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Magali Berger (Traducteur)
EAN : 9782234048027
240 pages
Éditeur : Stock (01/05/1997)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 49 notes)
Résumé :

Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, dix-neuf ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir. Elle est enceinte et ils sont bien décidés à se marier. Mais Fonny, accusé d'avoir violé une jeune Porto-Ricaine, est jeté en prison. Les deux familles se mettent alors en campagne, à la recherche de preuves qui le disculperont. Pendant ce temps, Tish et Fonny ne peuvent qu'att... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  10 février 2019
Vivre. Écrire. Rythme and Heart. Mon coeur est bleu , mon encre est rouge, parce que ma peau touche la douleur de l'autre à hauteur d'homme. « Un artiste ne peut parler vraiment que de ce qu'il connaît » écrit Geneviève Brisac, dans sa préface qui accompagne l'édition française aux Editions Stock d'un des plus grands romans de James Baldwin. Beale Street, berceau du Blues. « à mon avis, l'Amérique n'est un don de Dieu pour personne- ou sinon les jours de Dieu sont comptés.Ce Dieu que les gens prétendent servir- et qu'ils servent de façons qu'ils ignorent – a un sens de l'humour plutôt sinistre. Qu'il faudrait Lui écraser les couilles, s'Il était un homme.Ou si « vous » en étiez un. ». En lisant les mots de James Baldwin, et cela après avoir vu le merveilleux film de Barry Jenkins ( actuellement dans les salles), on sait que le temps ne passe pas, mais qu'il presse toujours. Et il faut lire le texte de Baldwin, avant tout. Car il est l'origine. Et en voyant l'adaptation de Jenkins, que je salue de nouveau, je ne peux que constater que la force, l'intensité de la parole de Baldwin se sont parfois dissoutes, parfois effacées à travers le film . Beauté des images ?... L'écriture a cet avantage : elle peut tout dire. Un film peut il tout montrer ? Un livre s'adresse au lecteur. Un film s'adresse au plus grand nombre. On comprend. Mais on frémit également. Car ce n'est certainement pas par choix que Jenkins a adapté de cette façon ce roman. Il fallait qu'il passe, que le film passe, qu'il passe les rugissants de la finance, l'écueil de la censure, les abîmes du dramatique « publiquement correct » . le Livre lui n'a pas à ce soucier de son passage, mais de son empreinte. le livre ne passe pas, il reste.
Mais je n'oppose pas. Littérature contre cinéma. Duras a dit ce qu'elle jugeait. J'essaie pour ma part de comprendre les émotions qui me traversent, me soulèvent, me bouleversent.
L'identité de l'écrit de Baldwin se trouve dans ses textes. « Je me regarde dans la glace », ce visage au fond du puits... première phrase du roman. Face à face. Pas de filtre, pas de censure, Direct face à face, sans réserves. J'ai retrouvé dans l'écrit de Baldwin, l'origine, la même origine que celle que j'ai découvert à travers les livres de Toni Morrison. Pour moi, ces deux auteurs sont indissociables. Et je me permettrait de leur adjoindre Léonora Miano ( le crépuscule du tourment est pour moi un pilier phare de la littérature de notre nouveau siècle ) et également Ta-Nehisi Coates, dont le dernier ouvrage «Huit ans au pouvoir » nous permettra sans doute de comprendre qu' à certain «  rêve » succède des cauchemars  .
Baldwin, Morrison, : Même intelligence de l'analyse, même intensité des mots, même regard sur la complexité et l'enchevêtrement d'une effroyable mécanique, même force, même génie du verbe. Ce que ne montre pas suffisament le film de Jenkins s'est l'articulation interne d'une communauté générée par l'effroyable pression externe d'une société toute entière sur cette communauté. Et cela concerne toutes les communautés. Comprendre l'imbrication de chaque gramme de plomb qui dresse murs et pyramides de verre. Comprendre cette «  machine-action » que révèle Balwin, et Morrison c'est comprendre comment va notre monde. Ce système inventé de toutes pièces où l'humain devient matière première, devient carburant pour que la machine puisse broyer et avancer. C'est comprendre la colère, la résistance, c'est comprendre bien des luttes, c'est comprendre aussi pourquoi il leur est si souvent si difficile de s'exprimer. « Celui qui sauve une vie sauve l'humanité entière. » tel serait la parole divine.. Et je crois, également que celui qui comprend une vie peut comprendre l'humanité entière. Alors oui « le temps », ce temps si précieux pour Tish, ce temps de naissance symbolisé par l'enfant qu'elle porte, presse. le temps presse car la vie nous blesse. Gold Blesse America. Gold blesse the world. Gold blesse humanity. L'humanité toute entière. « Je me regarde dans la glace » et je nous vois interrogés.

