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ISBN : 2221215044
Éditeur : Robert Laffont (05/10/2017)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 41 notes)
Résumé :
" Ce que les Blancs doivent faire, c'est essayer de trouver au fond d'eux-mêmes pourquoi, tout d'abord, il leur a été nécessaire d'avoir un "nègre', parce que je ne suis pas un "nègre'. Je ne suis pas un nègre, je suis un homme. Mais si vous pensez que je suis un nègre, ça veut dire qu'il vous en faut un. " James Baldwin.

Dans ses dernières années, le grand écrivain américain James Baldwin a commencé la rédaction d'un livre sur l'Amérique à partir de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
PrettyYoungCat
  16 novembre 2018
J'ai découvert James Baldwin dans le fabuleux documentaire de Raoul Peck "I am not your negro". Celui-ci est véritablement d'utilité publique et devrait être projeté dans les écoles.
Immédiatement, j'ai été touchée par cet homme brillant, éloquent, inspirant.
Je l'ai tout de suite estimé et admiré.
Le livre et le documentaire sont un écho l'un de l'autre, mais s'apportent l'un à l'autre une richesse. Tantôt on se concentre sur le poids des mots, tantôt les images nous transpercent l'esprit.
Je veux saluer, vraiment, l'extraordinaire travail réalisé par Raoul Peck pour avoir, pas seulement su exploiter, mais transcender les notes éparses que James Baldwin destinait à l'écriture d'un livre à jamais inachevé. La mort nous l'en ayant privé.
I am not your negro c'est "L'histoire des Noirs en Amérique, c'est l'histoire de l'Amérique. Et ce n'est pas une belle histoire."
Le projet de livre de James Baldwin était de parler de trois grands activistes noirs qu'il a côtoyés, tous décédés assassinés en l'espace de cinq ans, à moins de quarante ans.
Le moins connu d'entre eux (du moins en Europe), est Medgar Evers. James Baldwin dit ceci de lui "(...) je me suis souvenu de son visage, lumineux, franc, beau, et de la lassitude qu'il portait comme une seconde peau (...)
et de ce qu'il m'avait raconté sur les haillons d'un homme lynché
qui pendaient de l'arbre,
battant au vent pendant des jours,
et qu'il avait dû passer chaque jour devant cet arbre."
Malcom X ensuite, il dit de lui "Quand Malcom X parle, ou quand les autres prédicateurs du mouvement musulman parlent, ils mettent des mots sur la souffrance de tous les Noirs qui les entendent et les écoutent. Cette souffrance qu'on nie depuis si longtemps dans ce pays. de là vient la grande autorité de Malcom sur ses publics. Il confirme leur réalité. Il leur dit qu'ils existent vraiment, vous savez."
Martin Luther King, le troisième grand leader noir à qui James Baldwin souhaitait rendre hommage répondait aux dissensions existant entre la philosophie de Malcom X et la sienne comme "du Noir comme créature docile qui tend l'autre joue", King répondait donc "Nous ne sommes pas engagés dans un combat où nous nous asseyons sans rien faire. Il y a une grande différence entre la non-résistance au mal et la résistance non violente".
Malcom X voyait en lui "un Oncle Tom du XXè siècle".
James Baldwin quant à lui soulignait "Le Noir n'a jamais été aussi docile que les Américains blancs ont voulu le croire. C'est un mythe. Nous n'étions pas en train de danser et de chanter, là-bas sur la jetée. Nous étions en train d'essayer de rester en vie; nous étions en train d'essayer de survivre à un système extrêmement brutal. le "négro" n'a jamais été heureux d'être là".
Dans un discours en 1963, James Baldwin nous renvoie à nous-mêmes et nous pose la question :
"Ce que les Blancs doivent faire, c'est essayer de trouver au fond d'eux-mêmes pourquoi, tout d'abord, il leur a été nécessaire d'avoir un "nègre", parce que je ne suis pas un nègre, je suis un homme. Mais si vous pensez que je suis un nègre, ça veut dire qu'il vous en faut un. La question que vous devez vous poser, que la population blanche de ce pays doit se poser, (...) Si je ne suis pas un nègre, ici, et que vous l'avez inventé, si vous, les Blancs, l'avez inventé, alors vous devez trouver pourquoi. Et l'avenir du pays dépend de cela, de si oui ou non le pays est capable de se poser cette question".
