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Robert Louit (Autre)
ISBN : 2702100961
Éditeur : Calmann-Lévy (01/04/1994)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Dernier cri du modernisme, l'I.G.H., l'Immeuble de Grande Hauteur, se retrouve sous toutes les latitudes mais cette véritable « ville verticale » capable de se suffire à elle-même est-elle bien comme le proclament les urbanistes la solution miracle au problème de l'habitat ? Est-ce ce que souhaitent les utilisateurs ? Le docteur Robert Laing s'en est laissé persuader après son divorce et s'est installé à trois kilomètres de Londres dans la première tour achevée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Aelinel
  13 janvier 2016
C'est en me baladant sur Allociné, il y a quelques mois que j'ai appris l'existence du film High Rise (titre original du roman IGH) qui sortira au mois d'avril au cinéma. En lisant le synopsis, j'ai trouvé l'idée intéressante et je me suis donc mise en quête de lire le roman.
IGH est le sigle pour Immeuble de Grande Hauteur (High Rise en anglais) et fait référence à un nouvel ensemble urbain qui émerge de terre dans les années 70, dans la banlieue proche de Londres. le prix élevé des appartements réserve cet immeuble à une certaine élite sociale : les premiers niveaux sont donc réservés aux plus "modestes", (le producteur de télévision Wilder vit au deuxième étage avec sa femme et ses deux enfants) et plus, on s'élève dans les étages, plus on grimpe dans la hiérarchie sociale (le Docteur Laing habite au vingt-cinquième) jusqu'à atteindre le sommet au quarantième avec la crème de la crème, l'architecte et créateur de cet univers, Royal. L'IGH est moderne, d'un certain standing et intègre tous les équipements et électro-ménagers dernier cri des années 70. Mais ce paisible paradis ne va pas tarder à verser dans le chaos lorsque les premiers problèmes apparaissent : panne d'électricité, de la climatisation ou d'ascenseur, vide-ordure qui se bouchent, cristallisant ainsi tous les non-dit, les frustrations et les rivalités entre les habitants des différents étages...
La citation "L'homme est un loup pour l'homme" trouve un écho très particulier dans ce roman de science-fiction qui se veut profondément pessimiste, cru, violent et sombre. IGH est court (à peine 200 pages) mais oppressant car il se développe dans un huis-clos malsain : à chaque palier franchi dans l'escalade de la violence, le lecteur se demande si l'auteur peut encore dépasser la frontière de l'horreur et malheureusement, la réponse est toujours positive.
Néanmoins, IGH est aussi un roman que je qualifierais presque de philosophique car il pousse son lecteur à réfléchir sur les notions de progrès, de société et sur la nature humaine.
Ballard souhaite ainsi démontrer que le progrès aurait atteint son point culminant avec l'érection de l'IGH. Franchir cette barrière n'aurait donc que pour seul conséquence la déchéance de l'Homme et le retour à une vie primaire et à ses plus bas instincts dont les seuls leitmotiv ne seraient plus que la recherche du sexe, de la sécurité et de la nourriture pour la perpétuation de l'espèce. Exit la solidarité, la compassion, la recherche du beau et du bonheur, seule les lois du plus fort et de l'instinct de survie ont cours dans cette nouvelle société coupée des conventions sociales de notre civilisation.
IGH est un roman intéressant et bien écrit mais réservé à un public averti. Pour ma part, il m'a mise plusieurs fois mal à l'aise et m'a beaucoup fait penser à American Psycho d'Ellis. de là, à aller voir l'adaptation au cinéma, je ne pense pas que je franchirai le pas, même dans deux mois.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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MarianneL
  13 juin 2013
«Plus tard, installé sur son balcon pour manger le chien, le Dr Robert Laing réfléchit aux événements insolites qui s'étaient déroulés à l'intérieur de la gigantesque tour d'habitation au cours des trois derniers mois.»
Ce court roman de 1975, troisième partie de la trilogie de béton, s'est emparé de moi dès sa première phrase. L'IGH, immeuble de grande hauteur, dominant et isolé dans une banlieue de Londres en pleine recomposition, est le héros de béton mais qui semble de chair, de ce récit glaçant, de cette allégorie visionnaire.
La conception luxueuse de l'immeuble et ses équipements multiples (piscines, école, centre commercial…) ont été conçus pour permettre à ses occupants de vivre en autarcie. Juste au moment où les mille appartements de l'IGH finissent de se remplir, mesquineries et jalousies commencent à éclore, semblant initialement être les conséquences inhérentes à toute vie humaine en communauté. Panne d'électricité, cadavre de lévrier retrouvé dans la piscine ; une menace palpable mais diffuse dégénère rapidement en hostilités ouvertes de plus en plus virulentes.
Dans cette entité gigantesque de béton, qui semble se détacher du monde extérieur, une façade de train-train quotidien, puis pendant la nuit les fêtes, le sexe et l'ivresse se juxtaposent avec les violences croissantes, l'abandon des règles sociales, et la sauvagerie. Les habitants s'organisent en clans par étages, répliquant dans la tour les «vieilles» divisions sociales ; ils abandonnent leur confort, surtout préoccupés de ne pas trahir à l'extérieur la situation dans la tour.
