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ISBN : 2846190038
Éditeur : La Longue-vue (30/11/-1)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 19 notes)
Résumé :
La Comédie humaine - Études de moeurs. Troisième livre, Scènes de la vie parisienne - Tome II. Dixième volume de l'édition Furne 1842. Extrait : Lorsque, entre onze heures et minuit, je rencontrais un ouvrier et sa femme revenant ensemble de l'Ambigu-Comique, je m'amusais à les suivre depuis le boulevard du Pont-aux-Choux jusqu'au boulevard Beaumarchais. Ces braves gens parlaient d'abord de la pièce qu'ils avaient vue?; de fil en aiguille, ils arrivaient à leurs aff... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nastasia-B
  24 octobre 2018
Honoré de Balzac est surtout connu pour ses romans. Or, un examen rapide de sa production nous apprend que sur les à peu près 90 titres de la Comédie Humaine, une bonne cinquantaine sont des nouvelles. La nouvelle chez Balzac, ce serait tout un programme !…
Eh oui, car il y a manière et manière d'écrire des nouvelles. de nos jours, c'est peut-être davantage la nouvelle centrée sur une situation qui récolte la palme. On ne s'y appesantit guère sur les personnages mais la pirouette finale est souvent astucieuse. Cependant, il existe des tas d'autres angles d'attaque pour rédiger une nouvelle, notamment celui du portrait.
La nouvelle portrait, plus très en vogue à l'heure actuelle, est pourtant celle qui m'intéresse particulièrement, car elle a en commun avec le roman de se focaliser sur des personnages bien plus que sur des péripéties dont j'aurai tout oublié dans quelques jours. Qu'est-ce qui fait que j'aime des pièces de théâtre comme Cyrano ou Montserrat ? Là encore, le fait qu'elles nous dépeignent des personnages inoubliables.
Tout le monde ou presque connaît Cyrano, pourtant, qui se souvient précisément de la situation et des événements de la pièce ? Non, on ne retient que Cyrano. Et donc, j'affirme qu'il existe un espace vraiment digne d'intérêt pour ce registre dans l'exercice de la nouvelle.
Iouri Kazakov est un expert dans ce domaine ; Guy de Maupassant ne dédaignait pas, de temps en temps, de s'y adonner tandis que celui qui est considéré comme l'un des grands nouvellistes du XXème siècle, Raymond Carver, ne s'y employait guère.
Personnellement, je suis incapable de vous citer un personnage marquant dans toute l'oeuvre de Carver et c'est ce qui fait que je ne l'aime pas à 100 % alors même que je lui reconnais un incroyable talent dans cet exercice.
Ici, Balzac a su faire très court. En trois coups de pinceaux, il a su faire naître un personnage et a su nous le rendre intéressant. C'est un vieillard, c'est un aveugle, il joue de la clarinette dans les bals populaires et plutôt mal à la vérité. Il vit de ça pourtant. Étrange non ?
Qu'y a-t-il derrière ces yeux voilés ? Quels drames, quelles aventures, quels bonheurs ou quelles déconvenues passés ? Outre le grand talent De Balzac, qui n'est probablement pas ici à son degré extrême, il nous fait toucher du doigt le coeur de sa profession, du moins tel que lui l'entendait. Il nous l'explique très bien au tout début de la nouvelle.
Il nous confie son secret, l'art, la science éthologique de faire comprendre et de transmettre aux autres ce que fut la vie d'untel ou d'untel. C'était ça le talent De Balzac, voir en l'autre un sujet intéressant, enfiler pour un temps son costume et sa façon de penser et nous la restituer par écrit. Balzac, le grand éthologiste du genre humain. Ce n'est pas pour rien que son oeuvre s'appelle La Comédie Humaine.
On interprète souvent de travers ce titre général. Il s'oppose à la Divine Comédie de Dante. Comédie, chez Dante ne veut pas dire comique, elle veut simplement dire qu'elle est narrée en langue vernaculaire, c'est-à-dire proche du peuple, compréhensible par le plus grand nombre.
Et comme Balzac n'a rien à faire du divin et qu'il s'intéresse au peuple, dans son acception la plus large, c'est-à-dire du plus infect vagabond au représentant de la plus haute aristocratie, il y a comédie " humaine ". Oui, c'est cela La Comédie Humaine, c'est juste cela : « Je vais vous parler des gens, de tous types de gens, et dans la langue de tous. Je ferai parler le banquier juif Alsacien avec son accent à couper au couteau, je ferai parler la mégère ou le prince tels qu'ils s'expriment vraiment et non dans le but de faire du beau, littérairement parlant. »
Facino Cane, l'ange vénitien déchu a donc tout à fait sa place dans la galerie de portraits du gigantesque musée de l'homme qu'est la Comédie Humaine. Ni plus ni moins que Rastignac, le jeune homme de province aux dents longues, ni plus ni moins que Pierrette, la jeune fille exploitée par ses cousins, ni plus ni moins que le père Grandet, le vieil avare pathologique, ni plus ni moins qu'Esther, la sublime courtisane au coeur trop tendre, etc., etc.
