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Élisabeth Guinsbourg (Traducteur)
ISBN : 2743601698
Éditeur : Payot et Rivages (08/01/2006)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Les histoires d'amour tourmentées et douloureuses d'un jeune Américain à Paris dans les années 50. La sincérité et l'audace avec lesquelles James Baldwin décrit le trouble émotionnel de David, déchiré entre Giovanni et Hella, font de ce livre un classique. La Chambre de Giovanni, l'un des premiers et plus beaux livres de James Baldwin, était resté introuvable pendant plus de vingt-cinq ans.
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
05 mai 2013
Lorsque la porte de la chambre de Giovanni se referme comment ne pas penser au condamné à mort de Jean Genet ? «  On dit que la Guyane est une terre chaude. Il se peut qu'on s'évade en passant par le toit... ». Cette chambre deviendra pour le narrateur l'anti-chambre de sa vie.
Giovanni est beau, et c'est par ses mots, par cette langue particulière de James Baldwin que Giovanni devient tout au long du roman si tragiquement beau.
Splendeur et décadence d'un ange.
Giovanni est, tout simplement. le narrateur fut sans doute... , deviendra peut être....
Son errance identitaire, qu'il nomme voyage, fera sombrer dans son sillage tous ceux qui ont tenté de l'aimer.
La chambre de Giovanni : voilà la véritable scène du crime.
Se réfugiant derrière un choix qu'il croit possible , il ne réussit que très maladroitement à ne pas s'avouer que le seul mal dont il souffre et qu'il répand derrière lui n'est en fait que son incapacité d'aimer. Tout choix alors lui est dès le départ impossible. Comment peut on choisir entre deux êtres que l'on croit aimer alors que ces deux amours en fait n'existent pas.
Le mensonge de l'un génèrera la violence de l'ange. C'est beau, c'est magnifiquement écrit, une véritable tragédie.
En dormant sous les toits, il se peut que certains anges n'en réchappent pas. Peut être que la Guyane , en fait, n'existait pas...
La traduction d' Elisabeth Guinsbourg nous permet de découvrir ce Paris des années 50 sous les lumières particulières de Baldwin. Cela faisait vingt cinq ans que ce classique de la littérature afro américaine ne nous avait pas été présenté dans la langue de Carco.
Astrid SHRIQUI GARAIN
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Vadaeme
01 août 2014
Lors de la lecture, le choix du titre est plus qu'évident; tout se passe dans cette chambre. Sauf que je suis resté à l'extérieur, tentant d'observer à travers les fenêtres, couvertes. Peut-être est-ce du à une méconnaissance, de ma part, de cette époque qui, je l'avoue, ne me fascine pas outre mesure. D'ailleurs, je n'ai pas vraiment été transporté, en ce qui me concerne, l'histoire aurait pu se dérouler à une autre période, cela n'aurait rien changé. Quant à l'histoire en elle-même, cette quête identitaire, maintes fois narrée, romancée, manquait, à mon sens, d'un contexte, cette ambiance de l'époque, quelques particularités. Enfin, je n'ai pu m'attacher à aucun des personnages que je trouvais tour à tour complexes, caricaturaux, brouillons. Sentiment augmenté par le découpage de l'histoire qui donne l'impression d'être noyé dans le désordre de cette minuscule et étouffante chambre (on y revient).
Je comprends la démarche de l'auteur, mais une histoire trop personnelle, pour que je me sente concerné. Lecture qui m'aura fait penser à "J'apprends l'allemand" ou "L'armée du salut".
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5Arabella
02 août 2016
Il s'agit d'un récit à la première personne, fait par David, un jeune Américain venu en France dans les années 50. Il est à un tournant de sa vie, et nous la conte par petits bouts, tout au moins des éléments les plus significatifs. Son enfance, les relations difficiles avec son père, puis sa venue en France, et sa rencontre avec Giovanni, un jeune Italien, avec qui il va vivre une histoire d'amour, condamnée d'avance. Giovanni qui doit mourir, condamné pour meurtre.
Un très beau récit, très sobre, très limpide avec rien de trop, ni dans les faits racontés ni dans la forme. Une sorte de juste mesure dans les moyens utilisés par le romancier. Les commentaires du roman évoquent surtout la question de l'homosexualité refoulée du personnage principal, mais personnellement j'y ai plutôt vu le récit d'un homme qui a du mal à assumer ses sentiments, pour qui que ce soit, et qui se condamne ainsi à la solitude et aux regrets, par incapacité de dire aux gens ce qu'il ressent, et par une volonté d'éliminer ses attaches pour eux, par peur.
