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Jacques Collin (Traducteur)
ISBN : 2266154974
Éditeur : Pocket (12/02/2009)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Une Guerre sainte est en marche dans un monde divisé entre magie et religion. Trois hommes que tout sépare devront inverser le cours des choses pour éviter une nouvelle Apocalypse : Achamian, un sorcier- espion, qui enquête sur le chef suprême des Mil Temples, un ordre religieux puissant, opposé depuis des siècles aux castes des sorciers ; Cnaiür, chef des barbares Scylvendi, d'une violence et d'une brutalité hors du commun, voit son sinistre passé resurgir ; et enf... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
boudicca
  05 mai 2012
Si vous aimez les univers de fantasy minutieusement construits et d'une complexité folle, alors vous adorerez la trilogie de R. Scott Bakker. Mais attendez-vous à une lecture exigeante qui, si elle vaut indéniablement le coup, demande malgré tout un gros effort d’investissement, surtout au début. Car il faut bien avouer que la masse d'informations à ingurgiter et à digérer dans ce premier tome est tout simplement énorme, que ce soit au niveau des personnages (nombreux et aux noms exotiques parfois difficiles à retenir) mais aussi et surtout du contexte politique et religieux (compliqué à souhait). Le lecteur tâtonne donc beaucoup mais finit par peu à peu se familiariser avec le monde d'Eârwa et sa mosaïque de peuples et de factions religieuses ou magiques entre lesquelles règne un équilibre précaire. Équilibre dangereusement menacé par les projets du Maithanet, chef religieux charismatique sur le point de lancer une formidable guerre sainte pour la reconquête d'une ville jugée sacrée pour les « hommes de la Dague ». Si tous ne voient évidemment pas l'initiative d'un très bon œil, la plupart des leaders politiques de l'empire et d'ailleurs vont néanmoins tentés de tirer partie de cette « croisade » pour satisfaire leurs ambitions... qui sont bien évidemment souvent contradictoires. Vous l'aurez compris l'univers est d'une richesse peu commune et peut même sembler trop foisonnant par moments, y compris pour le lecteur consciencieux qui finira malgré tout par voir ses efforts et sa persévérance récompensés.
Car une fois que l'on parvient à appréhender un peu mieux les subtilités de l'univers de l'auteur, le récit se fait franchement captivant. L'intrigue est en effet exceptionnellement dense et habilement dévoilée grâce à une alternance de points de vue qui permet au lecteur de prendre toute la mesure des enjeux de cette Guerre sainte et de ses conséquences à court et long terme. L'originalité de certaines des trouvailles de R. Scott Bakker participe aussi beaucoup au charme du roman, notamment en matière de magie (le cas du scolasticat du Mandat, ordre de sorciers destinés à revivre en rêve chaque nuit les souvenirs d'apocalypse du fondateur de leur ordre, est particulièrement intéressant). Le lecteur amateur de fantasy sortant un peu des sentiers battus sera par ailleurs ravis d'apprendre que l'auteur opte ici pour une ambiance plutôt orientale sans hésiter à piocher dans d'autres civilisations (le Monsieur a étudié les langues et les cultures anciennes et cela se sent...). On pourrait croire au premier abord que le soin apporté à l'univers et à l'intrigue ait été travaillé au dépend des personnages... et bien non, car là encore R. Scott Bakker met la barre très haut. Le rude barbare scylvendi Cnaiür, la prostituée Esmenet, le scolastique Drusas Achamian... : tous possèdent une profondeur et une noirceur qui fascine le lecteur tout en lui donnant l'impression qu'il ne parviendra jamais à vraiment totalement les connaître ou les comprendre.
Avec « Autrefois les ténèbres », R. Scott Bakker pose les bases d'un univers et d'une intrigue d'une rare complexité qui en rebutera plus d'un mais qui vaut indéniablement le détour, l'investissement demandé étant remboursé au centuple par la qualité et la force du récit proposé. J'ai d'ailleurs omis de préciser qu'il s'agissait là d'un premier roman... Chapeau bas !
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Toon
  21 mai 2015
il ya un gros potentiel qui frémit sous une surface quand même difficile à appréhender. le vocabulaire est très riche et est mélangé aussi avec des mots inventés, les personnages ont des noms à rallonge, pas top pour mémoriser.
On sent l'oeuvre immense, initié par un prologue qui à lui seul fait près de 70 pages... Oui forcément un T1 de 800 pages va souffrir de longueur. Il y en a, c'est certain mais on ne souffre pas comme chez Brandon Sanderson. de l'histoire, de la préhistoire, de nombreuses factions politiques et religieuses dont les intérêt divergent ou sont étroitement liés, des cultures arabo-greco-romaines d'un côté, des vikings-mongols de l'autre..

Faut-il dire que ce cycle se mérite ? Nan, parceque cela ne veut rien dire, mais par contre il ne se lit pas en dilettante. l'effort et la concentration sont nécessaires, de même que l'index en fin de volume, et ,pour moi, la relecture de certians passages que je n'avais aps compris et qui s'éclairent une fois les 800 pages ingurgitées.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
boudiccaboudicca   13 mai 2012
Vous voudriez me sonder, dit enfin Cnaiür, éclaircir le mystère du coeur scylvendi. Mais vous utilisez votre propre coeur pour figurer le mien. Vous voyez un homme humilié devant vous, Xunnurit. Un homme lié à moi par le sang. Quelle insulte cela doit être, dites-vous. Son coeur doit crier vengeance. Et vous dites cela parce que vos cœurs crieraient aussi. Mais mon coeur n'est pas le vôtre. Xunnurit n'est pas un nom honteux pour le Peuple, ce n'est pas un nom du tout. Celui qui ne chevauche pas parmi nous n'est pas nous. Il est autre. Mais vous qui prenez votre coeur pour le mien, qui voyez deux Scylvendis, l'un brisé, l'autre debout, pensez que sa dégradation est la mienne et que je voudrais venger cela. Quelle meilleure façon de discréditer l'homme fort que de faire d'un homme brisé son double?
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boudiccaboudicca   05 mai 2012
Ne vous méprenez pas Inrithis. En cela Conphas a raison. Vous êtes tous des ivrognes titubants à mes yeux. Vous ne savez rien de la guerre. La guerre est noire. Noire comme la poix. Elle n'est pas un dieu. Elle ne rit ni ne pleure. Elle ne réclame ni talent ni audace. Elle ne mesure ni les âmes ni les volontés. Elle est simplement l'endroit où les os de fer de la terre croisent les os fragiles des hommes et les brisent.
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boudiccaboudicca   04 mai 2012
Mais n'est ce pas l'énigme même de l'Histoire? Lorsque l'on cherche assez profondément, l'on s'aperçoit toujours que la catastrophe et le triomphe, les véritables objets de l'attention de l'historien, dépendent inévitablement du petit, du trivial, de l'effroyablement accidentel.
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PuzPuz   14 juillet 2017
Les rois ne mentent jamais.
Ils ordonnent que le monde se soit trompé.
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