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Claude Darner (Autre)
ISBN : 2253015865
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1977)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Au-delà des monticules de sel, s'étendait le terrain découvert qui avait été jadis le haut banc côtier. Les anciennes dunes gisaient ensevelies sous le sel rejeté du rivage, lors des tempêtes, et les amoncellements de sable et de poussière qui retombaient des collines. Le sol sableux, grisâtre, dans lequel de rares touffes d'herbe avaient encore prise, était jonché de morceaux à demi enterrés de charpentes en fer et de diverses pièces de métal.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Unity
  15 février 2013
Les quelques 300 pages de Sécheresse passent lentement. le soleil est omniprésent, brûlant et pesant. Sans pluie, la société humaine s'arrête de tourner, et tout meurt peu à peu, végétaux et êtres vivants. Les rivières se vident pour ne laisser qu'un lit de boue où brillent des arrêtes de poisson et rouillent des cargos enlisés. L'eau croupit çà et là dans quelques cratères. Sur la côte, la mer ne cesse de reculer pour laisser une plage de sel pleine de cadavres. Des visions terribles, sublimées par la plume de l'auteur, ouvrent chaque chapitre. Plus qu'une histoire, Ballard peint des tableaux annoncés par des très titres visuels comme « le cygne mourant », « La terre qui pleure », « le lion blanc ». le surréalisme d'un Dali ou d'un Magritte n'est jamais très loin, l'idée du Beau non plus, même si l'horreur est partout.
Sécheresse est l'histoire d'un monde à l'agonie. Les grands buildings deviennent le reflet d'une civilisation passée qui semble déjà lointaine au regard de petits groupes d'hommes clairsemés, désunis, qui survivent tant bien que mal au bord de la mer en retrouvant une sauvagerie primitive. La disparition de l'eau fige le temps et interrompt l'évolution.
Qu'arriverait-il si, du jour au lendemain, tout disparaissait ? Ballard essaye de répondre à cette question, et cela avec d'autant plus de finesse qu'il a connu cette situation car, finalement, Sécheresse est aussi une vision brutale de la fin de l'Empire britannique à Shanghai en 1941. Né parmi les colons, l'auteur a vu, à douze ans, son quotidien basculer dans le Rien après la défaite de Pearl Harbour. Prisonnier des camps japonais, il se souvient, et avec quelle force, des hôtels luxueux abandonnés, des rues traversées de poussière, des cratères d'obus dans les rizières, de la violence qu'engendre la misère, des sociétés organisées sur la plage et, aussi, de l'importance terrible que peut prendre un magazine, quand il est le dernier vestige d'un monde évaporé.
Ransom ne cède pas à la barbarie de ses semblables car il refuse de renoncer à ses souvenirs et, donc, au monde d'avant. Mais, autour de lui, c'est une société toute autre qui se crée, faite de rites nouveaux qui se chargent d'un sens tout particulier. Si vous avez lu Sa majesté des mouches, vous y trouverez un certain écho, à plus grande échelle.
Aventure humaine, Sécheresse ne pose pas la question de la survie à tout prix, à la différence d'autres romans du genre. Les hommes ne s'opposent pas, ils s'adaptent, comme s'il ne s'agissait que d'une situation provisoire avant le retour de la pluie. Seul le lendemain compte, et la question de la disparition totale de l'eau à long terme ne se pose pas, sinon à travers une tension permanente qui rompt les liens sociaux. Les cadavres sont, quand à eux, enfermés dans les voitures rouillées qui, dès lors, deviennent les tombeaux de ce nouveau monde.
Sécheresse fait partie de ces livres qui ne mènent apparemment nulle part et que l'on referme pourtant avec un sentiment des plus étranges, la tête encore chargée d'images terribles, trop précises pour n'être qu'un fantasme. On pense forcément à l'adolescence d'un auteur qui disait vouloir « inventer la réalité », à un monde qui a existé pour disparaître à jamais et à toutes ces anciennes citées recouvertes par le sable…
Finalement, pas besoin de zombies pour créer une atmosphère angoissante, survolée par la mort, où les passions humaines les plus sinistres se déchaînent. Et si, tout simplement, l'occident se transformait en un vaste désert ?
Lien : http://unityeiden.fr.nf/sech..
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finitysend
  02 avril 2012
Sécheresse fonctionne différemment du monde englouti qui est son roman binôme .
Il y a un moins de mouvement et de " route " mais c'est un peu la même chose que le monde englouti cependant l'errance est moins solitaire alors que l'environnement est plus questionné .
Les personnages s'adaptent contraints et forcés avec plus ou moins de pertinence et de résonances intérieures à ces changements dramatiques .
Dans sécheresse la pollution des océans perturbe fortement le cycle de l'eau et l'Europe devient un désert .
