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Magali Berger (Traducteur)
EAN : 9782234048027
240 pages
Éditeur : Stock (01/05/1997)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 81 notes)
Résumé :

Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, dix-neuf ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir. Elle est enceinte et ils sont bien décidés à se marier. Mais Fonny, accusé d'avoir violé une jeune Porto-Ricaine, est jeté en prison. Les deux familles se mettent alors en campagne, à la recherche de preuves qui le disculperont. Pendant ce temps, Tish et Fonny ne peuvent qu'att... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  10 février 2019
Vivre. Écrire. Rythme and Heart. Mon coeur est bleu , mon encre est rouge, parce que ma peau touche la douleur de l'autre à hauteur d'homme. « Un artiste ne peut parler vraiment que de ce qu'il connaît » écrit Geneviève Brisac, dans sa préface qui accompagne l'édition française aux Editions Stock d'un des plus grands romans de James Baldwin. Beale Street, berceau du Blues. « à mon avis, l'Amérique n'est un don de Dieu pour personne- ou sinon les jours de Dieu sont comptés.Ce Dieu que les gens prétendent servir- et qu'ils servent de façons qu'ils ignorent – a un sens de l'humour plutôt sinistre. Qu'il faudrait Lui écraser les couilles, s'Il était un homme.Ou si « vous » en étiez un. ». En lisant les mots de James Baldwin, et cela après avoir vu le merveilleux film de Barry Jenkins ( actuellement dans les salles), on sait que le temps ne passe pas, mais qu'il presse toujours. Et il faut lire le texte de Baldwin, avant tout. Car il est l'origine. Et en voyant l'adaptation de Jenkins, que je salue de nouveau, je ne peux que constater que la force, l'intensité de la parole de Baldwin se sont parfois dissoutes, parfois effacées à travers le film . Beauté des images ?... L'écriture a cet avantage : elle peut tout dire. Un film peut il tout montrer ? Un livre s'adresse au lecteur. Un film s'adresse au plus grand nombre. On comprend. Mais on frémit également. Car ce n'est certainement pas par choix que Jenkins a adapté de cette façon ce roman. Il fallait qu'il passe, que le film passe, qu'il passe les rugissants de la finance, l'écueil de la censure, les abîmes du dramatique « publiquement correct » . le Livre lui n'a pas à ce soucier de son passage, mais de son empreinte. le livre ne passe pas, il reste.
Mais je n'oppose pas. Littérature contre cinéma. Duras a dit ce qu'elle jugeait. J'essaie pour ma part de comprendre les émotions qui me traversent, me soulèvent, me bouleversent.
L'identité de l'écrit de Baldwin se trouve dans ses textes. « Je me regarde dans la glace », ce visage au fond du puits... première phrase du roman. Face à face. Pas de filtre, pas de censure, Direct face à face, sans réserves. J'ai retrouvé dans l'écrit de Baldwin, l'origine, la même origine que celle que j'ai découvert à travers les livres de Toni Morrison. Pour moi, ces deux auteurs sont indissociables. Et je me permettrait de leur adjoindre Léonora Miano ( le crépuscule du tourment est pour moi un pilier phare de la littérature de notre nouveau siècle ) et également Ta-Nehisi Coates, dont le dernier ouvrage «Huit ans au pouvoir » nous permettra sans doute de comprendre qu' à certain «  rêve » succède des cauchemars  .
Baldwin, Morrison, : Même intelligence de l'analyse, même intensité des mots, même regard sur la complexité et l'enchevêtrement d'une effroyable mécanique, même force, même génie du verbe. Ce que ne montre pas suffisament le film de Jenkins s'est l'articulation interne d'une communauté générée par l'effroyable pression externe d'une société toute entière sur cette communauté. Et cela concerne toutes les communautés. Comprendre l'imbrication de chaque gramme de plomb qui dresse murs et pyramides de verre. Comprendre cette «  machine-action » que révèle Balwin, et Morrison c'est comprendre comment va notre monde. Ce système inventé de toutes pièces où l'humain devient matière première, devient carburant pour que la machine puisse broyer et avancer. C'est comprendre la colère, la résistance, c'est comprendre bien des luttes, c'est comprendre aussi pourquoi il leur est si souvent si difficile de s'exprimer. « Celui qui sauve une vie sauve l'humanité entière. » tel serait la parole divine.. Et je crois, également que celui qui comprend une vie peut comprendre l'humanité entière. Alors oui « le temps », ce temps si précieux pour Tish, ce temps de naissance symbolisé par l'enfant qu'elle porte, presse. le temps presse car la vie nous blesse. Gold Blesse America. Gold blesse the world. Gold blesse humanity. L'humanité toute entière. « Je me regarde dans la glace » et je nous vois interrogés.

