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Lucette Vidal (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253136794
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1995)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 85 notes)
Résumé :
1819. Par une brûlante journée de l'été finissant, deux chasseurs - deux amis, le marquis d'Albon et le baron Philippe de Sucy - égarés dans une forêt de l'île-de-France entrevoient, sous les frondaisons d'un parc à l'abandon, une silhouette féminine d'une grâce aérienne.

En cette jeune femme, folle, qui ne sait plus que répéter machinalement un seul mot, « Adieu », Philippe, bouleversé, reconnaît la comtesse Stéphanie de Vandières, la maîtresse pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  27 janvier 2015
Adieu est un tout petit roman ayant pour décor les suites de dommages causés par le repli catastrophique de la grande armée de Napoléon sur les berges de la Bérézina en 1812.
Il y a de nombreux points communs entre ce tout petit roman et le célèbre Colonel Chabert lui aussi victime des dommages collatéraux des batailles napoléoniennes. (Je dis " tout petit roman " car bien que le volume puisse faire penser à une nouvelle, le développement en deux temps bien distincts doit nous faire penser plus à un roman qu'à une nouvelle.)
Ici, au hasard d'une partie de chasse, le baron Philippe de Sucy, vétéran de la campagne de Russie et ayant passé des années au bagne de Sibérie, croise un peu plus de six ans plus tard, dans un ancien monastère délabré non loin de L'Isle-Adam, une femme mi-sauvage mi-folle qui attire toute son attention.
Elle est difficilement reconnaissable, mais son coeur ne saurait lui mentir. Il s'agit bien de la comtesse, femme d'un général, qui était sa maîtresse en 1812, qu'il aimait éperdument et qu'il a dû abandonner sur la rive gauche de la Bérézina quand lui, ayant tout mis en oeuvre pour la sauver, a dû se résoudre à demeurer sur la rive droite, aux mains des soldats russes qui le firent prisonnier.
Cette rencontre lui cause un choc, d'autant plus que, renseignements pris, on lui confirme que la comtesse a sombré dans une folie profonde et se comporte désormais, en tous points, comme un animal.
Le colonel de Sucy compte sur la force de leur amour pour parvenir à ranimer la raison défaillante de celle qui fut son unique amour...
Comme il sait si bien le faire, Honoré de Balzac signe un récit poignant, dans la veine romantique, mais sans chichis ni trémolos, sans débordement de pathos.
On peut reprocher peut-être un scénario un brin téléphoné, façon Symphonie Pastorale de Gide, mais toujours suffisamment solide et bien construit pour tenir en haleine le lecteur de bout en bout sans lui infliger une déconvenue lors de la chute.
Donc, une narration agréable et recommandable, du moins, c'est mon avis, un tout petit avis ballotté sur les glaces flottantes de la Bérézina, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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PiertyM
  15 novembre 2014
Un beau récit d'une rencontre foudroyante entre deux amis chasseurs et une femme mystérieuse se comportant bizarrement comme si la raison venait de lui manquer, en effet c'est une femme folle. Mais un des amis est choqué car il reconnait la femme, celle qui fut sa maîtresse dans le passé, celle qu'il a aimé de tout son coeur. Alors déchiré dans son âme, l'homme va chercher à ramené à la raison cette femme qui n'arrête pas de répéter à tout bout de champs ''Adieu''...
En tout cas, avec toutes les descriptions de la guerre, de l'histoire, on ne s'ennuie pas ce Balzac!
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Srafina
  26 février 2018
Pour le challenge XIXème siècle, je me suis mise au défi de découvrir un peu plus Honoré de Balzac, donc après le colonel Chabert que je viens de lire, dans la continuité j'ai suivi avec Adieu, qui raconte aussi les aventures et tragédies liées aux soldats (les grognards) de Napoléon. Ici en l'occurrence lors de la catastrophe de la Bérésina en Russie.
L'histoire de ce court roman, commence par une partie de chasse en compagnie de deux amis le Marquis d'Albon, magistrat et le Baron de Sucy, ancien colonel de l'armée impériale. Ils découvrent à l'issue de cette journée une jeune femme fort étrange à l'intérieur d'une propriété à l'abandon. le baron de Sucy, la reconnaît, c'est son grand amour, qu'il a perdu lors de la retraite de Russie sur la Bérésina.