Un livre court mais très dense, qui me donne une grande envie de lire d'autres romans de son auteur.
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jimpee
19 octobre 2015
Ce roman me laisse un peu perplexe, je n'ai pas vraiment accroché à cette histoire au traitement légèrement mélodramatique. Il ne faut pas se fier à la 4e couverture qui pourrait faire croire à une histoire à la Jules et Jim, c'est plutôt La Confusion des sentiments qu'il faut évoquer.
David est un jeune américain qui vient trainer son ennui à Paris dans les années 50, il est fiancé à Hella, en voyage en Espagne au début de l'histoire. Désargenté, il profite de la prodigalité de Jacques à qui il se refuse en s'affirmant hétéro pur et dur, malgré une première aventure homo à l'adolescence. Il se retrouve avec Jacques dans un bar de nuit interlope qui appartient à Guillaume, comme Jacques attiré par les jeunes gens. le bar est tenu par un nouveau barman, le beau Giovanni, qui se lie aussitôt d'amitié avec David. L'attirance est si forte qu'ils finissent au lit le soir même… Au bout de quelque temps, David se lasse et abandonne Giovanni sans préavis quand Hella revient sur Paris.
Hella et David ont le projet de se marier, ils partent dans le Sud avant de retourner aux États-Unis. Pour David, c'est le moyen de fuir Giovanni mais il se lasse vite d'Hella. Elle se doute de quelque chose mais ne comprend pas, découvre la vérité de façon abrupte et abandonne David. Pendant ce temps, Giovanni se retrouve à la merci de Jacques puis de Guillaume qu'il tue, cela ajoute un ressort dramatique qui frise le grand guignol.
L'histoire se passe dans les années 50 et on a affaire à un monde marginal avec les « garçons des rue » (prostitués), les folles, les travestis, les vieux à la recherche de minets. On sent bien que ce monde n'est pas la norme mais le récit reste assez intemporel quoiqu'un peu caricatural. Ce n'est sans doute pas facile de faire son coming out, cela l'était sans doute moins encore dans les années 50 mais j'ai trouvé le personnage un peu lâche et veule. David est un être qui ne s'aime pas, et qui ne sait sans doute pas aimer, et rend son entourage malheureux.
Lien : http://jimpee.free.fr/index...
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Fromtheavenue
29 février 2012
La chambre de Giovanni est considéré pour beaucoup, comme un classique de la littérature homosexuelle. Resté longtemps introuvable, ce roman de 1956, a de nouveau été publié aux éditions Rivages en 1997 avec une nouvelle traduction. Il aurait été dommage pour moi de passer à côté car j'ai été absolument bouleversé par ce roman.
Quant les émotions vous submergent, difficile d'expliquer pourquoi on a tant aimé. le texte de James Baldwin est d'une beauté étourdissante, et d'une grande justesse. Un grand coup de coeur.

L'histoire se passe dans le Paris des années 50. Fuyant son pays et son père, un jeune américain, David, dans sa vingtaine débarque à la capitale à la cherche de lui-même. Alors que sa petite amie est partie en Espagne pour prendre le temps de réfléchir à sa proposition de mariage, David va faire la rencontre du beau Giovanni, un italien sans un sous, qui travaille derrière le comptoir d'un bar dans un quartier homosexuel de Paris.
La rencontre entre les deux hommes est à la fois assez commune et simple mais aussi très belle. Les sentiments contradictoires qu'éprouve David (entre attirance et peur) sont décrits avec subtilité.
Le soir même Giovanni emmène David dans sa chambre de bonne qui deviendra leur petit nid. Un endroit pourtant sale, répugnant et étroit mais peu importe...
Mais David n'arrive pas à assumer cette relation, luttant contre ses sentiments jugés contre nature par la société de l'époque. Très vite David prévient Giovanni que lorsque sa fiancé rentrera en France, leur relation se terminera. Pourtant ces quelques mois de bonheur sont une véritable bulle de temps qui s'est arrêtée marquant à jamais les deux hommes.
Jusqu'au jour où David reçoit une lettre de sa fiancée qui annonce son retour imminent. David comprendra à ses dépends, qu'aimer, c'est osez écouter les sentiments enfouis au plus profond de soi.
