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Le Noir : 5 sens tome 3 sur 5

Yvan Fauth (Autre)
EAN : 9782714494337
336 pages
Belfond (03/06/2021)
  Existe en édition audio
3.76/5   128 notes
Résumé :
Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Michaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalese, Danielle Thiéry, Franck Thilliez.

Onze auteurs prestigieux (r)éveillent le sens du toucher dans le noir. Oserez-vous frôler le noir d'aussi près ?

Après Écouter le noir et Regarder le noir (Belfond, 2019, 2020), dix nouvelles pour autant d’expériences tactiles éclectiques, souvent terrifi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
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De retour chez elle après une soirée mémorable, Ashley emmena Aksil directement dans sa chambre, sans plus tergiverser.
C'était vraiment magique ce second rendez-vous. Elle n'avait jamais rencontré de garçon aussi épatant. Il était non seulement beau mais également raffiné, cultivé, altruiste et généreux.
Aksil était pompier, il sauvait tous les jours des vies humaines en mettant en péril sa propre existence. Et hier soir il l'avait emmenée à la soupe populaire où elle l'a aidé à donner un repas décent aux trop nombreux sans abris, qui toujours les remerciait d'un sourire ou d'un simple signe de tête. C'était gratifiant. A ses côtés elle devenait meilleure.
Sans attendre, leurs corps brûlant d'un ardent désir, ils s'embrassèrent avec fougue.
Leur raison disparut progressivement au profit d'une passion dévorante et déjà de premiers vêtements tombèrent au sol. Ils n'étaient plus guidés que par l'envie de nouvelles sensations, à la découverte de leurs corps respectifs, totalement enivrés.
Aksil humait le parfum d'Ashley, effleurait sa peau d'une incroyable douceur. Rien que ce contact lui donnait déjà le vertige.
Peau d'ébène contre peau d'albâtre, le yin et le yang prêts à se retrouver et à unir leurs courbes pour ne plus faire qu'un.
Ashley gardait les yeux ouverts, admirant le torse musclé de son amant couvert de fines gouttes de sueur. Elle massa ses épaules puis s'attarda sur son torse couleur charbon, toucha ensuite ses abdos parfaitement dessinés et tout aussi noirs avant de descendre lentement encore et de se saisir ...

***

Il n'en fallut pas davantage pour donner à Yvan Fauth la nausée. Il a lu quelques nouvelles d'auteurs amateurs souhaitant figurer dans le troisième volet de nouvelles réservées à l'exploration des cinq sens version macabre et meurtrière.
Le titre sera toucher le noir, pas toucher un noir et encore moins coucher avec un black.
C'est ainsi que mon manuscrit partit à la poubelle.
Même s'il sera bien question d'hommes noirs dans la terrible nouvelle Zeru Zeru de Maud Mayeras qui dénonce des pratiques toujours en cours dans l'Afrique d'aujourd'hui. Comme un conte d'une inimaginable cruauté. A part que ça n'a rien d'une simple fable.

Je trouve que très peu d'auteurs ont respecté le thème du recueil. le sens du toucher, sans recopier l'intégralité du dictionnaire, c'est tout ce que peut ressentir notre épiderme. Les températures, le contact d'un mur rugueux, d'un livre écrit en braille. Une pression exercée ou encore la distinction des formes. Tout ce à quoi est sensible notre vaste système nerveux : sensations de douleur, de picotements, plaisir sexuel, en résumé toutes ces informations qui remontent de notre peau jusqu'à notre cerveau.
Ici, il est davantage question de dons artistiques et plusieurs auteurs ont même détourné le sujet en écrivant mot pour mot "toucher le noir" comme ils auraient pu rédiger "étreindre les ténèbres".
Comme pour se justifier et dire que les règles du jeu ont bien été respectées.
Je trouve dommage d'imposer désormais des sujets à chaque publication de recueil, mais même si l'imagination des auteurs peut s'en retrouver bridée il faut admettre que c'est également intéressant de voir toutes les directions insoupçonnées qu'une même thématique peut parfois prendre.

