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ISBN : 2757863835
Éditeur : Points (05/01/2017)

Note moyenne : 2.73/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Staline, un Staline qui n'a plus que trois ans à vivre, se retire quelques jours dans sa Géorgie natale. La Vodieva, sa maîtresse de longue date, le rejoint dans le palais décadent où il s'est installé. Elle est accompagnée d'un jeune peintre qu'elle protège. Ce Danilov, prodige du réalisme socialiste, a conçu une œuvre inouïe pour célébrer la glorieuse éternité du Petit Père des peuples. Rien, bien sûr, ne se passe pour lui comme prévu.

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Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
30 septembre 2013
« le divan de Staline » de Jean-Daniel Balthassat. Voilà un livre de la rentrée qui avait fait son entrée dans ma liste de lectures probables, ou pour le moins, dans celle des lectures envisageables…
Coïncidence : on me le propose en masse critique, et c'est avec enthousiasme que je postule pour le recevoir. Las ! Je n'imaginais pas à l'époque la difficulté et le courage qu'il me faudrait pour atteindre le mot « Fin »…
Et pourtant : Staline, Freud, Lénine, le Palais Likani… autant de noms évocateurs… Mais une intrigue confuse (et creuse, un paradoxe…) et une forme alternant phrases courtes et longues digressions – parfois non dénuées de style, néanmoins – dont l'abus m'ont fait perdre pied à de nombreuses reprises et conduit si souvent à une lecture « automatique » dont on ne retient quasiment rien. Dommage…
Une lecture laborieuse que seul mon engagement auprès de Babélio m'a permis de terminer… laborieusement… Babélio que je remercie, malgré tout, ainsi que l'éditeur SEUIL : toutes les expériences sont bonnes à entreprendre en matière de littérature, surtout avec un titre aussi aguicheur que celui-ci ; mais je crois que Jean-Daniel Balthassat ne m'y reprendra pas…
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fanfanouche24
08 octobre 2013
Je suis dans le plus grand des embarras…Pour rendre compte d'une lecture offerte par les éditions du Seuil et de Masse critique… il s'agit du dernier roman de Jean-Daniel Baltassat, dont j'ignorais tout. Je débute par ce texte… original par son sujet, original par sa thématique… Mais la magie n'a pas opéré… et si je n'avais pas été prise par mes engagements pour Masse critique, j'aurai abandonné…
Cela ne m'empêche pas de remercier abondamment les éditions du seuil et Masse critique… car ce roman est d'une grande qualité, mais je n'étais pas la bonne lectrice à ce moment-là….
La qualité du texte, du style ne sont pas en cause… mais trop de choses ont freiné ma lecture : des phrases interminables , regorgeant de détails, de qualificatifs…Ceci peut captiver et éblouir certains lecteurs et c'est heureux. Pour ma part, je suis plutôt dans le goût de l'épure et de la sobriété.. .
Cette surabondance m'a freinée, fait trépigner… car l'essentiel du sujet tardait à poindre…à chaque fois.
Un autre manque à mon humble avis pour apprécier cette lecture, sans aller faire des recherches à droite , à gauche : un glossaire, à la fois pour les noms des personnages, leurs fonctions, mais aussi pour du vocabulaire simple, des abréviations nombreuses… que l'auteur maitrise son sujet , aie fait moult recherches…nous n'en doutons pas un seul instant, mais pour le lecteur néophyte que je suis, quelques explications des termes les plus employés…pour aborder la découverte de ce roman m'aurait fait aborder ce texte de façon moins austère.
Le sujet est très intéressant : les dernières années du règne du Petit Père des Peuples, Staline, où ce dernier se retire dans le palais décadent de feu le grand duc Mikhaïlovitch avec sa maîtresse , pour recevoir un jeune peintre, Danilov, réalisateur d'un monument colossal en son honneur.
Nous voyons évoluer Staline, personnage vieillissant, mais toujours aussi imbu de son pouvoir, entouré d'une domesticité et collaborateurs, en adoration et soumission absolues…devant lui.
