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ISBN : 2267028751
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (26/03/2015)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Les quatorze essais regroupés dans ce volume, publiés à l’origine dans divers journaux et revues, couvrent une période allant de 1960 à 1985. James Baldwin y évoque les marches pour les droits civiques, les raisons de son exil en France, ses rencontres avec Martin Luther King, sa critique de l’éducation aux États-Unis ou encore sa célébration de la langue noire. Explorant les tensions et non-dits qui touchent son pays, Baldwin offre une analyse pertinente, sévère e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Blackbooks
  30 juillet 2019
« Tant que ses aspirations restent du domaine du rêve, il est en sécurité , c'est quand il les transpose dans la réalité du monde qu'il est en danger ». Réalité, rêve, mensonge, l'homme n'est qu'un pion sur l'échiquier de la vie, de la société. Qu'importe la couleur, qu'importe la valeur de la pièce, il y a toujours une autorité morale, politique, religieuse ou autre qui tente de manipuler en sous-main, visible ou invisible, ce fil ténu agi car « il est facile de nous duper tant nous sommes impatients de nous faire duper ». Jeu de séduction, jeu de manipulation perverse, les règles sont pipées, les identités faussées. Baldwin s'attaque ici aux problèmes du « Noir », mais finalement cela peut se transposer à n'importe quel pays, n'importe quel individu, que ce soit à l'échelle nationale, ou à une échelle humainement plus restreinte. Pas de grands mots pour ce billet, juste la simplicité pour appuyer ces différents textes de James Baldwin. Engagé, humain, choquant, il ouvre les yeux sur ces consciences perverties, sur ses enfants élevés dans le mensonge d'une histoire fabriquées de toutes pièces, dans cette ségrégation illégale et destructrice. Dans ces mondes bâtis sur des mythes fondateurs, sur des créations de toutes pièces pour asseoir ses propres visions, pour conceptualiser sa société, l'éveil de conscience met le doigt où ça fait mal et nous renvoie quelque part à Mircea Eliade. La solution, la confrontation, le chemin se révèlent conflictuels et nous ramènent dans les pas de Malcolm X. D'autres chemins existent dans cette Amérique puritaine des années 60, la longue route de Martin Luther, les sit-in du Snick, les hésitations de la NAACP et l'engagement de W.E.B. du Bois, le refus de Rosa Parks ou encore la bravade de James Meredith, mais la lutte ne peut-être religieuse. C'est toutes les errances, les anomalies de cette société que décrit celui qui cotoya Malcolm X, Martin Luther King Jr ou encore Medgar Evers, trois reflets de la violence et de la tragédie qui se déroulent dans les années 60.La quête identitaire de l'homme est tortueuse mais elle ne connaît qu'un seul et unique chemin qui lui est propre, celle d'un peuple doit être une vague dont l'écume vient briser les obstacles qui lui font front. Accepter les concepts, les mensonges et les manipulations s'est faire leur jeu, c'est valider ces conspirations, ces ségrégations et autres entraves qui nous mènent. « J'essaierais de faire en sorte que chaque enfant comprenne que ces choses sont le résultat d'une conspiration criminelle dont le but est de le détruire. Je lui enseignerais, à cet enfant, que s'il a l'intention de devenir un homme, il doit immédiatement décider qu'il est plus fort que cette conspiration et qu'il ne doit jamais faire la paix avec elle ».
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nathalie_MarketMarcel
  29 novembre 2018
es différents articles nous permettent d'accéder à la pensée de Baldwin sur les États-Unis, leur histoire, le racisme, la ségrégation et autres misères de l'homme contemporain. Autant le dire, je ne suis pas familière du sujet (moi, peau blanche vivant en France), que j'approche depuis peu grâce à divers romans, documentaires et expositions. Bref, sur un sujet que je ne maîtrise pas, je trouve que les textes de Baldwin sont d'une grande intelligence, d'une grande ambition intellectuelle et d'une grande sincérité. C'est un discours salutaire, qui, comme le dit une amie, a le mérite de nous donner l'impression d'être moins ignare après sa lecture.
Ces articles parlent aussi bien de la vie Harlem, de l'attitude de la police vis-à-vis des noirs, de l'antisémitisme des noirs, de l'enseignement, de l'hypocrisie du gouvernement à défendre des universités pour les noirs, de l'ambivalence du Nord et du Sud des États-Unis, d'homosexualité, des déchirements internes aux noirs américains, du fait que le racisme fait du mal également aux blancs et plus généralement à tous les êtres humains.
L'accent est mis sur l'enfant, l'enfant noir découvrant peu à peu qu'il vit dans un pays de mensonge, où les idéaux mis en avant ne s'appliquent ni à lui ni à sa famille ni à ses amis. La haine et la rage et la violence qu'engendre une telle prise de conscience sont particulièrement bien décrits par Baldwin.
Je retiens également un article très intéressant sur la langue des noirs américains et sur l'américain plus généralement.
À lire pour s'oxygéner l'esprit.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 novembre 2018
Au fond, j’avais appris que le désir d’un homme pour un autre rôde partout, avide, désespéré, incroyablement isolé, et culmine souvent dans la drogue, la piété, la folie ou la mort. J’avais aussi l’impression terrible de me voir, moi, à la queue d’une longue file indienne, avançant lentement : bientôt je serais le prochain.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 novembre 2018
Mais qu’arrive-t-il à l’esprit du pauvre Blanc, homme ou femme ? Ceci : ils ont été éduqués à croire, et croient désormais irrémédiablement que, si terribles que soient leur existence et le malheur qui s’abat sur eux, une consolation existe, semblable à une révélation céleste – au moins, ils ne sont pas noirs. Mon hypothèse est que, de toutes les choses abominables qui puissent arriver à un être humain, c’est là une des pires. Mon hypothèse est que, dans le Sud, ce qui est arrivé aux Blancs est, d’une certaine manière, bien pire que ce qui est arrivé aux Noirs.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 novembre 2018
Car le mal est dans le monde : sans doute pour toujours. Aucune croyance, aucun dogme ni, certainement, aucune personne ne peuvent empêcher son existence ; il demeure à chacun, nu, seul, encore et encore et encore, d’arracher son salut de ses sombres mâchoires.
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Vidéo de James Baldwin
Raoul Peck parlant de son film sur James Baldwin "I'm not your negro" - RFI
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