Franck Thilliez et Laurent Scalese ont en tout cas joué le jeu. Ce n'est pas leur première collaboration puisqu'en 2013 ils avaient déjà publié "L'encre et le sang" aux éditions Pocket.
Ils ouvrent ce recueil avec "8118 - envers" et le clôturent avec "8118 - endroit". Vous ne serez pas sans remarquer que le chiffre choisi peut aussi bien se lire à l'envers comme à l'endroit.
Alors non, il ne s'agit pas de deux nouvelles complémentaires ( encore que ) mais d'un texte qu'on vous propose de lire en commençant par le début, ou par la fin. Leur histoire nous projette quelques années dans le futur aux Etats Unis, pays plus que jamais sous la pression du lobbying des armes à feu. Même si certains romans se sont déjà prêtés à ce genre d'exercice, c'est la première fois que je lis une nouvelle respectant tous les codes du genre ( jusqu'à la chute ) dans ce format. Impossible de parler du don d'un des principaux personnages sans gâcher la fin d'un des textes, mais on est tout à fait dans le sujet.
Un peu déroutant au départ, on peut rapidement se raccrocher au fil conducteur de chaque partie mais c'est avant tout par l'originalité de sa construction que se démarque cette histoire.

Solène Bakowski, auteure des géniaux MiracleUne bonne intention, a également assuré sa part du contrat avec "L'ange de la vallée" qui présente de nombreux degrés de lecture. Dans un monde imaginaire, une fillette va redonner progressivement foi aux habitants victimes de la sécheresse annihilant leur récolte.
Telle une sainte, un messie, elle possède notamment le don de guérison. D'un simple toucher.
Mais que représentent l'innocence et la bienveillance dans un monde perverti par la cupidité et le profit ?
Les miracles ont-ils un prix ?

Ghislain Gilberti nous offre quant à lui une nouvelle à tiroirs avec L'ombre de la proie. Qui fait automatiquement penser à Une nuit en enfer. Il joue avec les genres, avec les codes, entraînant à trois reprises le lecteur dans une nouvelle direction insoupçonnée. Pourtant, dès les premières lignes, l'ambiance malsaine semble posée. Un pédophile suit une gamine, la petite Alice, repérant la moindre de ses habitudes quotidiennes en attendant le bon jour pour agir. Mais lui même est surveillé par une milice armée et prête à intervenir quand il passera à la vitesse supérieure. Mais qui est réellement la proie dans ce jeu du chat et de la souris ? Quant au Noir, il sera bel et bien touché. Au sens propre.

Benoît Philippon, Danielle Théry et Jacques Saussey ont privilégié l'art pour illustrer la notion de toucher. le tatouage, la musique, et le dessin. Trois disciplines qui demandent pour être reconnues du savoir-faire, du travail, du talent. Des mains seront écrabouillées, torturées, coupées ( par exemple une femme poursuivie en danger de mort coupe son avant-bras et le jette à ses chasseurs pour avoir une chance d'échapper à son sort funeste au début de la nouvelle de Benoît Philippon ) mais si les mains symbolisent le sens du toucher, ce n'est pas le cas du don artistique.
Rien à signaler sur le texte de Danielle Thery, il s'agit ni plus ni moins de résoudre une affaire policière, celle du meurtre d'un jeune pianiste quelques jours avant un concours primordial.
Des mains en or de Jacques Saussey m'a d'abord plu avec son pacte entre un directeur de pénitentier sans scrupules et un prisonnier surdoué en dessin. Mais le récit traîne un peu en longueur et finit un peu en pétard mouillé. Avec une impression de déjà vu comparé aux textes que le joaillier avait déjà rédigé pour les recueils Santé ! et Dons.
J'ai beaucoup aimé en revanche Signé de Benoît Philippon, histoire dans laquelle les premières oeuvres d'art de Marcy, artiste underground dont la popularité n'a fait que croître, valent des millions. Les peaux des personnes qu'elle a tatouées sont vendues à prix d'or sur le darknet. Son plus grand fan, le plus grand collectionneur ce ces peaux écorchées, organisera un tête à tête avec avec son idole. Beaucoup de tension mais aussi énormément d'humour dans ce texte plaisant.

