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ISBN : 2709659840
Éditeur : J.-C. Lattès (03/01/2018)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 70 notes)
Résumé :
À travers une série de fragments, Lisa Balavoine – la quarantaine, divorcée et mère imparfaite de trois enfants – fait le tour de son existence comme on fait le tour du propriétaire, et signe le roman espiègle et nostalgique de toute une génération.
Convoquant la mémoire de chansons, de films, d’événements emblématiques des années 80 à aujourd’hui, entremêlant souvenirs de jeunesse et instantanés de sa vie quotidienne, elle fait de son histoire intime un réci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  12 février 2018
Lisa.
Une femme d'aujourd'hui.

Une nana sans fard. La quarantaine. Vivante. Blessée. Touchante. Agaçante. Tellement vivante.
Lisa se livre entre ces pages et j'ai le sentiment de la connaître maintenant. Lisa m'a emporté derrière elle dés les premières lignes. Entre émotions, sourires, vérités universelles et non dits, c'est la vie qui vous saute à la figure dans ce livre. Et Dieu que c'est bon !
Eparse n'est pas un livre de nanas. C'est l'auto portrait contemporain sans maquillage d'une bien belle personne un peu cabossée mais qui sait que « l'amour ne nous aura pas à l'usure ». Souvent provocante mais tellement pudique, quelques phrases suffisent parfois à dévoiler des pans entiers de ses bouleversements.
Comme son titre l'indique, le livre part, en apparence dans tous les sens, et Lisa Balavoine se livre (et se délivre ?) dans de brefs paragraphes, des listes plus ou moins farfelues et même des extraits des chansons qui ont marquées sa vie. On peut retrouver la playlist du roman sur Deezer pour les amateurs ! Ludique et encore plus prenant !
La ritournelle de ce si joli livre restera longtemps dans la tête. Je n'oublierai pas comme ça cette Lisa qui pourrait être ma meilleure cops tant j'ai compris cette façon de plonger pour ne pas sombrer. Tant j'ai aimé cette façon de parler d'elle pour embrasser la cause de toutes les femmes. Tant j'ai aimé tout ce qu'elle n'écrit pas mais qui affleure là, au bord des mots.
Lisez. Et revenez me dire merci ! Vous verrez …
Et puis, si vous voulez savoir si oui ou non, Lisa Balavoine a un lien de parenté avec célèbre chanteur, eh bien, plongez !!!!
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AudreyT
  21 février 2018
***,*
Lisa est une jeune femme comme on en connait tous, qui nous ressemble beaucoup... aussi... peut-être...
Lisa est une fille, une femme, une mère, une amante...
Lisa a des doutes, des espoirs, des peurs et des souvenirs plein la tête...
Lisa aime ses enfants, son mari, ex-mari et les hommes de passage...
Lisa nous touche et nous fait rire, elle nous énerve et nous rappelle que la vie est courte, qu'elle est pleine de rebondissements et que le chemin n'est jamais tracé droit...
Lisa Balavoine signe ici un très joli premier roman ! Avec une écriture particulière, tant dans la forme que dans le fond, elle partage sans fard sa vie et ses pensées. Entre larmes et sourires, entre souvenirs et envies, elle est une femme simple et une amie sincère.
On se plairait bien à l'appeler tiens, ou à lui proposer un café. Juste histoire de discuter, de tout et de rien, des choses sérieuses et des trucs qui font rire, des enfants et des hommes... Et puis, de la peur du temps qui passe...
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hcdahlem
  19 janvier 2018
Lisa rien que toi, moi, nous
Lisa résume sa vie, fait des listes, crée son propre dictionnaire, accompagne le tout d'une jolie playlist et nous offre le roman le plus délicieux de ce début d'année.
Les émotions, l'exaltation, le sourire permanent au coin des lèvres qui accompagne le critique au moment de rendre compte d'un bonheur de lecture sont quelquefois de terribles ennemis. Car se pose alors la question : « comment pourrai-je au mieux rendre compte de l'originalité de ce livre, du plaisir rencontré au fil des pages, de ce lien invisible mais très solide et très exclusif qui s'est créé entre Lisa et moi. D'ailleurs, ai-je vraiement envie de le partager, de rajouter le nous après le toi et moi ? Comme l'égoïsme est un vilain défaut, voici les clés de plus original des romans de cette rentrée.
Le résumé le plus court, mais aussi le plus juste, est livré par la romancière elle-même qui parle de Haute fidélité de Nick Hornby : «des listes, de la musique et des histoires d'amour ratées. Un bon résumé de ma vie».
