1924 et serait un immense s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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sur 178 notes
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CDemassieux
  18 octobre 2021
Dans son Histoire de France, Jacques Bainville raconte la longue et laborieuse naissance de la France, depuis la Gaule gallo-romaine jusqu'aux années 1920, et qu'il définit en ces termes : « Ainsi, l'histoire de la France, c'est celle de l'élaboration et de la conservation de notre pays à travers des accidents, des difficultés, des orages, venus de l'intérieur comme de l'extérieur, qui ont failli vingt fois renverser la maison et après lesquels il a fallu la reconstruire. La France est une oeuvre de l'intelligence et de la volonté. »
La France, depuis le baptême de Clovis (496 ou 498) jusqu'au Traité de Versailles (1919), a ainsi dû composer avec les ennemis tant intérieurs qu'extérieurs ; objet de toutes les convoitises et de toutes les divisions comme autant d'obstacles à la construction de son unité.
Bainville, qui se focalise donc sur ce qu'on appelle la grande Histoire, ne nie pas les crimes de l'Histoire, sans pour autant les grossir de manière anachronique. Par exemple, évoquant l'indéniable massacre de la Saint-Barthélemy, il tempère son retentissement à l'époque – car les massacres étaient courants pendant les guerres de Religion et tant du côté protestant que catholique : « Il faut reconnaître que l'horreur de la Saint-Barthélemy, répandue et répercutée par l'histoire, n'a été que modérément ressentie par les contemporains. » On l'aura compris, Bainville n'est pas là pour insulter l'Histoire de France – suivant la mode de la cancel culture ! – mais tâcher de la comprendre au-delà des ressentis ultérieurs.
Bainville offre donc ici une magistrale analyse de la lente construction d'une Nation dont les remous intérieurs – révoltes, révolutions – et extérieurs – guerres en dehors et à l'intérieur de notre territoire – ont accouché de la France.
Et s'il est un royaliste affirmé, Bainville n'en étudie pas moins méticuleusement notre histoire nationale. Et, à l'époque où certains politiciens tentent de salir notre passé, en exaltant par ailleurs certaines figures abjectes comme Marat, il est bon de lire ceci : « Marat, “fanatique désintéressé”, a été l'homme le plus influent de la Révolution, celui qui l'a menée du dehors avec le plus de suite parce qu'il avait l'instinct démagogique, c'est-à-dire le don de deviner les passions populaires et le talent d'exprimer les haines et les soupçons de la foule de la façon même dont elle les sentait. » Cette phrase colle parfaitement à certains dictateurs du XXe siècle…
Si l'on peut discuter certains points, comme le fait que l'auteur ne décèle que deux événements intérieurs sous le règne de Louis XIV – la condamnation de Nicolas Fouquet et la révocation de l'Édit de Nantes, omettant la retentissante affaire des poisons qui fit vaciller le trône au point que le roi voulut la plonger dans un « éternel oubli » en ordonnant la destruction des pièces du dossier –, cette Histoire de France reste magistrale et ne se contente pas d'évoquer les têtes d'affiche, en réhabilitant à l'occasion certaines figures méprisées comme Louis XVIII, qui reçut un pays occupé et exsangue après la chute de Napoléon Ier.
À la fin, on peut lire une phrase qui résonne particulièrement, pour nous autres lecteurs du XXIe siècle : « Nous touchons ici au point où doit se terminer cette histoire. A mesure qu'on se rapproche du temps même où nous vivons, les grandes lignes se dérobent. Elles ne se dégageront qu'avec la suite, qui nous manque encore. » La suite – que ne connut pas l'auteur, décédé en 1936 –, ce furent la Seconde Guerre mondiale, l'Occupation, la décolonisation, etc.
Mais il est une autre phrase qui colle, selon moi, exactement à la situation présente de la France et au-delà de l'Europe, en ce début du XXIe siècle : « le vieux monde est dans un état qui ressemble beaucoup au chaos. »
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Admostes
  17 février 2016
Jacques Bainville (1879-1936) est l'un de ces auteurs qui font partie de la tradition très française des journalistes politiques qui écrivent L Histoire à l'exemple plus tardif du Bloc-notes de François Mauriac. Histoire de France est l'oeuvre majeure de Bainville, parue en 1924 elle se vendit à plus de 160 000 exemplaires dans l'entre-deux guerres et fait encore aujourd'hui référence.
D'où peut venir un tel succès quand l'écrivain n'est pas officiellement historien? L'auteur l'explique très bien dans son avant-propos : « Quand il était au collège, il n'aimait pas beaucoup l'histoire. » Et quand bien même il y prit goût plus tard « il répugnait à la narration des faits alignés, les uns au bout des autres ». Il s'agit pour Bainville de faire de l'histoire une succession de faits liés arrivés pour une raison. Il ne pose donc plus seulement la question « Quand? » mais « Pourquoi? ». Une approche évidente à la lecture supportée par une écriture fluide et accessible à tous. On comprend ainsi que l'histoire ne fait appel qu'au passé. On s'étonne ainsi du fait que la Révolution française trouve des échos à une époque aussi lointaine que celle des Capétiens et de la guerre de cent ans ainsi que pendant les guerres civiles et religieuses du début De La Renaissance. le royaume de France, et plus largement, l'idée d'une nation française a été bien des fois mise en péril par des problèmes identitaires, économiques, etc.