Beaucoup d'humour et de tension également dans la longue nouvelle de Michaël Mention pour qui le noir est le pétrole. Il choisit comme contexte un ascenseur en panne de la plus grande firme pétrolière des Etats Unis en 1971 ( la Alpha Oil compagnie ) dans laquelle deux hommes enfermés vont devoir discuter. On les suit minute par minute comme un étrange couple qui n'a rien de commun mais qui pourtant n'est pas réuni ce soir là juste par hasard, le tout dans un contexte historique particulier.
Mais là encore je cherche encore le sens du toucher dans un texte qui n'est pas inintéressant mais qui souffre de quelques longueurs.

Un peu d'écologie également avec Eric Cherrière et sa Mer Carnage. Pas grand chose à voir avec le toucher là non plus, si on excepte la sensation de frôler une âme des plus noires lors d'une intervention chirurgicale du cerveau. Cependant, la nouvelle demeure une réussite en mettant en comparaison et en lien deux crimes atroces reliés de bien des façons. Un assassinat des plus horribles où une famille périt sous les coups d'un sociopathe assez fou pour extraire un foetus du ventre de sa mère et le poser dans un berceau. Et un fabricant de plastique, seul survivant de cette tragédie qui a mis tout son coeur à développer l'entreprise de son père jusqu'à avoir des entreprises implantées partout dans le monde. Et le pollueur, l'un des acteur du septième continent, va enfin avoir la chance de se venger de l'homme qui lui a tout pris.
Des années après un meurtre aussi odieux un pardon est-il encore possible ?
Le bien, le mal, tous les repères sont faussés dans ce texte qui part un peu dans tous les sens mais qui m'a plu.

Quant au texte proposé par Valentin Musso, il commence de façon extrêmement surprenante avec le retour de soirée d'un couple qui discute en voiture, un retour qui ne va pas tout à fait bien se passer. L'auteur met en avant trois des cinq sens : la vue, le goût et le toucher. Cette fameuse soirée s'est en effet déroulée dans un restaurant où on mange en aveugle, devinant les aliments par leurs formes et leurs saveurs.
Si on peut deviner la chute assez rapidement, l'idée de départ n'en demeure pas moins originale.


Je ne peux pas vraiment dire que beaucoup de nouvelles m'ont vraiment fait vibrer, mais aucune ne m'a déplu non plus. C'est très rare d'ailleurs quand je lis autant d'auteurs différents à la suite de ne pas faire le grand écart.
Mon léger regret, je l'ai déjà évoqué. On sent quand même les nouvelles commandées aux auteurs pour l'occasion et tous n'ont pas joué le jeu, ou n'ont pas eu l'inspiration nécessaire et se sont rattrapés aux branches pour coller vaguement au titre du recueil ( et même pas à son sujet ). le toucher n'était pas non plus le sens le plus facile à exploiter.

***

Après l'amour, Iksal s'endormit entre les bras d'Ashley. Elle le contempla longuement, la lueur de la pleine lune illuminant sa chambre. Il avait l'air si fragile ainsi lové contre elle.
La fatigue finit par s'emparer d'elle à son tour et elle embrassa ses lèvres tout doucement, ressentant encore des frissons de plaisir.
Elle se promit de tout faire pour que dure leur relation, persuadée qu'elle était enfin tombé sur l'homme qui saurait prendre soin d'elle.
D'atroces bruits de craquements la firent se réveiller deux heures plus tard. Ils provenaient de son nouvel amour qui la serrait toujours contre elle, mais beaucoup plus fort, avec des bras désormais tordus.
Elle sentit ses griffes se planter dans son dos et hurla quand elle vit son visage, ses yeux rouges qui la fixaient, sa gueule dont les dents lui arrachèrent la carotide en un seul coup de mâchoire.
La dernière chose qu'elle sentit, du bout des doigts, fut la douce fourrure d'Iksal.


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Après Écouter le noir et Regarder le noir, Toucher le noir est un nouveau recueil de nouvelles sous la direction d'Yvan Fauth.
Je ne sais pas si c'est parce que le toucher est un sens moins développé chez moi que les autres sens, mais cette lecture m'a plutôt déçu.
Je n'ai pas retrouvé le rythme et le dynamisme des précédents opus. Pourtant, les auteurs ont trouvé des idées originales, parfois même très astucieuses, pour illustrer le thème ; mais cela ne m'a pas suffi...

