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ISBN : 2266116916
Éditeur : Pocket (01/09/2001)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Au bout d'un champ de seigle, une rivière.
Plus loin, la forêt puis les marais du Kaïrabalé, une longue étendue de vasières noires prêtes a engloutir tout intrus... Un seul homme sait comment contourner ces marécages, Youza le passeur solitaire, qu'un terrible chagrin d'amour a conduit à vivre là. Mais l'Histoire, celle de son pays, la Lituanie, vient le rattraper dans son sanctuaire. Les révolutions se succèdent, et qu'ils soient Russes blancs, bolcheviks, f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
saphoo
  02 juin 2019
Quel magnifique roman ! Une écriture délicieuse, un personnage atypique au grand coeur, courageux, amoureux de la nature. Une ode à la beauté de l'essentiel, une description du marais surprenante et envoûtante, un portrait du monde rural du XX siècle et une fresque de la Lituanie à découvrir.
La lecture n'est pas toujours facile, elle fourmille de vocabulaire qu'on n'a plus l'habitude de croiser, malgré le lexique en fin de livre, il y a bien des mots que je n'avais jamais lus et qui ne se trouvaient pas non plus dans le lexique. La lecture se fait doucement pour distiller ce nectar de beauté, se baigner par cette magie du marais. Youza a fait tout de ses mains, de son ingéniosité et de son courage pour rendre vivable ces terres marécageuses. Il a bâti son royaume et règne en maître, il vit quasi en ermite et semble de ne pas se soucier de la vie qui change, évolue, la guerre qui fait rage. Ne comprend pas bien ces changements au village ni pourquoi ils se haïssent entre eux. Youza au grand coeur, sauvera des vies, mais il restera le grand blessé de son premier amour.
Un très beau roman avec un très beau personnage dans un décor somptueux et une tranche d'histoire de la Lituanie peu courante dans nos éditions françaises.
Une belle découverte grâce une critique croisée sur Babelio.
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bilodoh
  08 novembre 2014
Lituanie rurale, une histoire de XXe siècle.

Une histoire d'amour, Youzas aime une fille qui en a épousé un autre, mais Youzas ne peut l'oublier et reste froid devant les sentiments que lui porte la jeune Karoussié. Des amours malheureuses, inconsolables.

Une histoire de la famille que Youzas quitte pour aller vivre en ermite dans le marais de Karaïbalé. Des frères et une soeur qui ont du mal à partager leurs émotions, mais qui cultivent aussi des rancunes et des culpabilités.

Une histoire du pays et des guerres qui se succèdent, des chefs exilés et remplacés, des espoirs suscités, des luttes fratricides et des désillusions amères.

Un décor de marais, des lieux et des paysages qui évoluent au rythme des saisons. Des plantes, des arbres et des insectes, une nature généreuse, mais aussi impitoyable. Cette nature, Youzas va en récolter les fruits, labourer la terre et y planter sa maison.