C'est l'occasion pour Balzac de nous raconter cette épisode tragique, à sa manière, très descriptive et très imagée sans être crue comme pourrait l'être celle de nos auteurs actuels. Mais je dois dire que j'ai vibré tout autant à ces descriptions, je m'y croyait.
On découvre aussi dans ce livre, ce que l'on appellerait à présent le syndrome post-traumatique des victimes de guerre qui ont eu à subir de gros dégâts émotionnels.
Cette folie de Stéphanie est très représentative de cet état et c'est ce qui est flagrant : cette vision qu'avait déjà Balzac sur ce qu'ont pu être les traumatismes endurées par cette pauvre femme.
Un court roman, très touchant et dynamique avec des descriptions à la Balzac et un rythme très enlevé. J'ai beaucoup aimé.
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Luniver
  28 juillet 2018
Lors d'une partie de chasse, deux amis croisent une femme simple d'esprit. Coup de tonnerre pour l'un d'entre eux, qui reconnaît son ancienne amante, à qui il a sauvé la vie lors d'une bataille, avant de la perdre de vue. Mais si cette dernière est vivante, les événements lui ont fait complètement perdre la raison, et elle ne se comporte désormais que comme un animal, sans le moindre souvenir apparent de sa vie antérieure. Son amant ne désespère cependant pas, et met tout en oeuvre pour retrouver la femme qu'il a aimé.
J'ai été un peu surpris en lisant les autres critiques, car contrairement à la majorité des avis, j'ai plutôt pris Philippe de Sucy en grippe. Son amour me paraît égoïste et destructeur, uniquement tourné sur lui-même et pas du tout vers l'autre. Il n'hésite d'ailleurs pas à prendre une première fois la décision de tirer une balle dans la tête de la comtesse quand il pense qu'il ne sera jamais reconnu. Et quand il touche enfin au but, il la détruit effectivement. Tuer l'être aimé pour le plaisir de voir l'amour dans ses yeux une poignée de secondes… Ou le tuer car il n'est pas conforme à ce qu'on attend de lui… Pas vraiment le genre d'acte qui provoque l'admiration à mon sens. J'ai beaucoup plus de respect pour l'oncle, qui tente de rendre heureuse sa nièce sans chercher absolument à la changer. Dans les amours maudites, je préfère le sacrifice de soi au sacrifice de l'autre (mais dans l'absolu, je préfère qu'il n'y ait pas de sacrifice du tout).
Quitte à devoir admirer quelqu'un, ça sera Flaubert lui-même : faisant une petite cure de littérature du XIXe après beaucoup de romans modernes, je me rends compte qu'il parvient dans ses écrits à saisir des questions et des caractères éternels, même si le décor est pleinement de son époque. Je ne suis pas sûr par contre qu'on pourra lire les romans modernes dans deux cents ans et s'identifier à leurs héros.
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BVIALLET
  14 mars 2012
Egarés dans la campagne autour de la forêt de l'Isle-Adam, deux amis chasseurs, le marquis d'Albon, magistrat, et le baron de Sucy, ancien colonel de l'armée impériale, ont la surprise d'apercevoir, dans le parc d'une propriété à l'abandon, une silhouette féminine fort étrange. Cette jeune femme qui vit comme un être primitif, courant dans la nature, sautant de branche en branche, vêtue n'importe comment. Elle est incapable de communiquer avec d'autres humains si ce n'est en répétant machinalement un seul mot : « Adieu ». de Sucy la reconnaît, il s'agit de Stéphanie de Vandières, la femme qu'il a passionnément aîmée autrefois et dont il fut tragiquement séparé lors du terrible passage de la Bérésina en 1812. Nous sommes en 1819. Capturée par les Russes, on ne sait pas trop ce que Stéphanie a dû subir pendant toutes ces années. Elle vient d'être retrouvée dans une auberge strasbourgeoise, errant comme une vagabonde hébétée. Pour lui faire retrouver la raison, de Sucy va tenter un ultime stratagème...