- J'ai beaucoup aimé : No smoking de Michaël Mention
- J'ai bien aimé : Retour de soirée de Valentin Musso ; Doigts d'honneur de Danielle Thiéry ; Une main en or de Jacques Saussey ; Zeru Zeru d Maud Mayera ;
- J'ai moins aimé : Signé de Benoît Philippon ; 8118. Endroit de Franck Thilliez et Laurent Scalese
- Je n'ai pas aimé : 8118. Envers de Franck Thilliez et Laurent Scalese ; L'ange de la vallée de Solène Bakowski ; Mer Carnage de Éric Cherrière ; L'ombre de la proie de Ghislain Gilberti.

Lien : http://michelgiraud.fr/2021/..
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Troisième recueil de nouvelles noires sur les 5 Sens, orchestré par Yvan Fauth qui m'a fait connaître et apprécier les nouvelles ! Il faut dire que ma première lecture a été “Regarder les voitures s'envoler” d'Olivier Norek, traumatisante et inoubliable !! Oui, oui !

Dans ce volume 10 nouvelles pour 11 auteurs, dont un duo qui fonctionne plutôt bien ! Je reprends ma première façon de noter, par nouvelle et avec la première idée ou impression que j'ai eue.

“8118 Envers” - Frank Tilliez et Laurent Scalèse : le Destin !! 5*

“Retour de soirée” - Valentin Musso : Et paf, retour de bâton ! 5*

“L'ange de la vallée” - Solène Bakowski : Je n'ai pas compris où se trouve “le toucher” 3*

“Signé” - Benoît Philippon : Manque de peau !! 4*

“Mer Carnage” – Eric Charrière : J'ai trouvé la fin un peu “légère” 3*

“No Smoking” – Michael Mention : Excellent ! 5*

“Doigts d'honneur” - Danielle Thiéry : La musique adoucit les moeurs ! Ha ha ha ! 4*

“L'ombre de la proie” – Ghislain Gilberti : Surprise ! 5*

“Une main en or” – Jacques Saussey : Donne-moi ta main et prends la mienne... ! 4*

“Zeru Zeru” – Maud Mayeras : J'ai été émue car histoire trop proche de la réalité. 4*

Bravo à tous les auteurs de s'être pliés à l'exercice imposé, ce qui n'est jamais simple, en particulier à celui-ci que j'ai trouvé ardu et merci d'avoir autant d'imagination !

#Toucherlenoir #NetGalleyFrance

Challenge PLUMES FEMININES 2021
Challenge MAUVAIS GENRE 2021
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« Toucher le noir » est un recueil de nouvelles. Elles sont au nombre de 10 et écrites par des grands noms de la littérature noire francophone. Il s'agit du troisième tome d'une série consacrée aux 5 sens. Je n'ai pas encore lu les deux premiers mais ce troisième m'a enthousiasmée et je ne manquerai donc pas de corriger ce petit impair.

Les nouvelles ne sont pas un genre littéraire que je connais beaucoup. Il suffit de parcourir mon blog pour constater que je lis que rarement des recueils. Pourtant, lorsque je me laisse tenter, j'en ressors ravie et jamais déçue.

Il est courant de penser que parce qu'il s'agit de nouvelles, on risque de ne pas accrocher ou de ne pas s'immerger complètement dans l'histoire. Or, c'est faux, car dans ce recueil précisément, je n'en ai pas trouvé de moins « bonnes » ou pour lesquelles j'aurais eu l'impression d'un sentiment d'inachevé.

Chacune est l'exemple parfait de l'univers singulier de chacun des auteurs. Afin de ne pas faire de jaloux parmi les auteurs, je ne dirai pas laquelle j'ai préféré. Non, en fait, c'est faux, c'est tout simplement parce que je les ai toutes aimées.

J'ai trouvé que le thème du « toucher le noir » est parfaitement respecté et c'est hyper intéressant de constater comment chacun des 10 auteurs se l'accapare et le développe.

Si vous ne connaissez pas l'un ou l'autre des écrivains qui sont présents dans ce recueil, cela pourrait vous offrir un très bon avant-goût de ce qu'ils produisent et vous donnerait très certainement l'envie de découvrir leurs bouquins personnels.

Voilà plusieurs raisons qui, j'espère, vous feront envie de découvrir le noir, sous toutes ses formes.
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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Un recueil de nouvelles, c'est comme un ballotin de pralines : on ne sait pas sur quoi on va tomber.