Bainville s'est donc attardé sur l'histoire de France, de la Gaule jusqu'à son époque à l'entre-deux guerres. Projet gargantuesque qui tient pourtant dans un livre de poche. Une histoire de France claire, résumée et racontée qui vous permettra de posséder les connaissances les plus essentielles d'une fresque historique si riche de détails et si cohérente dans ensemble. A lire impérativement pour tous les amateurs.
Attention toutefois la lecture n'est pas facile pour quelqu'un qui commence à apprendre l'histoire de France. Dans ce cas il vaut mieux se tourner vers sa "Petite histoire de France".
Disponible chez Tallandier (12€) et Tempus (11€).
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SilverSmasher
  27 juin 2021
Je définirais l'Histoire de France de Jacques Bainville comme étant à la fois un ouvrage accessible et passionnant ; sans pour autant que ces deux qualificatifs que je mets en premier en avant n'entache le sérieux de l'oeuvre et de l'auteur. Dans ce livre, l'Histoire de la France commence avec la Gaule et se termine avec une description de la situation dans laquelle l'Europe se trouvait après la ratification du traité de Versailles.
Si il y a bien un élément qui m'a poursuivi tout au long du livre, et il est, je pense, lié à la plume et aux idées de l'auteur, c'est le mot *ordre*.
De façon tout à fait régulière, après le surgissement du cours des évènements, M. Bainville ne peut pas s'empêcher de commenter que [ l'ordre est restauré], on voit à quel point cela lui tient à coeur. Cela est un concept si ancré en lui qu'il l'implique même dans les aspirations naturelles de la France, l'ordre se retrouvant donc rattaché d'office à notre identité selon ce même monsieur.
Je confesse que sous sa plume j'ai pris plaisir à parcourir des siècles sous l'égide de la royauté grâce à laquelle le pays finit toujours par être relevé, et à laquelle je suis tenté d'admettre que celle-ci pousse à la loyauté et au dévouement, contrairement à ce que nous constatons de nos jours avec nos présidents, si il en fût. Néanmoins, le présent ouvrage, quand bien même il vous ferait apprécier la royauté, ne cessera de vous rappeler la contrainte et la faiblesse à laquelle le pays a été poussé à cause de divers seigneurs féodaux insoumis et qui, pour les pires d'entres eux, ont fait intelligence avec l'ennemi. Quoiqu'il en soit, moi qui admet volontiers mon ignorance quant à la monarchie, son fonctionnement ainsi que sa doctrine, j'en ressors avec un à priori plus positif qu'auparavant et qui est je pense sain, au vu de l'idée toute faite que l'on se fait de la royauté de nos jours, sûrement appuyée par l'école d'ailleurs, comme étant une dictature qui revêt une toilette royale ; je ne prétends pas que ce fut un régime libre ou souhaitable, simplement, je suis content d'avoir lu sur celle-ci un portrait plus nuancée et plus mélioratif, sûrement plus proche de la réalité de ce qu'elle était d'ailleurs que l'idée ignorante que l'on peut, comme moi, s'en faire de nos jours.
Ce livre est facile à lire, l'écriture est fluide, le contenu n'est ni trop compliqué ni trop simple, il est à lire pour quiconque souhaiterait connaître l'Histoire de France.
Pour autant, je sais que le présent livre n'est certainement pas le plus complet en la matière et par ailleurs, je regrette que les multiples doctrines qui y sont mentionnées (monarchisme, républicanisme, socialisme du 19ème siècle, Bonapartisme, la doctrine détaillée et complète de Richelieu, etc) n'y soient pas expliquées.
Cela étant dit je reconnais qu'on ne peut pas parler de tout et tout expliquer en un seul livre, car, comme il est dit à la page 18-19 :
"La tâche de l'historien consiste essentiellement à abréger. S'il n'abrégeait pas, - et la remarque n'est pas nouvelle -, il faudrait autant de temps pour raconter l'histoire qu'elle en a mis à se faire."
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Heisenberg40
  26 décembre 2020
C'est LE livre d'histoire de France.
Si vous souhaitez découvrir l'histoire de France vous devez à tout pris le lire !
Jacques Bainville a réalisé un travail absolument dantesque pour nous proposer ces 500 pages décrivant plus de 2000 ans de notre histoire.
On n'a pas ici un manuel scolaire où l'histoire est racontée de manière décousue. Non, Bainville adopte un style à l'instar des romans, ce qui apporte une logique entre des évènements se situant à quelques années d'intervalles.
Si on faisait lire ce livre à tous les enfants français, notre société serait beaucoup plus éclairée et moins manipulée par la République.
PS : Jacques Bainville était royaliste certes. Cependant, dans cet ouvrage, il met ses convictions politiques de côté afin de faire une analyse objective des différents régimes ayant gouverné la France.