Une ironie et drôlerie certaines fusent à travers ce roman comme dans cet extrait: "L'heure est maintenant aux effusions de basse-cour, baisers de main, émotions impossibles à contenir, si bien que l'une des cuisinières éreintées par tous les signes de la pâmoison, s'agrippant au poignet de la Rumichvili, ploie ses lourdes jambes, réclame un baiser de son grand homme, réclame la vie, le souffle de la vie que Toi seul, ô camarade Staline, mon aimé de rêve et de vérité, Toi seul, pardonne-moi mon indécence, mais il n'est pas un jour de ma vie où j'ouvre les yeux sans le penser, Toi seul peux me donner !...(p.80)
Un huis clos avec une multitude de personnes, mais en réalité 3 personnages prennent le devant de la scène : Staline, sa maîtresse de longue date, Lidia Vodieva, et le personnage le plus attachant, égaré dans cet univers clos et oppressant, uniquement géré dans l'ultime culte de la personnalité de Staline, Danilov, jeune artiste chargé de célébrer la gloire de Staline, par la réalisation d'une oeuvre célébrant sa grandeur ... .
Huis clos déroutant, dérangeant, glauque, oppressant... Comme l'entretien de contrôle de l'artiste, Danilov,par un proche collaborateur de Staline se faisant questionner de la manière la plus indélicate qui soit ,pour vérifier sa "bio", les surveillances, suspicions multiples... tout est excellemment rendu des abus d'un pouvoir, du culte de la personnalité par les communistes...
Je choisirai un passage lié au travail artistique que doit concevoir Danilov... pour montrer la qualité du style; du choix des mots .. ce livre est étonnant; déroutant... mais je reste mitigée et perplexe... cette découverte me fait m'interroger sur le contenu et les ambiances des autres fictions de cet écrivain que je ne connaissais pas, sur lequel je vais m'informer plus attentivement, après cette première découverte, où je suis restée sur un sentiment ambivalent
Le passage qui suit est très intéressant , car il parle du choix du matériau le plus approprié pour l'oeuvre que Danilov doit réaliser en l'honneur de Staline.
" La première question à résoudre sera celle du matériau. Non seulement parce que le matériau décidera de l'apparence des images elles-mêmes mais aussi parce qu'il générera la force symbolique du monument. de même que le granit était incontournable pour symboliser la résistance indestructible de Lénine aux forces contraires à la Révolution, la colonne vertébrale de Staline imposant au monde l'ordre nouveau de l'Union soviétique ne peut être, selon moi, que d'acier. L'acier même du camarade Staline, si j'ose dire. Un alliage hors du commun et unique: le sommet su savoir sidérurgique soviétique. (...) en outre, et c'est peut-être le plus important, cet acier est un miroir. Il demeure intact au gré des tempêtes et des beaux jours, tout comme le généralissime Staline, mais aussi les couleurs du monde, des choses et du ciel s'y reflètent dans leurs infinies variations "(p.113)
Je n'ai pas commenté l'idée très drôle de Staline, voulant et faisant reconstituer le divan du Docteur Freud, le grand Charlatan viennois...pour se faire "psychanalyser" par sa maîtresse, car de nombreuses critiques l'ont déjà fait, avec beaucoup d'à-propos...
Je le répète... ce roman est d'une grande qualité, mais je n'étais pas la bonne lectrice à ce moment-là….je le lirai et l'appréhenderai peut-être autrement ultérieurement... en tous cas, je salue l'originalité du sujet et de son approche...
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Aline1102
20 septembre 2013
Un grand merci aux Editions Seuil et à Babelio pour cette édition spéciale de l'opération Masse critique, qui m'a permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire 2013.
C'est une véritable ambiance en huis-clos qui est développée par Jean-Daniel Baltassat dans le divan de Staline. Car, malgré le foisonnement de militaires, de gardes et de domestiques autour de Staline, le récit ne se concentre véritablement que sur trois personnages, dont nous partageons les réflexions les plus intimes, les doutes et les souvenirs.
Staline lui-même, tout d'abord. Iossif Vissarionovitch a près de 70 ans lorsque débute le récit et il semble affaibli par les années. Les difficultés de sa vie passée (exil, suicide de son épouse...) encombrent sa mémoire et il tente apparemment d'ordonner ses pensées en se prêtant à l'analyse de ses rêves. Avec sa maîtresse de longue date, Lidia Semionova Vodieva, Staline décide d'appliquer la méthode d'analyse des rêves mise au point par Sigmund Freud (que Staline surnomme le Charlatan viennois) à certains épisodes dérangeants apperçus en rêve et qui lui ont laissé de mauvais souvenirs au réveil. Les séances d'analyse en question ne sont pas nombreuses (une seule avec la Vodieva, peut-être deux que Staline accomplit seul) mais elles permettent d'en apprendre plus sur la manière de penser de cet homme que tout le monde craint.