On peut donc aussi suivre ce mode d'emploi, cette Vie mode d'emploi, en énumérant les listes que dresse Lisa pour retracer son parcours de fille, de femme, de mère. Au célèbre «Je me souviens… », il convient de rajouter «La dernière fois que… » ou encore, par exemple, «Nous nous habituons… » ou encore «j'ai essayé… » et plus original les « Je t'aime Mathieu Amalric parce que… » qui nous offrent sur des pages l'occasion de partager des souvenirs, des images, des émotions, des remarques. Après la liste des conseils qu'on lui a longtemps dits, comme: «Celui-là, c'était pas le bon / Un de perdu, dix de retrouvés / C'est bien aussi d'être seule… », on ajoutera encore
– pour notre plus grand bonheur – des listes d'adjectifs, des listes de verbes «Disséquer, décortiquer, dépecer, démantibuler, détruire… », des listes de courses qui ont garni le réfrigérateur familial et, cela va de soi, l'inventaire de son sac à main au fil des ans ainsi que celui des armoires familiales (ah, le sous-pull en lycra !)
Viendront encore les acteurs et chanteurs, les auteurs qu'elle a lu et dont elle parsème le livre de citations ou encore, pour faire bonne mesure, les émissions de télé qui l'ont accompagné de l'enfance à l'âge adulte.
On réservera une place à part à la musique. Car si la bande originale figure en fin de volume, la bande-son est indissociable de la vie de Lisa, dès sa naissance (c'est parce que ses parents avaient acheté l'album Sad Lisa de Cat Stevens en 1970
Et qu'ils aimaient beaucoup cette chanson qu'elle a été prénommée Lisa).
De Brassens à Dominique A., de The Cure à à Portishead, en passant par Michael Jackson et Madonna, on peut aussi raconter une vie. Surtout si l'on y ajoute les titres qui accompagnent les amours naissantes et ceux qui, par la suite, pansent les plaies des chagrins.
Car après les listes et la musique viennent «les histoires d'amour ratées». Une autre façon de résumer le roman. Cela commence avec la séparation de ses parents en 1977 : « Jeune femme bien sous tous rapports quitte homme bien sous tous rapports. Entre eux, une fillette de trois ans. Derrière, un mariage hâtif d'adolescents trop vite devenus parents. Devant eux, un divorce pas vraiment à l'amiable, pas vraiment à tort. » Ballottée entre père et mère, essayant de trouver un peu de réconfort chez les grands-parents, cherchant aussi bien avec les copines qu'avec les garçons la signification de l'amour, faisant des expériences diverses, couchant avec ne inconnue autant qu'avec son meilleur ami, on la suit jusqu'au moment où elle devient elle-même mère et où ses enfants lui renvoient quelques messages subliminaux, par exemple quand son fils lui lance «J'ai envie de voir tous les films de Mathieu Amalric». En effet, les chiens ne font pas des chats.
Je pourrai m'arrêter là car vous devez avoir sans doute n'avoir qu'une envie, vous précipiter chez votre libraire. Mais il y a encore tant à dire.
Vous mettre l'eau à la bouche avec quelques aphorismes et formules qui, comme le beurre dans les épinards, rajoutent de la saveur au récit. En voici quatre parmi d'autres : « Il m'arrive d'appeler des amies le soir pendant des heures. Cela me semble bien plus efficace qu'une consultation chez le psy. » ; « Tous ces gens qui déclarent : "j'ai l'impression de passer à côté de ma vie." Je me demande quelle destination ils choisissent à la place » ; « Les amours se suivent. Mais dans l'entre-deux, l'attente peut sembler longue. » ; « Je te quitte, tu reviens. Tu me quittes, je reviens. Personne n'y comprend rien. »
Je n'oublierai pas le tableau hilarant des arguments pour une vie commune et des arguments contre une vie commune et je ne résiste pas à vous livrer ce que je considère comme la preuve la plus tangible de la naissance d'un écrivain : quand le vocabulaire ne suffit pas à rendre exactement un sentiment, un fait marquant, alors le mieux est d'un créer un. Délectez-vous de ce dictionnaire, de ces nouveaux fragments d'un discours amoureux :
Nostalgymnastique (n.f.) : stimulation mnésique de la pensée qui consiste à regretter de façon répétée des sensations, des objets ou des lieux disparus afin de provoquer leur résurgence.