Et cette question, cinquante-cinq ans plus tard, est toujours brûlante d'actualité, au pays de Trump ou ailleurs, n'est-il pas ?
En conclusion, je terminerai ce billet par les mots de Raoul Peck : "James Baldwin a aimé la France, mais la France l'a oublié (NDLR : James Baldwin a fui l'Amérique et a vécu plusieurs années à Paris, avant de retourner dans son pays).
A la sortie du film "I am not your negro" en France, en 2017, (...) dans mes échanges avec le public après les projections, j'ai perçu une soif nouvelle pour Baldwin, une curiosité, un élan, un amour pour cet esprit bouleversant.
La personnification même de l'humaniste. (...)
James Baldwin a aimé la France, mais la France se souviendra-t-elle de lui ?"
Vous l'aurez compris, autant le livre, le documentaire que l'homme sont passionnants. Souvenez-vous de James Baldwin.
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thedoc
  27 février 2018
Qui se souvient de James Baldwin ?
Cet écrivain américain est né en 1924 à Harlem, le quartier afro-américain de New York. Noir et gay, il est rejeté par sa famille. A l'âge de 10 ans, deux officiers de police abusent de lui. Toute sa vie, l'écrivain n'aura de cesse de dénoncer la violence et l'oppression à l'égard des minorités à travers ses écrits : romans, poésies, nouvelles, pièces de théâtre et essais. Exilé une grande partie de sa vie à Paris et à Saint-Paul-de-Vence, James Baldwin a été célébré sur le tard par les intellectuels français qu'il recevait chez lui, ainsi que de nombreux artistes noirs-américains de passage en France.
Le livre « I am not your negro » est tiré du documentaire franco-américain éponyme, réalisé par Raoul Peck en 2016 et récompensé par de nombreux prix. Ce documentaire retrace la lutte des Noirs américains pour les droits civiques à partir d'un texte inédit de James Baldwin « Remember This House », qui avait pour ambition de retracer l'histoire de l'Amérique dominée par les Blancs, à travers le combat de trois grandes figures des droits civiques : Medgar Evers, Martin Luther King Jr. et Malcolm X, tous plus jeunes que lui et assassinés avant leurs 40 ans.Ce livre restera inachevé à la mort de l'écrivain en 1987.
C'est donc à partir des notes de préparation de ce livre mais aussi à partir de notes personnelles, des lettres, des discours et des livres, des extraits de films documentaires ou encore des photographies que Raoul Peck a voulu rendre hommage de la manière la plus fidèle possible à l'esprit, la philosophie, les idées, l'âme et la tragique clairvoyance de cet auteur aujourd'hui disparu.
Dans ce livre, comme dans le documentaire, seule la voix de Baldwin nous porte, dénonçant la violence, les élucubrations raciales, les peurs et l'hypocrisie d'une société où « le blanc est une métaphore du pouvoir ». Quelle terrible désillusion, quelle tristesse pour cet homme qui se sait avant tout Américain de devoir s'exiler pour ne plus subir la violence de sa terre natale. Medgar Evers, assassiné en 1963, Malcom X, assassiné en 1965, Martin Luther King, assassiné en 1968. Si James Baldwin était resté aux Etats-Unis, quel aurait été son destin ?
Les mots de l'écrivain sont d'autant plus terribles qu'ils restent aujourd'hui terriblement d'actualité.
« Un coup d'oeil sur les Etats-Unis aujourd'hui suffirait à faire pleurer les anges et les prophètes. Ce n'est pas le pays des hommes libres et ce n'est pas qu'à contrecoeur et en de rares moments la nation des hommes braves. »
Mon seul regret concernant cet ouvrage est qu'il soit beaucoup trop court. Il m'apparaît comme une mise-en-bouche et il me semble essentiel pour compléter cette histoire des droits civiques et du racisme ordinaire – et terriblement violent – aux Etats-Unis de visionner le documentaire de Raoul Peck, unanimement célébré par la critique.