Astrid Shriqui Garain
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bilodoh
  29 juillet 2020
Une histoire d'amours et de discrimination raciale.
L'histoire de Trish et Fonny pourrait être celle de Roméo et Juliette, mais ce ne sont pas leurs parents qui s'opposent à leur union, c'est la société qui, par l'entremise d'un policier raciste et vindicatif, met le garçon en prison.

Un drame d'amour classique, mais un contexte moderne des États-Unis, elle est enceinte, ils vivent dans un quartier pauvre, avec des familles qui les soutiennent, mais un système de justice (d'in-justice) implacable.

Un roman d'amours, l'amour de Trish et Fonny qui s'est développé peu à peu, mais aussi l'amour des parents, des frères et des mères prêts à tout pour leurs enfants. Mais aussi un roman de la haine, d'autant plus destructrice quand elle vient avec des pouvoirs.

(Il faut lire la préface, qui situe l'ouvrage de belle façon.)
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nath45
  21 juin 2020
Une très belle histoire d'amour de deux Afro-Américains sur fond de racisme.
Tish est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir, ils se connaissent depuis l'enfance, mais Fonny est accusé d'avoir violé une jeune Porto-Ricaine et est emprisonné.
J'avais vu le film mais je me suis plongée dans ce roman à l'histoire d'amour tragique, d'une grande tendresse, d'une profonde humanité, il est question de dénoncer le racisme sans que celui-ci prenne le dessus de l'histoire.
Un roman lumineux, saisissant, un très grand roman d'un auteur que je ne me lasse pas de découvrir.
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mumuboc
  09 septembre 2020
"Il est magnifique. Ils l'ont battu, mais ils n'ont pas pu le battre - si tu vois ce que je veux dire. Il est magnifique. (p503)3