Très belle nouvelle ou court roman (93 pages) de l'immense Honoré de Balzac, « Adieu » fut publié dans la revue « La mode » au printemps 1830 et aurait dû faire partie d'un corpus plus important intitulé « Scènes de la vie militaire ». Cette histoire est un peu le pendant féminin du plus célèbre « Colonel Chabert ». Son morceau de bravoure est l'épisode de la Bérésina qui est parfaitement décrit. Balzac s'était beaucoup documenté (Général de Ségur) et disposait même du témoignage d'un ami présent sur les lieux. La langue est belle, bien sûr, et le traitement de cette histoire touchante et romantique est fait avec délicatesse et doigté. On imagine ce qu'un de nos écrivains modernes aurait fait du calvaire subi par cette pauvre femme. Aucun détail, même le plus sordide, ne nous aurait été épargné. Avec Balzac, rien de tel. Il suggère, on devine. Là, se trouve l'art véritable et non dans le grand-guignol.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   07 février 2015
C’était comme un lieu funeste abandonné par les hommes. Le lierre avait étendu partout ses nerfs tortueux et ses riches manteaux. Des mousses brunes, verdâtres, jaunes ou rouges répandaient leurs teintes romantiques sur les arbres, sur les bancs, sur les toits, sur les pierres. Les fenêtres vermoulues étaient usées par la pluie, creusées par le temps ; les balcons étaient brisés, les terrasses démolies. Quelques persiennes ne tenaient plus que par un de leurs gonds. Les portes disjointes paraissaient ne pas devoir résister à un assaillant. Chargées des touffes luisantes du gui, les branches des arbres fruitiers négligés s’étendaient au loin sans donner de récolte. De hautes herbes croissaient dans les allées.
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Nastasia-BNastasia-B   23 octobre 2012
En ce moment, quelques rayons de soleil se firent jour à travers les crevasses des nuages, illuminèrent par des jets de mille couleurs cette scène à demi sauvage. Les tuiles brunes resplendirent, les mousses brillèrent, des ombres fantastiques s’agitèrent sur les prés, sous les arbres ; des couleurs mortes se réveillèrent, des oppositions piquantes se combattirent, les feuillages se découpèrent dans la clarté. Tout à coup, la lumière disparut. Ce paysage qui semblait avoir parlé, se tut, et redevint sombre, ou plutôt doux comme la plus douce teinte d’un crépuscule d’automne.
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Nastasia-BNastasia-B   19 octobre 2012
Chacun des individus réunis par le hasard autour de ce feu gardait un silence qui avait quelque chose d’horrible, et ne faisait que ce qu’il jugeait nécessaire à son bien-être. Cette misère était grotesque. Les figures, décomposées par le froid, étaient enduites d’une couche de boue sur laquelle les larmes traçaient, à partir des yeux jusqu’au bas des joues, un sillon qui attestait l’épaisseur de ce masque. La malpropreté de leurs longues barbes rendait ces soldats encore plus hideux. Les uns étaient enveloppés dans des châles de femme ; les autres portaient des chabraques de cheval, des couvertures crottées, des haillons empreints de givre qui fondait ; quelques-uns avaient un pied dans une botte et l’autre dans un soulier ; enfin il n’y avait personne dont le costume n’offrît une singularité risible. En présence de choses si plaisantes, ces hommes restaient graves et sombres.
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Nastasia-BNastasia-B   18 octobre 2012
Il pressa la folle sur son sein, et dit en continuant : — Il t’aurait tuée, l’égoïste ! il veut te donner la mort, parce qu’il souffre. Il ne sait pas t’aimer pour toi, mon enfant ! Nous lui pardonnons, n’est-ce pas ? il est insensé, et toi ? tu n’es que folle. Va ! Dieu seul doit te rappeler prés de lui. Nous te croyons malheureuse, parce que tu ne participes plus à nos misères, sots que nous sommes ! Mais, dit-il en l’asseyant sur ses genoux, tu es heureuse, rien ne te gêne ; tu vis comme l’oiseau, comme le daim...
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LauraLiLauraLi   30 octobre 2018
- Pauvre petite, s'écria le médecin, heureux du succès qu'avait eu sa supercherie. Il pressa la folle sur son sein, et dit en continuant : Il t'aurait tuée, l'égoïste! il veut te donner la mort, parce qu'il souffre. Il ne sait pas t'aimer pour toi, mon enfant! Nous lui pardonnons, n'est-ce pas? il est insensé, et toi? tu n'es qu'une folle. Va! Dieu seul doit te rappeler près de lui. Nous te croyons malheureuse, parce que tu ne participes plus à nos misères, sots que nous sommes! Mais, dit-il en l'asseyant sur ses genoux, tu es heureuse, rien ne te gêne ; tu vis comme l'oiseau, comme le daim.
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Videos de Honoré de Balzac (91) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Honoré de Balzac
Blanche Cerquiglini vous présente "Gobseck et autres récits d'argent" de Honoré de Balzac aux éditions Gallimard.
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