Voici donc du bon Balzac, peut-être pas le top niveau d'après moi, mais déjà très sympathique à lire. En outre, de tout ceci comme du reste, gardez à l'esprit que ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Laureneb
  24 juin 2019
Quand un vieil Italien longtemps en prison propose un trésor, il faut le croire... qu'il s'appelle Abbé Faria ou Facino Cane comme ici. Oui, j'ai pensé à Monte-Cristo, même si le récit est antérieur et n'a rien à voir. Quoique...
Un vieux Vénitien aux allures de patricien, devenu aveugle, contraint de survivre en jouant de la musique dans des bals d'ouvriers, raconte son histoire, la volupté qui le conduit en prison, la soif de l'or qui cause la perte de sa vision. Il a un trésor caché et est prêt à l'offrir à celui qui l'écoute avec sympathie, sentiment dont il est privé depuis longtemps. Cet ancien jouisseur insouciant n'a pas la grandeur d'âme, la noblesse philosophique et spirituelle de Faria, mais il y a une mélancolie, et une peinture de Venise, rapide certes, mais plus évocatrice que dans Massimilo Doni, autre texte De Balzac où l'abondance de description convenue sur la cité des Doges n'avait pas d'originalité.
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njussien
  09 juin 2014
Facino Cane, vieux v??nitien, a ??t?? tr??s riche. Il est maintenant aveugle et joue de la clarinette dans les bals parisiens. Cette nouvelle raconte son histoire. L'histoire d'une soif de l'or : double vue, passion destructrice (au sens physique), ...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   26 octobre 2018
Je vivais frugalement, j’avais accepté toutes les conditions de la vie monastique, si nécessaire aux travailleurs. Quand il faisait beau, à peine me promenais-je sur le boulevard Bourdon. Une seule passion m’entraînait en dehors de mes habitudes studieuses ; mais n’était-ce pas encore de l’étude ? j’allais observer les mœurs du faubourg, ses habitants et leurs caractères. Aussi mal vêtu que les ouvriers, indifférent au décorum, je ne les mettais point en garde contre moi ; je pouvais me mêler à leurs groupes, les voir concluant leurs marchés, et se disputant à l’heure où ils quittent le travail. Chez moi l’observation était déjà devenue intuitive, elle pénétrait l’âme sans négliger le corps ; ou plutôt elle saisissait si bien les détails extérieurs, qu’elle allait sur-le-champ au delà ; elle me donnait la faculté de vivre de la vie de l’individu sur laquelle elle s’exerçait, en me permettant de me substituer à lui comme le derviche des Mille et une Nuits prenait le corps et l’âme des personnes sur lesquelles il prononçait certaines paroles.
Lorsque, entre onze heures et minuit, je rencontrais un ouvrier et sa femme revenant ensemble de l’Ambigu-Comique, je m’amusais à les suivre depuis le boulevard du Pont-aux-Choux jusqu’au boulevard Beaumarchais. Ces braves gens parlaient d’abord de la pièce qu’ils avaient vue ; de fil en aiguille, ils arrivaient à leurs affaires ; la mère tirait son enfant par la main, sans écouter ni ses plaintes ni ses demandes ; les deux époux comptaient l’argent qui leur serait payé le lendemain, ils le dépensaient de vingt manières différentes. C’était alors des détails de ménage, des doléances sur le prix excessif des pommes de terre, ou sur la longueur de l’hiver et le renchérissement des mottes, des représentations énergiques sur ce qui était dû au boulanger ; enfin des discussions qui s’envenimaient, et où chacun d’eux déployait son caractère en mots pittoresques. En entendant ces gens, je pouvais épouser leur vie, je me sentais leurs guenilles sur le dos, je marchais les pieds dans leurs souliers percés ; leurs désirs, leurs besoins, tout passait dans mon âme, ou mon âme passait dans la leur. C’était le rêve d’un homme éveillé. Je m’échauffais avec eux contre les chefs d’atelier qui les tyrannisaient, ou contre les mauvaises pratiques qui les faisaient revenir plusieurs fois sans les payer. Quitter ses habitudes, devenir un autre que soi par l’ivresse des facultés morales, et jouer ce jeu à volonté, telle était ma distraction. À quoi dois-je ce don ? Est-ce une seconde vue ? est-ce une de ces qualités dont l’abus mènerait à la folie ? Je n’ai jamais recherché les causes de cette puissance ; je la possède et m’en sers, voilà tout. Sachez seulement que, dès ce temps, j’avais décomposé les éléments de cette masse hétérogène nommée le peuple, que je l’avais analysée de manière à pouvoir évaluer ses qualités bonnes ou mauvaises. Je savais déjà de quelle utilité pourrait être ce faubourg, ce séminaire de révolutions qui renferme des héros, des inventeurs, des savants pratiques, des coquins, des scélérats, des vertus et des vices, tous comprimés par la misère, étouffés par la nécessité, noyés dans le vin, usés par les liqueurs fortes. Vous ne sauriez imaginer combien d’aventures perdues, combien de drames oubliés dans cette ville de douleur ! Combien d’horribles et belles choses ! L’imagination n’atteindra jamais au vrai qui s’y cache et que personne ne peut aller découvrir ; il faut descendre trop bas pour trouver ces admirables scènes ou tragiques ou comiques, chefs-d’œuvre enfantés par le hasard.