La renommée du chocolatier ne fait pas tout, vous pourriez très bien tomber sur une praline dont le goût ne vous plait pas, même si l'artisan y a mis tout son coeur, toute sa science et qu'il a adoré le goût de sa création.

Ces pralines littéraires avaient toutes un goût de reviens-y !

Cette addiction est la même qu'avec la boîte de chocolat, le ballotin de pralines : vous vous jurez que c'est la dernière, qu'ensuite, vous arrêterez jusqu'à demain matin et puis, bizarrement, vous vous dites que vous en prendriez bien une dernière pour la route, puis une autre...

Avant de pousser plus loin ce recueil et d'aller enfin au lit afin de savoir vous lever demain matin.

8118 est la nouvelle qui ouvre le bal, la première praline qui vous explose en bouche et vous donne envie de replonger pour ressentir ce même effet avec les suivantes. Raconter l'histoire à rebours était une riche idée. C'était diabolique ! (5/5)

Le Retour de Soirée était comme j'aime les nouvelles : inattendue, celle qui vous tacle, qui vous fait ouvrir la bouche, béate de surprise. Putain, Valentin Musso m'a scotché au canapé. C'était machiavélique ! (5/5)

L'ange de la Vallée (de Solène Bakowski) qui, en plus de nous offrir un voyage dans le temps, nous a plongé dans l'obscurantisme, la folie religieuse, dans les pulsions humaines les plus abjectes, dans la cupidité, la recherche du profit à tout prix. J'ai fermé les yeux quelques instants à la fin de la lecture tellement j'avais été secouée. C'était horrifique ! (5/5)

Signé de Benoît Philippon nous fera toucher l'art du bout des doigts tout en nous mettant le coeur au bord des lèvres. le film "Le tatoué" était drôle, sa nouvelle, par contre, ne l'est pas du tout. Elle est bien noire et retorse, comme je les aime. Parce que pour marquer durablement les lecteurs, un twist final est toujours ce qui marche le mieux. C'était sadique ! (5/5)

Mer Carnage d'Éric Cherrière m'a un peu moins emballée. La vengeance est un plat qui se mange froid et pour se venger, l'Homme est prêt à traverser tout. Finalement, c'est à se demander qui est le plus monstre des deux entre le vengeur ou le coupable. Je pencherais pour le vengeur qui ne réfléchit à rien et qui pourrait priver bien des gens du talent de celui qu'il veut abattre. C'était trop classique. (3/5)

No smoking de Michael Mention est la plus longue des nouvelles. Même sans sa signature, on reconnaît entre mille la patte de l'auteur qui va nous entraîner dans un huis-clos entre deux personnages coincés dans un ascenseur. ♫ Deux étrangers qui se rencontrent ♪ Dans l'ascenseur déjà le désir monte ♪... le désir de fumer(en 1971, il était, hélas, permis de fumer partout). Désir de s'énerver sur cette panne... Leur échange verbal sera des plus intéressants et une fois de plus, j'ai été mise au sol violemment. C'était magnifique ! (5/5)

Doigts d'honneur de Danielle Thiéry nous prouve que l'on peut faire du policier avec peu de pages, que l'on peut parler de la noirceur de l'Homme sans que cela fasse l'épaisseur d'un pavé et qu'avec peu, on peut faire beaucoup. La musique n'adoucit pas les moeurs, sans doute adoucit-elle les meurtres. C'était la musique, oui la musique ♫ (4/5)

L'ombre de la proie de Ghislain Gilberti avait un goût de nouvelle fantastique. J'ai apprécié le récit, le final que je n'ai absolument pas vu venir, mais il m'aura manqué les émotions durant la lecture de son récit. Je n'ai pas vibré comme avec les autres, ni comme l'auteur a déjà su me faire vibrer dans ses romans. C'était vampirique. (3,5/5)

Une main en or de Jacques Saussey ressemble à une nouvelle tout ce qu'il y a de plus normale, au début. Une prison, une envie d'évasion... On s'évade et puis là, tu te prends l'équivalent d'une porte de prison dans la gueule. C'était clinique. (4/5)

Zeru Zeru de Maud Mayeras nous entraînera dans un village africain où ont lieu des pratiques d'un autre âge, mais qui ont toujours court de nos jours. Son histoire est terriblement noire, horrible, inhumaine, violente. C'était tragique ! (4/5)

Et on terminera avec 8118 à nouveau, la première nouvelle auto-reverse, comme nos bons vieux lecteurs de K7 audio du siècle dernier.

