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Critique de Cath36


Cath36
02 mars 2014
Le chat qui joue avec la souris... Ce portrait d'un Staline vieilli ( non pas en fût comme un bon vin, mais plutôt comme un vinaigre, qui vous donnerait des maux d'estomac...) se jouant de son entourage et de sa maîtresse au fil de ses souvenirs avec l'oeil aiguisé de ceux qui exercent le pouvoir est fulgurant de vérité. On y voit un homme qui sait que pour exercer sa domination sur les autres il faut se taire et ne rien montrer de ce que l'on pense, qui manie le chaud et et le froid avec une rare habileté, qui se sert des mots pour déguiser sa pensée, comme le disait si bien Talleyrand, et distiller la terreur minute après minute, tant et si bien que l'interlocuteur ne sait jamais à quoi va le mener ce qui lui est dit (goulag or not goulag, that is the question). Bref Baltassat démontre avec brio en peu de pages les rouages du pouvoir en général et de la dictature en particulier, à travers la vie d'un homme qui s'efforce de distinguer la vérité des mensonges qui lui sont servis par ceux qui ont peur de lui comme par ceux qui le flattent. Devenu mi-mégalo mi-parano à force d'exercer ce pouvoir Staline n'en reste pas moins un homme que tourmente le passé, au fil de cauchemars récurrents qu'il raconte à sa maîtresse sur un divan devenu le lit de sa vieillesse et de son impuissance. Là où les mots avaient pour Freud un pouvoir libérateur, ils enferment ici le dictateur et sa maîtresse dans une relation morbide où l'amour devient la proie du mensonge et de la manipulation réciproques. J'ai beaucoup aimé la belle écriture percutante de Baltassat, acérée, sans concession, qui nous montre la vérité d'un homme qui n'en avait aucune.
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