Une incursion dans un coin du monde peu connu, une réflexion sur la vie et le travail, une saga à découvrir…
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lcath
  01 février 2019
Délicieux petit voyage dans une Lituanie qui n'est pas encore vraiment la Lituanie mais un pays dont s'empare ses voisins à tour de rôle. Sur fond d'instabilité politique, avant, pendant et nous le savons après, ce joli roman nous entraine sur les pas de Yousas.
Yousas, abandonné par celle qu'il aime refuse de se remettre de son chagrin et décide de s'installer sur des terres isolées dans les marais . de là, il se refait une ferme, rondins de bois pour la maison, sauna, miel et ruches, récoltes, naissance des veaux, la vie de Yousas s'écoule au rythme des saisons et du travail à faire. A vivre coupé des autres , il finit pas être très isolé et à ne rien connaître de ce qui se passe en bas. Les modes, les mouvements politiques, les nouvelles lois, lui sont inconnus et font de lui une sorte de naïf qui n'entend rien changer à son mode de vie. Pourtant les évènements, massacres et guerres amènent toujours quelqu'un de nouveau qui veut se cacher chez Yousas, dans le marais, là où on peut échapper à ses poursuivants. Yousas choisit qui il aide ou pas de façon pas toujours très évidente, sa logique est toute personnelle et il traversera les différents conflits en équilibre sur un fil sans même s'en rendre vraiment compte.
C'est une lecture très agréable, un petit roman simple, qui donne envie de découvrir ce marais, sa faune, sa flore et sa vie secrète. Yousas est un beau personnage de paysan, obtus et replié sur lui même et le récit de l'histoire des pays Baltes, ici plus particulièrement la Lituanie , nous montre combien il était difficile d'être du bon côté du manche quand on est envahit par les tous ses voisins
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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mesnil
  07 juin 2015
Ce roman est d'abord l'histoire d'un paysan lituanien né au début du XX siècle. Homme solitaire et amoureux meurtri, Youza décide de quitter son village pour s'installer dans le marais voisin, le Kaïrabaïlé. Dans cet endroit craint de tous parce qu'il "engloutit" quiconque si aventure, Youza nous fait vivre le quotidien d'un fermier lituanien dans l'entre-deux guerres : de la construction de sa métairie en bois à ses diverses productions ( la description de la ruche est fabuleuse). Mais Youza est aussi le détenteur du passage qui permet de traverser le marais sans s'enliser. Ce secret hérité de son grand-père et son isolement l'obligent à se confronter à l'histoire de son pays. A travers les rencontres de Youza avec des hôtes qui s'invitent eux mêmes, c'est un peu de l'histoire de la Lituanie qui se dévoile : premier pouvoir lituanien indépendant à la fin de la première guerre mondiale, retour des bolchéviques qui installent soviets et kolkhozes dans tous les environs, arrivée des nazis qui pourchassent indifféremment bolchéviques et juifs grâce aux Einzatsgruppen puis retour des bolchéviques à la fin de la deuxième guerre mondiale. Ce roman, est d'abord l'histoire d'une renaissance (born again), c'est aussi une plongée au coeur des traditions lituaniennes de l'époque dans laquelle la "petite" histoire d'un amour destructeur rencontre L Histoire. Aujourd'hui il appartiendrait au genre "nature writter". Avis aux amateurs de belle littérature, M.Genevoix aurait aimé, c'est une pépite !
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Ingannmic
  07 juin 2019
A la mort de leur père, Youza demande à son frère Adomas de disposer du domaine familial situé sur le Kaïrabalé, au grand étonnement de ce dernier : que va faire Youza sur ce marécage où personne n'a jamais eu l'idée de s'installer, où les familles qui y détiennent des parcelles ne se rendent qu'à la belle saison pour y ramasser des canneberges et aux premiers gels pour y récupérer le foin qu'ils y ont laissé à sécher ? Comment compte-t-il tirer sa subsistance de ces collines envahies de genévriers noirs et de pins rachitiques, de ces petits îlets bombés entourés d'eaux prises, l'hiver, par les glaces ? Et quelles sont les obscures raisons qui le poussent à s'éloigner de la communauté des hommes ? Est-ce le dépit provoqué par les noces de la belle Vintsiouné, dont il est épris, avec Stonkous, un riche paysan ?
Peu importe. Youza emporte, sur l'insistance de son frère -car lui ne réclamait que les vieilles rosses que compte leur héritage-, l'un des meilleurs chevaux et l'une des meilleures vaches du cheptel familial sur le Kaïrabalé, et commence à y construire sa maison. Travaillant sans relâche, doué pour tirer le meilleur parti de cette terre en réalité généreuse, il en fait peu à peu un petit paradis, sa ferme simple mais spacieuse et confortable s'entourant de cultures et de bétail fertiles, qui lui permettent non seulement de subvenir à ses besoins mais aussi de produire avec suffisamment d'abondance miels, fromages, confitures, beurre, lin, seigle..., pour se constituer d'importantes réserves, tout en vendant ses produits au marché.
Les années passent. La solitude de plus en plus grande de Youza, qui était déjà taiseux, à l'instar de tous les hommes de la famille, entretient sa misanthropie et son mutisme. Il devient, pour ceux du village qu'il a quitté, une sorte de curiosité, électron libre car totalement autonome, se soumettant à l'unique loi du labeur, sa vie étant rythmée par le travail, le cycle des saisons, et par le souvenir de Vinstiouné qui régulièrement le hante. Son coeur s'assèche, la vision qu'il a des hommes et des femmes, ne se nourrissant plus d'échanges avec ses semblables, en devient parfois étriquée. Son incapacité à communiquer est à l'origine de malentendus dramatiques, d'incompréhensions, notamment avec son frère auquel, pris d'une avarice qui semble difficilement excusable, il refuse de venir en aide lors du remembrement des terres puis de la collectivisation imposés par les soviétiques, ce qui le ronge ensuite de remords. Et c'est avec une brutalité non moins atterrante qu'il repousse la jeune Karoussé, qui s'est curieusement pris pour lui d'une passion qui la perdra...
Il faut dire qu'au-delà du Kaïrabalé, l'agitation des hommes provoque de nombreuses mutations, dont les conséquences sont parfois tragiques pour les lituaniens, qui subissent à la fois luttes intestines et occupations diverses des années 20 à celles qui suivront la seconde guerre mondiale. Devenu pour certains l'ultime refuge, le foyer de Youza accueille alors les fuyards que les bouleversements historiques mettent en danger... Lui qui vit comme hors du temps se retrouve alors confronté, contre son gré, à la frénésie du monde, dont il ne comprend ni les enjeux ni les mécanismes. Il ne se soumet qu'à ses propres principes, à sa propre logique, qui peut de prime abord paraître un peu simpliste, mais qui se révèle d'une salvatrice droiture pour les victimes des haines et des combats que déterminent des intérêts et des idéologies auxquels il oppose son bon sens abrupt mais dénué de toute malveillance, et finalement humaniste.
C'est ainsi que l'on s'attache à cet homme rustre et parfois avare qui, s'il rumine ses erreurs, ne se glorifie jamais de ses courages et de ses générosités, un homme simple qui trouve avec une raisonnable naïveté son contentement dans sa participation à un ordre naturel auquel il s'est parfaitement adapté, et dans la récompense qu'il tire de son travail.
Porté par une écriture limpide, mais que rend foisonnante l'omniprésence d'un règne végétal et animal dont Youozas Baltouchis nous imprègne par ses sons, ses odeurs, ses images, "La Saga de Youza" est l'occasion d'une dépaysante incursion aux côtés d'un héros que je n'oublierai pas de sitôt...

Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
veronique55veronique55   27 mars 2015
P 162 En soignant les abeilles, Youza remarqua qu’elles ne préparaient pas seulement du miel et de la cire, mais aussi une sorte de bouillie jaunâtre qui embaumait tant que le parfum du réséda ou du trèfle incarnat n’était rien en comparaison. Et Youza s’aperçut que c’était cette gelée que les abeilles passaient à la reine au bouche à bouche, et que la reine si bien régalée pondait chaque jour des milliers d’œufs. Youza en resta coi. Quelle force devait avoir cette mystérieuse gelée pour provoquer la naissance d’un aussi grand nombre d’abeilles ! Mais alors, si elle était aussi puissante, que lui ferait-elle, à lui, Youza ? Pourquoi n’y goûterait-il pas ? Personne n’est jamais mort des cadeaux des abeilles, alors pourquoi ne pas essayer ?
Youza cassa un morceau de gaufre et se fourra de la gelée dans la bouche. Dessus et dessous la langue. Il en vit instantanément trente-six chandelles. Des éclairs lui zébrèrent les yeux, la terre chancela sous ses pieds, et il sombra dans le noir. Il tenta d’aller jusqu’au puits, mais n’y parvint pas et réussit tout juste à se précipiter en titubant vers la Pavirvé. Il y plongea la tête jusqu’aux épaules, but à longues goulées l’eau puant la vaser, s’aspergea d’eau froide en recueillant dans le creux de ses mains jusqu’à ce que les éclairs cessent de passer devant ses yeux et qu’il puisse voir le soleil sur le Kaïrabalé. En se remettant debout au bord de la rivière, il éclata de rire ; « Pour être fort, c’est sacrément fort ! » Effectivement, c’était une chose étonnante que cette bouillie-là. Youza marcha plusieurs jours en chancelant comme un homme saoul. Mais ensuite, la curiosité le reprit. Il n’y tint plus. Cette histoire de lait d’abeilles ne le laissait pas en repos. Une force pareille et on n’en tirerait rien ! Youza décida d’y goûter de nouveau. Mais cette fois, il ne prit pas un morceau de gaufre ; aiguisant le bout d’une allumette avec le couteau à pain, il prit avec cette pointe fine une minuscule larme de gelée lactée. Et il se la mit sous la langue puis, sourcils froncés, attendit ; qu’allait-il se passer ? Rien n’arriva. Il eut seulement le goût de sucre sous la bouche, en même temps qu’il lui sembla y voir plus clair et qu’il se sentit comme joyeux.
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bilodohbilodoh   08 novembre 2014
Depuis qu’il y a des gens sur terre, ce n’est que guerre après guerre. Interrogez n’importe quel vieux, demandez lui ce qu’il a vécu, il vous répondra sans hésiter : il y a eu la guerre. Telle ou telle guerre et puis encore telle ou telle autre. Ensuite seulement, il ajoutera que les gens vivaient comme ci ou comme ça après la guerre, […]
(Pocket, p.262)
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bilodohbilodoh   08 novembre 2014
À côté d’elles, l’airelle des marais exposait au soleil ses baies couleur d’acier, les buissons bas de myrtilles étendaient leur noir bleuâtre à perte de vue, la vigne du Mont-Ida éparpillait les perles de ses airelles rouges, tandis que les joues des mûres toutes grêlées de petite vérole se chauffaient et rougissaient au soleil… Le Karaïbalé était saoul de chaleur, opulent et repu.

