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EAN : 9782868690104
107 pages
Actes Sud (03/12/1998)
3.85/5   10 notes
Résumé :
La poésie de James Baldwin est de celle qu’il faut psalmodier. C’est à cette condition que les images, fortes et souvent provocantes, trouvent dans les rythmes leur véritable résonance. J’ai souhaité traduire ces poèmes, avec Philippe Wehle, pour permettre au lecteur français d’accéder à leur saveur étrange. Mais sachant qu’aucune traduction, jamais, ne rendrait la prosodie originale, j’ai demandé à James Baldwin l’autorisation de publier face à face les poèmes qu’i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Avant ce recueil de poésie, je n'avais encore rien lu de James Baldwin, cet homme engagé pour la cause des Noirs qui a vécu une grande partie de sa vie en France et a fréquenté Yves Montand et Simone Signoret, à qui il dédie l'un de ses poèmes.
Le recueil commence san surprise sur un long poème sarcastique sur l'Amérique des années 60, confrontée à la guerre du Vietnam, écrivant son Histoire en oubliant la population noire et ce qu'ils ont subi sur le continent depuis plusieurs siècles.
Tous les premiers poèmes s'attachent ainsi à la condition des Noirs Américains de manière plus ou moins intime sans qu'aucune réconciliation ne semble possible, ou n'est pas près d'avoir lieu.
Les derniers prennent un tour plus personnel, le poète finissant par un bilan de sa vie, son parcours symbolique.
Le recueil se présentant en langue originale sur la page gauche et sa version française sur la page droite, j'ai pu faire confortablement des allers-retours d'une version à l'autre, surtout en cas de slang afro-américain.
Oui c'est bien du blues que souffle Baldwin dans ces poèmes, tour-à-tour douloureux, lancinant ou plus apaisé.
J'ai particulièrement aimé le dernier du recueil, Inventory on being 52.
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Sans véritable surprise, ce recueil porte bien son titre, l'auteur y exprimant les souffrances, l'ostracisme et l'incompréhension dont sont victimes les noirs américains. Les vers et les mots sonnent comme une longue litanie incommensurable sur la non-existence d'une population qui paraît invisible aux yeux des autres. Cependant, si les tirades acerbes sur la condition noire aux Etats-Unis sont d'une justesse pertinente, le poète semble s'enliser parfois dans un soliloque répétitif et victimaire un peu trop exacerbé. Heureusement, Baldwin a de l'humour, nous entraînant avec malice dans une verve poétique provocatrice en se moquant de lui-même et de situations ubuesques dans lesquelles il se retrouve parfois. On pourra noter des clins d'oeil à la France en évoquant Simone Signoret à qui il rend hommage et à des lieux qui lui rappelle des souvenirs. L'auteur, dans ce recueil me fait penser à un musicien de jazz, psalmodiant sa vie, empreinte d'un spleen grave et caustique, mais où la nostalgie des jours heureux peut comme dans un solo de saxophone dantesque ressurgir pour éclairer le poète et hurler l'espoir d'un monde meilleur.
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J'ai tellement été émue par le film « Je ne suis pas votre nègre » dont le texte original est de James Baldwin, que cette lecture s'imposait.
Raoul Peck a signé un documentaire remarquable sur la violence raciale aux États-Unis, diffusé mardi 25 avril 2017 sur Arte, en attendant une sortie en salle. le texte de James Baldwin, lu par Samuel Jackson en anglais, par Joey Starr en français, est la colonne vertébrale du film, pendant que ses interventions dans des débats télévisés ou universitaires donnent la mesure d'un homme et d'un orateur hors du commun.

C'est sur cette base que je suis allée fouiner à la bibliothèque car je n'avais jamais lu aucun écrit de l'auteur noir américain, James Baldwin.
Et je suis tombée sur "Jimmy's Blues", recueil de dix-neuf poèmes publié pour la première fois en 1983. Il s'agit d'une édition Bilingue Français/anglais dont la traduction conjointe est de Philippe Wehle et Hubert Nyssen. Bien que l'on considère facilement le poète Baldwin, "Jimmy's Blues" est son unique recueil de poésie et il n'a jamais atteint la popularité de ses romans et de ses livres de non-fiction.
Il faut dire qu'il raconte le blues et qu'il y a quelque chose de mélancolique, une aigreur très difficile à traduire en français. D'ailleurs, il scande « mon odyssée est décevante » dans son poème anniversaire. On voit que ces poèmes ne sont pas toujours engagés comme je m'y attendais.
Ce que j'ai apprécié c'est que James Baldwin offre ces poèmes, comme un cadeau, avec des sous-titres pour certains d'entre eux, qui indique entre parenthèse à qui ils sont destinés. Je retiens particulièrement la dédicace à Simone Signoret « Une femme comme un paysage » (pour Simone Signoret). Il résonne comme un écho avec la France car, alors qu'il est né en 1924 à Harlem, James Baldwin a quitté les États-Unis pour vivre à Paris dans ses jeunes années et cela semble l'avoir marqué.

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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
il y a des jours qui voltigent
des jours qui affligent
et des jours où tu crois à peine
il y a des jours qui croient en toi
des jours qui n'y croient pas
il y a des jours qui croient en toi
et toi tu n'y crois pas
il y a des jours d'inquiétude
des jours de colère
il y a des jours qui rendent
plus joyeux.
il y a des jours , il y a des jours
qui font plus que briller,
des jours témoins
quand vient l'autre bout du tunnel !
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UNE FEMME COMME UN PAYSAGE
(pour Simone Signoret)

Une femme pareille aux paysages
porte le temps, c’est un châle amusant
jeté sur ces épaules
par un ami dans une échoppe :

De temps à autre elle se tourne
à la manière d’une fillette,
comme ceci et cela :

Regarde.
Ça n’était pas donné bien sûr
Mais c’est quand même beau, non ?

Oui, oui.
Et toi aussi.
Ou plutôt belle
puisque tu es femme.

Il est impossible de dire
comme il devient beau, vrai, incontournable,
ton paysage quand tu t’y meus,
et comme est beau ton châle.
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Le temps c’est pas de l’argent.
Le temps c’est le temps.
Vous avez fait l’argent.
Nous avons fait le chant.
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Seigneur,
Moi je comprends
maintenant : que
pourquoi c’est pas comment.
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Dans une maison étrangère,
sur un lit étranger
d'une ville étrangère,
un très étrange moi
t'attend.
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