Astrid Shriqui Garain
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Francharb3
  23 septembre 2014
James Baldwin était un écrivain noir, homosexuel et résident en France. Il militait contre le racisme et c'est à cause du racisme qu'il a quitté les Etats-Unis. Il s'agit d'un roman à thèse où deux visions s'affrontent : un jeune Noir est victime d'un complot judiciaire orchestré par un policier blanc raciste. Sa compagne est enceinte. Deux attitudes différentes s'opposent alors : celle de sa famille, profondément religieuse, à base de soumission et de honte, et celle de sa belle-famille, qui essaye de prouver son innocence et de lui venir en aide, même par des moyens peu légaux. Baldwin penche clairement pour la belle-famille : de par sa vie, il avait des comptes à régler avec la religion. le roman est un peu trop à thèse pour moi, on sent un peu trop la démonstration, en particulier lorsque Baldwin confronte la misère des Noirs américains à celle du Tiers-Monde. J'en garde néanmoins un bon souvenir : pas mal de considérations pertinentes, un regard sur la religion cruel mais réel, une forme de sensualité, la figure du policier qui écorne celle du roman policier, où il est le héros, tout cela est bien vu.
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Tandarica
  04 avril 2020
Lu il y a longtemps, mais j'en garde un bon souvenir : Baldwin, écrivain socialement engagé, confronte la famille à une misère bien pire encore que celle de la religion, celle du Tiers Monde. Il y a aussi, cette différence entre la révolte d'Ernestine plus brutale, intelligente et solitaire que celle de Tish, plus apaisée.
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Optimisme
  21 juin 2015
J'ai adoré la dévotion de Tish pour sauver Fony, son optimisme face à toutes les barrières qui les entouraient. Aussi, dans cette histoire, rien ne se passe comme attendu, même à la fin. Baldwin a réussi à retranscrire la vraie réalité de la vie, particulièrement celle d'un jeune homme noir américain, exploités par des policier blancs. Je suis tombée sur ce livre par hasard, mais le thème semble tellement pertinent encore aujourd'hui, dans le contexte aux Etats-Unis des meurtres de noirs américains par des policiers blancs.
Deux scènes m'ont émue jusqu'aux larmes : quand la mère de Tish dit à la fin : 'La souffrance se termine un jour. Cela n'ira pas forcément mieux, mais cela fini toujours'. L'autre scène est au début, quand Tish revient après vu Fonny, et elle se sent vraiment très faible, alors Baldwin compare les avocats et les esclaves à des vautours qui encerclent un homme mourant dans le désert .. C'est tellement vrai !!
J'apprécie beaucoup la perception sur la vie de Baldwin.
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Loutre_des_Rivieres
  23 mai 2012
Tish connaît Fonnie depuis qu'elle est toute petite, il se sont rencontrés durant une bagarre, cela n'avait donc pas bien commencé. Pourtant dès l'enfance, ils vont se comprendre et se sentir relier l'un à l'autre. Aujourd'hui Tish est enceinte mais Fonnie est en prison, accusé d'un viol qu'il n'a pas commis.
James Baldwin raconte le Bronx, l'injustice, la haine raciale. Roman très court mais bouleversant.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Francharb3Francharb3   29 septembre 2014
I guess that makes sense, too. I'm tired, and I'm beginning to think that maybe everything that happens makes sense. Like, if it didn't make sense, how could it happen ? But that's really a terrible thought. It can only come out of trouble, trouble that doesn't make sense.
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MpelletierMpelletier   07 février 2019
Et si vous avez jamais aimé cette ville, votre amour est bien mort maintenant. Si un jour je m'en sors, si nous nous en sortons, je ne remettrai plus les pieds dans cette partie de New-York, je le jure.