(Pocket, p. 180-181)
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veronique55veronique55   16 juin 2015
P 294 Un matin arrêté près de la dernière ruche, Youza frissonna à cause du silence. Dans toutes les autres ruches, les abeilles s’éveillaient, bourdonnaient, s’affairaient, appelant le printemps. Dans celle-ci, rien, le silence, comme une tombe. Youza se pencha, appliqua l’oreille contre la ruche : un silence de mort. Son sang se glaça. Avait-il donc mos veillé sur cette ruche que sur les autres, n’avait-il pas fermé les portes d’envol avant les gels, n’avait-il pas tapoté la ruche au moment du grand jeûne ? Youza se pencha de nouveau, appliqua l’oreille contre l écorce de sapin couvrant le toit de la ruche, toujours un silence de mort. Il se redressa, ôta sa chapka, fit le signe de la croix et resta longtemps là, debout. Enfin il détacha l’écorce de sapin, enleva le toit. Et il vit que toutes les abeilles s’étaient agglutinées en haut de la ruche, collées en grappe sous le chapiteau et qu’elles ne bougeaient plus. Youza resta pétrifié, à côté du toit qu’il venait d’ôter, sans pouvoir réaliser que les abeilles étaient mortes, qu’il n’avait plus dans cette ruche une seule abeille vivante. Les ayons inférieurs étaient complètement rongés, il ne restait pas trace de miel, mais au fond de la ruche on voyait un bouchon de paille. Youza le toucha, une souris en fila vivement. Une souris grise, fringante, délurée, comme on en voit peu en présence de l’homme ? Et sous elle quatre souriceaux. Tous nus, le cou maigre, encore aveugle, le ventre rose. Ils ne savaient même pas encore couiner.
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pchionpchion   30 juillet 2018
Les gens labouraient la terre, semaient du seigle, payaient des impôts, réparaient les routes, donnaient leurs fils à l'armée après les avoir élevés. Il y avait un pouvoir, et quand il y a un pouvoir, il y a les impôts, les routes, les fils à envoyer à l'armée - c'est comme ça quand il y a un pouvoir, quel qu'il soit. C'est toujours comme ça quand il y a pouvoir.
C'est ce que beaucoup pensaient. Youza tout comme eux. Il pensait aussi qu'il avait bien fait de venir vivre sur le Kaïrabalé. Tous ceux qui étaient passés un jour ou l'autre par la Lituanie, quels qu'ils aient été, jaunes, gris et même verts, étaient passés par les villages et les bourgs. Là où il leur était plus facile de marcher ou de galoper. Et aussi de se servir à l'œil de ce dont ils avaient besoin pour pouvoir marcher ou galoper plus loin. C'était comme ça. Mais le Karaïbalé, tous le laissaient de côté...
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