J'ai découvert James Baldwin à travers un film à la télévision avec I am not your negro qui m'avait particulièrement touchée sur le parcours de cet auteur que ce soit sur sa vie mais également sur ses combats, son militantisme pour la défense des droits civiques de la communauté noire.
New-York - Clémentine Hivers, Tish, 19 ans, vendeuse, est la narratrice de ce roman qui relate avec son parler simple, direct son histoire d'amour avec Alonzo Hunt (Fonny), 22 ans, sculpteur et qui débute au moment où elle a confirmation qu'elle attend un enfant alors que Fonny est en prison suite à une accusation de viol d'une portoricaine, viol dont il se dit innocent. 
Charles Baldwin dénonce à travers cette histoire romanesque de quelle manière un homme peut se retrouver accusé uniquement par vengeance et surtout pour sa couleur de peau d'un crime dont il fait le coupable tout désigné.
"Vous comprenez, il avait trouvé son centre, le pivot de sa propre existence, en lui-même - et ça se voyait. Il n'était le nègre de personne. Et ça, c'est un crime dans cette pourriture de pays libre. Vous êtes censé être le nègre de quelqu'un. Et si vous n'êtes le nègre de personne, vous êtes un mauvais nègre : c'est ce que conclurent les flics quand Fonny s'installa hors de Harlem. (p119)"
Tish raconte, avec ses mots simples, pleins à la fois d'amour mais aussi d'inquiétude, mais elle n'est pas la seule voix car ici ou là celle de James Baldwin s'entend, le ton change et monte alors comme la révolte qui l'anime devant l'injustice, le racisme, l'histoire d'amour n'étant que le prétexte à une dénonciation d'un système, d'une société voire d'un pays et comment les dés sont pipés d'avance quand votre couleur de peau vous catégorise.
"De toute façon, dans notre époque et notre pays pourris, tout cela devient ridicule quand on s'aperçoit que les femmes sont censées avoir plus d'imagination que les hommes.  Nous avons là une idée conçue par le cerveau des hommes et elle se révèle exactement le contraire de la réalité. La vérité, c'est que, confrontée avec la réalité des hommes, une femme a bien peu de temps, et d'occasions, d'exercer son imagination. (qui est la seule chose en quoi les hommes ont jamais fait confiance) passe pour efféminé. Ça en dit long sur ce pays, car si, bien sûr, votre seul but est de faire de l'argent, la dernière chose dont vous avez besoin est bien de l'imagination. (p175)"
C'est une histoire poignante sur l'empêchement d'une vie de couple, où les barreaux et la justice s'interposent alors que rien ne les prédestinait à y être confrontés. L'auteur confronte les deux familles, l'une aimante et tendre, l'autre dominée par les femmes, restant distante mais peut-être par maladresse.
"Le vrai crime, c'est d'avoir le pouvoir de placer ces hommes là où ils sont et les y maintenir. Ces hommes captifs sont le prix secret d'un mensonge secret : les justes doivent pouvoir identifier les damnés. le vrai crime, c'est d'avoir le pouvoir et le besoin d'imposer sa loi aux damnés. (p493)"
Unir un message à une histoire d'amour donne encore plus de poids à celui-ci car comment ne pas être touché par ces deux amants séparés au moment où ils vivent un moment important e leurs vies, quand leurs familles (mais surtout celle de Tish) mettent tout en oeuvre pour trouver l'argent pour l'avocat, la caution, allant à se mettre eux-mêmes hors-la-loi pour le faire mais ont-ils d'autres choix ? 
Alors certes, c'est avant tout une histoire d'amour, très belle, très romantique mais elle est lourde de sens et de symboles.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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AmyFarrah
  14 avril 2021
"Si Beale Street pouvait parler" est le premier livre que je lis de James Baldwin. Je ne dirai pas qu'il m'a mis une claque ; les livres ne mettent pas de claques, c'est la vie qui s'en charge et certains livres en ravivent le souvenir. le roman de James Baldwin a trouvé des échos dans mon coeur, bien que je ne sois ni noire ni américaine, mais maman d'un enfant métis et française. Cette vigilance mêlée de crainte, cette lutte intérieure constante pour croire que tout ira bien, ou à d'autres moments que tout va s'arranger.... La jeune Tish dit à un moment "je ne souhaite à personne d'être obligé de regarder un être aimé à travers une vitre" et je me suis dit : en effet, la vie pourrait être pire, on pourrait être en Amérique. D'ailleurs, l'auteur, par la bouche de ses personnages, parle avec amertume de "ce pays", comme d'un enfer qu'il faut fuir, et ce n'est pas seulement le cas des noirs. Ainsi, la marchande de légumes italienne dit à Tish "ça fait longtemps que je suis en Amérique (...) et j'espère ne pas mourir ici". le roman de Baldwin fait tomber l'Amérique de son piédestal, il met à mal sa réputation de terre de la Liberté. On est loin de "l'Amérique" chantée par Joe Dassin.
Ce roman n'est pas seulement un roman d'amour et un témoignage de la vie des Noirs au Etats-Unis dans les années 50 ou 60 - en fait ça n'a pas changé - mais il est aussi une étude de moeurs plus large. Il est question de famille et aussi de religion. Dans la famille Hunt, la bigoterie extatique de la mère est destructrice. Dans la famille Hivers, Sharon est ancrée dans une foi simple qui lui est d'un grand secours en certaines circonstances. La famille Hivers est très unie, sans hypocrisie, et leur foyer est un havre de tendresse salutaire au milieu de la tempête traversée par le couple d'amoureux.
Que dire de l'écriture, du style ? Je l'ai trouvé formidable, à la fois simple et poétique. Vibrant. La plupart du temps c'est Tish qui parle et James Baldwin lui prête une pensée originale, pleine de vie. Cette poésie intérieure est une des nombreuses qualités qui font d'elle l'âme soeur de Fonny, le sculpteur.
L'auteur ne donne pas de détails excessifs, racoleurs, sur les conditions de vie en prison, il en dit juste assez. Il a cette même sobriété pour dire en quelques phrases glissées par ci par là, la malignité du système qui maintient les Noirs dans un statut inférieur.
"Si Beale Street pouvait parler" est un roman brise-coeur, mais c'est aussi un roman d'espoir. Je n'ai pas pleuré mais il m'a mis le coeur à vif.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
LapoulpeLapoulpe   29 avril 2021
Maintenant, Fonny sait pourquoi il est ici ; maintenant, il ose regarder autour de lui. Il n'est pas ici pour avoir commis un crime. Il le savait déjà, mais maintenant il le sait d'une façon différente. Aux repas, à la douche, dans les escaliers, le soir, juste avant qu'on boucle tout le monde, il regarde les autres, il écoute : qu'ont-ils fait ? Pas grand-chose. Le vrai crime, c'est d'avoir le pouvoir de placer ces hommes là où ils sont et de les y maintenir. Ces hommes captifs sont le prix secret d'un mensonge secret : les justes doivent pouvoir identifier les damnés.
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MpelletierMpelletier   07 février 2019
Et si vous avez jamais aimé cette ville, votre amour est bien mort maintenant. Si un jour je m'en sors, si nous nous en sortons, je ne remettrai plus les pieds dans cette partie de New-York, je le jure.