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rkhettaouirkhettaoui   04 mai 2013
En entendant ces gens, je pouvais épouser leur vie, je me sentais leurs guenilles sur le dos, je marchais les pieds dans leurs souliers percés ; leurs désirs, leurs besoins, tout passait dans mon âme, ou mon âme passait dans la leur.
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rkhettaouirkhettaoui   04 mai 2013
Chez moi l'observation était déjà devenue intuitive, elle pénétrait l'âme sans négliger le corps ; ou plutôt elle saisissait si bien les détails extérieurs, qu'elle allait sur-le-champ au delà ; elle me donnait la faculté de vivre de la vie de l'individu sur laquelle elle s'exerçait, en me permettant de me substituer à lui comme le derviche des Mille et une Nuits prenait le corps et l'âme des personnes sur lesquelles il prononçait certaines paroles.
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rkhettaouirkhettaoui   04 mai 2013
Je n'ai jamais rencontré de probité plus solide que celle de cet homme et de cette femme. Quand j'eus quitté le quartier, pendant cinq ans, la mère Vaillant est venue me souhaiter ma fête en m'apportant un bouquet et des oranges, elle qui n'avait jamais dix sous d'économie. La misère nous avait rapprochés. Je n'ai jamais pu lui donner autre chose que dix francs, souvent empruntés pour cette circonstance. Ceci peut expliquer ma promesse d'aller à la noce, je comptais me blottir dans la joie de ces pauvres gens.
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rkhettaouirkhettaoui   04 mai 2013
Que les fantaisies d'une femme influent ou non sur son enfant pendant qu'elle le porte ou quand elle le conçoit, il est certain que ma mère eut une passion pour l'or pendant sa grossesse. J'ai pour l'or une monomanie dont la satisfaction est si nécessaire à ma vie que, dans toutes les situations où je me suis trouvé, je n'ai jamais été sans or sur moi ; je manie constamment de l'or ; jeune, je portais toujours des bijoux et j'avais toujours sur moi deux ou trois cents ducats.
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Vidéo de Honoré de Balzac
Le CNRS au Collège de France. Journée du 6 avril 2019. Exposé de Jean-Baptiste Amadieu, chercheur au CNRS au sein de l?unité "République des savoirs" (CNRS/Collège de France/ENS). Il est notamment l?auteur de la Littérature du XIXe siècle mise à l?Index (2017). Pourquoi Balzac, Sand, Dumas, Flaubert, Stendhal, Hugo, Lamartine, Sue ou Zola firent l?objet de procès pour un ou plusieurs de leurs romans ? Pour un littéraire de formation, de telles investigations dans les archives de la censure nécessitent des connaissances en droit, en jurisprudence et, quand ces procédures appartiennent à un état caduc de la règlementation, en histoire du droit. Lorsque le tribunal en question est la Congrégation romaine de l?Index, le savoir exigé est celui du droit canonique et de son régime de juridicité singulier ; quant aux débats de fond, ils ne se comprennent qu?à la lumière de la théologie, de l?ecclésiologie et de la théologie morale. Cette interdisciplinarité rendue indispensable par l?objet étudié s?épanouit dans des établissements propices aux recherches non conditionnées par la délivrance d?un diplôme disciplinaire, c?est-à-dire des institutions comme le CNRS et le Collège de France. Pour plus d'informations : https://www.college-de-france.fr/site/evenements-culturels/Le-CNRS-au-College-de-France.htm
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