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Joël Gayraud (Éditeur scientifique)
ISBN : 2842050746
Éditeur : 1001 Nuits (30/09/2000)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Ce plaidoyer matérialiste, rationaliste et radicalement démocratique, répond à Voltaire et à son « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer » par « Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître ». Pour Bakounine, l’idée de Dieu est étroitement liée à celles d’autorité et de hiérarchie. Pour lui, la religion est source d’esclavage et de misère et son Dieu et l’Etat frappe les tables de la loi comme un marteau en furie. ? L’OUVRAGE DE RÉFÉRENCE S... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Snarkk
  20 février 2015
Mes excuses pour la forme, mais il n y a pas d accentuation sur ce clavier etranger...

Bakounine fait partie de ces penseurs (et agitateurs) politiques tres puissants. Une pensee radicale, peut etre meme encore plus pour nous aujourd hui que pour ses contemporains. Refractaire a toute autorite, il constate et conteste toutes les formes nuisibles a l etre humain libre. «Dieu et l Etat» est un essai indispensable pour quiconque s interesse au fait politique. Il a constitue un formidable bond en avant dans l identification des mecanismes de coercition de l etre humain et la maniere de les combattre.

Neanmoins, Bakounine est un homme de son temps... toute sa radicalite et son progressisme n effaceront pas des paroles que l on pourrait qualifier aujourd hui de racistes. Malgre le peu de clairvoyance de cet homme sur certaines questions, il ne faut pas pour autant occulter tout le genie politique de celui qui su allier la theorie politique et l action politique, comme en temoignent les nombreuses insurrections auquel il a participe. Ou qu il a organise...
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Luniver
  23 décembre 2011
Ouvrage d'un des grands théoriciens de l'anarchisme, assez concis. Un peu trop même parfois, j'ai eu de temps en temps l'impression d'être face à des arguments d'autorité, sans justification particulière, mais je suppose que c'est un défaut inhérent aux livres courts.
Bakounine expose que l'idée de la divinité s'arrache progressivement du monde matériel pour rejoindre un monde idéalisé, emportant avec elle toutes les qualités, et en ne laissant aux hommes que les vices. L'auteur constate que même chez les gens qui se détachent de la religion officielle, cette idée que les «bonnes choses» ne peuvent venir que du monde de l'esprit, tandis que les mauvaises ne viennent que du monde matériel persiste. Pour se réapproprier les vertus, Bakounine propose de se baser sur la logique et la science, et de rejeter toutes les sources d'autorité absolue, y compris d'ailleurs celle venant des savants.
Certains morceaux de l'essai parlent de thèmes que je ne maîtrise pas du tout, et la concision laisse parfois un goût de trop peu, mais dans l'ensemble, la lecture a été agréable et instructive.
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Colonel
  29 octobre 2010
Excellente synthèse, très facile à lire, de la pensée de ce premier grand théoricien de l'anti-autoritarisme. (Anarchie)
Si la société anti-autoritaire idéale semble difficile à atteindre en l'état culturel actuel, les grands principes présentés ici, tant négatifs (décortiquage et critique de l'instauration du pouvoir sur la base d'un élément transcendant, récapitulatif historique de la prise de pouvoir des intérêts bourgeois lors de la révolution prétendument populaire de 1789 et le système ploutocratique vers lequel cela ène - ô combien actuel ! -, etc.) que positifs (diffusion de la culture et de la science comme biens communs non-marchandise) méritent d'être abordés par tous, à l'heure où le Grand Marché (le nouvel élément transcendant qui intronise l'instauration du pouvoir tyranique des intérêts égoïstes d'un petit nombre d'individus) nous fait croire à une liberté "libérale" absolument fictive...
"Le plus grand stratagème du Diable fut de faire croire qu'il n'existait pas."
Dans la guerre de tous contre tous (G.Châtelet), le Grand Marché est l'élément de croyance mis en avant, par ceux qui y ont intérêt, comme l'horizon nécessaire et indépassable.
Plus : concis, percutant, éloquent, actuel.
Moins : court. Mais il n'y a qu'à lire le reste ! ... et Stirner.
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louisemiches
  18 octobre 2008
A la fois livre d'histoire et essai politique toujours d'actualité, il ne faut jamais avoir peur de relire Bakounine !
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
louisemicheslouisemiches   18 octobre 2008
Jéhovah [...] ayant créé Adam et Eve, par on ne sait quel caprice, sans doute pour tromper son ennui qui doit être terrible dans son éternellement égoïste solitude, ou pour se donner des esclaves nouveaux, avait mis généreusement à leur disposition toute la terre, avec tous les fruits et tous les animaux de la terre, et il n'avait posé à cette complète jouissance qu'une seule limite. Il leur avait expressément défendu de toucher aux fruits de l'arbre de la science. Il voulait donc que l'homme, privé de toute conscience de lui-même, restât une bête, toujours à quatre pattes devant le Dieu éternel, son Créateur et son Maître.
