AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de Aline1102


Aline1102
  20 septembre 2013
Un grand merci aux Editions Seuil et à Babelio pour cette édition spéciale de l'opération Masse critique, qui m'a permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire 2013.

C'est une véritable ambiance en huis-clos qui est développée par Jean-Daniel Baltassat dans le divan de Staline. Car, malgré le foisonnement de militaires, de gardes et de domestiques autour de Staline, le récit ne se concentre véritablement que sur trois personnages, dont nous partageons les réflexions les plus intimes, les doutes et les souvenirs.

Staline lui-même, tout d'abord. Iossif Vissarionovitch a près de 70 ans lorsque débute le récit et il semble affaibli par les années. Les difficultés de sa vie passée (exil, suicide de son épouse...) encombrent sa mémoire et il tente apparemment d'ordonner ses pensées en se prêtant à l'analyse de ses rêves. Avec sa maîtresse de longue date, Lidia Semionova Vodieva, Staline décide d'appliquer la méthode d'analyse des rêves mise au point par Sigmund Freud (que Staline surnomme le Charlatan viennois) à certains épisodes dérangeants apperçus en rêve et qui lui ont laissé de mauvais souvenirs au réveil. Les séances d'analyse en question ne sont pas nombreuses (une seule avec la Vodieva, peut-être deux que Staline accomplit seul) mais elles permettent d'en apprendre plus sur la manière de penser de cet homme que tout le monde craint.

La Vodieva est le second personnage d'importance rencontré dans le roman. Encore belle et très bien faite malgré qu'elle ait passé la quarantaine, Lidia craint Staline mais est restée proche de lui. Leur relation a plus de vingt ans lorsque nous rencontrons cette femme dure et froide. Et, petit à petit, on se rend compte que, si Lidia est restée fidèle à Staline durant tout ce temps, c'est sans doute justement parce qu'elle le craint. Elle connaît l'homme (sans doute mieux que personne) et sait qu'il serait dangereux de s'aliéner son affection, même si Staline est aujourd'hui un vieillard affaibli. La Vodieva nous offre autant de souvenirs et de réflexion que le Petit Père des Peuples et, grâce à Iossif Vissarionovitch et à sa maîtresse, c'est l'histoire de la Russie, de Lénine et de Staline qui se dessine peu à peu sous nos yeux. Histoire morcelée, certes, mais assez détaillée malgré tout : complots, rumeurs, bras de fer politiques, exils...

Le troisième personnage principal de ce roman est Valery Yakovlevitch Danilov, un jeune artiste chargé de célébrer la gloire de Staline grâce à une oeuvre monumentale. Ce jeune homme m'a donné l'impression d'être un équilibriste : son destin semble précaire et sa relation avec Staline ne semble pas idéale pour la carrière d'un artiste surdoué. Cette oeuvre qu'il doit réaliser va-t-elle mettre la vie de Danilov en danger ? Les vautours chargés de la sécurité de Staline tournoient autour de Danilov en cercles de plus en plus étroits, enquêtent en détail sur les moindres faits et gestes du jeune homme, sur ses relations, sur ce que son ex-petite amie pensait de Staline. Ils posent des questions indiscrètes. le moindre aspect de la vie de Danilov semble devenir suspect.

Je retiendrai surtout de ce Divan de Staline une certaine ambiance. Oppressante et chargée de souvenirs. L'auteur maîtrise parfaitement bien son sujet et on ne peut qu'imaginer les nombreuses heures de recherches accomplies par Baltassat pour écrire ce roman, véritable condensé de l'histoire russe. Un bel exercice pour un beau roman.

Pour les curieux, n'hésitez pas à visiter le site internet des Editions Seuil ainsi que la page consacrée à ce roman.
Commenter  J’apprécie          260



Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Ont apprécié cette critique (20)voir plus