Commenter  J’apprécie          140
gill
  06 juin 2012
Cette histoire de France parue en 1924 est pleine des défauts, des préjugés et parfois des mauvais sentiments de son époque et même de son auteur.
Elle révolte parfois le lecteur moderne.
Mais elle est intéressante car replacée dans son contexte historique elle nous parle entre les lignes de l'entre deux guerre et du climat qui y régnait.
Ce livre est un document très intéressant.
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   28 mai 2012
Tous les témoignages sont d’accord : la prospérité était grande sous le règne de Louis XVI. Jamais le commerce n’avait été plus florissant, la bourgeoisie plus riche. Il y avait beaucoup d’argent dans le pays. Tout considérable qu’il était, le déficit pouvait être comblé avec un meilleur rendement des impôts. Malheureusement, les ministres réformateurs se heurtaient aux vieilles résistances, qui n’étaient pas seulement celles des privilégiés, mais celles de tous les contribuables dont le protecteur attitré était le Parlement. La prodigieuse popularité de Necker tint à ce qu’il eut recours non à l’impôt, mais à l’emprunt. Habile à dorer la pilule, à présenter le budget, comme dans son fameux Compte rendu, sous le jour le plus favorable, mais aussi le plus faux, il n’eut pas de peine, en fardant la vérité, à attirer des capitaux considérables. De là deux conséquences : les porteurs de rente devinrent extrêmement nombreux et une banqueroute frapperait et mécontenterait désormais un très grand nombre de personnes ; d’autre part, Necker, ayant donné l’illusion qu’on pouvait se passer d’impôts nouveaux, eut la faveur de tous les contribuables, notamment du clergé, à la bourse duquel on avait coutume de s’adresser en cas de besoin, mais il rendit par là les Français de toutes les catégories encore plus rebelles à la taxation.

417 - [Le Livre de Poche n°513, p. 268]
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SvanhildrSvanhildr   19 octobre 2014
Si les lecteurs veulent bien le lui permettre, l'auteur de ce livre commencera par une confession. Quand il était au collège, il n'aimait pas beaucoup l'histoire. Elle lui inspirait de l'ennui. Et quand le goût lui en est venu plus tard, il s'est rendu compte d'une chose : c'est qu'il répugnait à la narration des faits alignés, les uns au bout des autres. On ne lui avait jamais dit, ou bien on ne lui avait dit que d'une manière convenue ci insuffisante, pourquoi les peuples faisaient des guerres et des révolutions, pourquoi les hommes se battaient, se tuaient, se réconciliaient. L'histoire était un tissu de drames sans suite, une mêlée, un chaos où l'intelligence ne discernait rien.
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SvanhildrSvanhildr   19 octobre 2014
Depuis la chute de l'Empire romain, à laquelle il faut toujours revenir, tant était puissante la nostalgie qu'avaient laissée Rome et la paix romaine, deux idées avaient fini par se confondre. C'était l'ordre romain, qui voulait dire civilisation et sécurité, et c'était la religion chrétienne, devenue romaine à son tour. Avec plus de ressources et dans de meilleures conditions, les Carolingiens recommençaient ce que Clovis avait tenté : reconstituer l'Empire d'Occident, inoubliable et brillant modèle, qui, malgré ses vices et ses convulsions, avait laissé un regret qui ne s'effaçait pas.
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JcequejelisJcequejelis   27 mai 2012
Turgot, convaincu, comme l'avait été Sully, que l'agriculture était à la base de la richesse nationale, cherchait à la favoriser de diverses manières et en même temps à remédier au fléau des disettes par la liberté du commerce des blés. Là, il ne se heurta pas seulement aux intérêts, mais aux préjugés. Il fut accusé, lui, l'honnête homme, de faire sortir le grain du royaume comme Louis XV l'avait été du « pacte de famine ». Dans son programme de liberté, Turgot touchait d'ailleurs à d'autres privilèges, ceux des corporations de métiers, ce qui provoquait les colères du petit commerce. Ses préférences pour l'agriculture lui valaient aussi le ressentiment de l'industrie et de la finance. " Turgot, dit Michelet, eut contre lui les seigneurs et les épiciers. " Il faut ajouter les banquiers dont le porte-parole était Necker, un Genevois, (...) qui avait comme lui une recette merveilleuse et funeste, l'appel illimité au crédit.

415 - [Le Livre de Poche n°513, p. 262]
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SvanhildrSvanhildr   19 octobre 2014
La tâche de l'historien consiste essentiellement à abréger. S'il n'abrégeait pas, - et la remarque n'est pas nouvelle, - il faudrait autant de temps pour raconter l'histoire qu'elle en a mis à se faire. Toutefois chaque génération a une tendance naturelle à donner plus d'importance à la période contemporaine qu'aux temps plus reculés. C'est la preuve que de grandes quantités de souvenirs tombent en route. Au bout de quatre ou cinq cents ans, on commence à ne plus guère apercevoir que les sommets et il semble que les années aient coulé jadis beaucoup plus vite que naguère. 
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Histoire de France par Jacques Bainville : Chapitre 1 (Partie 1/2) - La France pittoresque
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