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Bazart
  27 décembre 2018
Script du formidable film documentaire réalisé par Raoul Peck - à partir de textes et d'interviews de Baldwin, I am not your negro qui vient de sortir en poche chez 10/18 revisite l'oeuvre de l écrivain américain,
Le livre, comme le film sont une formidable illustration et un formidable témoignage montrant à quel point l'histoire des USA est inséparable de celle de sa minorité noire.
I am not your negro y fait revivre les écrits de James Baldwin, auteur ayant milité aux côtés de Malcom X et Martin Luther King pour les droits civiques des noirs aux Etats Unis qui montre combien L'histoire des Etats-Unis et celle des Noirs se confondent, explique Baldwin, et ce n'est pas une belle histoire
Une 'Amérique collosse aux pieds d'argiles qui s'est construit sur la violence, depuis le génocide indien jusqu'à l'esclavage des noirs.
James Balwin, y apparait ainsi comme magnifique écrivain, et comme on peut lire les mots de vive voix, un sublime orateur.
Ainsi, il faut analyser ce « I am not your negro »comme une oeuvre à lire, indispensable pour se rappeler que les équilibres sont fragiles à maintenir.

Par la voix de l'écrivain américain James Baldwin, le réalisateur interroge la violence faite aux Noirs depuis toujours.
Peu connu en France (alors même qu'il y passa une grande partie de sa vie et qu'il y mourut en 1987, dans sa maison de Saint-Paul-de-Vence) cet humaniste magnifique au talent d'orateur exceptionnel, s'est fait le porte-parole de la cause noire dans son pays où il a combattu sans relâche les injustices à l'égard de sa communauté.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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oiseaulire
  26 avril 2019
Les textes rassemblés ici par Raoul Peck proviennent de notes, d'articles et de discours de James Baldwin. Il en a tiré un documentaire, qu'il me tarde de voir.
On rencontre les figures de Malcom X, de Medgar Evers, de Martin Luther King, de Lorraine Hansberry, tous quatre morts avant leur quarantième année (les trois premiers assassinés). On y rencontre L'Amérique, Robert Kennedy, l'acteur Sydney Poitier, Dorothy Counts, quinze ans, poursuivie et insultée par un troupeau d'hommes blancs alors qu'elle se rendait à son premier jour de classe. Elle est belle, rayonnante, élégante, elle ressemble à un grand lys noir qui mènerait à sa suite des hyènes ricanantes, comme si elle s'en jouait. On imagine sa terreur, dont son visage ne reflète rien et on admire son courage.
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svecs
  08 juillet 2019
J'avais entendu parler de James Baldwin à l'occasion de la sortie de ce documentaire, mais je n'avais jamais eu l'occasion de découvrir son travail. C'est chose faire, ou presque avec ce livre, qui est en fait une compilation d'extraits de textes et de documents qui servent de base au film de Raoul Peck.
Ce dernier explique comment il a construit ce documentaire et ce livre qui le complète.
Il voulait consacrer un long métrage à cet auteur essentiel et pourtant oublié, grand défenseur de la cause des noirs américains. Il ne trouvait pas l'accroche. Comment articuler son projet. Ce fut la soeur de James Baldwin qui lui apporta la clé, sous la forme d'une trentaine de feuillets. Des notes éparses pour un livre que Baldwin n'écrivit jamais. Un livre qui devait rendre hommage à 3 martyrs de la lutte pour les droits civiques : Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King Jr. Mélange de fragments d'articles, d'interviews, de déclarations, de rapports, ce livre offre un portrait en creux de Baldwin et de son époque. Quelques documents photographiques, parfois d'une violence incroyable, comme ce cliché de Dorothy Counts, première noire admise dans une école blanche suivie par une foule hostile, complète ce portrait d'un penseur et de son époque. Ce livre est édifiant et terrifiant. Il reste surtout d'une actualité brulante et permet de comprendre de l'intérieur ce que la ségrégation représentait, et représente toujours. Un des passages les plus marquants est la réaction de Baldwin lorsque Robert Kennedy prédisait que dans 40 ans, un noir serait président des USA. Loin d'y voir une victoire, Baldwin se rappelle surtout que cela fait 400 ans que les noirs sont en Amériques, et que cette annonce, qu'on pourrait penser progressiste, ne fait que rappeler à quel point ils sont restés une population de seconde zone.
