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Magali Berger (Traducteur)
ISBN : 2234048028
Éditeur : Stock (01/05/1997)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 26 notes)
Résumé :

Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, dix-neuf ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir. Elle est enceinte et ils sont bien décidés à se marier. Mais Fonny, accusé d'avoir violé une jeune Porto-Ricaine, est jeté en prison. Les deux familles se mettent alors en campagne, à la recherche de preuves qui le disculperont. Pendant ce temps, Tish et Fonny ne peuvent qu'att... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  10 février 2019
Vivre. Écrire. Rythme and Heart. Mon coeur est bleu , mon encre est rouge, parce que ma peau touche la douleur de l'autre à hauteur d'homme. « Un artiste ne peut parler vraiment que de ce qu'il connaît » écrit Geneviève Brisac, dans sa préface qui accompagne l'édition française aux Editions Stock d'un des plus grands romans de James Baldwin. Beale Street, berceau du Blues. « à mon avis, l'Amérique n'est un don de Dieu pour personne- ou sinon les jours de Dieu sont comptés.Ce Dieu que les gens prétendent servir- et qu'ils servent de façons qu'ils ignorent – a un sens de l'humour plutôt sinistre. Qu'il faudrait Lui écraser les couilles, s'Il était un homme.Ou si « vous » en étiez un. ». En lisant les mots de James Baldwin, et cela après avoir vu le merveilleux film de Barry Jenkins ( actuellement dans les salles), on sait que le temps ne passe pas, mais qu'il presse toujours. Et il faut lire le texte de Baldwin, avant tout. Car il est l'origine. Et en voyant l'adaptation de Jenkins, que je salue de nouveau, je ne peux que constater que la force, l'intensité de la parole de Baldwin se sont parfois dissoutes, parfois effacées à travers le film . Beauté des images ?... L'écriture a cet avantage : elle peut tout dire. Un film peut il tout montrer ? Un livre s'adresse au lecteur. Un film s'adresse au plus grand nombre. On comprend. Mais on frémit également. Car ce n'est certainement pas par choix que Jenkins a adapté de cette façon ce roman. Il fallait qu'il passe, que le film passe, qu'il passe les rugissants de la finance, l'écueil de la censure, les abîmes du dramatique « publiquement correct » . le Livre lui n'a pas à ce soucier de son passage, mais de son empreinte. le livre ne passe pas, il reste.
Mais je n'oppose pas. Littérature contre cinéma. Duras a dit ce qu'elle jugeait. J'essaie pour ma part de comprendre les émotions qui me traversent, me soulèvent, me bouleversent.
L'identité de l'écrit de Baldwin se trouve dans ses textes. « Je me regarde dans la glace », ce visage au fond du puits... première phrase du roman. Face à face. Pas de filtre, pas de censure, Direct face à face, sans réserves. J'ai retrouvé dans l'écrit de Baldwin, l'origine, la même origine que celle que j'ai découvert à travers les livres de Toni Morrison. Pour moi, ces deux auteurs sont indissociables. Et je me permettrait de leur adjoindre Léonora Miano ( le crépuscule du tourment est pour moi un pilier phare de la littérature de notre nouveau siècle ) et également Ta-Nehisi Coates, dont le dernier ouvrage «Huit ans au pouvoir » nous permettra sans doute de comprendre qu' à certain «  rêve » succède des cauchemars  .
Baldwin, Morrison, : Même intelligence de l'analyse, même intensité des mots, même regard sur la complexité et l'enchevêtrement d'une effroyable mécanique, même force, même génie du verbe. Ce que ne montre pas suffisament le film de Jenkins s'est l'articulation interne d'une communauté générée par l'effroyable pression externe d'une société toute entière sur cette communauté. Et cela concerne toutes les communautés. Comprendre l'imbrication de chaque gramme de plomb qui dresse murs et pyramides de verre. Comprendre cette «  machine-action » que révèle Balwin, et Morrison c'est comprendre comment va notre monde. Ce système inventé de toutes pièces où l'humain devient matière première, devient carburant pour que la machine puisse broyer et avancer. C'est comprendre la colère, la résistance, c'est comprendre bien des luttes, c'est comprendre aussi pourquoi il leur est si souvent si difficile de s'exprimer. « Celui qui sauve une vie sauve l'humanité entière. » tel serait la parole divine.. Et je crois, également que celui qui comprend une vie peut comprendre l'humanité entière. Alors oui « le temps », ce temps si précieux pour Tish, ce temps de naissance symbolisé par l'enfant qu'elle porte, presse. le temps presse car la vie nous blesse. Gold Blesse America. Gold blesse the world. Gold blesse humanity. L'humanité toute entière. « Je me regarde dans la glace » et je nous vois interrogés.