Peut-être l'aimais-je avant, il y a bien longtemps, quand papa nous y emmenait, ma sœur et moi; nous regardions les gens et les bâtiments et papa nous nommait les monuments et les endroits célèbres et nous allions parfois à Battery Park manger des hot dogs et une glace. C'étaient des journées merveilleuses qui nous remplissaient de bonheur - mais c'était à cause de notre père, pas de la ville. Parce que nous savions que notre père nous aimait. Maintenant, je peux dire parce que j'en ai acquis la certitude, que la ville ne nous aimait pas. Les gens nous regardaient comme si nous avions été des zèbres - or il se trouve que certains aiment les zèbres et d'autres pas. Mais on ne demande jamais son avis au zèbre.


Je ne connais guère d'autres villes, c'est vrai, seulement Philadelphie et Albany, mais je suis sûre que New-York est la ville la plus laide et la plus sale du monde. On y trouve les bâtiments les plus laids et les gens les plus mesquins. Et les pires flics, à coup sûr. S'il existe un endroit plus horrible que New-York, il doit ressembler à l'enfer et empester la chair grillée. Et, justement, c'est exactement l'odeur de New-York en été.
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AnnaDelRioAnnaDelRio   08 février 2019
Maintenant, Fonny sait pourquoi il est ici ; maintenant, il ose regarder autour de lui. Il n'est pas ici pour avoir commis un crime. Il le savait déjà, mais maintenant il le sait d'une façon différente. Aux repas, à la douche, dans les escaliers, le soir, juste avant qu'on boucle tout le monde, il regarde les autres, il écoute : qu'ont-ils fait ? Pas grand-chose. Le vrai crime, c'est d'avoir le pouvoir de placer ces hommes là où ils sont et de les y maintenir. Ces hommes captifs sont le prix secret d'un mensonge secret : les justes doivent pouvoir identifier les damnés.
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ValleerieValleerie   08 mars 2019
Ce n'est pas souvent, je suppose, que deux personnes peuvent rire et faire l'amour en même temps, qu'ils font l'amour parce qu'ils rient et rient parce qu'ils font l'amour. L'amour et le rire ont la même source. Mais peu de gens s'y abreuvent.
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missmolko1missmolko1   24 janvier 2019
Je me regarde dans la glace. Mon vrai prénom est Clémentine, ce serait donc logique qu’on m’appelle Clem, et même, après tout, Clémentine, puisque c’est mon nom. Mais pas du tout. On m’appelle Tish. C’est peut-être logique aussi, en un sens. Je suis fatiguée et je commence à croire que tout ce qui arrive est logique. Parce que, sinon, ça pourrait pas arriver. C’est affreux de penser ainsi. Ce doit être à cause de tout ce malheur – qui, lui, n’est pas logique du tout.
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Videos de James Baldwin (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Baldwin
Marie Darrieussecq est une romancière fêtée. Vingt-trois ans après la parution tonitruante de l'inaugural Truismes, elle affiche une ample et belle bibliographie (Bref séjour chez les vivants, le Pays, Il faut beaucoup aimer les hommes...) dont La Mer à l'envers, le dernier jalon en date, paru mi-août aux éditions P.O.L, s'impose comme le roman-phare de cette rentrée littéraire 2019. « Comment peut-on écrire aujourd'hui sur un autre sujet que les migrations ? », s'interrogeait-elle lorsqu'on l'a rencontrée au début de l'été, à Paris, pour évoquer avec elle cette fiction à la fois grave et légère qui met en scène une jeune femme dont l'existence ordinaire est soudain bouleversée par sa rencontre avec un jeune réfugié nigérien. Marie Darrieussecq est aussi traductrice (notamment de Virginia Woolf et de James Baldwin), elle préside depuis l'an dernier la Commission d'avance sur recettes au Centre national du cinéma (Cnc) et s'apprête à prendre en charge la chaire d'écrivain en résidence récemment créée à Science Po. Où trouve-t-elle le temps et l'énergie ? Quel est son moteur : la curiosité, la passion, ou la peur de l'ennui ?
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