Indispensable et passionant.
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critiques presse (2)
LaCroix   01 décembre 2017
Complétant son puissant documentaire qui vient de sortir en DVD, Raoul Peck prolonge la pensée de James Baldwin, mort en 1987, en s’appuyant sur ses écrits inachevés.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   30 novembre 2017
Le verbe de l’écrivain américain, mort il y a trente ans, se déploie dans « I Am Not Your Negro », issu du film de Raoul Peck.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
oiseaulireoiseaulire   26 avril 2019
Il y a longtemps, j'ai connu une fille blonde à Greenwich Village.
Nous ne sommes jamais sortis de la maison ensemble.
Elle était bien plus en sécurité seule dans les rues qu'avec moi à ses côtés.
C'était un fait cruel et humiliant qui a tout-à-fait détruit toute possibilité de relation entre cette fille et moi.
Ca arrive tout le temps en Amérique, mais les américains sont encore loin de saisir à quel point ce fait est sinistre et ce qu'il révèle sur eux.
Quand nous sortions le soir, donc,
elle partait seule avant moi.
J'attendais cinq minutes
et je partais seul à mon tour,
par un autre chemin,
pour la retrouver sur le quai du métro.
Nous faisions comme si nous ne nous connaissions pas.
Nous entrions dans le wagon,
prenions place chacun à un bout,
puis nous marchions séparément dans les rues
du pays de la liberté,
pour nous rendre où nous allions :
chez des amis ou au cinéma.
+ Lire la suite
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oiseaulireoiseaulire   26 avril 2019
L'homme noir tire sa haine de la rage.
Ce n'est pas tant qu'il déteste l'homme blanc,
mais qu'il ne veut plus l'avoir sur son chemin,
et, surtout, sur le chemin de ses enfants.

L'homme blanc tire sa haine de la terreur,
une terreur sans fond ni nom
qui se focalise sur le noir comme figure d'effroi
sur une entité qui n'existe que dans son esprit.
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thedocthedoc   26 février 2018
C'est un très grand choc pour vous de découvrir que le pays où vous êtes né, auquel vous devez la vie et votre identité, n'a pas créé, dans tout son système de fonctionnement réel, la moindre place pour vous.
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oiseaulireoiseaulire   26 avril 2019
Images de la vie, un film de 1934 de John M. Stahl

LA MERE : Bonjour, m'dame. Il pleut si fort, j'ai porté des couvre-chaussettes et un imperméable pour ramener ma fille à la maison.
L'INSTITUTRICE : Vous devez faire erreur.
LA MERE : C'est pas la 3 B ?
L'INSTITURICE : Si.
LA MERE : Alors c'est ça.
L'INSTITUTRICE : Ce n'est pas possible, je n'ai pas de petite fille de couleur dans ma classe.
LA MERE : Oh. Merci... Ah, la voilà, ma fille.
L'INSTITUTRICE : Peola, tu peux rentrer chez toi.
CAMARADE DE CLASSE N° 1 : Dis donc, je savais pas qu'elle était noire.
CAMARADE DE CLASSE N° 2 : Moi non plus.
PEOLA : Je te déteste, je te déteste, je te déteste.
LA MERE : Peola ! Peola !
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AttrapeRevesAttrapeReves   23 avril 2018
On ne peut pas changer tout ce qu'on affronte, mais rien ne peut changer tant qu'on ne l'affronte pas.
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Raoul Peck parlant de son film sur James Baldwin "I'm not your negro" - RFI
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