Mais voici que vient Satan, l'éternel révolté, le premier libre penseur et l'émancipateur des mondes. Il fait honte à l'homme de son ignorance et de son obéissance bestiales ; il l'émancipe et imprime sur son front le sceau de la liberté et de l'humanité, en le poussant à désobéir et à manger du fruit de la science.
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issablagaissablaga   12 juin 2014
Ecrasé par son travail quotidien, privé de loisir, de commerce intellectuel, de lecture, enfin de presque tous les moyens et d'une partie des stimulants qui développent la réflexion des hommes, le peuple accepte le plus souvent sans critique et en bloc les traditions religieuses qui, l'enveloppant dès le plus jeune âge dans toutes les circonstances de sa vie, et artificiellement entretenues en son sein par une foule d'empoisonneurs officiels de toute espèce, prêtres et laïques, se transforment chez lui en une sorte d'habitude mentale et morale, trop souvent plus puissante même que son bon sens naturel.
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DanieljeanDanieljean   10 novembre 2015
Il est une catégorie de gens qui, s'ils ne croient pas, doivent au moins faire semblant de croire. Ce sont tous les tourmenteurs, tous les oppresseurs et tous les exploiteurs de l'humanité. Prêtres, monarques, hommes d'État, hommes de guerre, financiers publics et privés, fonctionnaires de toutes sortes, policiers, gendarmes, geôliers et bourreaux, monopoleurs capitalistes, pressureurs, entrepreneurs et propriétaires, avocats, économistes, politiciens de toutes les couleurs, jusqu'au dernier vendeur d'épices, tous répéteront à l'unisson ces paroles de Voltaire :
- "Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer."
Car, vous comprenez, il faut une religion pour le peuple. C'est la soupape de sûreté. Il existe enfin une catégorie assez nombreuse d'âmes honnêtes mais faibles qui, trop intelligentes pour prendre les dogmes chrétiens au sérieux, les rejettent en détail, mais n'ont pas le courage, ni la force, ni la résolution nécessaires pour les repousser en gros. Elles abandonnent à votre critique toutes les absurdités particulières de la religion, elles font fi de tous les miracles, mais elles se cramponnent avec désespoir à l'absurdité principale, source de toutes les autres, au miracle qui explique et légitime tous les autres miracles, à l'existence de Dieu. Leur Dieu n'est point l'Être vigoureux et puissant, le Dieu brutalement positif de la théologie. C'est un Être nébuleux, diaphane, illusoire, tellement illusoire que, quand on croit le saisir, il se transforme en Néant : c'est un mirage, un feu follet qui ne réchauffe ni n'éclaire. Et pourtant ils y tiennent, et ils croient que s'il allait disparaître, tout disparaîtrait avec lui. Ce sont des âmes incertaines, maladives, désorientées dans la civilisation actuelle, n'appartenant ni au présent ni à l'avenir, de pâles fantômes éternellement suspendus entre le ciel et la terre, et occupant entre la politique bourgeoise et le socialisme du prolétariat absolument la même position. Ils ne se sentent la force ni de penser jusqu'à la fin, ni de vouloir, ni de se résoudre et ils perdent leur temps et leur peine en s'efforçant toujours de concilier l'inconciliable.
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LuniverLuniver   21 décembre 2011
S’ensuit-il que je repousse toute autorité ? Loin de moi cette pensée. Lorsqu’il s’agit de bottes, j’en réfère à l’autorité du cordonnier ; s’il s’agit d’une maison, d’un canal ou d’un chemin de fer, je consulte celle de l’architecte ou de l’ingénieur. Pour telle science spéciale, je m’adresse à tel savant. Mais je ne m’en laisse imposer ni par le cordonnier, ni par l’architecte, ni par le savant. Je les écoute librement et avec tout le respect que méritent leur intelligence, leur caractère, leur savoir, en réservant toutefois mon droit incontestable de critique et de contrôle.
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PiertyMPiertyM   04 février 2014
Amoureux et jaloux de la liberté humaine, et la considérant comme la condition absolue de tout ce que nous adorons et respectons dans l'humanité, je retourne la phrase de Voltaire, et je dis : Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître.
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Video de Mikhaïl Bakounine (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mikhaïl Bakounine
"Mikhaïl Bakounine, ou l'ouragan révolutionnaire", une émission de radio diffusée sur France Culture, en 1994, dans la série "une vie, une œuvre".
Dans la catégorie : AnarchismeVoir plus
>Socialisme et systèmes apparentés>Autres systèmes>Anarchisme (25)
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