La Vodieva est le second personnage d'importance rencontré dans le roman. Encore belle et très bien faite malgré qu'elle ait passé la quarantaine, Lidia craint Staline mais est restée proche de lui. Leur relation a plus de vingt ans lorsque nous rencontrons cette femme dure et froide. Et, petit à petit, on se rend compte que, si Lidia est restée fidèle à Staline durant tout ce temps, c'est sans doute justement parce qu'elle le craint. Elle connaît l'homme (sans doute mieux que personne) et sait qu'il serait dangereux de s'aliéner son affection, même si Staline est aujourd'hui un vieillard affaibli. La Vodieva nous offre autant de souvenirs et de réflexion que le Petit Père des Peuples et, grâce à Iossif Vissarionovitch et à sa maîtresse, c'est l'histoire de la Russie, de Lénine et de Staline qui se dessine peu à peu sous nos yeux. Histoire morcelée, certes, mais assez détaillée malgré tout : complots, rumeurs, bras de fer politiques, exils...
Le troisième personnage principal de ce roman est Valery Yakovlevitch Danilov, un jeune artiste chargé de célébrer la gloire de Staline grâce à une oeuvre monumentale. Ce jeune homme m'a donné l'impression d'être un équilibriste : son destin semble précaire et sa relation avec Staline ne semble pas idéale pour la carrière d'un artiste surdoué. Cette oeuvre qu'il doit réaliser va-t-elle mettre la vie de Danilov en danger ? Les vautours chargés de la sécurité de Staline tournoient autour de Danilov en cercles de plus en plus étroits, enquêtent en détail sur les moindres faits et gestes du jeune homme, sur ses relations, sur ce que son ex-petite amie pensait de Staline. Ils posent des questions indiscrètes. le moindre aspect de la vie de Danilov semble devenir suspect.
Je retiendrai surtout de ce Divan de Staline une certaine ambiance. Oppressante et chargée de souvenirs. L'auteur maîtrise parfaitement bien son sujet et on ne peut qu'imaginer les nombreuses heures de recherches accomplies par Baltassat pour écrire ce roman, véritable condensé de l'histoire russe. Un bel exercice pour un beau roman.
Pour les curieux, n'hésitez pas à visiter le site internet des Editions Seuil ainsi que la page consacrée à ce roman.
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Cath36
02 mars 2014
Le chat qui joue avec la souris... Ce portrait d'un Staline vieilli ( non pas en fût comme un bon vin, mais plutôt comme un vinaigre, qui vous donnerait des maux d'estomac...) se jouant de son entourage et de sa maîtresse au fil de ses souvenirs avec l'oeil aiguisé de ceux qui exercent le pouvoir est fulgurant de vérité. On y voit un homme qui sait que pour exercer sa domination sur les autres il faut se taire et ne rien montrer de ce que l'on pense, qui manie le chaud et et le froid avec une rare habileté, qui se sert des mots pour déguiser sa pensée, comme le disait si bien Talleyrand, et distiller la terreur minute après minute, tant et si bien que l'interlocuteur ne sait jamais à quoi va le mener ce qui lui est dit (goulag or not goulag, that is the question). Bref Baltassat démontre avec brio en peu de pages les rouages du pouvoir en général et de la dictature en particulier, à travers la vie d'un homme qui s'efforce de distinguer la vérité des mensonges qui lui sont servis par ceux qui ont peur de lui comme par ceux qui le flattent. Devenu mi-mégalo mi-parano à force d'exercer ce pouvoir Staline n'en reste pas moins un homme que tourmente le passé, au fil de cauchemars récurrents qu'il raconte à sa maîtresse sur un divan devenu le lit de sa vieillesse et de son impuissance. Là où les mots avaient pour Freud un pouvoir libérateur, ils enferment ici le dictateur et sa maîtresse dans une relation morbide où l'amour devient la proie du mensonge et de la manipulation réciproques. J'ai beaucoup aimé la belle écriture percutante de Baltassat, acérée, sans concession, qui nous montre la vérité d'un homme qui n'en avait aucune.
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Kittiwake
02 septembre 2013
Staline à la fin de sa vie, Lidia sa fidèle maitresse et Danilov, un artiste talentueux chargé d'ériger un monument à la gloire du petit père des Peuples, un trio dont les échanges constituent la trame de ce roman construit selon les règles du théâtre classique : unité d'action, de lieu et de temps.