Métaphore saisissante d'un retour aux cavernes dans une modernité qui n'a plus rien à offrir, de la radicalisation de mouvements politiques extrêmes alors que la pensée politique et l'idéologie se vident de leur contenu, puissant miroir de la fin du progrès et de cette illusion d'une libération de l'homme par un progrès pervers, I.G.H. reste une lecture hallucinante et nécessaire.
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Bazart
  07 avril 2016
Satire sociale à la fois intelligente et complexe sur le matérialisme dans la société de consommation alors à son apogée dans les années 70, dérivant rapidement hors de contrôle, ce roman qui s'appelle au départ I.G.H. (Immeuble de Grande Hauteur) faisant partie d'un triptyque appelé La Trilogie de Béton., multipliait les personnages et les points de vue de résidants d'un luxueux et moderne gratte-ciel qui vivent des règles sociales prédéfinies et totalement restrictives.
Hélas, cette peinture sans concession d'un monde à la dérive frappe par son ambition et sa maitrise formelle, mais déçoit dans sa narration et sa conduite du récit et parait 40 ans après sa publication un poil datée…
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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moravia
  23 février 2013
Je n'ai pas marché.
J'ai connu Ballard bien meilleur avec d'autres livres.
Faute du traducteur (Robert Louit) ?
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julien_le_naufrage
  11 décembre 2014
"I.G.H." est un cauchemar urbain, social et psychologique. Ballard offre à reluquer la sauvagerie humaine dans sa déchéance individualiste. Un roman résolument noir, pessimiste et bestial.
Chronique complète sur le blog
Lien : http://naufragesvolontaires...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
AelinelAelinel   12 janvier 2016
"Malgré toutes ses réticences, il (Docteur Robert Laing) lui fallait bien à présent reconnaître une évidence qu'il avait toujours cherché à se dissimuler : les six derniers mois n'avaient été qu'une période de querelles inscessantes entre ses voisins, un enchainement de futiles chamailleries au sujet du mauvais fonctionnement des ascenseurs ou de la climatisation, des inexplicables pannes d'électricité, du bruit, des luttes pour les places de parking ; en somme, de tout le catalogue des nuisances banales que les architectes étaient justement censés avoir éliminées de ces coûteuses habitations. Les antagonistes sous-jacents entre occupants étaient remarquablement vifs, atténués seulement en partie par le ton urbain qui était de mise dans l'immeuble et par le besoin évident de faire de l'ensemble du projet, une réussite." (p. 14-15)
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AelinelAelinel   13 janvier 2016
"Le délabrement de la tour constituait un modèle du monde vers lequel les entrainait l'avenir : un paysage au-delà de la technologie , où chaque chose tombait en ruine, ou bien de façon plus ambiguë, participait à des combinaisons inattendues et pourtant plus riches de sens. Laing réfléchit sur ce point - parfois, il lui semblait difficile de ne pas croire qu'ils vivaient dans un futur qui était déjà arrivé et avait épuisé ses possibilités." (p.171)
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UnityUnity   18 octobre 2014
Les troubles récents avaient impitoyablement mis au jour son énorme sentiment d'insécurité, et aussi ses vieille incertitudes nourries par ceux de sa classe au sujet du maintien de leur position dans le monde. A l'époque de leur rencontre, l'absolue confiance en soi qu'Anne manifestait dans son comportement ne semblait pas pouvoir faire l'objet d'un doute. Or, Royal s'était trompé du tout au tout : Anne avait besoin à chaque instant qu'on la rassurât sur sa situation au sommet de l'échelle. En comparaison, les gens qui vivaient autour d'elle et avaient conquis leur position grâce à leurs talents paraissaient des modèles de tranquille assurance.
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UnityUnity   24 octobre 2014
- Ce serait une erreur de croire que nous sommes tous en train de revenir à un état d'innocence primitive. Le modèle, dans notre cas, c'est moins le noble sauvage que le petit moi post-freudien, lequel n'a rien d'innocent, traumatisé qu'il est par son apprentissage de la propreté fait en douceur, la nourriture au sein pratiquée avec avidité et l'affection parentale - de toute évidence un mélange beaucoup plus explosif que ce que nos aïeux victoriens pouvaient avoir à affronter. Tous nos voisins ont eu une enfance heureuse, et pourtant ils se sentent coupables. Peut-être sont-ils furieux de n'avoir jamais eu la chance de devenir pervers...
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AelinelAelinel   12 janvier 2016
"La piscine du dixième étage demeura vide, en partie, se dit Laing, parce que les gens devaient considérer que l'eau avait été contaminée par le cadavre du lévrier. Un miasme presque palpable s'était amassé au-dessus de la surface étale, comme si l'esprit de la bête morte attirait à lui toutes les puissances du châtiment et de la juste vengeance présentes dans l'immeuble." (p. 19)
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Videos de James Graham Ballard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Graham Ballard
ames Graham Ballard was a British novelist and short story writer who was born 15 November, 1930 and raised in the Shanghai International Settlement..His experiences during that time formed the basis of his novel Empire of the Sun which was later turned into a movie by Steven Spielberg starring 13-year-old Christian Bale, as well as John Malkovich and Miranda Richardson. J G Ballard died on April 19 2009, aged 78 after a lengthy battle with cancer
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