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Critique de MarianneL


MarianneL
  13 juin 2013
«Plus tard, installé sur son balcon pour manger le chien, le Dr Robert Laing réfléchit aux événements insolites qui s'étaient déroulés à l'intérieur de la gigantesque tour d'habitation au cours des trois derniers mois.»

Ce court roman de 1975, troisième partie de la trilogie de béton, s'est emparé de moi dès sa première phrase. L'IGH, immeuble de grande hauteur, dominant et isolé dans une banlieue de Londres en pleine recomposition, est le héros de béton mais qui semble de chair, de ce récit glaçant, de cette allégorie visionnaire.

La conception luxueuse de l'immeuble et ses équipements multiples (piscines, école, centre commercial…) ont été conçus pour permettre à ses occupants de vivre en autarcie. Juste au moment où les mille appartements de l'IGH finissent de se remplir, mesquineries et jalousies commencent à éclore, semblant initialement être les conséquences inhérentes à toute vie humaine en communauté. Panne d'électricité, cadavre de lévrier retrouvé dans la piscine ; une menace palpable mais diffuse dégénère rapidement en hostilités ouvertes de plus en plus virulentes.

Dans cette entité gigantesque de béton, qui semble se détacher du monde extérieur, une façade de train-train quotidien, puis pendant la nuit les fêtes, le sexe et l'ivresse se juxtaposent avec les violences croissantes, l'abandon des règles sociales, et la sauvagerie. Les habitants s'organisent en clans par étages, répliquant dans la tour les «vieilles» divisions sociales ; ils abandonnent leur confort, surtout préoccupés de ne pas trahir à l'extérieur la situation dans la tour.

Métaphore saisissante d'un retour aux cavernes dans une modernité qui n'a plus rien à offrir, de la radicalisation de mouvements politiques extrêmes alors que la pensée politique et l'idéologie se vident de leur contenu, puissant miroir de la fin du progrès et de cette illusion d'une libération de l'homme par un progrès pervers, I.G.H. reste une lecture hallucinante et nécessaire.
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