La ténuité du propos contraste avec la richesse de la narration : sur à peine 300 pages, sont conviés maints personnages et pas des moindres, Lénine, Trotsky, Freud le Charlatan viennois (dixit), Chou en lai et Mao..., jaugés à l'aune d'un Staline arrivé à l'heure des bilans.
Ce huis clos installé dans le palais de l'un des descendants de Nicolas 1er restitue l'ambiance de suspicion et de crainte qui a marqué la période funeste des purges entre 1936 et 1950 (20 millions de morts...). Les interrogatoires de la garde rapprochée de Staline, en sont une illustration à peine caricaturale. Chaque mot, chaque construction de phrase sont de potentiels pièges qui enferment la proie désignée dans un piège infernal.
Et ce divan? le même que celui qu'utilisait Freud à Londres pour «allonger ses pigeons». Habile stratagème pour un doublé : fustiger le Viennois, tout en testant la méthode : souvenirs et cauchemars sont ainsi livrés en pâture au lecteur, lourds de révaltions sur l'histoire et sur le personnage
L'écriture contribue à la magie qui se dégage de l'oeuvre : riche et élégante, mais sans emphase, elle confère une couleur chaude à ce récit : bel emballage pour un cadeau délicat
Avertissement : il vaut mieux s'informer sur le décryptage des noms, patronymes et surnoms russes pour éviter de se noyer dans le défilé des personnages. Cela dit, on n'est pas dans Guerre et Paix...
Merci à Babelio et aux éditions Seuil pour ce partenariat

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Les critiques presse (3)
LaPresse28 octobre 2013
Un roman dense et assez ardu, dont la lecture exige une bonne dose de concentration.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama18 septembre 2013
Jean-Daniel Baltassat signe un roman sur le mensonge et le temps suspendu. Sur un régime tenu d'une main de fer par un bourreau qui jardine en songeant au pouvoir, à ses moyens et à ses fins.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint23 juillet 2013
Pour son neuvième roman, Jean-Daniel Baltassat réussit dans ce long livre à faire revivre le petit théâtre d'ombres de Staline. Un monde minuscule tantôt inquiétant, tantôt touchant, tantôt dérisoire...
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
gillgill30 août 2013
Borjormi, Géorgie, 1950.
Staline se retire dans le palais décadent de feu le grand-duc Mikhaïlovitch. A la demande de la Vodieva, maîtresse de longue date, il y reçoit le jeune peintre Danilov, concepteur d'un monument à la gloire éternelle du petit père des peuples.
Dans le bureau ducal, un divan identique à celui de Freud.
"Que Staline dorme sur le divan du charlatan viennois, j'en connais à qui ça plairait de l'apprendre". dit Iossif Vissarionovitch Staline.
On a beau être dans l'âge de la grande usure des émotions, on a encore le goût du jeu.
Pendant que Danilov subit les interrogatoires du redoutable général Vlassik, Staline s'installe sur le divan et la belle Vodieva prend le fauteuil. Elle pratiquera l'interprétation des rêves du charlatan tandis que lui se souviendra de ses histoires de nuit.
L'enfance, sa mère, les femmes.
Et surtout, le plus grand des pères menteurs : Lénine.
Qui mieux que Staline saurait faire d'un mensonge une vérité et d'une vérité le mensonge ?
Danilov tremble. Il tremblerait plus encore s'il savait ce qui l'attend.