Lien : http://fromtheavenue.blogspo..
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
FromtheavenueFromtheavenue29 février 2012
- Vous venez souvient ici ? demanda Giovanni soudain, après un moment de silence.
- Non, pas très.
- Mais vous viendrez plus souvent maintenant, dit-il le visage illuminé d'un air de moquerie irrésistible.
- Pourquoi ? bredouillai-je.
- Ah ! s'écria-t-il, est-ce que vous ne vous rendez pas compte quand vous vous faites un ami ?
Je ne savais que je devais avoir l'air idiot et que ma question était idiote aussi. Si vite ?
Pourquoi pas ? Il dit cela comme une évidence, puis ajouta, jetant un coup d’œil à sa monte : on peut attendre une heure si vous préférez. On pourrait devenir amis dans une heure. Ou attendre jusqu’à la fermeture. On pourrait devenir amis à ce moment-là. (...) Les gens disent toujours ça, il faut attendre, il faut attendre. Qu'est-ce qu'ils attendent ?
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AppolineRomanensAppolineRomanens06 mars 2017
“You knew my fiancée was coming back to Paris.''
'You are not leaving me for her,' he said. ''You are leaving me for some other reason. You lie so much, you have come to believe all your own lies. But I, I have senses. You are not leaving me for a woman. If you were really in love with this little girl, you would not have had to be so cruel to me.'
'She's not a little girl,' I said. 'She's a woman and no matter what you think, I do love her—'
'You do not,' cried Giovanni, sitting up, love anyone! You never have loved anyone, I am sure you never will You love your purity, you love your mirror—you are just like a little virgin, you walk around with your hands In iront of you as though you had some precious metal, gold, silver, rubies, maybe diamonds down there between your legs ! You will never give it to anybody, you will never let anybody touch it—man or woman. You want to be clean. You think you came here covered with soap and you think you will go out covered with soap—and you do not “do not want to stink, not even for five minutes, in the meantime.' He grasped me by the collar, wrestling and caressing at once, fluid and iron at once, saliva spraying from his lips and his eyes full of tears, but with the bones of his face showing and the muscles leaping in his arms and neck. You want to leave Giovanni because he makes you stink. You want to despise Giovanni because he is not afraid of the stink of love. You want to kill him in the name of all your lying little moralities. And you—you are immoral. You are, by far, the most immoral man I have met in all my life. Look, look what you have done to me. Do you think you could have done this if I did not love you? Is this what you should do to love?'
'Giovanni, stop it! For God's sake, stop it! What in the world do you want me to do? I can't help the way I feel.'
'Do you know how you feel? Do you feel? What do you feel?'
'I feel nothing now,' I said, 'nothing. I want to get out of this room
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FromtheavenueFromtheavenue29 février 2012
Je me souviens que, dans cette chambre, j'avais l'impression de vivre sous la mer ; le temps passait au-dessus de nous, indifférent, les heures et les jours ne voulaient rien dire. Au commencement, notre vie à deux était faite d'une joie. Sous-jacente à la joie, bien sûr, était l'angoisse, et sous l'étonnement la peur ; mais elle ne nous tourmentèrent pas dès le commencement, pas avant que nos glorieux débuts aient pris un goût de fiel. Alors l'angoisse et la peur devinrent la surface sur laquelle nous glissions et dérapions, perdant avec notre équilibre toute dignité et toute fierté.
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cocon94cocon9429 juillet 2016
Je pense maintenant que si j'avais eu la moindre idée que le moi que je trouverais se révélerait n'être que le moi que j'avais passé tant de temps à fuir, je serais resté chez moi. Mais je crois, au plus profond de mon cœur, que je savais exactement ce que je faisais en prenant le bateau pour la France.
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5Arabella5Arabella02 août 2016
C’est peut être cet été-là que je découvris la solitude, c’est peut être cet été-là que je commençait la fuite qui m’a amené devant cette fenêtre qui s’obscurcit peu à peu.
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James Baldwin à propos de son enfance à Harlem
L'écivain noir américainJames BALDWIN évoque son enfance dans le ghetto de Harlem, en butte au racisme. Il parle de son père, ouvrier et prédicateur le dimanche, de la religion, de l'église noire américaine. Lecture en voix d'un extrait du livre "L'Homme qui meurt" dans lequel il raconte comment , à 10 ans, battu par des policiers blancs,il découvre qu'il est noir.Il a quitté les Etats...
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