Peut-être l'aimais-je avant, il y a bien longtemps, quand papa nous y emmenait, ma sœur et moi; nous regardions les gens et les bâtiments et papa nous nommait les monuments et les endroits célèbres et nous allions parfois à Battery Park manger des hot dogs et une glace. C'étaient des journées merveilleuses qui nous remplissaient de bonheur - mais c'était à cause de notre père, pas de la ville. Parce que nous savions que notre père nous aimait. Maintenant, je peux dire parce que j'en ai acquis la certitude, que la ville ne nous aimait pas. Les gens nous regardaient comme si nous avions été des zèbres - or il se trouve que certains aiment les zèbres et d'autres pas. Mais on ne demande jamais son avis au zèbre.


Je ne connais guère d'autres villes, c'est vrai, seulement Philadelphie et Albany, mais je suis sûre que New-York est la ville la plus laide et la plus sale du monde. On y trouve les bâtiments les plus laids et les gens les plus mesquins. Et les pires flics, à coup sûr. S'il existe un endroit plus horrible que New-York, il doit ressembler à l'enfer et empester la chair grillée. Et, justement, c'est exactement l'odeur de New-York en été.
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Francharb3Francharb3   29 septembre 2014
I guess that makes sense, too. I'm tired, and I'm beginning to think that maybe everything that happens makes sense. Like, if it didn't make sense, how could it happen ? But that's really a terrible thought. It can only come out of trouble, trouble that doesn't make sense.
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OmnibusseOmnibusse   08 mars 2019
Ce n'est pas souvent, je suppose, que deux personnes peuvent rire et faire l'amour en même temps, qu'ils font l'amour parce qu'ils rient et rient parce qu'ils font l'amour. L'amour et le rire ont la même source. Mais peu de gens s'y abreuvent.
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missmolko1missmolko1   24 janvier 2019
Je me regarde dans la glace. Mon vrai prénom est Clémentine, ce serait donc logique qu’on m’appelle Clem, et même, après tout, Clémentine, puisque c’est mon nom. Mais pas du tout. On m’appelle Tish. C’est peut-être logique aussi, en un sens. Je suis fatiguée et je commence à croire que tout ce qui arrive est logique. Parce que, sinon, ça pourrait pas arriver. C’est affreux de penser ainsi. Ce doit être à cause de tout ce malheur – qui, lui, n’est pas logique du tout.
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Videos de James Baldwin (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Baldwin
Leslie Kaplan L'Aplatissement de la terre suivi de le Monde et son contraire - éditions P.O.L - : où Leslie Kaplan tente de dire de quoi et comment est composé son livre "L'Aplatissement de la terre suivi de le Monde et son contraire" : "L'Aplatissement de la terre", "Le Traité de l'ennui", "Le Monde et son contraire", "Un ennemi invisible'", "Temps troubles, temps troublés, temps confinés", "Une femme sort du cinéma", "L'Enfer est vert", « Encore une fois le monde » et où il est aussi question notamment de Désordre", de Charlie Chaplin, de Franz Kafka, de James Baldwin, de Bob Dylan, de Stan Getz et de Sigmund Freud, de monologue et d'autobiographie, à l'occasion de la parution du livre aux éditions P.O.L, le 9 février 2021 à Paris.
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