Couplabilité (n.f.) : habilité du sujet à éprouver un sentiment de faute après avoir mis à mal l'avenir de son couple, et par conséquent l'équilibre familial.
Électrolovographie (ELG) : représentation graphique de l'activité amoureuse du coeur, nommée électrolovogramme. Cette activité électrique est liée aux variations de potentialité amoureuse des cellules spécialisées dans la cristallisation (lovocytes) et des cellules spécialisées dans l'automatisme et la conduction des influx nerveux dans le sytème amoureux.
Exemple : On ne peut plus rien pour cette patiente docteur, son ELG ne donne plus signe d'activité.
Rupturlute (n.f) : Rupture brutale, à s'en ôter les mots de la bouche.
Exemple : Ce mec m'a encore fait le coup de la rupturlute. Franchement, c'est dur à avaler.
Désordinaire (adj.) : se dit d'une personne ou d'un fait qui n'est pas conforme à l'ordre établi, qui a pour habitude de rompre avec les habitudes, de façon parfois chaotique.
Archéolovie (n.f.) : Étude approfondie d'histoires d'amour anciennes reposant sur la collecte de leurs traces sensibles et de leurs preuves matérielles.
Phosphène (n.m.) (grec phôs, lumière, et phainein, briller) : sensation devant l'oeil d'éclairs lumineux, bleutés ou blancs, mieux visibles la nuit et qui se répètent souvent au même endroit.
Exemple : J'ai des phosphènes plein les yeux, ça fait comme une boule à facettes qui tourne non-stop dans ma tête.
Exclusivisme (n.m.) : droit imaginaire que l'on s'octroie de posséder l'amour exclusif de quelqu'un que l'on aime à l'exclusivité de tout autre.
Mélancollection (n.f.) : ensemble de données tangibles qui, accumulées, constituent le terreau fécond d'une tristesse ressentie de manière régulière et douloureuse.
Indécroissance (n.f.) : aptitude physio-sociologique des enfants à prendre de l'âge bien plus vite que leurs parents et à s'éloigner d'eux alors que ceux-ci ne sont pas du tout préparés à leur départ.
Exemple : Mon fils fait une violente poussée d'indécroissance : si ça continue, il sera adulte avant moi.
Et si après ça, vous n'êtes toujours pas convaincus, j'imagine qu'il ne reste plus qu'à tenter dans me lancer dans une opération du type «satisfait ou remboursé» !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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Bazart
  16 mars 2018
Dans ce livre autobiographique, Lisa Balavoine, la quarantaine, divorcée, trois enfants, dresse une sorte de bilan de sa vie sous formme de patchwork aussi éparse que le titre de son livre le reconnait .
À travers une série de fragments, Lisa Balavoine fait le tour de son existence et l'auteur rassemble les morceaux de son puzzle personnel et tente l'autopsie de la première moitié de sa vie,
Lisa Balavoine nous confesse de façon éparpillée , fragmentée, sans ponctuation ses souvenirs, ses pensées, ses désillusions pour établir son bilan de milieu de vie, le tout sans ordre logique ni ponctuation
En contrepartie, elle nous offre beaucoup d'authenticité, du vécu et des pensées crues et drôle, comme l'est notre vie des dérives de sa mère, de la douleur de la fin de son couple ses insuffisances dans ses relations amicales , l'auteur touche au coeur et au corps, grâce à cette belle sincérité qui irrigue de ses confessions, et également à cette forme singulière que l'auteur a adoptée.
Lia Balvoine utilise des phrases ultra courtes imprimant un rythme saccadé à son récit, et mélange de listes entrecoupées de paroles de chansons et de bons mots de ses enfants : " Des listes, de la musique et des histoires d'amour ratées. Un bon résumé de ma vie"
Le tout pourrait paraitre décousu, or on n'est jamais perdu dans cet inventaire à la Prévert version 2010 tant le mal être,qui transpire dans son récit, sont joliment camouflés sous une belle dose d'humour et d'autodérision...Une belle surprise !

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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sylvaine
  26 février 2018
La rencontre entre un roman et son lecteur relève le plus souvent d'un amalgame secret ! Tel lecteur sera conquis , un autre déçu . Difficile alors au lecteur désappointé d'afficher sa déception lorsque tous semblent le montrer du doigt en lui disant qu'il a tort. Bref tout cela pour vous dire que je suis passée loin à côté du premier roman de Lisa Balavoine! Pourtant il présente de nombreuses qualités d'écriture , quelques très belles pages et d'autres qui m'ont parues proches d'un kaléidoscope de mots accolés les uns aux autres . Une écriture très "intellectuelle" qui m'a semblé un peu surfaite . parlerais-je du fond de ces pages où le je domine , où il n'est question que du je , je , je et encore Je , parfois elle mais alors elle parle de je !