(quatrième de couverture du volume paru aux éditions du Seuil en août 2013)
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BookinistaBookinista15 octobre 2013
La haine de Staline envers Lénine :
. "(…) Lénine le faux-cul ! Cette soi-disant bonté faite homme qui fermait les yeux pour écouter Beethoven et pouvait vous réciter cent pages de Guerre et Paix après avoir envoyé la Tcheka chez Plekhanov mourant ou signé l’arrêt de mort de deux cents mencheviks. On se plaint que Staline est cruel, mais Staline n’est et n’a jamais été que l’enfant de chœur d’Illitch, s’énerve Iossif V. Un cœur de pierre autant qu’un cerveau de pierre, voici Lénine. La vérité, dit-il, c’est que Vladimir Illitch Lénine, de toute sa très sainte vie de salopard, n’a aimé qu’une seule et unique chose : le dieu Pouvoir. (…) Et nettoyer le chemin qui y conduit. Pour ça, il était trop content d’avoir le camarade Staline. Pour lutter contre cette pute de Trotski, il le choyait, son naïf Staline. Pour tirer des montagnes de roubles des bourgeois sans se souiller les mains, comme il l’aimait son Koba ! Pour anéantir les cosaques de Korchak à Tsaritsyne, envoyez-donc Staline (…). Avec ça, aucun esprit stratégique. Aucune subtilité tactique. Des injures plein la bouche à la moindre contrariété, oui." (pp. 192-193)

. "« A ton passage, les chemins fument, les ponts gémissent », comme disait Gogol. Et maintenant tu viens dans mes rêves me trancher en deux pour me laisser le ventre plein de petits poissons ? »." (p.194)

. "Illitch l’éternel ! Sauf que je ne l’ai jamais vu le cul sur un cheval et encore moins en train d’endurer le froid de Touroukhantsk, ricane-t-il. Mais te fendre en deux avec sa langue bien pendue, il pouvait, dit-il encore." (p.195)

. "Si Lénine n’avait été un salopard que dans son grand âge, on aurait pu le comprendre. La vieillesse salope tout si on n’y prend pas garde. Mais non, sa mauvaiseté, Illitch la portait dès le berceau. Les yeux levés vers la nuit noire joliment piquée du parc, Iossif V. dit : « nom de Dieu, quand je suis arrivé à Koureika, je l’aimais encore comme un père. Quand je suis reparti, je savais. J’avais compris qui il était." (p.196)
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BookinistaBookinista13 octobre 2013
Il ne bouge plus. Sa pipe ne fume plus. On croirait qu’il dort », dit Danilov. (…) Dommage cependant que Danilov n’ait pas pris un carnet de dessin avec lui. Voilà qui ferait un beau portrait : Staline perdu dans ses pensées au crépuscule. (…)
Assis là-bas sur un banc de pierre à un croisement d’allées du jardin devant un banc d’arums, Iossif Vissarionovitch a quelque chose d’une ombre lui-même – un Staline menu, chenu, pétrifié comme seuls les grands vieillards savant l’être, le buste enveloppé dans un plaid à carreaux (…).
(…) oui, ça ferait un beau portrait. A la condition de savoir lui donner de l’énergie, de ne pas se laisser emporter par la tonalité mélancolique. Par exemple, en forçant sur le charnu des arums que l’on pourrait opposer au dernier écarlate du ciel. Par exemple, réduire ce blanc des fleurs à une seule fleur, un immense unique arum tout devant lui dans le bassin. Une blancheur qui semblerait venir du regard même de Staline, dit encore Danilov, se dissolvant d’elle-même dans ce qu’il reste de la lumière du crépuscule. Parvenir à cette sensation : le blanc de la chair de l’arum s’élance vers le ciel de nuit sous l’effet du regard du Petit Père des Peuples.
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michelekastnermichelekastner02 septembre 2013
Lénine a dit "La bonté est un obstacle à la révolution." Voilà qui semble cruel. Et aussi paradoxal : la révolution n'est-elle pas en soi un acte de bonté envers les hommes ? Y a-t-il plus grande compassion que de vouloir la justice humaine et même un monde tout entier plus juste ? Oui, mais voilà, l'oeil perçant de Lénine a vu la faille dès le premier jour. Dans le cours de la révolution et de la justice révolutionnaire, la compassion est une impuissance. La bonté est un obstacle et bientôt une erreur politique. Pendant la Révolution française, Robespierre appelait ça "la furieuse tentation d'être bon dans un monde et des circonstances qui rendent la bonté impossible". Voilà, camarade Danilov, pourquoi l'art bourgeois réactionnaire peut se permettre de dégouliner de compassion alors que notre art ne peut être qu'un art de la joie.
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KittiwakeKittiwake01 septembre 2013
- On a tous une mauvaise mémoire, ma Lidiouchka. Et moi, je sais que je peux compter sur la tienne.
- le camarade Staline a banni certains souvenirs et certains noms des esprits soviétiques sincères.
- tu vois que tu t'en souviens. Ne fais pas l'enfant. Tu ne risqués rien puisque c'est moi qui le demande.
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Vidéo de Jean-Daniel Baltassat
Bande annonce du film LE DIVAN DE STALINE (2017), adaptation du roman de Jean-Daniel Baltassat
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