Le quotidien d'un monde qui meurt .
Ces deux romans sont très bien écrits et nous plongent dans des atmosphères sur réelles qui nous font halluciner..
Un roman saisissant avec des personnages prégnants de réalités qui évoluent dans des mondes saisissants de réalisme et de profondeur ..
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Malahide75
  18 juillet 2018
Entre 1962 et 1966, J. G. Ballard a commis une relecture en quatre titres de la fin du monde, centrés chacun sur une apocalypse, elle-même basée sur un des quatre éléments, l'air, l'eau, le feu et la terre. « Sécheresse », la troisième apocalypse, a été rédigée en 1964.
Le lecteur fait la connaissance du docteur Ransom qui assiste à l'exode des habitants de Mount Royal et d'Hamilton où, comme dans le reste du monde, il n'a pas plu depuis plusieurs mois. La sécheresse qui s'ensuit vide petit à petit lacs et rivières, obligeant la population à se diriger vers les bords de mer.
Ce changement climatique est expliqué par la pollution plastique qui a créé à la surface des mers une pellicule empêchant l'évaporation et arrêtant de ce fait le cycle de l'eau. La caution scientifique s'arrête là cependant, car l'auteur s'intéressera ensuite exclusivement aux quelques protagonistes de son histoire, mettant totalement de côté l'aspect politique et scientifique. Ici, pas de groupes de chercheurs désespérés qui jouent la montre et essaient de trouver un moyen d'éviter que la Terre ne devienne une nouvelle Vénus ; pas d'équipes de militaires chargées du rapatriement et de la distribution d'eau aux populations ; pas de politicien ni de chef d'entreprise véreux qui tentent de tirer leur marron du feu… J. G. Ballard se consacre au plus petit dénominateur commun : une dizaine de personnes, aussi différentes les unes les autres que possible, qui vivent au jour le jour dans cette nouvelle configuration.
Car effectivement, comme il l'a déjà été signalé dans d'autres critiques, ce « survival » se démarque des autres romans dans cette thématique par l'aspect provisoire de ce changement météo. Ransom, son ex-femme Judith, le révérend Johnstone, l'architecte Lomax, tous sont convaincus que la pluie va finir par revenir et qu'il leur faut donc « juste » attendre jusque-là. Pas survivre : attendre.
« Sécheresse » est donc un roman très lent et contemplatif. La baisse des eaux est décrite de façon détaillée, tout comme les dunes de sel et les modifications du lit de la rivière. Les protagonistes sont à l'opposé dessinés à grands traits et seules leurs actions, parfois illogiques et incohérentes, sont narrées.
L'auteur ayant volontairement donné peu de clés pour définir ses personnages, j'ai eu bien des difficultés à m'identifier ou même à comprendre leurs motivations et leur comportement. Après bien des tergiversations, Ransom finira par prendre le chemin de la mer et trouvera là-bas les bases d'une nouvelle société archaïque, que faute de pouvoir intégrer il fuira de nouveau (après dix années) pour revenir au point de départ…
Cette lecture m'a donné l'impression d'une errance sans but et sans raison, le chemin vers nulle part d'une colonie de lemmings ou de moutons de Panurge… Par manque de sensibilité à ce type d'écrit et indéniablement par manque de clé d‘analyse, je n'ai donc pas adhéré du tout…
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Masa
  09 décembre 2013
Un titre apocalyptique traitant le dérèglement climatique, voilà quelque chose qui m'intéressait. D'ailleurs, ce sujet l'avait inspiré puisqu'il avait écrit d'autres livres comme le monde engloutit ou encore le vent de nulle part. Sécheresse fut parut en 1965 sous le titre original de The drought.
Depuis près de Trois mois, la chaleur s'est installée. Plus aucune précipitation, c'est le début d'une longue sécheresse. Les cours d'eau diminuent. Ramson est un médecin qui vit auprès d'un lac. Alors que tout le monde quitte l'endroit qui devient de plus en plus désertique, le docteur décide de rester, mais pour combien de temps.
Alors là, je suis passé complètement à côté du livre. Je n'ai jamais pu rentrer dans l'histoire. D'ailleurs, je trouve que c'est plat et qu'il ne se passe pas grand chose. Il y a un personnage, un despote locale, qui se prend pour Néron. C'est ce qui provoqua le départ du docteur. En fait, ce terme m'avais mit l'eau à la bouche (ah ah ! Sécheresse, eau), je m'étais imaginé tout un tas de truc. L'auteur, lui, à visiblement eu une autre vision. Je trouve dommageable que le survivalisme ne soit pas plus développé sans oublié la chaleur. L'écrivain parle de la quête du liquide salvateur, mais fait abstraction du soleil brûlant omniprésent. En gros, je me suis bien ennuyé. Heureusement que le récit est court.