Vous l'aurez compris je n'ai pas apprécié ce roman , je n'aime absolument pas ces textes "nombrilistes", l'introspection égocentrique d'un auteur me laisse pour le moins indifférente quand elle ne m'agace pas .
Quel sera le contenu et la forme du second roman de Lisa Balavoine ? Je serai curieuse de le découvrir . Mais bien sur il ne s'agit ici que du ressenti d'une modeste lectrice....
Premier roman présent dans la sélection des 68 premières fois hiver 2018.
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critiques presse (2)
Actualitte   12 mars 2019
Éparse est le kaléidoscope d’une femme émouvante, assumant ses échecs et ses incohérences dans un monde qui les pardonne trop peu. Bien des lecteurs s’y reconnaîtront.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   13 février 2018
Lisa Balavoine signe un premier récit intime, éclaté et profond.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   19 janvier 2018
Voici la liste des néologismes que vous trouverez au fil du livre:
Nostalgymnastique (n.f.) : stimulation mnésique de la pensée qui consiste à regretter de façon répétée des sensations, des objets ou des lieux disparus afin de provoquer leur résurgence.
Couplabilité (n.f.) : habilité du sujet à éprouver un sentiment de faute après avoir mis à mal l’avenir de son couple, et par conséquent l’équilibre familial.
Électrolovographie (ELG) : représentation graphique de l’activité amoureuse du cœur, nommée électrolovogramme. Cette activité électrique est liée aux variations de potentialité amoureuse des cellules spécialisées dans la cristallisation (lovocytes) et des cellules spécialisées dans l’automatisme et la conduction des influx nerveux dans le sytème amoureux.
Exemple : On ne peut plus rien pour cette patiente docteur, son ELG ne donne plus signe d’activité.
Rupturlute (n.f) : Rupture brutale, à s’en ôter les mots de la bouche.
Exemple : Ce mec m’a encore fait le coup de la rupturlute. Franchement, c’est dur à avaler.
Désordinaire (adj.) : se dit d’une personne ou d’un fait qui n’est pas conforme à l’ordre établi, qui a pour habitude de rompre avec les habitudes, de façon parfois chaotique.
Archéolovie (n.f.) : Étude approfondie d’histoires d’amour anciennes reposant sur la collecte de leurs traces sensibles et de leurs preuves matérielles.
Phosphène (n.m.) (grec phôs, lumière, et phainein, briller) : sensation devant l’œil d’éclairs lumineux, bleutés ou blancs, mieux visibles la nuit et qui se répètent souvent au même endroit.
Exemple : J’ai des phosphènes plein les yeux, ça fait comme une boule à facettes qui tourne non-stop dans ma tête.
Exclusivisme (n.m.) : droit imaginaire que l’on s’octroie de posséder l’amour exclusif de quelqu’un que l’on aime à l’exclusivité de tout autre.
Mélancollection (n.f.) : ensemble de données tangibles qui, accumulées, constituent le terreau fécond d’une tristesse ressentie de manière régulière et douloureuse.
Indécroissance (n.f.) : aptitude physio-sociologique des enfants à prendre de l’âge bien plus vite que leurs parents et à s’éloigner d’eux alors que ceux-ci ne sont pas du tout préparés à leur départ.
Exemple : Mon fils fait une violente poussée d’indécroissance : si ça continue, il sera adulte avant moi.