Astrid Shriqui Garain
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Francharb3
  23 septembre 2014
James Baldwin était un écrivain noir, homosexuel et résident en France. Il militait contre le racisme et c'est à cause du racisme qu'il a quitté les Etats-Unis. Il s'agit d'un roman à thèse où deux visions s'affrontent : un jeune Noir est victime d'un complot judiciaire orchestré par un policier blanc raciste. Sa compagne est enceinte. Deux attitudes différentes s'opposent alors : celle de sa famille, profondément religieuse, à base de soumission et de honte, et celle de sa belle-famille, qui essaye de prouver son innocence et de lui venir en aide, même par des moyens peu légaux. Baldwin penche clairement pour la belle-famille : de par sa vie, il avait des comptes à régler avec la religion. le roman est un peu trop à thèse pour moi, on sent un peu trop la démonstration, en particulier lorsque Baldwin confronte la misère des Noirs américains à celle du Tiers-Monde. J'en garde néanmoins un bon souvenir : pas mal de considérations pertinentes, un regard sur la religion cruel mais réel, une forme de sensualité, la figure du policier qui écorne celle du roman policier, où il est le héros, tout cela est bien vu.
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Optimisme
  21 juin 2015
J'ai adoré la dévotion de Tish pour sauver Fony, son optimisme face à toutes les barrières qui les entouraient. Aussi, dans cette histoire, rien ne se passe comme attendu, même à la fin. Baldwin a réussi à retranscrire la vraie réalité de la vie, particulièrement celle d'un jeune homme noir américain, exploités par des policier blancs. Je suis tombée sur ce livre par hasard, mais le thème semble tellement pertinent encore aujourd'hui, dans le contexte aux Etats-Unis des meurtres de noirs américains par des policiers blancs.
Deux scènes m'ont émue jusqu'aux larmes : quand la mère de Tish dit à la fin : 'La souffrance se termine un jour. Cela n'ira pas forcément mieux, mais cela fini toujours'. L'autre scène est au début, quand Tish revient après vu Fonny, et elle se sent vraiment très faible, alors Baldwin compare les avocats et les esclaves à des vautours qui encerclent un homme mourant dans le désert .. C'est tellement vrai !!
J'apprécie beaucoup la perception sur la vie de Baldwin.
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chocoladdict
  10 février 2019