L'art de la nouvelle n'est pas facile, mais une fois de plus, les auteurs ont réussi le challenge sans que l'on ait une sensation de trop peu à la fin de notre lecture.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
- Vous le reconnaissez ? demande Millet, le plus jeune des deux officiers qui mènent l'enquête.
- Bien sûr, je me souviens de tous mes dessins, répond Marcy en inspectant un détail photographié d'un tatouage dont elle est l'autrice. Par contre, je ne me rappelle pas nécessairement la tête de ceux sur qui j'ai opéré.
Le policier glisse un agrandissement de photo d'identité sur le bureau.
- Jean-Hugues Pallas, né le 9 novembre 1976.
- Oui, je me souviens de lui. Un grain de peau rugueux mais une absorption harmonieuse de l'encre. Un épiderme très agréable à travailler. Pourquoi vous me parlez de son tatouage ?- Parce qu'on a retrouvé le corps de M. Pallas sur un terrain vague ce matin.
- Oh...
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La nuit froide et épaisse donne l’impression que les mouvements sont alourdis. Un vent vicieux parcourt les rues : son souffle est vorace et sa morsure est sèche sur chaque parcelle de peau qui n’est pas couverte. Même sous les vêtements, il semble parvenir à atteindre le corps, cherche à s’insinuer jusqu’aux os.
Pourtant, l’esprit du prédateur est chauffé à blanc au point d’ignorer ces maux. Ce ne sont guère plus que de légers désagréments que son énergie bouillonnante dissipe. Ses pulsions et ce besoin monstrueux qui le déchire de l’intérieur sont des moteurs que rien ne semble pouvoir arrêter.
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Après une demi-heure de métro souterrain, Tom Croft remonta des profondeurs de la ville pour gagner la sortie qui donnait sur un large espace désaffecté. Plus personne ne descendait à cette station au milieu de nulle part. Il y avait eu des petites habitations modestes et colorées à cet endroit, jadis, Tom avait vu des enfants y jouer au ballon, mais les guerres de clans avaient ravagé le quartier. La drogue et les armes à feu gangrenaient les artères de la cité. Tous les soirs, des coups de semonce éclataient, les ambulances débarquaient toujours trop tard. Des statistiques vertigineuses avaient été diffusées dernièrement par les bureaux de la police : avant d’être neutralisé, un pistolet qui atterrissait entre de mauvaises mains tirait en moyenne quarante-huit balles, servait à cinq fusillades, tuait deux personnes et en blessait cinq.
8118 : Envers de Franck Thilliez et Laurent Scalese
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Quelque part, sur une aire de chargement de l’un des immenses entrepôts ultra-sécurisés de la Golden Bullet Company, un employé aux commandes d’un transpalette déposait une caisse d’armes à l’arrière d’un camion. Sur l’avant du colis entassé parmi une centaine d’autres, l’adresse d’une armurerie située à la frontière de l’État, à sept cents kilomètres de là : Guilty Guns Market, Philadephia.
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C’était l’amie d’une amie qui lui avait parlé de ce restaurant, un endroit vraiment incroyable, tu verras. Le principe était simple, mais surprenant : manger dans le noir absolu. Pas la moindre source de lumière, rien qui puisse vous permettre de vous repérer. Le service ? Assuré du début à la fin par des non-voyants. Histoire de se sensibiliser à leur cause, de se mettre à leur place le temps d’un repas…
(Sandrine , valentin Musso)
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Une femme se rend aux obsèques de celui qu'elle aimait. Un homme disparu de sa vie depuis un an, dont elle découvre la famille et une mystérieuse compagne bien plus âgée qu'elle. Finalement, on ne connaît jamais vraiment un être, même s'il partage notre vie…
Sur le thème de la destinée, de l'enfance, des secrets et des vies cachées, Solène Bakowski tricote un joli texte à l'intrigue bien menée, aux personnages forts et à la psychologie complexe. Un roman profondément humain et sensible que l'on a du mal à lâcher.
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