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evannaevanna   11 octobre 2018
Il y a des larmes derrière ses mots, il y a des larmes et des chagrins de petite fille, il y a des je-ne-sais-plus-comment-faire-maman et moi qui ne sais pas davantage, qui lui dis ce n'est pas grave, qui lui dis ne t'en fais pas qui lui dis ça va aller, ça finit toujours par aller, ce n'est pas si dur tu verras. Je voudrais tellement faire plus, faire mieux, faire mille fois mieux pour elle, que je ne sais pas si je fais si bien que ça. Je voudrais lui demander pardon. Elle a le coeur gros ce soir, elle a le coeur qui flanche, et j'aimerais qu'elle comprenne que ce n'est rien cette histoire de garçon, qu'il ne vaut pas la peine qu'elle trimballe et ces mots tracés à l'encre sur son agenda, je ne les lis pas mais je les devine, après tout, moi aussi je suis passée par là. Je conduis, je me tais, cela ne me regarde pas, comment aurais-je les mots pour soigner ces maux qui ne font sens que pour elle. Mais j'ai ma main que je pose sur la sienne, j'ai mon souffle qui vient s'abreuver à ses cheveux, et mon amour que je glisse doucement dans sa poche. Un jour, peut-être, elle le sentira frémir au bout de ses doigts et elle en fera ce qu'elle veut. Cet amour, prends-le, ma chérie, il est à toi. (p. 84-85)
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hcdahlemhcdahlem   19 janvier 2018
« Enfant, je n’avais pas envisagé de devenir une personne normale.
*
Désormais il convient d’être réaliste. La peau de mon visage se constelle de taches brunes de mois en mois, parfois de jour en jour. Il faudrait que je prenne rendez-vous chez un dermato. Je vieillis. J’ai des rides persistantes autour des yeux. Mon cou s’empâte, mes paupières s’affaissent, mon corps se flétrit. Certains matins, je me réveille trempée de sueur. J’ai parfois mal au dos. Maigre consolation, je n’ai pas de cheveux blancs. En revanche, je crois que j’ai perdu un centimètre. Je laisse faire. Je ne lutte pas. Je n’ai pas les armes.
*
Ma mère écoutait beaucoup de chanteuses tristes qui chantaient tristement des chansons tristes. France Gall rêvait qu’on lui fasse tout bas une déclaration. Véronique Sanson se demandait si cet amour aurait un lendemain. Nicole Croisille criait qu’on lui téléphone pour lui dire qu’on l’aime. Corynne Charby vivait comme une boule de flipper qui roule. Jakie Quartz s’entêtait à faire une mise au point pour toutes les victimes du romantisme. Bibie désirait tout doucement arrêter les minutes supplémentaires qui faisaient de sa vie un enfer. Toutes étaient seules, abandonnées, perdues et le clamaient haut et fort. Leurs mots résonnaient quotidiennement dans l’appartement et déposaient leur lot de larmes amères sur les cils de ma mère. Sur la bande FM de ma jeunesse ne se promenaient que des femmes qui avaient le vague à l’âme.
*
Je voudrais pouvoir décoller les différentes couches de papier peint de ma vie pour retrouver le lé d’origine.
*
Je n’aime pas les transports en commun. Je n’aime pas les multiplexes de cinéma. Je n’aime pas les supermarchés. Je n’aime pas les centres commerciaux. Je n’aime pas les parcs d’attractions. Je n’aime pas les clubs de vacances. Je n’aime pas les meetings politiques. Je n’aime pas les manifestations sportives. Je n’aime pas les chaînes de fast-food. Je n’aime pas les défilés militaires. Je n’aime pas les plages bondées. Je n’aime pas les fêtes de la Saint-Sylvestre. Je n’aime pas les rassemblements familiaux. Je n’aime pas les stations de ski. Je n’aime pas les expressions à la mode. Je crois que je suis un peu snob.
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BazartBazart   13 mars 2018
Je suis une fille peu accommodante, une mère peu tactile, une amoureuse peu démonstrative. Je me donne si peu que je me demande ce que je peux bien faire du reste.
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hcdahlemhcdahlem   19 janvier 2018
Nous apprenons à faire avec le temps qui passe, le temps qui colmate, ie temps qui guérit. Nous lui sommes reconnaissants de faire durer les heures, les minutes et les secondes, interminables, de nos chagrins. La douleur peut bien nous clouer au sol et nous mettre à genoux, le temps fait son travail. C’est un bon petit soldat. Il parfait l’érosion des peines, il encense les vertus de l’attente. Bien sûr, il nous arrive de le maudire, de lui en vouloir de ne pas s’écouler plus vite, de ne pas nous téléporter ailleurs, à toute berzingue vers une nouvelle histoire et des bras inédits, Nous aimerions bien qu’il se bouge le cul, le temps, le temps, qu’il accélére la machine, qu’il change les décors, les costumes et les acteurs, qu’il réagence la piéce, qu’il remixe Ia bande-son, qu’il redistribue les rôles. Nous lui faisons la gueule, au temps, souvent. Mais il ne nous en veut jamais. Il ne nous laisse pas tomber, en tous cas pas tout de suite, pas sans avoir essayé, pas sans avoir réparé.
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