Si Beale Street pouvait parler est sur grand écran en ce moment. Je n'ai pas vu le film mais j'ai lu le roman de James Baldwin dont il est tiré. Qualifié de chef d'oeuvre, j'avoue que je pensais être bouleversée par cette histoire d'amour et le racisme qui conduit Fonny en prison, injustement accusé de viol.
Or je n'ai ni été particulièrement émue ni senti la rage que j'ai ressenti dans la préface écrite par Geneviève Brissac. Je me suis demandée si on pouvait avoir un avis très mitigé sur un roman au thème aussi fort sans que cela soit suspect.. Vous comprenez ? En somme je crois que je suis déçue de ne pas avoir eu plus d' enthousiasme par un écrivain reconnu comme un grand auteur. Je suis tordue ? 😀 Vous avez déjà lu cet auteur ?
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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AnnaDelRio
  08 février 2019
Ses fiançailles tout juste célébrées, Fonny est brusquement accusé d'avoir violé une femme. Jeté en prison en dépit des preuves qui le disculpent, Tish, sa compagne, ainsi que la famille de celle-ci, tenteront l'impossible pour qu'il puisse voir grandir l'enfant à naître.
D'une justesse de ton qu'on le croirait véritablement rédigé par cette jeune narratrice qui nous prend à témoins, Si Beale Street pouvait parler épanche l'épreuve qu'affrontent deux jeunes amant-es, aux prises avec une justice – partiale et dévastatrice – façonnée par l'homme blanc.
James Baldwin, à la sortie de son livre en 1974, affirmait : « tous les noirs nés en Amérique sont nés à Beale Street » ; en 2019, un bref état des lieux du racisme institutionnel qui perdure, aux États-Unis comme ailleurs, hélas n'en dément rien. Reste la pureté de l'amour… Si flamboyant et salvateur dans ce monument de la littérature africaine-américaine qu'à la dernière parole, il nous éclaire encore.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AnnaDelRioAnnaDelRio   08 février 2019
Maintenant, Fonny sait pourquoi il est ici ; maintenant, il ose regarder autour de lui. Il n'est pas ici pour avoir commis un crime. Il le savait déjà, mais maintenant il le sait d'une façon différente. Aux repas, à la douche, dans les escaliers, le soir, juste avant qu'on boucle tout le monde, il regarde les autres, il écoute : qu'ont-ils fait ? Pas grand-chose. Le vrai crime, c'est d'avoir le pouvoir de placer ces hommes là où ils sont et de les y maintenir. Ces hommes captifs sont le prix secret d'un mensonge secret : les justes doivent pouvoir identifier les damnés.
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MpelletierMpelletier   07 février 2019
Et si vous avez jamais aimé cette ville, votre amour est bien mort maintenant. Si un jour je m'en sors, si nous nous en sortons, je ne remettrai plus les pieds dans cette partie de New-York, je le jure.

Peut-être l'aimais-je avant, il y a bien longtemps, quand papa nous y emmenait, ma sœur et moi; nous regardions les gens et les bâtiments et papa nous nommait les monuments et les endroits célèbres et nous allions parfois à Battery Park manger des hot dogs et une glace. C'étaient des journées merveilleuses qui nous remplissaient de bonheur - mais c'était à cause de notre père, pas de la ville. Parce que nous savions que notre père nous aimait. Maintenant, je peux dire parce que j'en ai acquis la certitude, que la ville ne nous aimait pas. Les gens nous regardaient comme si nous avions été des zèbres - or il se trouve que certains aiment les zèbres et d'autres pas. Mais on ne demande jamais son avis au zèbre.


Je ne connais guère d'autres villes, c'est vrai, seulement Philadelphie et Albany, mais je suis sûre que New-York est la ville la plus laide et la plus sale du monde. On y trouve les bâtiments les plus laids et les gens les plus mesquins. Et les pires flics, à coup sûr. S'il existe un endroit plus horrible que New-York, il doit ressembler à l'enfer et empester la chair grillée. Et, justement, c'est exactement l'odeur de New-York en été.
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Francharb3Francharb3   29 septembre 2014
I guess that makes sense, too. I'm tired, and I'm beginning to think that maybe everything that happens makes sense. Like, if it didn't make sense, how could it happen ? But that's really a terrible thought. It can only come out of trouble, trouble that doesn't make sense.
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Francharb3Francharb3   29 septembre 2014
what have they done ? Not much. To do much is to have the power to place these people where they areand keep them where they are.
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nenababznenababz   28 avril 2015
Albany n'est pas exactement un don de Dieu pour les noirs.
Je dois ajouter qu'à mon avis l'Amérique n'est un don de Dieu pour personne. Ou sinon les jours de Dieu sont comptés. Ce Dieu que les gens prétendent servir a un sens de l'humour plutôt sinistre.
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Si Beale Street pouvait parler (2019), basé sur le roman de James Baldwin du même nom.
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