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KettuWater-fox
  14 mai 2014
Il y a des livres qui restent des années dans votre bibliothèque sans que vous ne les ayez lus. Un jour , en manque de thunes, c'est avec une sorte de soulagement que vous en tournez les pages.
"Sécheresse" est de ces livres là. Je dois dire que ça fait à peu près dix ans qu'on m'a offert ce bouquin. Je l'avais déjà ouvert mais la lecture des premières pages ne m'ayant pas satisfaite, je l'avais aussitôt rangé. Il faut dire que ce n'est pas vraiment un bouquin facile.
La couverture illustre assez bien le contexte et l'ambiance de l'histoire.
C'est quelque chose de complètement monochrome, long, lourd et pesant.
Ce livre est bourré de descriptions, il y a très peu de dialogues, assez peu d'actions au final. C'est une sorte de tableau macabre, d'un hypothétique futur.
Personnellement, je n'ai pas vraiment aimé ce livre. le fond de l'histoire est bien pensé, mais l'écriture donne vraiment mal au crâne. J'ai eu beaucoup de mal à m'y faire. D'ailleurs je ne me suis pas du tout attachée aux personnages.
Pourtant je l'ai lu jusqu'au bout.
Pour moi c'était un bouquin de salle d'attente. Celui qu'on lit en attendant de pouvoir se procurer mieux.
Je ne dis pas que c'est un roman de gare loin de là. L'histoire est réellement intéressante, mais une écriture plus fluide aurait pu lui servir.
Pour conclure: un bouquin à livre si on aime vraiment lire et qu'on a pas trop le moral dans les chaussettes.
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critiques presse (1)
LeMonde   11 août 2017
Le roman de J. G. Ballard, paru en 1964, imaginait une Terre où les humains sont confrontés à une canicule mortifère. Un peu trop d’actualité.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
UnityUnity   01 avril 2013
Les raids contre les exilés isolés devenaient aujourd’hui plus fréquents.
Ce n’était pourtant pas ce motif qui les retenait unis, mais leur conscience de ne pouvoir que l’un avec l’autre conserver vivace un timide reflet de leur individualité antérieure, quels que fussent ses défauts, et arrêter l’engourdissement graduel de l’intelligence et du moi à quoi inclinait de façon invisible la prison des dunes. Comme tous les purgatoires, la plage était une salle d’attente, les étendues de sel humide suçant pour ainsi dire le fond le plus solide d’eux-mêmes. Ces minuscules nœuds de personnalités luisaient faiblement dans la lumière de la prison, la zone de néant qui guettait le moment de les dissoudre et de les décomposer comme des cristaux séchés par le soleil.
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UnityUnity   07 mars 2013
En la regardant pour la dernière fois, Ransom eut conscience des liens inexprimés existant entre lui et la jeune infirme. Ses traits blêmes, qui avaient été lavés de la souffrance aussi bien que des souvenirs, et comme vidés de toute notion du temps firent naître chez Ransom une image de son propre avenir. Pour Vanessa, comme pour lui-même, le passé n’existait plus. A partir de maintenant, ils devraient inventer leur propre sens du temps hors du paysage qui les entourait.
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UnityUnity   13 février 2013
Il remarqua de nouveau la totale asymétrie de sa figure, la tempe gauche déformée qu’elle tentait de dissimuler par une boucle de cheveux. C’était comme si sa face portait déjà des blessures d’un accident de voiture effroyable qui se produirait quelque part dans l’avenir. Parfois, Ransom sentait que Judith était consciente de cet autre elle-même, et qu’elle traversait la vie avec la constante perspective de cet avenir menaçant.
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UnityUnity   04 février 2013
- Charles, qu'est ce que tu vas faire ?
Malgré lui, Ransom rit. En un sens, la question avait été inspirée à Judith par la barbe et l'air de batteur de son mari. Mais la fréquence avec laquelle elle lui avait été posée par tant de gens différents lui fit réaliser que sa présence permanente dans la ville déserte, son apparente acceptation du silence et du vide, mettaient en quelque sorte en relief le vide de leur propre vie.
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SpilettSpilett   06 octobre 2010
Le grand pêché de l'être humain est de se poser en juge de ses semblables.
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Videos de James Graham Ballard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Graham Ballard
ames Graham Ballard was a British novelist and short story writer who was born 15 November, 1930 and raised in the Shanghai International Settlement..His experiences during that time formed the basis of his novel Empire of the Sun which was later turned into a movie by Steven Spielberg starring 13-year-old Christian Bale, as well as John Malkovich and Miranda Richardson. J G Ballard died on April 19 2009, aged 78 after a lengthy battle with cancer
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